Crédit municipal de Paris

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Crédit municipal de Paris

Création 1637
Fondateurs Théophraste Renaudot (1586-1653)
Forme juridique Établissement public communal de crédit et d’aide sociale
Siège social Drapeau de France 55 rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris (France)
Direction Sophie Mahieux (directrice générale)
Actionnaires Mairie de Paris
Activité Banque et assurance.
Filiales CMP Banque
Site web http://www.creditmunicipal.fr
Code banque (BIC) CRMPFRP1
Code établissement (IBAN) 15208
Entrée principale, 55 rue des Francs-Bourgeois
Entrée historique, 16 rue des Blancs-Manteaux

Le Crédit municipal de Paris, anciennement Mont-de-Piété, dit « Ma tante »[1], est la plus ancienne institution financière parisienne. Depuis 1637, l'établissement pratique le prêt sur gage, une forme de crédit qui consiste à déposer en gage un objet de valeur (bijou, argenterie, tableau, sculpture, tapisserie, verrerie, instrument de musique) contre un prêt immédiat représentant 50 à 70 % de la valeur de l’objet sur le marché des enchères publiques. Le Crédit municipal fait aussi office de banque et de salle de vente aux enchères.

Le Crédit municipal de Paris est situé au 55, rue des Francs-Bourgeois dans le 4e arrondissement de Paris, avec des succursales dans plusieurs arrondissements. Les locaux comprennent une salle de ventes et une salle de dépôt. On y trouve encore une étuveuse qui servait à désinfecter les matelas mis en gage aux XVIIIe et XIXe siècles. Depuis 2013, la Directrice générale est Sophie Mahieux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une institution sociale pour lutter contre l’usure[modifier | modifier le code]

Le Crédit municipal de Paris trouve son origine dans l’exemple italien du Monte di Pietà, institution caritative créée en 1462 par le moine Barnabé de Terni pour lutter contre l’usure.

Le premier Mont-de-Piété français voit le jour en 1577 à Avignon, alors domaine pontifical. C’est en 1637, sous l’impulsion de Théophraste Renaudot, fondateur du premier journal français La Gazette, que le Mont-de-Piété ouvre ses portes à Paris, sur l'Ile de la Cité.

À la mort de Richelieu et de Louis XIII, Renaudot perd ses défenseurs. Un arrêté du Parlement du 1er mars 1644 met fin à l’institution qui ne reverra le jour qu’au XVIIIe siècle, pour lutter contre les usuriers devenus de plus en plus nombreux.

Le roi Louis XVI, sur la proposition du lieutenant général de police de Paris, Jean-Charles-Pierre Lenoir, rétablit le Mont-de-Piété par lettres patentes datées du 9 décembre 1777. L'institution s'installe dans le Marais, à l'adresse qu'elle occupe toujours aujourd'hui. Le Mont-de-Piété devient très vite un véritable soutien à une population qui recourt à l’emprunt pour assumer le quotidien.

Du Mont-de-Piété au Crédit municipal de Paris[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, le mont-de-piété se voit accorder par Napoléon le monopole des prêts sur gages et ouvre de nouvelles succursales pour faire face aux sollicitations de plus en plus nombreuses de la population parisienne.

Au XXe siècle, la société change. Les classes moyennes, mais aussi des personnes aisées, rencontrant des difficultés ponctuelles, se tournent vers le Mont-de-Piété, l’amenant peu à peu à devenir un établissement de crédit populaire. Par décret du 24 octobre 1918, le Mont-de-Piété devient Crédit municipal de Paris et amorce le développement de ses activités bancaires, parallèlement aux prêts sur gage. Le Crédit municipal de Paris est ainsi soumis à la loi bancaire de 1984. En 1992, il passe sous la responsabilité de la Ville de Paris, son unique actionnaire.

En janvier 2005, Crédit municipal de Paris se réorganise juridiquement en dissociant le secteur bancaire de l’activité traditionnelle de prêt sur gage. Ainsi, la filiale CMP Banque gère le département bancaire du groupe : prêts de restructuration, prêts de trésorerie, prêts sociaux, comptes bancaires, produits d’épargne et de placement. Tandis que la maison mère, le Crédit municipal de Paris, gère les activités traditionnelles autour des objets d’art : prêts sur gage, ventes aux enchères, expertise et conservation d’œuvres. Depuis octobre 2008, le Crédit Municipal de Paris propose un dispositif de microcrédit personnel sur l'Île-de-France, en partenariat avec les réseaux associatifs, les services sociaux et des banques agréées par le Fonds de cohésion social. En 2011, il lance un service d'accompagnement au surendettement et en 2012, le Crédit Municipal de Paris se lance dans l'épargne solidaire.

Activités[modifier | modifier le code]

Prêt sur gage[modifier | modifier le code]

Les objets sont estimés par des commissaires priseurs, officiers ministériels indépendants de l'établissement, qui déterminent la valeur de l’objet. Le prêt représente entre 50 et 70 % de la valeur estimée de l’objet sur le marché des ventes aux enchères publiques. Une fois le prêt accordé, un contrat est établi pour un an et la somme est immédiatement remise au client. L’emprunteur reste propriétaire de son bien qu’il peut récupérer à tout moment contre remboursement du prêt à l'établissement.

93 % des objets déposés sont ainsi récupérés par leur propriétaire, les 7 % restant sont vendus aux enchères. Le produit de la vente sert à rembourser le prêt et les intérêts. S’il y a un bénéfice (boni), il est reversé au client ; s’il y a une perte, elle est à la charge du Crédit municipal de Paris.

