Diaspora (logiciel)

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Diaspora
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Développeur Diaspora Project
Première version 2010
Dernière version 0.4.0.1[1] (le 2014 juin 24, il y a 56 jours)
État du projet Actif
Écrit en Ruby
Langue Français, anglais
Type Réseau social
Licence AGPL v3
Site web [1]

Diaspora est un projet de logiciel permettant de déployer une application web de réseautage social offrant des fonctionnalités similaires à Facebook[2]. L'objectif du projet est de proposer un système décentralisé et sécurisé, permettant de préserver la vie privée des participants[3] et de faire communiquer différentes instances de Diaspora installées sur différents serveurs à travers le monde. Diaspora est un logiciel libre distribué sous licence AGPL.
Les promoteurs du projet sont Max Salzberg, Dan Grippi, Raphael Sofaer et Ilya Zhitomirskiy († 13 novembre 2011 (à 22 ans))[4]. Ils étaient alors étudiants à l'Institut Courant des mathématiques de l’Université de New York. Ils se sont connus au club d'informatique où ils travaillaient sur un projet d'imprimante en 3D[5].

Les quatre créateurs envisagent de proposer des serveurs sous Diaspora permettant d'héberger des profils, de manière analogue à ce que fait Wordpress pour les blogs, ce qui permettra aux personnes n'ayant pas la possibilité d'installer leur propre instance de Diaspora de créer malgré tout un compte. La première version publique du code du logiciel (en version alpha) a été diffusée le 15 septembre 2010, et le premier déploiement public initialement prévu pour octobre 2010[6],[7],[8], a été repoussé vers la fin 2012.

Origine du projet[modifier | modifier le code]

Les développeurs de Diaspora. De gauche à droite : Max Salzberg, Dan Grippi, Raphael Sofaer et Ilya Zhitomirskiy (en)

Les développeurs à l'origine du projet sont Dan Grippi, Max Salzberg, Raphael Sofaer et Ilya Zhitomirskiy (en)[9]. Ils ont indiqué avoir eu l'idée de créer Diaspora après une conférence d'Eben Moglen à l'Internet Society à New York en février 2010, où il parlait des réseaux sociaux existants, centralisés et basés sur des logiciels propriétaires, comme étant de l'« espionnage gratuit »[10].

Le projet a été annoncé le 24 avril 2010 sur le site web de levée de fonds Kickstarter[11]. Les promoteurs du projet annonçaient vouloir rassembler 10 000 dollars pour accomplir leur projet. Cette somme fut atteinte en 12 jours, et dans les semaines qui suivirent, les dons s'élevèrent à 200 641,84 dollars, ce qui en fit la levée de fonds la plus fructueuse de Kickstarter du moment[12]. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a lui-même fait un don[13] en qualifiant Diaspora d'« idée cool »[14].

Le développement de Diaspora a eu le soutien de Pivotal Labs (en), une société spécialisée dans le domaine du développement d'applications sociales[15].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Dès le début en 2010, le projet est gouverné par les 4 fondateurs d'origine. Le 27 août 2012, les fondateurs annoncent sur le blog de Diaspora l’arrêt de la gouvernance du projet par Diaspora* Inc.[16]. Le projet devient communautaire et la fondation diaspora* apparaît, chapeauté par la FSSN. Cette annonce n'est pas sans soulever quelques questions, certains se demandent si elle n'est pas un simple aveu d'échec de la part des créateurs du projet[17],[18],[19].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Copie d'écran d'une version alpha de Diaspora

Le projet Diaspora a indiqué le plan de développement permettant de connaitre les objectifs et notamment les futures fonctionnalités du logiciel[6],[20] :

Première distribution (15 septembre 2010)[modifier | modifier le code]

Copie d'écran de la version finale de la première release de Diaspora
  • Communication complète entre « seeds » (chaque profil des utilisateurs du logiciel).
  • Chiffrement OpenPGP de bout en bout.
  • Plugins permettant de recopier ses données personnelles présentes sur les principaux services Internet, comme Flickr et Twitter, dans le programme Diaspora.
  • Version finale de l'interface de programmation Diaspora.
  • La compatibilité avec le système d'authentification OpenID.
  • Microblogging
  • Publication du code de programmation du logiciel sur GitHub

Seconde distribution[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de date programmée pour cette seconde version mais elle devrait comprendre :

  • Des modules permettant de partager plus de données. La structure modulaire de Diaspora doit permettre de l'étendre facilement et de l'ouvrir à différents modèles de communication et de partage d'information entre utilisateurs. L'écriture de modules permettant des communications très diversifiées est donc une étape importante dans la construction du système.
  • La constitution d'un réseau de développeurs pour le logiciel.
  • Une simplification de l'installation et de la configuration d'une nouvelle instance de Diaspora.

Au-delà de la deuxième distribution[modifier | modifier le code]

Par la suite, plusieurs autres évolutions sont envisagées :

  • Utilisation du système de fichiers décentralisé Tahoe-LAFS (en).
  • Utilisation de XMPP, un protocole réseau pour faire communiquer des systèmes décentralisés, actuellement utilisé essentiellement par des systèmes de messagerie instantanée.
  • Utilisation de VoIP pour une communication par la voix sur internet.
  • Transmission de données en peer-to-peer par BitTorrent.
  • Amélioration de l'anonymat des utilisateurs en utilisant le réseau Tor.
  • Mise en place d'un provider OpenID spécifique.

