Prora

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54° 26′ 20″ N 13° 34′ 30″ E / 54.4389, 13.575 ()

Prora (2011)
Prora en 2004.

Prora était une station balnéaire nazie sur l’île Rügen, en Allemagne à 300 km au nord de Berlin. Le complexe massif de béton, un exemple d’architecture nazie, a été construit entre 1936 et 1939 par l’organisation de loisirs Kraft durch Freude (KdF, en français : « la force par la joie »). Les huit bâtiments sont identiques et, bien qu’ils aient été envisagés comme lieu de vacances, ils n’ont jamais été employés en tant que tel.

Prora se situe sur une large baie entre les régions de Sassnitz et de Binz, près de Prorer Wiek, sur la bande étroite couverte de bruyère (appelée le Prora) qui sépare le Jasmunder Bodden de la mer Baltique. Les bâtiments s’étendent sur plus de 4,5 kilomètres et sont situés à environ 150 m de la plage. La côte offre une plage plate de sable, longue de 10 km, qui s’étend de Binz au port des ferrys (Fährhafen). Cette plage était ainsi un endroit idéal pour y ériger un bâtiment en bord de mer.

Ce complexe massif, surnommé le « colosse de Rügen » (ou « colosse de Prora » ou « cité balnéaire du IIIe Reich »), était destiné à devenir la plus grande station balnéaire au Monde, avec une capacité d'accueil qui, à terme, devait s'élever à plusieurs millions de vacanciers par an.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction de Prora, en 1937.

Prora fut conçu pour loger 20 000 vacanciers, l’idéal visé étant que chaque travailleur du pays puisse passer des vacances à la plage. Ces bâtiments répondaient à un projet « social » des nazis qui voulaient attirer les ouvriers vers des vacances 100 % homologuées par le régime. Dessinée par Clemens Klotz (1886-1969), chaque chambre devait donner sur l’océan. Des plans ultérieurs prévoyaient deux piscines, un théâtre, un cinéma et une salle de festival de 25 000 places assises. Un large quai pour bateaux transportant des passagers était également prévu[1].

À l’exposition universelle de Paris en 1937, l’ensemble des plans pour le Prora reçut le Grand Prix de l’Architecture. Chaque chambre de 5 mètres sur 2,5 devait compter deux lits, une armoire ou un placard et un évier. Les toilettes et les douches étaient communes.

Pendant les premières années de la construction, de 1936 à 1939, presque toutes les entreprises importantes de construction du Reich furent engagées d’une façon ou d’une autre dans ce chantier. Près de 9 000 ouvriers y travaillèrent.

Inauguré trois mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le site n’a jamais ouvert au public, le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939 arrêta les travaux, Hitler voulant en faire un hôpital militaire. Les huit blocs d’habitation, le théâtre et le cinéma restèrent des coquilles vides, tandis que les piscines et la salle de spectacles n’étaient pas encore bâties.

Les bombardements alliés poussèrent beaucoup d’habitants de Hambourg à trouver refuge à Prora. À la fin de la guerre, les bâtiments servirent de logement à la Luftwaffe. En 1945, l’Armée rouge prit le contrôle de la région et établit une base à Prora.

Panorama

Après 1945, Prora fut décrété zone militaire par les soviétiques, puis par l’armée est-allemande qui l’utilisa comme caserne pour ses parachutistes, de ce fait il ne figurait plus sur aucune carte.

En 2010, des pans entiers du « Colosse de Rügen », aux fenêtres éventrées, menaçaient de tomber en ruine. Classé au patrimoine national allemand depuis 1993, il n’est pas question de le faire sauter. Le coût d'un simple ravalement d’un des huit blocs est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros.

En 2011, une auberge de jeunesse de 400 lits, y a été ouverte, sur une portion de 150 mètres, après deux ans de travaux pour 27 millions d'euros. Prora a aussi désormais été relié à Internet.

Annexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hasso Spode, « Fordism, Mass Tourism and the Third Reich : the Strength through Joy Seaside Resort as an Index Fossil », in Journal of Social History 38(2004), pp. 127-155.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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