Dion (cité)

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Localisation de Dion en Grèce

Dion (en grec Δίων) est une ville antique de Piérie, l'un des centres religieux les plus importants du royaume de Macédoine.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cité de Dion est mentionnée pour la première fois dans les sources historiques par Thucydide : l'historien de la Guerre du Péloponnèse rapporte en effet qu'elle fut la première ville qu'atteignit le général spartiate Brasidas, lorsqu'il franchit la frontière de la Thessalie à la Macédoine lors de son expédition de -424 vers les colonies athéniennes de Thrace à travers le royaume de son allié le roi de Macédoine Perdiccas II.

L'un des sanctuaires de la cité sacrée de Dion (420 av. J.-C.) a été envahi par les marécages, comme le reste de la cité antique du nord de la Grèce, contribuant à préserver ses vestiges. Les fouilles y ont commencé en 1928.

La ville doit son nom à la proximité d'un important sanctuaire de Zeus Olympien : dans la tradition mythologique rapportée par Hésiode, Thyia la fille de Deucalion, eut de Zeus deux fils, Magnès et Macédon, qui vivaient en Piérie au pied du mont Olympe. Selon Diodore de Sicile, c'est le roi Archélaos qui à la fin du Ve siècle donna à la ville et à son sanctuaire l'importance qu'elle eut par la suite pour le royaume de Macédoine. Il y instaura une fête de neuf jours comprenant des concours athlétiques et dramatiques en l'honneur de Zeus et des 9 Muses. Les habitants se nomment les Diestai

C'est à partir du IIIe siècle ap. J-C qu'intervient la chute Les Ostrogoths assiègent Thessalonique en 254 et 257. Au cours de la même période, se produisirent un grand nombre de séismes et de pluies diluviennes, qui détruisirent le site petit à petit. Un dernier soubresaut au IVe siècle, époque ou fut construite la basilique épiscopale chrétienne, sur les ruines du palais, au centre de la cité. Dion Palladios participe au synode de Sardiki en 343. Suivent les règnes de Théodose et d'Arcadius, avec tremblements de terre et invasions. Les habitants fuient la cité. seuls, quelques paysans restent, se logeant dans les ruines, autour de la basilique. Le nom de la cité perdura jusqu'au XVIIe siècle sous une forme altérée Stadià et ses vestiges portant le nom de Kastro jusqu'aux investigations des archéologues.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Sous Cassandre, la cité atteignait une superficie de 0,5 km2. Une voie entre la muraille et les premières habitations permettait à la troupe de manœuvrer.

L'enceinte et son évolution[modifier | modifier le code]

Nous ignorons si la cité avait au départ des fortifications. C'est Cassandre qui semble avoir reconstruit la Cité et fait élever les magnifiques fortifications de 2 625 mètres de longueur, comprenant un chemin de ronde et des tours. La muraille est en gros blocs en conglomérat de l'Olympe. Elle comportait une assise de réglage sur laquelle venait se superposer deux ou trois assises de blocs taillés avec le plus grand soin, au parfait jointoiement. Au-dessus, les murs étaient réalisés en briques crues pour atteindre une hauteur de 7 à 10 mètres.

L'enceinte sera reconstruite entre 254 et 257 ap. J.-C. suite à l'attaque des Ostrogoths.

Le plan orthogonal[modifier | modifier le code]

le plan orthogonal est sans construction avec des fortifications basiques

Les sanctuaires[modifier | modifier le code]

Sanctuaire de Zeus
Sanctuaire de Déméter

Situé vers le Sud, en dehors de la cité. Le premier édifice datant de la fin du VIe siècle av. J.-C.. Ce sont les édifices cultuels les plus anciens qui aient été fouillés pour l'heure en Macédoine. Il s'agit de deux temples identiques, avec sekos et vestibule profond. Un important mobilier y fut découvert, objets du culte, bijoux, monnaies, vases, lampes et figurines de terre cuite et la plus belle pièce étant un chaton de bague mycénien du XVe siècle.

Reconstruit à la fin du IVe siècle av. J.-C., sous forme de temples doriques, avec des colonnes à chaque extrémité. Les autels furent retrouvés à l'Est du bâtiment[1]


Sanctuaire d'Isis

Préservés par l'eau et la boue, les sites et les œuvres retrouvées à Dion présente en état de conservation rare : vingt-deux rues pavées, des bâtiments, les sanctuaires de divinités égyptiennes, des magasins et des bains publics. D'étranges vestiges souterrains de thermes émergent désormais à la surface du sol : de petits piliers qui servaient, avec des conduits muraux, à diffuser la chaleur jusqu'aux bassins édifiés au-dessus. Ce système de chauffage par hypocauste date de l'époque romaine.

L'habitat[modifier | modifier le code]

L'habitat du grec se constitue de terre (toit, tuile) de boue et de briques (murs) et de bois (charpente)

La ville dans l'Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

Sous la période romaine, après la bataille d'Actium, en 31 av. J.-C., la ville est érigée en colonie par Octave, ainsi que trois autres cités de Macédoine : Pella, Cassandrée, Philippes. Au IIIe siècle, des pièces de monnaies à l'effigie de l'empereur ou de l'impératrice de Rome y sont émises avec la légende COLONIA IVLIA DIENSIS. Elle bénéficiait du droit romain (ius italicum), donc exemptée de contributions et pouvant donc s'administrer par elle-même.

L'exploration archéologique[modifier | modifier le code]

Le site archéologique de Dion est identifié la première fois par le célèbre voyageur anglais William Martin Leake le 21 décembre 1806 dans les ruines voisines du village de Malathria. Il publia sa découverte en 1835 dans le troisième volume de ses Travels in Northern Greece. Léon Heuzey visita à son tour le site lors de sa fameuse Mission archéologique de Macédoine en 1855, puis en 1861. L'épigraphiste G. Oikonomos publia ensuite une première série d'inscriptions. L'exploration archéologique systématique de la ville ne commença néanmoins qu'en 1928 : G. Sotiriadis effectua jusqu'en 1931 une série de sondages exploratoires, découvrit une tombe macédonienne du IVe siècle et une première basilique paléochrétienne. Les fouilles ne reprirent que dans les années 1960 sous la direction de G. Bakalakis dans la région du théâtre et sur l'enceinte. Depuis 1973, c'est le professeur D. Pandermalis de l'Université de Thessalonique qui conduit les recherches archéologiques dans la ville. Elles se poursuivent encore aujourd'hui à un rythme soutenu.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Papazoglou, Les villes de Macédoine romaine, Supplément 18 du BCH, Paris, 1988.
  • Démétrios Pandermalis, Dion, the archaeological site and the museum/ Dion, Musée et site archéologique, Athènes, 1997.
  • Démétrios Pandermalis, Dion, la découverte, Athènes 1999, (en grec)
  • Démétrios Pandermalis, Dion, de la cité sacrée à la colonie romaine, dans Les Dossiers d'archéologie, no 347, septembre-octobre 2011, p. 50-55.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D. Pandermalis, « Dion », dans Les Dossiers d'archéologie, no 347, p. 52-53.