Carreau du Temple

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Carreau du Temple
Vue extérieure.
Vue extérieure.
Présentation
Date de construction 1863
Protection Logo monument historique Classé MH (1982)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 52.2″ N 2° 21′ 45.1″ E / 48.8645, 2.36252848° 51′ 52.2″ Nord 2° 21′ 45.1″ Est / 48.8645, 2.362528  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Carreau du Temple

Le Carreau du Temple est un marché couvert du 3e arrondissement de Paris, construit en 1863 et remanié en 1905. Il a depuis été aménagé en ensemble polyvalent et son inauguration a eu lieu le 20 février 2014[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le Carreau du Temple se trouve à quelques mètres de la mairie du 3e arrondissement, dont il est séparé par la rue Perrée, de l'École supérieure des arts appliqués Duperré, de l'autre côté de la rue Eugène Spuller, et du square du Temple.

Le site est desservi par la ligne de métro (M)(3) à la station Temple.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Carreau du Temple un ancien lieu festif[modifier | modifier le code]

La chanson vivante au Carreau du Temple[modifier | modifier le code]

En 1824, le goguettier Jean-Baptiste Grange, indique dans sa chanson Le visiteur des Enfants de la Goguette, que la rotonde du Temple est le lieu où se rassemble tous les mercredis la goguette des Enfants de la Goguette.

Cette société chantante prend à ces occasions le nom de : les Bons Amis du plaisir[2].

La cavalcade du marché du Temple[modifier | modifier le code]

Annonce de la cavalcade de la Reine des Reines de Paris et de celle du marché du Temple organisées le 14 mars 1901[3].
Mlle Desrousse, Reine du Marché du Temple 1898[4].
Char du Marché du Temple à la Mi-Carême 1902[5].

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le marché du Temple élit chaque année une reine pour la Mi-Carême et organise son défilé avec une très grande et fameuse cavalcade carnavalesque dans Paris.

Le nom de la reine du Temple et quelquefois également son portrait apparaisse à cette occasion dans la presse parisienne, lui assurant ainsi une célébrité momentanée.

Cette cavalcade longtemps très populaire à Paris est à présent oubliée par les Parisiens.

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

La Rotonde du Temple et les halles de bois à gauche
Vestige de la Rotonde

Partie intégrante de l’Enclos du Temple, la Rotonde du Temple, construite en 1788 par l’architecte Perrard de Montreuil, bénéficiait des privilèges d'extraterritorialité accordés à cette enceinte. Les boutiques s’y louaient donc à prix d’or et les banqueroutiers y trouvaient un refuge.

Un décret du Premier Consul instaure définitivement en 1802 le commerce de « vieux linge, des hardes et des chiffons ». L’architecte Molinos bâtit quatre hangars en bois, entre 1809 et 1811 allant de la Rotonde à la rue du Temple. Des rues sont percées autour, portant les noms de Perrée et du botaniste Du Petit-Thouars.

Chacun de ses hangars avait une spécialité :

  • Carré du Palais-Royal : tapis, soieries, rubans, gants, plumes et articles à la mode.
  • Carré de Flore : linge de maison
  • Carré du Pou-volant : ferraille et friperies
  • Carré de la Forêt-Noire : cuir…

Entre ces quatre halles et la rotonde se trouvait un « carreau », terre-plein où fonctionnait une bourse du vêtement d’occasion, qui durera jusqu’à l’après-guerre.

Les bâtiments actuels[modifier | modifier le code]

En 1863, les halles et la Rotonde sont démolies pour être remplacées par six pavillons modernes en fonte, verre et brique, conçus par les architectes Ernest Legrand et Jules de Mérindol.

En 1904, le Carreau accueille la première Foire de Paris. L'année suivante, quatre des six pavillons sont démontés. Il n’en reste plus aujourd’hui que deux, formant une vaste halle (actuel marché du Temple). La rue Gabriel-Vicaire et la rue Paul-Dubois passent sur la partie supprimée, et le reste se trouve entre la rue de Picardie et la rue Eugène Spuller.

Le marché du Carreau du Temple connaît un énorme succès et « devient le marché incontournable du vêtement populaire pour les petites bourses et les coquets » (Meryam Khouya). Les années 1950 à 1970 voient les clients affluer. Il y aurait eu jusqu'à 1 000 marchands dans le Carreau. En 1976, il en restait 360, et dans les années 2000, ils ne sont plus qu'une dizaine.

En 1976, le maire de l’arrondissement, Jacques Dominati, veut raser les lieux pour édifier un parking : une pétition opposée à ce projet recueille 5 000 signatures et obtient son abandon.

En 1982, le bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques[6]. Le commerce des vêtements décline au fil des ans. Le site sert occasionnellement à des défilés de mode et accueille diverses manifestations. Pendant l'été 2005, le Carreau a été aménagé pour héberger une exposition dans le cadre de l'Année du Brésil - le président Lula et le musicien et ministre Gilberto Gil y sont venus à cette occasion le 14 juillet 2005[7].