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Chaque utilisateur dispose d'une « seed » (graine), correspondant à son profil et à une URL. Chaque personne peut accéder à ce profil soit directement, auquel cas il accède uniquement aux informations publiques, soit en indiquant une clé d'ami (« friendly key ») qui permet d'obtenir plus d'informations que le profil public. Dans ce cas, les informations sont chiffrées en utilisant la clé publique de la personne interrogeant le système. Toute personne ne possédant pas la clé privée ne pourra donc pas lire le résultat de la requête[6].

Exemple :

Admettons que le profil de Sophie se trouve à l'adresse http://www.sophie.com/. Elle a autorisé Pierre à être son ami. Pour cela, il a dû fournir sa clé publique OpenPGP au système, qui lui a fourni la clé d'ami 6389 en échange. Il peut accéder au profil public de Sophie à l'adresse http://www.sophie.com/, mais il obtiendra plus d'informations, étant un ami, à l'adresse http://www.sophie.com/6389. Il verra par exemple les photos que Sophie est prête à montrer à ses amis à l'adresse http://www.sophie.com/6389/photos. Les informations en réponse à la requête de Pierre sont chiffrées par GPG en utilisant la clé publique de Pierre, et donc lui seul pourra les déchiffrer à l'aide de sa clé privée.

Technologie[modifier | modifier le code]

Diaspora est écrit en Ruby. Il utilise notamment le framework Ruby on Rails. La persistance des données est assurée par MongoDB.

Le chiffrement des données échangées entre les utilisateurs est assuré par GNU Privacy Guard (GPG).

Des API pour interagir avec Flickr et Twitter sont fournies.

Diaspora utilise le protocole Ostatus, permettant de standardiser les communications entre des sites web se mettant mutuellement à jour[15].

Licence et copyright[modifier | modifier le code]

Certains composants de Diaspora comme Rails et JQuery sont sujets à la licence MIT/X11. Le code spécifique au projet est distribué sous la licence AGPL v3[21].

Avant la reprise en main du projet par la communauté, les contributeurs externes se voyaient demander de signer un contrat[22] avec la société Diaspora Inc leur fournissant la copropriété de ces contributions. Elle seule avait donc la possibilité de redistribuer le logiciel sous une autre licence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://github.com/diaspora/diaspora/blob/develop/Changelog.md
  2. Maggie Shiels, « The anti-Facebook »,‎ 12 mai 2010 (consulté le 25 août 2010)
  3. Aude Baron, « Le nouveau réseau social Diaspora va-t-il tuer Facebook ? »,‎ 18 mai 2010 (consulté le 25 août 2010)
  4. Dennis Schubert, « Ilya Zhitomirskiy », sur Blogpost,‎ 13 novembre 2011 (consulté le 13 novembre 2011)
  5. « Rencontre des fondateurs à la faculté », FR, Le Figaro.
  6. a, b et c « Diaspora* – an open-source, privacy-aware, personally controlled do-it-all web server » (consulté le 25 août 2010)
  7. « An Overdue Update » (consulté le 27 août 2010)
  8. « October Update » (consulté le 31 octobre 2010)
  9. Jim Dwyer, « Four Nerds and a Cry to Arms Against Facebook », sur nytimes.com,‎ 11 mai 2010 (consulté le 25 août 2010)
  10. Eben Moglen, « ISOC-NY Event: Eben Moglen ‘Freedom in the Cloud’ – 2/5/2010 », sur isoc-ny.org,‎ 5 février 2010 (consulté le 25 août 2010)
  11. « Decentralize the web with Diaspora », sur kickstarter.com,‎ 23 avril 2010 (consulté le 25 août 2010)
  12. « Liste des projets les plus financés » (consulté le 23 mai 2012)
  13. « Profil de Mark Zuckerberg sur Kickstarter »,‎ 13 mai 2010 (consulté le 25 août 2010)
  14. Ryan Singel, « Mark Zuckerberg: I Donated to Open Source, Facebook Competitor », sur wired.com,‎ 28 mai 2010 (consulté le 25 août 2010)
  15. a et b Marshall Kirkpatrick, « Only Burning Man Stands Between Diaspora, the Open Source Facebook, and Its Public Launch »,‎ 26 août 2010 (consulté le 28 août 2010)
  16. Announcement: Diaspora* Will Now Be A Community Project  ; The Diaspora project ; 27 août 2012 ; (article en ligne)
  17. Diaspora* s’ouvre (ou est abandonné ?) à la communauté  ; Philippe Scoffoni ; 29 août 2012 ; (article en ligne)
  18. Diaspora, le navire disparaît du cachier des charges des fondateurs  ; NeoSting.net ; 29 août 2012 ; (article en ligne)
  19. Diaspora est mort  ; Geektionnerd  ; 31 août 2012 ; (article en ligne)
  20. « Diaspora*: the project » (consulté le 25 août 2010)
  21. « Note de copyright du projet » (consulté le 31 octobre 2011)
  22. « Diaspora, or: How to Kill Your "Facebook Killer" Open Source Project Before It Even Launches » (consulté le 31 octobre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • MOVIM, un projet similaire

Liens externes[modifier | modifier le code]