Cimetière des Innocents

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Cimetière des Innocents
Image illustrative de l'article Cimetière des Innocents
Le cimetière des Innocents vers 1550 (gravure de Hoffbauer - fin XIXe siècle) siècle.
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Date d'abandon décembre 1780
Coordonnées 48° 51′ 38″ N 2° 20′ 52″ E / 48.860556, 2.34777848° 51′ 38″ Nord 2° 20′ 52″ Est / 48.860556, 2.347778  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Cimetière des Innocents

Le cimetière des Innocents, ou cimetière des Saints-Innocents, est un cimetière qui était situé dans le quartier des Halles de Paris, à l'emplacement de l'actuelle place Joachim-du-Bellay au centre de laquelle se tient la Fontaine des Innocents.

Il tient son nom de l'église des Saints-Innocents qui se trouvait à l'angle nord-est de la place et qui a aujourd'hui disparu. Celle-ci était dédiée aux « saints Innocents », enfants de Judée massacrés sur l'ordre du roi Hérode.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'emplacement servait de cimetière depuis les Mérovingiens (des sarcophages ont été trouvés lors de fouilles en 1973-1974), époque à laquelle le site était hors des murs, à côté de la route menant de Paris à Saint-Denis. Une petite chapelle consacrée à saint Michel fut érigée au Xe siècle. Vers 1130, le roi Louis VI le Gros fit remplacer la chapelle par une église plus vaste (au nord-est, donnant sur la rue Saint-Denis), qui fut dédiée aux saints Innocents.

Le cimetière prit de l'importance quand le marché central de Paris fut installé aux Champeaux en 1137, sur l'emplacement des Halles.
Sous Philippe Auguste le cimetière fut agrandi et clos d'un mur de trois mètres de haut. Se retrouvant intra-muros, le cimetière reçut du Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle les corps de 22 paroisses parisiennes, plus ceux de l'Hôtel-Dieu, ceux des pestiférés de 1348 et des inconnus de la morgue (les noyés de la Seine et les personnes trouvées mortes sur la voie publique) : soit un total estimé à deux millions de Parisiens.
Pour faire face aux épidémies, la ville de Paris achète alors le cimetière et une partie de l'enclos de l'hôpital de la Trinité.

Pour les riches bourgeois, l'inhumation se faisait dans un cercueil de bois. Pour les pauvres les inhumations se faisaient dans de vastes fosses communes pouvant contenir 1 500 corps superposés ; lorsqu'une était pleine, on en creusait une autre à côté. On disait que la terre du cimetière des Innocents mangeait son cadavre en neuf jours. Les ossements retirés finissaient dans les charniers construits aux XIVe et XVe siècles tout autour du cimetière, au-dessus d'arcades, entre la voûte et la toiture (celui côté ouest, donnant sur la rue de la Lingerie, a été financé par Nicolas Flamel ; celui côté sud était décoré d'une fresque représentant une danse macabre).

En 1669, le charnier se trouvant côté sud fut détruit et remplacé par un long immeuble (120 mètres de long) toujours debout, séparant les Innocents de la rue de la Ferronnerie. Un nouveau charnier y fut aménagé entre les arcades et l'entresol.

Le 7 mai 1780, les murs de la cave d'un restaurateur situé près du cimetière des Innocents s'effondrèrent. Ce ne fut pas une carrière souterraine parisienne, mais des ossements et des cadavres qui, par leur poids et leur volume (le niveau du sol dépassant de deux mètres cinquante celui des rues), firent céder la cloison. À la suite de cet incident, le Parlement décréta, le 4 septembre, la fermeture du cimetière. Décision qui resta sans effet, les corps continuant à être entassés dans un charnier déjà très excessivement rempli. Conformément à la déclaration royale du 10 mars 1775, il fut fermé en décembre 1780, puis vidé en 1786 pour des raisons sanitaires, tandis que l’église des Saints-Innocents fut rasée en 1785. Le 9 novembre 1785, sur la suggestion de l'inspecteur général des carrières, Charles-Axel Guillaumot décida de transférer les restes secs (c'est-à-dire les ossements qui se trouvaient dans les charniers et sur une profondeur d'un mètre cinquante) dans les anciennes carrières transformées en catacombes situées sous le lieu-dit de la Tombe-Issoire, ce transfert se faisant pendant quinze mois selon des processions quotidiennes de tombereaux en présence de prêtres. L'espace ainsi dégagé devint un marché baptisé à l'époque « place du marché des Innocents »[1]. Charles-Louis Bernier fit de nombreux dessins du lieu avant sa destruction.

En 1856, le projet de construction des Halles de Baltard rendit le marché inutile. Il fut remplacé par un square aux dimensions plus restreintes, similaires à celles d'aujourd'hui.

Accès[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Thomas et Alain Clément, Atlas du Paris souterrain, Parigramme,‎ 2001, 193 p. (ISBN 2840961911)