Cyprès de Lambert

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Le cyprès de Lambert ou cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa) est un arbre de la famille des Cupressacées, endémique de la côte centrale de la Californie.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un arbre sempervirent, de grande taille, qui devient souvent irrégulier et tabulaire sous l'effet des vents forts qui caractérisent son aire d'origine. Il peut pousser jusqu'à 25 mètres de hauteur[1] et son tronc peut atteindre un diamètre plus de 2 mètres ou plus (un spécimen en Bretagne nord, à Plestin-les-Grèves, mesure un peu plus de 4 m de diamètre, 13 m de circonférence[2]).

Jeune pousse portant des feuilles juvéniles en aiguilles. Le cyprès de Lambert est un arbre à croissance juvénile rapide (jusqu'à 1 mètre par an).

Le feuillage pousse en rameaux denses, de couleur vert brillant. Les feuilles sont en forme d'écailles imbriquées [3] de 2 à 5 mm de long recouvrant des ramules de section cylindriques et non pas aplaties. Les jeunes plants, jusqu'à un an, ont des feuilles juvéniles en forme d'aiguilles de 4 à 8 mm de long.

Les cônes femelles sont globuleux à oblongs[3] de 20 à 40 mm de long, formés de 6 à 14 écailles, vertes au début, tournant au brun au bout de 20 à 24 mois après la pollinisation. Les cônes mâles, plus petits, ont 3 à 5 mm de longueur et relâchent leur pollen en février-mars.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

À l'état sauvage, l'espèce est confinée à deux petits peuplements situés près de Monterey et de Carmel. Ces bosquets sont protégés dans le cadre de la réserve d'État de Point Lobos et à Del Monte Forest. L'habitat naturel de ce cyprès est connu pour être frais, aux étés humides et presque constamment baigné par les brumes marines. Il ne résiste pas aux températures inférieures à - 15 °C.

Quand il croît dans de meilleures conditions que celles de son habitat originel, il devient souvent plus grand, certains individus atteignant 40 m de haut et 3 m de diamètre[N 1]. Lorsqu'il est planté dans des régions aux étés chauds, (par exemple à l'intérieur de la Californie, loin de la zone du brouillard marin), il s'est montré très sensible au chancre du cyprès, provoqué par un champignon, le Seridium cardinale, et survit rarement plus de quelques années ; cela n'est pas un problème là où les étés sont frais.

Systématique[modifier | modifier le code]

Le cyprès de Lambert a été découvert en 1846 par un botaniste allemand, Theodor Hartweg, bien que des plants d’origine inconnue étaient déjà cultivés en Grande-Bretagne à cette époque.

C'est l'un des parents du cyprès de Leyland, hybride à croissance rapide, dont l'autre parent est le cyprès de Nootka.

Ce cyprès est considéré comme une espèce menacée et figure dans la Liste rouge de l'UICN.

Le nom spécifique macrocarpa, qui signifie « à gros fruits », fait référence à la taille des cônes femelles qui sont les plus gros rencontrés dans le genre Cupressus.

Le nom scientifique reconnu est Cupressus macrocarpa Hartw. ex Gordon. Synonyme : Cupressus Lambertiana Carr.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Cyprès de Lambert, Ile d'Oléron

Le cyprès de Lambert est largement cultivé en dehors de son aire d'origine, aussi bien le long de la côte californienne que dans d'autres régions qui ont un climat océanique similaire, aux étés frais et aux hivers doux (par exemple la Grande-Bretagne, la France, l'Ouest de l'Oregon et la Nouvelle-Zélande où il est naturalisé) en général comme arbre d'ornement et à l'occasion pour la production de bois.

En Nouvelle-Zélande, où on le désigne toujours sous le nom de Macrocarpa, il est le plus souvent conduit en arbre de protection dans les fermes, le plus souvent en alignements ou « rideaux-abris ». Dans ce pays, le bois du Macrocarpa était employé pour les poteaux de clôture avant que les clôtures électriques ne se généralisent[réf. nécessaire].

Le cyprès de Lambert se rencontre sur les côtes bretonnes et dans les îles atlantiques. De très beaux spécimens, plantés il y plus d'un siècle pour se protéger des vents d'Ouest et des tempêtes, agrémentent encore les paysages de Belle-île, de l'île de Ré et de l'île d'Oléron.

Il a ramené avec lui de multiples espèces de champignons saprotrophes qui lui sont propres comme deux espèces rares : l'Agaric de Singer (Amanita singeri) et la Lépiote d'Angers (Lepiota andegavensis) dont les sites connus de cette dernière dans le monde n'excèdent pas les doigts d'une main[4].

Les bois de sciage sont utilisés par de nombreux artisans et petits fabricants comme bois d'œuvre et comme bois décoratif pour sa belle couleur rosée et son grain fin.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chatenet signale trois arbres dans le sud-ouest de l'Angleterre de 30, 35 et 36 m de haut

Références[modifier | modifier le code]

  1. P. Lanzara, M. Pizzeti, Les arbres, Fernand Nathan,‎ 1977
  2. ouest-fr
  3. a et b G. du Chatenet, P. Bauer-Bovet, Guide des arbres et arbustes exotiques de nos parcs et jardins, Delachaux & Niestlé,‎ 1987
  4. Guide de la maison de la nature de Belle-île

Lien externe[modifier | modifier le code]

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