Refonte du bâtiment dans les années 2000 et 2010[modifier | modifier le code]

Le Carreau du Temple en travaux (2011)

Dès 2001, le maire nouvellement élu Bertrand Delanoë fat part de sa volonté de restaurer entièrement le bâtiment. Le principe en est acté au Conseil de Paris.

Lors d'un concours d'idées lancé en 2003, 133 projets sont déposés, puis synthétisés en trois propositions de projets, soumises en février 2004 à un vote local. Les personnes habitant, étudiant ou travaillant dans le 3e arrondissement sont alors appelées à participer à cette grande expérience de démocratie participative[8]. C'est le dernier projet qui a été choisi, avec 35,9 % des voix, annonce à la clôture du scrutin le dimanche 1er février 2004 le maire Pierre Aidenbaum, devant le sport (34,4 %).

Un concours d'architecture entre cinq agences a lieu en 2007. Le 6 septembre, le projet est confié à l'architecte lauréat par un jury d'élus et de hauts fonctionnaires de Paris, et d'architectes. Le nouveau Carreau du Temple sera réalisé par l'agence Studio Milou Architecture, dirigée par l'architecte Jean-François Milou, qui a notamment réalisé l'extension du Musée national de l'automobile à Mulhouse.

Un auditorium de 250 places sera aménagé au rez-de-chaussée, doté d'une entrée autonome. 1 600 m2 sont dédiés aux sports et aux activités économiques, ainsi qu'aux expositions[9].

D'un budget initial de 30 millions d'euros, l'évaluation du coût est passée début 2007 à 44,5 millions, avec des dépenses supplémentaires notamment d'isolation phonique[10].

En janvier 2008, le Conseil de Paris a délibéré sur l'approbation du marché de maîtrise d'œuvre architecturale. En 2009 ont lieu des fouilles archéologiques - le Carreau est dans l'ancien enclos des Templiers - puis les travaux d'aménagement.

En septembre 2012, Jean-Luc Baillet est nommé Directeur Général du Carreau du Temple pour développer un projet d'activités de loisirs, événementiel et culturel[11].

À l'occasion de la Nuit blanche 2013, le lieu a été ouvert pour la première fois à nouveau au public, avant son inauguration officielle le jeudi 20 février 2014[1].

Le Nouveau Carreau du Temple[modifier | modifier le code]

La pluridisciplinarité est une ligne éditoriale établie. Sport, arts vivants, concerts, salons, amateurs de spectacles, artistes et praticiens sont amenés à cohabiter ensemble dans l’enceinte du Carreau du Temple.

Il accueille des programmations « maison », des programmations en partenariat avec des structures institutionnelles parisiennes et nationales, des résidences artistiques, et des privatisations permettant d’enrichir le projet artistique, avec un intérêt fort pour les enjeux internationaux.

Une offre sportive de proximité à destination des scolaires, des jeunes et des amateurs[modifier | modifier le code]

Des cours, des stages, des espaces de pratiques pour les scolaires, des disciplines sportives alternatives, émergentes et novatrices (gym douce, Tai Chi, Qi Kong, yoga, arts martiaux, arts du cirque…) aux côtés de pratiques plus traditionnelles (tennis, basket, hand, volley…). Des compétitions et des démonstrations sportives pourront permettre la rencontre entre les pratiques « amateurs », le sport et les activités physiques de haut niveau dans de nombreuses disciplines.

Des « temps forts » événementiels[modifier | modifier le code]

La mode (haute couture, prêt à porter, jeunes créateurs, sportswear) est l’un des axes historiques du projet. Le Carreau du Temple sera un nouveau lieu d’accueil de défilés, salons, pop up stores, conformément à l’histoire commerciale du Carreau depuis sa création au XIXe siècle.

Des salons d’art, des foires (objets d’art, livre, photo, design…), des événements liés à l’environnement et à l’écologie urbaine, aux nouvelles technologies et à la cuisine du monde seront accueillis dans les locaux de ce « marché » d’un nouveau type. L’enjeu pour le Carreau du Temple est d’inscrire au sein du projet événementiel lui-même une présence artistique sous des formes professionnelles, éthiques et respectueuses du monde de l’art : des foires, des salons, des concerts, des défilés.

Un lieu d’expérimentation et de laboratoire artistique[modifier | modifier le code]

Le Carreau du Temple a pour ambition d’offrir aux parisiens une programmation ouverte aux artistes et créateurs « émergents » dans les arts de la scène (théâtre, danse, art du cirque, théâtre d’objets et marionnette), des concerts de musiques actuelles, mais aussi dans les domaines de la mode et du design.

Des actions d’accompagnement[modifier | modifier le code]

  • Des résidences seront proposées à des artistes et à des créateurs, développant une relation fidèle au projet du Carreau du Temple : mise à disposition de locaux, aide à la production et à la diffusion. Certains, en fonction de leur parcours et projet, seront dits artistes et/ou projets « associés » à l’identité de la structure.
  • Un travail d’éducation artistique sera mené avec les publics du « territoire » : le 3e arrondissement bien sûr, mais également Paris et la Région parisienne (le Grand Paris) en fonction des projets, des publics visés (scolaires, jeunes, amateurs, professionnels, autres…) et des actions et demandes conçues en relation avec des acteurs artistiques, culturels et éducatifs.
  • Le Programme « Jeunes Talents - Jeunes Créateurs ».