Hôtel des Ventes[modifier | modifier le code]

Spécialement conçu pour l’achat et la vente d’objets de valeur (bijoux, montres, œuvres d’art), l’Hôtel des Ventes du Crédit municipal de Paris organise chaque année une centaine de ventes aux enchères publiques, en collaboration avec des commissaires-priseurs et des experts de renom.

Les biens qui y sont mis aux enchères sont parfois de très grande valeur. En 1998, un samovar offert par le tsar Nicolas II de Russie au président Félix Faure en 1896 y est adjugé à plus de 2 millions de francs. En 2005, y sont vendus des tableaux de Modigliani. En octobre 2006, la Mairie de Paris met en vente des bouteilles de vin : Pétrus, châteaux Latour, châteaux Cheval Blanc des années 1980 à 1990.

Conservation et expertise d'objets de valeur[modifier | modifier le code]

Tableaux, sculptures, meubles, bijoux, etc. sont conservés dans des espaces sécurisés pour une durée allant de la journée à l’année. Le Crédit municipal de Paris propose également le transport d’objets et la restauration d’œuvres d’art.

Des commissaires-priseurs et des experts estiment tous types d’objets précieux et délivrent un certificat d’expertise en valeur de réalisation en vente aux enchères ou en valeur d’assurance.

Microcrédit personnel[modifier | modifier le code]

Le Crédit municipal de Paris propose depuis 2008 un service de microcrédit personnel. Le microcrédit personnel est un prêt bancaire accordé à une personne n’ayant pas accès au crédit bancaire « classique » et disposant d’une capacité de remboursement. Il a pour objet le financement d’un projet important pour la personne favorisant sa meilleure insertion sociale et professionnelle ou son mieux être physique ou moral. Le bénéficiaire peut bénéficier d'un accompagnement personnalisé pendant toute la durée de son prêt.

Point Solutions Surendettement[modifier | modifier le code]

Depuis 2012, en partenariat avec la Banque de France et le département de Paris, le « Point solutions surendettement » œuvre à la lutte contre le surendettement des Parisiens à travers ses missions d'accompagnement et de prévention.

Confidentiel, gratuit et indépendant de toute activité commerciale, le Point solutions surendettement accueille, dès la décision définitive de la Commission de surendettement, les débiteurs qui le souhaitent afin de les soutenir dans leurs démarches (conseils, médiation, soutien personnel…).

Depuis 2014, il accompagne également les débiteurs en amont de la décision de la commission pour tous conseils d’ordre juridique ou budgétaire lorsqu’une alternative au dossier de surendettement est possible, et pour aider au dépôt lorsque celui-ci est nécessaire.

Rachat de crédits[modifier | modifier le code]

Les crédits de toute nature (crédit à la consommation, immobilier, automobile…) ainsi que les dettes sont regroupés en un prêt unique qui permet de rééquilibrer le budget grâce à des mensualités réduites.

Le Crédit municipal de Paris assure également des services bancaires plus classiques : prêts jeunes fonctionnaires, prêts personnels, prêts hypothécaires, produits d’épargne...

Expositions[modifier | modifier le code]

Le Crédit municipal de Paris propose des expositions d'art depuis octobre 2011 dans sa Galerie. La première "L'histoire de ma Tante est épatante - Les Parisiens au Mont-de-Piété" était dédiée à sa propre histoire, de 1637 à 1914.

Emblème[modifier | modifier le code]

L'emblème du Crédit municipal de Paris est un griffon. Il prend son origine en Italie au XVe siècle. Cet animal mythologique, doté d’un corps de lion, d’ailes et d’un bec d’aigle, qui gardait les mines d’or d’Apollon dans le désert de Scythie, était déjà l’emblème du premier Monte di Pietà créé en 1462 par le moine Barnabé de Terni.

Personnalités qui ont eu recours au prêt sur gage[modifier | modifier le code]

  • Victor Hugo y dégageait les objets déposés par Juliette Drouet.
  • Claude Monet écrivit une lettre émouvante à un médecin parisien, dans laquelle il lui demande de retirer le médaillon de sa femme du Mont-de-Piété afin que celle-ci, décédée le matin même, puisse être enterrée avec son bijou.
  • La comtesse de Castiglione, maîtresse de Napoléon III, y déposa discrètement des bijoux et fourrures. Le directeur de l’époque, un ami, lui permettait de disposer de ses accessoires lors de ses sorties et réceptions, à condition de les rendre avant l’ouverture du lendemain.
  • Sacha Guitry y a déposé La Rouge un tableau d’Henri de Toulouse-Lautrec.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Une journée chez ma tante (1996), film documentaire de Christophe Otzenberger sur le Crédit municipal de Paris.
  • Mont de Piété, recueil de poèmes, André Breton
  • L'histoire de Ma Tante est épatante - les Parisiens au Mont-de-Piété 1637-1914" exposition, octobre 2011-janvier 2012 - Galerie du Crédit municipal de Paris
  • Le Mont de Piété expose la collection de Clo Fleiss Bijoux d'Artistes chez ma Tante octobre 2012 - janvier 2013 - Galerie du Crédit municipal de Paris

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe, était connu comme joueur invétéré. Ayant dû mettre sa montre en gage, et ne sachant comment expliquer sa disparition, il dit alors à sa mère qu'il avait oublié sa montre « chez sa tante ». L'expression est restée depuis lors.

Liens externes[modifier | modifier le code]