David Petersen

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David Petersen

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Un canal à Amsterdam de Jan van der Heyden (1637-1712) ; l'Amsterdam de Petersen.

Naissance vers 1651
Lübeck
Saint-Empire romain germanique (962 — 1806) Saint-Empire romain germanique
Décès après 1709
Amsterdam
Provinces-Unies Provinces-Unies
Activité principale Compositeur
Violoniste

David Petersen, né vers 1651 à Lübeck et décédé après 1709 à Amsterdam, peut-être 1737, est un compositeur et violoniste dilettante d'origine allemande et actif aux Provinces-Unies.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petersen, originaire de l'Allemagne du Nord et plus précisément de Lübeck, subit vraisemblablement l'influence des compositeurs éminents de cette ville, tels que Franz Tunder et Dietrich Buxtehude. Dans le deuxième tiers du XVIe siècle, le violoniste virtuose Nicolaus Bleyer y comptait de nombreux élèves. Il n'est pas à exclure que Petersen ait bénéficié d'une formation musicale dans cet entourage. Les échanges culturels qui avaient lieu entre les villes hanséatiques, où vivaient des compositeurs tels que Johann Schop, Johann Valentin Meder ou Nathanael Schnittelbach, jouèrent un rôle dans l'éducation musicale de Petersen. Peut-être était-il un élève du compositeur allemand pour violon Johann Jakob Walther. Sans doute fut-il, comme musicien, en premier lieu violoniste.

Des documents relatifs à la publication des bans de Petersen, le 20 mai 1679, confirment qu'il était, à cette époque, un marchand âgé de 28 ans, ce qui implique que sa naissance devait avoir eu lieu en 1651. Il demeurait alors au Prinsengracht. Il se maria à Sloten, le 4 juin 1679, avec Catharina Aertsen de Nimègue. Le couple eut cinq enfants.

Avec Hendrik Anders, Johannes Schenck, Carl Rosier et Servaes de Koninck, Petersen était, vers 1700, un des compositeurs d'un groupe amstellodamois qui mit en musique des textes néerlandais, qui étaient, pour une bonne partie, de la plume des poètes Abraham Alewijn et Cornelis Sweerts.

Le 12 septembre 1709, il assista sa fille Jenetta lors de la publication des bans en préparation au mariage avec le commerçant Samuel Leenaerts. Il vivait alors au Reguliersgracht.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les sonates du recueil Speelstukken[modifier | modifier le code]

Les sonates pour violon et basse continue furent publiées sous le titre Speelstukken en 1683. L'ouvrage est une contribution exceptionnelle au répertoire néerlandais pour violon et compte douze « pièces à jouer » qui combinent des caractéristiques de la sonate et de la suite. Il s’agit d’une musique virtuose dans la tradition polyphonique de violonistes allemands tels que Johann Jakob Walther ou Thomas Baltzar. Les pièces ne sont pas sans rappeler celles d'un Johann Paul von Westhoff ou d'un Heinrich Ignaz Franz von Biber. Petersen devait avoir connu les Scherzi Musicali pour violon seul et basse continue de 1676 de Walther, car il y a des similitudes entre des passages entiers de ses propres pièces et de celles de Walther ; il semble d'ailleurs qu'il ait repris plusieurs thèmes de ce dernier.

La partie de basse y revêt souvent un rôle de premier ordre, dominant parfois la partie de violon, comme dans le prestissimo de la deuxième, dans l'allegro conclusif de la quatrième et dans la finale de la dixième sonate. Petersen renonce au genre, cher aux compositeurs allemands, de l'aria avec variations, qui est également présent dans les Scherzi de Walther.

Le seul exemplaire conservé des Speelstukken appartient à la bibliothèque de la cathédrale de Durham. Une copie de deux des sonates se trouve dans les archives de la famille louvaniste de musiciens di Martinelli et propose, au XVIIIe siècle, pour la réalisation de la basse continue, une instrumentation pour orgue différente de celle suggérée dans la publication de 1683 qui, elle, était pour théorbe ou viole de gambe.

Hormis les « pièces à jouer », aucune musique instrumentale de Petersen nous n'est connue, à moins que ce ne soit par la mention, quelque part, de variations instrumentales sur la chanson Ik zag Cecilia komen (Je vis arriver Cécile), dont la mélodie apparaît d'ailleurs aussi dans Vltava de Bedřich Smetana et dans l'hymne national d'Israël, l'Hatikvah.

