Wolfsschlucht II

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Un des bunkers du Wolfsschlucht II en 2010.
Carte des différents Führerhauptquartiere.

Wolfsschlucht II (« gorge ou ravin du loup ») ou W2 est un ensemble de bunkers allemands de la Seconde Guerre mondiale situé à Margival dans l'Aisne, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Soissons. C'était l'un des vingt quartiers généraux du Führer (Führerhauptquartiere ou FHQ), qu'Adolf Hitler avait faits construire à travers l'Allemagne et l'Europe occupée.

Historique[modifier | modifier le code]

Sa planification date de 1940 et il devait être utilisé pour abriter le quartier-général allemand destiné à coordonner l'invasion programmée de la Grande-Bretagne[1] mais sa construction réelle, menée par l'organisation Todt[2], ne débute vraiment qu'en 1942. Ses bâtiments principaux se situent dans une faille profonde où passe la voie ferrée Soissons-Laon, à proximité immédiate d'un tunnel de 600 mètres (afin de pouvoir éventuellement abriter le Führersonderzug, le train spécial du Fuhrer[1]). Il était composé d'une trentaine de bunkers mais également de chalets d'agrément en bois. L'ensemble du complexe s'étend aussi sur les communes voisines de Laffaux et Neuville-sur-Margival. Il était entouré par une première ceinture de protection composée de bunkers, casemates, et cloches d'acier abritant canons anti-chars, DCA et mitrailleuses, et d'une seconde ceinture, aux défenses plus dispersées et située à plusieurs kilomètres, ces deux lignes de défense étant chargées de prévenir une attaque terrestre ou aérienne[2]. Les nombreuses carrières souterraines de craie de la région étaient également utilisées[2]surtout pour le logement du personnel.

Le choix du site, non loin de lieux où Hitler avait combattu pendant la Première Guerre mondiale, semble avoir été déterminé par la présence d'un tunnel et d'une profonde tranchée ferroviaire, d'un terrain vallonné mais aussi à cause de son égale distance entre Caen et Dunkerque[2], le gros de sa construction ne débutant vraiment que lorsque l'hypothèse d'un débarquement allié sur le littoral nord-ouest européen devenait de plus en plus probable. Le chantier mobilisa plus de 12 000 personnes principalement des travailleurs réquisitionnés[2].

Dès mars 1944, le terrain devient zone militaire allemande et les habitants de Margival et de Neuville-sur-Margival sont évacués, la population des villages environnants l'étant le mois suivant[2].

Les 16 et 17 juin 1944, Hitler, accompagné de Jodl et de son état-major, s'y rendit, a priori une seule et unique fois, pour faire un point avec les maréchaux von Rundstedt et Rommel sur l'évolution du front en Normandie[1]. Rommel l'avait presque persuadé de se rendre dans les jours suivants dans son QG du château de la Roche-Guyon, à 130 km de là, espérant le convaincre de la réalité de la situation allemande sur le front. Mais l'explosion non loin du complexe d'une bombe volante V1 ayant dévié de sa trajectoire[1] la nuit suivant le départ de Rommel et von Rundstedt et le survol de la région par des avions alliés la veille auraient convaincu Hitler de rentrer immédiatement en Allemagne. Il ne quitte alors plus le Reich jusqu'à la fin de la guerre[1].

Le maréchal Model l'occupe une dizaine de jours au mois d'août 1944 lors de sa prise de commandement du front de l'Ouest mais il doit l'évacuer assez vite face à l'avancée alliée. Apprenant que von Choltitz n'a pas brûlé Paris comme il lui en a donné l'ordre, Hitler ordonne, le 26 août, que tous les V1 et V2 soient lancé sur Paris. Mais c'est le général Speidel qui réceptionne l'ordre au W2, mais il ne le transmets pas au maréchal Model, absent ce jour là[3].

Le nom du site reprenait le thème du loup cher à Hitler. Quelques-uns de ses quartiers généraux se nommèrent ainsi Wolfsschanze (la tannière du loup) ou Wehrwolf (le loup de l'armée). Il existait également un Wolfsschlucht I situé en Belgique au Brûly-de-Pesche près de Couvin, à moins de 100 km au nord-est de Margival d'où Hitler supervisa une partie de la campagne de France en juin 1940 et un Wolfsschlucht III resté inachevé et bâti autour du tunnel ferroviaire de Saint-Rimay (dans le Loir-et-Cher, à proximité de la gare de Montoire-sur-le-Loir où s'est tenue l'entrevue entre Pétain et Hitler en octobre 1940).

Après guerre, le site sert de camp pour l'armée française puis abrite un état-major de l'OTAN de 1955 à 1968[2] avant d'être réutilisé par l'armée de terre française pour l'entrainement des commandos. À la fin des années 1990, dans le cadre du plan armées 2000, l'armée française abandonne le camp et la propriété du site est restituée aux trois communes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Antony Beevor (trad. Jean-François Sené, Raymond Clarinard et Isabelle Taudière), D-Day et la bataille de Normandie,  éd. Calman-Lévy, Paris, 2009, 636 p. (ISBN 978-2-7021-4016-1), p. 246-248.
  2. a, b, c, d, e, f et g Inventaire général du patrimoine culturel, « Führerhauptquartier (FHQ) « Wolfsschlucht II » : Quartier-général d´Hitler de Margival », sur patrimoine.region-bretagne.fr, Conseil régional de Bretagne,‎ 2005 (consulté le 16 juin 2011).
  3. François-Guillaume Lorrain, « Le bunker oublié d'Adolf Hitler », Le Point, 17 juin 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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