Le Carreau du Temple initie dès sa préfiguration un dispositif d’accompagnement dans la vie professionnelle de jeunes artistes et créateurs. Le programme « Jeunes Talents-Jeunes Créateurs » propose aux artistes et créateurs sélectionnés : des formations, des ateliers, des actions de soutien et de développement aux projets en émergence.

  • Le Cluster culturel international Paris-Île-de-France a pour objectif de créer à Paris et sa région un véritable point d’ancrage des acteurs de la coopération culturelle européenne et internationale, sur des projets spectacle vivant, mais aussi mode et design afin de faire se côtoyer arts et industries créatives.

Un modèle économique public/privée unique[modifier | modifier le code]

Le Carreau du Temple est exploité par une société publique locale (SA dont le capital est exclusivement détenu par des collectivités locales et dont les membres du CA sont des élus des collectivités actionnaires). La ville de Paris et la SPL ont conclu en 2012 un contrat de délégation de service public précisant les missions de service public assignées au délégataire et les contraintes qui y sont liées, notamment en matière de destination des lieux, de jours et d’horaires d’ouverture et de tarification pour les activités de service public (mise à disposition des locaux aux publics scolaires, programmation de l’équipement). En contrepartie, la Ville de Paris verse une subvention compensatrice de ces contraintes de service public. Les ressources propres du Carreau du Temple représenteront les deux tiers des produits d’exploitation et la subvention compensatrice un tiers. L’exploitant devra donc dégager suffisamment de ressources propres afin de couvrir ses charges d’exploitation, estimées à 3 M€ par an.

Les espaces[modifier | modifier le code]

Les Halles[modifier | modifier le code]

Au rez-de chaussée du bâtiment, les Halles du Carreau du Temple, espace vitré de 2 300 m2 sous huit mètres de verrière, constituent un espace tout en transparence, au volume important pour l’organisation de projets variés. Les Halles peuvent accueillir 800 personnes en dîner assis,  1 000 personnes en conférence plénière,  1 500 personnes en cocktail/soirée, et jusqu'à 3 000 personnes en concert debout.

Le plateau[modifier | modifier le code]

Le plateau de 250 places (dont 10 places PMR) , adjacent aux Halles dispose de grande qualité acoustique.

Les Studios et l'Espace Lounge[modifier | modifier le code]

Le sous-sol du Carreau du Temple est complètement insonorisé et se trouve éclairé partiellement par la lumière zénithale des Halles. Il comprend notamment deux studios polyvalents de 335 m2 chacun (danse et dojo) : le Studio de Flore et le Studio du Pou-Volant, ainsi qu'un espace de 235 m2 et une salle de réunion de 60 m2.

Le Bar-Restaurant du Carreau[modifier | modifier le code]

Le Carreau du Temple est également doté d’un bar-restaurant permanent à proximité de l’auditorium.

Le Carreau du Temple est complètement accessible aux personnes à mobilité réduite.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Sorel, Vie et histoire du IIIe arrondissement : archives, arts et métiers, enfants rouges, Sainte-Avoye : histoire, anecdotes, curiosités, monuments, musées, jardins, promenades, dictionnaire des rues, vie pratique, Paris, Hervas,‎ 1986 (ISBN 978-2-903-11822-8).
  • Philippe Perrot, Splendeur et déclin du marché du Temple, L’histoire, no 33, avril 2001.
  • Meryam Khouya, Mémoire des rues - Paris 3e arrondissement 1900-1940, Paris, Parimagine,‎ 2007 (1re éd. 2004) (ISBN 978-2-916-19510-0).
  • Bulletin d’Histoire du 3e arrondissement de Paris, no 4.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Paris: inauguration du Carreau du Temple », sur lefigaro.fr
  2. Le Troubadour, recueil de chansons inédites, par J.-B. Gougé, édité par l’auteur, Paris, 1824, p. 66.
  3. L'Intransigeant, daté du vendredi 15 mars 1901, page 4, 1re colonne.
  4. Supplément littéraire illustré au Petit Parisien, 20 mars 1898, page 90. Son nom est précisé page 94, 4e colonne.
  5. Le Petit Journal, 7 mars 1902.
  6. « Notice no PA00086228 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Bertrand Delanoë reçoit le Président de la République du Brésil, Luiz Inacio Lula Da Silva, communiqué de la mairie de Paris, 12 juillet 2005
  8. Le vote était ouvert à toute personne remplissant une de ces trois conditions, sans restriction de nationalité et à partir de 15 ans - une population estimée à 20 000 personnes par la mairie. Le scrutin a duré une semaine. Les trois propositions étaient nommées "Tout pour le sport", "La culture d'abord" et "Un espace pour tous".
  9. Carreau du Temple : le projet est choisi !, Le Parisien du 7 septembre 2007, Eric Le Mitouard
  10. Carreau du Temple : le budget des travaux s'envole, Le Parisien du 9 février 2007
  11. « Le Carreau du Temple prend enfin forme », sur leparisien.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

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