Chansons néerlandaises avec basse continue[modifier | modifier le code]

Portrait de Cornelis Sweerts à l'âge de 32 ans (1701) avec une légende de son fils Philip Sweerts ; c'est de Sweerts, parmi d'autres, que Petersen mit en musique des poèmes.

Pour le reste, Petersen composait des chansons néerlandaises avec basse continue : principalement des recits [sic] et quelques chansons dans les styles français et italien. Les sujets de ces chansons sont généralement sérieux. Les chansons du Byvoegsel bij de Boertige en Ernstige Minnezangen montrent une tendance moralisatrice similaire. Les mélodies se rapprochent davantage du récitatif que celles d’autres compositeurs. Le rythme musical est largement défini par celui du texte. Petersen construit ses mélodies abondamment sur des répétitions de tons et sur des arpèges. L'harmonie est assez stéréotypée. Chaque récit a une double forme : à mi-chemin, la conclusion est formée par un rythme caractéristique.

Alewijn dédia en 1693 sa pastorale Amarillis, Bly-Eindend Treurspel à Petersen, à qui il rappela, à cette occasion, sa promesse de la mettre en musique. La musique parut plus tard sous le titre Opera of Sangspel van Amarillis. Daar in over de 70 Arien. De ces plus de 70 « arias », quatre seulement ont été conservées dans l'harmonisation de Petersen, incorporées dans de nouvelles éditions des Boertige en ernstige minnezangen de 1705 et de 1709. Le recueil comprend, en outre, des chansons de Petersen sur des paroles de Dirck Buysero et Cornelis Sweerts.

Les Zede- en harpgezangen, chants dont Abraham Alewijn avait écrit les paroles, parurent dans la République en 1694 et seraient les premiers à comprendre des chansons néerlandaises originales avec basse continue. L'ouvrage se compose de onze chansons moralisantes, les zedezangen, et treize adaptations de psaumes, les harpzangen. Dans ces chansons, Petersen avait employé le style grave de la chanson avec basse continue du nord de l'Allemagne, dans lequel beaucoup de soin est donné à une bonne déclamation du texte.

Au total, Petersen composa 34 chansons sur les paroles d'Alewijn et de Sweerts.

Notoriété[modifier | modifier le code]

Les contemporains de Petersen[modifier | modifier le code]

Les contemporains de Petersen semblent avoir particulièrement apprécié son art : ils brossaient en tout cas un portrait élogieux de lui. Ainsi, à la fin de l'introduction au Zang- en Speelkunst, dans deux poèmes, ses amis poètes dessinent une image très favorable de lui : dans le premier, Cornelis Sweerts décrit le compositeur comme étant excellent dans son art et modéré dans sa vie (« uitsteekend in zyn kunst, gematigt in zyn leven »), tandis que dans le second, Alewijn fait l’éloge d'un Petersen dont l'art serait inégalé et dont le jeu de cordes serait gracieux (« gadelooze kunst van 't lieflijk snaarenspel »).

Le certificat de baptême de 1691, où Abraham Alewijn figure comme parrain du fils de Petersen, qui s'appelait également Abraham, semble confirmer les liens d'amitié chaleureuse que le compositeur aurait entretenus avec ce poète. Alewijn écrivit encore au sujet de leur rencontre dans sa préface à la pastorale Amarillis de 1693 en mentionnant les nombreuses occasions où Petersen était venu faire de la musique dans son domaine à 's-Graveland.

L'appréciation de Sweerts ressort aussi d'une ode des Boertige en Ernstige Minnezangen : Dank aan den uitmuntenden Kunstenaar David Petersen. La seconde partie du poème se lit comme suit :

Dank aan den uitmuntenden Kunstenaar David Petersen Témoignage de reconnaissance à l'artiste excellent, David Petersen
(traduction libre du texte original)

"Dus streelde 't spel ons oor, dan hoopten we op het end,
Noch voor een nagerecht, om 't hart best te bekooren
Door 't groots muzykbanket, onze Orfeus, wyd bekent,
Dien weergaloozen man, dien PETERSEN, te hooren;
Dan zwom en dobberde de ziel in zalig zoet,
Wanneer zyn vingrenvlugt door 't vliegen op de snaaren,
Haar uit het ligchaam trok, die opwaarts zweeven moet,
Door dat geluid verrukt, en mag ten hemel vaaren.
Zyn vingren teelen dan door lieffelyk geluid
Dat voorkoomt of verdwynt, ontelbre nachtegaalen
Dan tuimlen onderen, dan vliegen in en uit
De gansche zaal een rei van hemelsche Kooraalen,
Dan zingt de snaar een taal die ider kan verstaan,
En kennen leert wat vreugd uw spel de ziel kan geeven
Die dus verhuist, en zich van 't aardsche mag ontslaan
Of, weergekeert, het lyf door 't speelen leert herleeven."

