Stylus phantasticus

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Le stylus phantasticus est un style musical baroque allemand. Sous l'influence de la musique pour clavier des italiens Claudio Merulo et Girolamo Frescobaldi, certains organistes du XVIIe siècle, en particulier Johann Jakob Froberger (élève de Frescobaldi) adoptent un jeu caractérisé par la virtuosité, l'invention et l'improvisation, et sans fil mélodique.

L'érudit Athanasius Kircher est sans doute le premier à utiliser le terme de stylus phantasticus[1] qu'il définit ainsi :

« Le stylus phantasticus, propre aux instruments, est la plus libre, et la moins contrainte des méthodes de composition. Il n'est soumis à rien, ni aux mots, ni aux sujets harmoniques ; elle a été créée pour montrer son habileté, et pour révéler les règles secrètes de l'harmonie, l'ingéniosité des conclusions harmoniques, et l'assemblage fugué. Il est divisé en ces formes qu'on appelle fantaisie, ricercar, toccata, sonate[2] »

Johann Mattheson reprend et précise cette définition en 1739[3] :

« Dans ce style, la manière de composer, de chanter et d'exécuter est la plus libre, la moins contrainte qui se puisse imaginer, pour qui y découvre d'abord telle idée et ensuite telle autre, du fait qu'on n'y est lié ni par les mots, ni par la mélodie, seulement par l'harmonie, de sorte que le chanteur ou l'exécutant peut en jouer avec habileté. Toutes sortes de progressions par ailleurs inaccoutumées, d'ornements cachés, de tours et de colorations ingénieux sont amenés sans souci d'observer la mesure ou la tonalité, sans considération pour ce qui est placé sur la page, sans thème ni ostinato formel, sans thème ou sujet à mener à bien ; ici rapide et là hésitant, tantôt à une voix, tantôt à plusieurs et de temps à autre en retard sur la battue, sans mesure du son, mais non sans se montrer tout entier résolu à plaire, à surprendre et à étonner[4]. »

Compositeurs utilisant le stylus phantasticus[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pieter Dirksen, « The Enigma of the stylus phantasticus and Dietrich Buxtehude’s Praeludium in G Minor(BuxWV 163) » in Orphei Organi Antiqui: Essays in Honor of Harald Vogel, p. 107-132
  2. Athanasius Kircher (1602-1680), Musurgia universalis sive ars magna consoni et dissoni in libros digesta, Rome, 1650, t. I, p. 585 (lire en ligne) : « Phantasticus stylus aptus instrumentis, est liberrima, et solutissima componendi methodus, nullis, nec verbis, nec subjecto harmonico adstrictus ad ostentandum ingenium, et abditam harmoniae rationem, ingeniosumque harmonicarum clausularum, fugarumque contextum docendum institutus, dividiturque in eas, quas Phantasias, Ricercatas, Toccatas, Sonatas vulgo vocant. »
  3. Der vollkommene Capellmeister, I, 10, §88-94
  4. Ibid., § 93, cité et traduit par Gilles Cantagrel, Dietrich Buxtehude, Paris, Fayard, 2006, p. 238-239