Brasidas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Brasidas (en grec ancien Βρασίδας / Brasídas), mort en 422 av. J.-C., est un célèbre général spartiate ayant combattu lors de la guerre du Péloponnèse (Ve siècle av. J.-C.). Stratège et tacticien hors pair, sa vie est principalement connue grâce à Thucydide d'Athènes, l'historien. Platon en fit un nouvel Achille[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

Brasidas est le fils d'un certain Tellis qui participa sans doute aux signature de traités de paix et d'alliance entre Sparte et Athènes au cours de la dixième année du conflit[2]

Brasidas intervint très tôt dans le conflit, en 431 av. J.-C., en sauvant la ville, fortifiée mais disposant d'une faible garnison, de Méthônè, menacée par une flotte athénienne : il traversa avec une centaine d'hoplites l'armée athénienne qui était dispersée et rentra dans la ville avec des pertes légères. Cette action d'éclat, sa première, lui permit d'être le premier à recevoir des félicitations de Sparte [3]. En récompense, il est désigné éphore éponyme en l'année suivante.

À la suite de la défaite navale de Patrai, il fut envoyé avec Timocrate et Lycophron comme conseiller naval[4]. La flotte lacédemonienne fut battue à Naupacte mais réussit un raid sur le promontoire de Salamine qui menaça le Pirée [5]. Il participa ensuite comme conseiller du navarque Alcidas à une intervention infructueuse de la flotte lacédemonienne sur Corcyre (Corfou) qui était alors déchirée par la guerre civile [6].

Après la création de la base avancée de Pylos par l'athénien Cléon, Brasidas, commandant d'une trière, participa à une tentative infructueuse de débarquement au cours de laquelle il fut blessé et perdit son bouclier que les Athéniens mirent dans le trophée[7].

Bouclier en bronze dit "de Brasidas" , qu'il aurait perdu dans la mer à la suite de sa blessure lors de la bataille de Pylos (425 avant JC). les Atheniens l'auraient retrouvé et dédicacé à leur éclatante victoire et dédicacée par une inscription sur le bouclier " des Lacedémoniens aux Atheniens, lors de la bataille de Pylos . Les Spartiates étaient censés ne jamais se séparer de leur bouclier, donnant tout sa valeur symbolique à ce trophée pris à l'ennemi de légende.

Au début de l'été 424, basé près de Corinthe pour préparer une campagne en Thrace, il repousse une tentative athénienne sur la ville de Mégare. Si cette dernière resta sous contrôle de la ligue du Péloponnèse, l'un de ses deux ports, Nisée, tomba aux mains des Athéniens avant l'arrivée de Brasidas [8]

Ensuite, il traverse promptement la Thessalie et rejoint Perdiccas II, le roi de Macédoine, qui a demandé l'assistance de Sparte du fait de la défection de nombreuses cités de la ligue de Délos ainsi que pour mettre au pas les Macédoniens Lyncestes du roi Arrhabaios. Cette campagne poursuit deux objectifs : envoyer au loin un certains nombre d'hilotes pour éviter une révolte et menacer les intérêts, notamment miniers (or et argent) et forestiers (pour répondre aux importants besoins de la flotte), d'Athènes dans la région et ainsi réduire la pression sur le Péloponnèse. Il obtient avant la fin de l'été le ralliement des cités d'Acanthe et de Stagiros [9].

A la fin de l'année 424, Brasidas, avec l'aide des troupes de la ville d'Argilos, lance une offensive contre le principal point d'appui athénien : sa colonie d'Amphipolis. Brasidas obtint rapidement la reddition de la cité en garantissant les droits des habitants. Par contre, si Thucydide, alors stratège et à la tête de 7 navires, ne parvint pas à temps pour sauver la ville depuis Thasos, il sécurisa la ville voisine d'Eion qui se révélera importante pour la suite des opérations dans la région. S'il échoua devant Eion, Brasidas obtint le ralliement des cités de Myrcinos (après l'assassinat de son roi, Pittacos, par son fils et sa femme), Galepsos et Oisymé. Durant l'hiver, il s'empara du pays de l'Aktè, la péninsule se terminant par le Mont Athos et des cités afférentes (Thyssos, Cléones, Acrothôion, Olophysos) à l'exception de Sanè et Dion qui résistèrent. Il porta alors son effort sur la cité de Toronè, dans la péninsule de Sithonie, qui fut capturée à la faveur de la nuit avec l'assistance de quelques partisans et de sept peltastes qui éliminèrent les sentinelles et ouvrirent deux portes. Brasidas dut ensuite s'emparer du poste fortifié voisin de Lécythos occupé par des troupes athéniennes qui s'y étaient repliées au moment de la capture de la ville [10].