« Notre oreille fut alors caressée par le jeu, et on espérait à la fin,
Encore recevoir un dessert pour mieux tenter le cœur,
En écoutant le grand banquet musical de notre Orphée bien célèbre :
Cet homme incomparable, qu'est Petersen ;
Puis, dans un délicieux bonheur nageait et flottait l'âme,
Quand par sa virtuosité, volant sur les cordes,
Il tirait hors de son corps, celle qui doit voler vers le haut,
Et peut voyager au ciel, enthousiasmée par ce bruit.
Ses doigts créent alors, par un bruit plaisant,
qui se produit ou qui disparaît, d’innombrables rossignols.
Ensuite se bascule ci-dessous, puis se précipite et s’envole,
dans toute la salle, une ronde de chœurs célestes,
Après, la corde chante dans une langue que tout le monde saisit
Et dont on apprend quelle joie le jeu peut procurer à l'âme
Qui, ainsi, subséquemment, se transforme et se détourne des affaires terrestres
Ou, retournée, apprend au corps de se ressusciter par le jeu. »

À l’époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le violoniste Manfredo Kraemer, qui a enregistré les trois quarts des sonates avec son ensemble The Rare Fruits Council, considère les Speelstukken (Pièces), de Petersen comme exigeantes sur le plan technique, bien composées et à la hauteur des grands musiciens professionnels de l'époque, comme Biber, Westhoff et Walther.

Éditions et rééditions[modifier | modifier le code]

  • (nl) Speelstukken, Amsterdam, 1683.
  • (nl) Zede- en Harpgezangen met Zangkunst verrykt door David Petersen (24 chansons sur des paroles d'Alewijn), Amsterdam, 1694.
  • (nl) Vermeerderde Zede- en Harpgezangen (paroles d'Alewijn), Amsterdam, 1711.
  • (nl) Zede- en Harpgezangen (paroles d'Alewijn), Amsterdam, 1713.
  • (nl) Zede- en Harpgezangen (paroles d'Alewijn), Amsterdam, 1715.
  • (nl) Boertige en Ernstige Minnezangen (musique de Petersen et d'Anders, paroles de Sweerts), Amsterdam, 1705.
  • (nl) Boertige en Ernstige Minnezangen (musique de Petersen et de De Koninck paroles d'Alewijn), Amsterdam, 1705.
  • (nl) Boertige en Ernstige Minnezangen (musique de Petersen et de De Koninck, paroles d'Alewijn), Amsterdam, 1709.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • The Golden Dream, 17th Century Music from the Low Countries, The Newberry Consort, Harmonia Mundi, 1995, de Petersen : Schreit niet meer.
  • David Petersen, Speelstukken, Rare Fruits Council, sous la direction de Manfredo Kraemer, Astrée, 1998, neuf sonates de Petersen,
  • David Petersen, SpeelstukkenStylus Phantasticus in the Low Countries, B'Rock XS, Et’cetera KTC 4032, 2010, six sonates de Petersen.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • (nl) DIRKSEN, Pieter. « Amsterdam, 1698, Cornelis Sweerts houdt een pleidooi voor het gebruik van de eigen taal in de muziek. Zingen in een kleine taal rond 1700 », Een muziekgeschiedenis der Nederlanden (réd. Louis Peter GRIJP et Ignace BOSSUYT), Amsterdam University Press, 2001 (ISBN 9053564888) (ISBN 9789053564882), p. 320-321.
  • (nl) HetHonderdComponistenBoek, Haarlem, 1997.
  • (fr) (en) KRAEMER, Manfredo. Livret du CD David Petersen, Speelstukken, Rare Fruits Council, sous la direction de Manfredo Kraemer, Astrée, 1998.
  • (nl) RASCH, Rudolf A. (éd.). David Petersen: Speelstukken, 1683, édition en fac-similé, Utrecht, Stimu, 1989.
  • (nl) ZIELHORST, Anthony K.J. « Liedkunst in Amsterdam rond 1700 », De Eeuwwende 1700, vol. 3, De Kunsten (André Klukhuhn, réd. en collaboration avec R.A. Rasch et autres), Bureau Studium Generale, université d'Utrecht, 1991, Série Studium Generale 9104 (ISBN 9072145208).