Carinhall

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53° 00′ 31″ N 13° 38′ 11″ E / 53.00861, 13.63639

Göring accueillant un dirigeant SS dans la cour de Carinhall.
Adolf Hitler et Hermann Göring à la tête de la procession funéraire de Carin Göring lors du transfert de ses cendres le 19 juin 1934 à Carinhall.
Carinhall en ruines, en 1947.
Statue de Franz von Stuck Kämpfende Amazone (1897), qui se trouvait auparavant à Carinhall.

Carinhall était la résidence de campagne du Reichsmarschall Hermann Göring, un des chefs du national-socialisme; elle était située au milieu de la forêt de la Schorfheide (de) entre le Großdöllner See (de) et le Wuckersee (de) dans le nord de l'actuel Land de Brandebourg.

Baptisé ainsi en mémoire de sa première femme suédoise, Carin baronne von Kantzow, née Fock (1888-1931), cette propriété a été construite en plusieurs étapes à partir de 1933 sur une grande échelle, dans le style d'un pavillon de chasse. Le 10 avril 1935, Carinhall fut le lieu du banquet des secondes noces de Göring avec sa deuxième femme, Emmy Sonnemann. Carinhall est devenue la destination de nombreuses œuvres d'art que Göring a pillées à travers l'Europe occupée.

Historique[modifier | modifier le code]

Située à environ soixante-cinq kilomètres au nord de Berlin, la forêt de Schorfheide est l'une des plus grandes d'Europe centrale. Au début de l'année 1933, usant de sa fonction de ministre-président de Prusse, Hermann Göring fit mettre à sa disposition un terrain d'environ 120 hectares de la forêt de Schorfheide où il fit bâtir Carinhall.
Göring avait choisi cet endroit pour plusieurs raisons. Cette résidence avait pour avantage d'être proche de la capitale du Reich, lui permettant ainsi d'être au fait des questions politiques tout en s'adonnant à sa passion pour la chasse. Enfin, ce pavillon de chasse devait aussi devenir un lieu de souvenir pour sa femme Carin décédée deux ans plus tôt : d'où le nom de Carinhall.
À l'automne 1933, une maison en bois de style suédois lui était remise symboliquement avec le terrain.

L'ensemble fut édifié à partir de 1933 en plusieurs étapes; l'architecte fut d'abord Werner March, créateur du stade olympique de Berlin. Par la suite c'est Friedrich Hetzelt qui prit en charge la construction. « Il y avait un cinéma, un gymnase, un bain de vapeur russe et un gigantesque salon de réception aux dimensions de nef d’église » ; Hitler déclare même à son propos : « Mon Berghof, naturellement, ne peut se comparer à cela. Peut-être peut-il servir de maison de jardin »[1].

Le nom de la propriété rappelle la première femme de Göring, décédée en 1931 de tuberculose, Carin baronne von Kantzow, née Fock, qu'il avait épousée à Munich en janvier 1923. Après que sa tombe eut été profanée en Suède, Göring fit transférer ses restes dans une sépulture créée à cette intention.

Dans les salles d'exposition de Carinhall était installée la collection privée d'Hermann Göring composée surtout de ce qu'il considérait comme des prises de guerre. C'est là qu'il aimait recevoir les hôtes des États étrangers avec lesquels il entreprenait des parties de chasse dans la Schorfheide.

Collection de Göring[modifier | modifier le code]

En 1943, Göring fit mettre à l'abri une partie de sa collection privée dans la mine de sel d'Altaussee dans le district de Liezen en Styrie. Les Alliés regroupèrent ces œuvres d'art en 1945 par camion au Central Collecting Point de Munich installé dans le bâtiment principal et dans le centre administratif du Parti national-socialiste.

L'autre partie de la collection privée resta dans les salles d'exposition de Carinhall. En janvier 1945, Göring fit transporter la collection d'œuvres d'art dans des trains spéciaux à Berchtesgaden afin de les protéger dans des tunnels. Les œuvres d'art furent ensuite déchargées et stockées dans un bunker conçu pour la protection antiaérienne. Toutefois une partie des tableaux et des tapisseries fut pillée dans les trains aux derniers jours de la guerre.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Afin de l'empêcher de tomber dans les mains des Russes devant l'avancée de l'Armée Rouge, Göring donna l'ordre de dynamiter son immense pavillon de chasse. Après que les œuvres d'art eurent été évacuées à Berchtesgaden, Carinhall fut dynamitée le 28 avril 1945 par une équipe de démolition de la Luftwaffe.

Seuls restent de l'imposante demeure les portes monumentales de l'entrée, quelques murs de fondations, des restes de caves et des colonnes et pierres décoratives. La statue d'amazone qui se trouvait à l'ouest de l'aile principale, a été transférée à Eberswalde où elle s'est longtemps trouvée au-dessous de l'église Sainte-Marie-Magdeleine avant d'être transférée sur le Widendamm dans le parc voisin.

En 1999, Carinhall fit l'objet d'un regain d'intérêt suscité par la publication du livre Görings Reich: Selbstinszenierungen in Carinhall[2] où l'on vit des chasseurs de trésors fouiller les ruines, et l'émergence de projets d'en faire un lieu de pèlerinage néo-nazi[3]. En conséquence, le gouvernement du Land de Brandeburg alors dirigé par un social-démocrate, ordonna que les restes de la sépulture de la femme de Göring soient démolis.

Alentours[modifier | modifier le code]

On trouve également à proximité une station de radio et une installation factice peu connue, faite de planches et de filets, pour tromper les opérations de reconnaissance aérienne des Alliés. Aujourd'hui, le bâtiment de la station de radio est toujours entretenu. Les pistes d'atterrissage de l'aérodrome Großdöllner, qui se trouve à environ sept kilomètres au nord-ouest, sont aussi remarquables. Elles devaient servir à un éventuel atterrissage d'urgence de la navette spatiale soviétique Bourane.

Emmyhall[modifier | modifier le code]

Le Reichsjägermeister (grand « veneur » de l'Empire) Göring avait également un second pavillon de chasse, plus petit, à Rominten (maintenant Krasnolesye) en Prusse orientale, dans la forêt de Rominten (maintenant forêt de Romincka), connu sous le nom de « Emmyhall » comme sa deuxième femme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anna Maria Sigmund, Les femmes du IIIe Reich, 2004, p. 88.
  2. Volker Knopf and Stefan Martens - Görings Reich: Selbstinszenierungen in Carinhall. Ch. Links Verlag, Berlin 1999.
  3. "Des Berlinois ouvrent la poitrine du mal" titrait The Times dans son édition du 28 septembre 1999.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Volker Knopf, Stefan Martens: Görings Reich. Selbstinszenierungen in Carinhall. 3e édition revue et augmentée. Links-Verlag, Berlin 2006, ISBN 3-86153-392-8
  • Günther Haase: Die Kunstsammlung des Reichsmarschalls Hermann Göring. Eine Dokumentation. Édition q, Berlin 2000, ISBN 3-86124-520-5

Liens externes[modifier | modifier le code]