Il obtint quelque temps plus tard le ralliement de la cité de Skionè, située à l’extrémité de la presqu'île de Pallène (aujourd'hui presqu'île de Cassandra) mais un armistice avait été déclaré entre Sparte et Athènes deux jours plus tôt. Brasidas refusa de rétrocéder la ville et l'une de ses voisines, Mendè fit également défection. En réaction, Athènes se prépara à intervenir contre les deux cités et décida de faire exécuter tous les habitants de Skionè. Craignant la réaction athénienne, Brasidas fit transférer les femmes et les enfants des deux cités vers Olynthe et renforça les garnisons avec 800 hommes sous le commandement de Polydamidas. Du fait de ses obligations envers Perdiccas, Brasidas l'accompagna contre les Lyncestes. À la suite de la trahison de troupes Illyriennes qui rallièrent Arrhabaios, les troupes de Perdiccas paniquèrent et firent retraite sans attendre le corps de Brasidas plus éloigné. Brasidas organisa ses troupes de manière à résister aux assauts macédoniens et se mis notamment à la tête de 300 combattants d'élite chargés de couvrir la retraite de l'ensemble. Il atteignit ainsi la ville d'Arnisa où le comportement de ses troupes amena la rupture de l'alliance avec Perdiccas[11].

Pendant ce temps,au printemps de l'année 422, une troupe athénienne sous le commandement de Nicias s'empara, à la faveur d'une révolte du parti populaire, de la cité de Mendè et mis le siège devant Skionè [12].

A la fin de l'hiver de l'année 422, Brasidas tenta un assaut contre Potidé mais ce fut un échec[13] et il arriva trop tard pour sauver Toronè d'une offensive de Cléon arrivé d'Athènes. Ensuite, à partir d'Eion, Cléon s'attaqua sans succès à Stagiros avant de s'emparer de Galèpsos puis de s'approcher d'Amphipolis, défendu par Brasidas. Alors que Cléon entamait un repli vers Eion, Brasidas effectua une sortie audacieuse qui dispersa l'armée athénienne qui perdit 600 hommes dont Cléon mais Brasidas fut mortellement blessé. Il fut enterré au sein de la ville dont la population l'éleva au titre de fondateur au détriment d'Hagnon [14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 1- Platon - Banquet, 221c.
  2. Thucydide, V, 13 à 24
  3. Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse [détail des éditions] [lire en ligne], II, 25, 2 ; Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 43, 2-3.
  4. Thucydide, II, 85, 1 & 86, 6
  5. Thucydide, II, 93 & 94
  6. Thucydide, III, 69,1 & 79,3
  7. Thucydide, IV, 11, 4-12, 2 ; Diodore, XII, 62, 1-5.
  8. Thucydide, III, 66 à 74
  9. Thucydide, IV, 79 à 88
  10. Thucydide, IV, 102 à 116
  11. Thucydide, IV, 120 à 128
  12. Thucydide, IV, 129 à 132
  13. Thucydide, IV, 135,1
  14. Thucydide, V, 2 à 11

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeannine Boëldieu-Trevet, « Brasidas : la naissance de l'art du commandement », dans Pierre Brulé et Jacques Oulhen, Esclavage, guerre, économie en Grèce ancienne. Hommages à Yvon Garlan, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 1997 (ISBN 2-86847-289-3), p. 147-158.
  • Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, Robert Laffont, Bouquins, Paris, 2003, (ISBN 2-221-05854-2).