C'était un rendez-vous

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C'était un rendez-vous

Réalisation Claude Lelouch
Scénario Claude Lelouch
Pays d’origine France
Genre Court métrage
Sortie 1976
Durée 8 min 38 s

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

C'était un rendez-vous est un court métrage français réalisé en 1976 par Claude Lelouch.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film montre, pendant un peu plus de 8 minutes, une traversée de Paris à grande vitesse, réalisée en un seul plan-séquence filmé depuis l'avant d'une voiture, au petit matin (5 h 30) d'août 1976. L'image est accompagnée d'une bande-son composée de bruitages : bruit du moteur, changements de vitesse et crissement de pneus. La voiture n'est jamais montrée : si l'on en juge la position relative des autres voitures, la caméra semble être attachée au pare-chocs avant.

Le court-métrage débute dans un tunnel du boulevard périphérique à la porte Dauphine, par une vue embarquée depuis une voiture empruntant une rampe de sortie vers l'avenue Foch. Le trajet de la voiture la conduit le long de plusieurs monuments parisiens, comme l'arc de triomphe de l'Étoile, les Champs-Élysées, la place de la Concorde, le Louvre et l'opéra Garnier. La voiture ne s'arrête jamais : les piétons sont esquivés, les pigeons éparpillés, les feux rouges ignorés, les lignes blanches franchies, les sens interdits pris à contre-sens et, à un moment, la voiture montre sur le trottoir pour éviter un camion-poubelle. La voiture s'arrête finalement devant la basilique du Sacré-Cœur, la vue montrant le panorama de Paris devant les marches de Montmartre. Là, une jeune femme blonde apparait, grimpant les escaliers ; le pilote sort et l'étreint tandis que des cloches sonnent en fond.

Production[modifier | modifier le code]

Les méthodes de réalisation du film ne sont pas connues avec certitude. La caméra utilisée serait montée sur le pare-chocs d'une Mercedes-Benz 450SEL 6.9 et stabilisée par gyroscope. Une photographie, qui est apparue depuis le tournage, indiquerait au contraire qu'il s'agirait d'une cam-flex 35 mm Éclair munie d'un grand angle et montée sans gyroscope sur une Mercedes. Ce modèle, qui peut atteindre 235 km/h, n'est disponible qu'avec une boîte automatique à 3 vitesses ; la bande son laisse toutefois entendre que la 5e vitesse est atteinte.

Claude Lelouch a lui-même déclaré que la vitesse maximale atteinte se situait entre 230 km/h et 240 km/h[1]. Des calculs entrepris par plusieurs groupes indépendants montrent toutefois que la voiture ne dépasserait jamais 140 km/h[2]. Il a été suggéré que la bande-son correspondrait en fait à la Ferrari 275GTB de Lelouch, qui possède le nombre de vitesses adéquat et donc le son du moteur V12 est nettement différent de celui d'un moteur V8, comme celui de la Mercedes 6.9.

Dans un documentaire sur la réalisation du film, Lelouch indique qu'il pilotait lui-même la voiture, qu'il s'agissait d'une Mercedes et que la bande-son est celle d'une Ferrari[3].

Le court métrage aurait été tourné sur les restes de pellicule du tournage du film Si c'était à refaire. Filmé en plan séquence, la longueur du film découlerait directement des limitations imposées par la capacité de la bobine du format 35 mm. Le film a été réalisé en une seule prise, sur route ouverte (au milieu de la circulation automobile réelle), sans préparation, ni autorisation, ni garde fous, tôt le matin. L'itinéraire ne pouvait être garanti et la bobine disponible ne laissait que peu de marge pour terminer le parcours et encore moins pour refaire une prise en cas de problèmes. De fait, le parcours fut modifié en raison de la présence d'un camion de livraison bouchant la rue Lepic, rue en sens unique et très étroite. Le film indique que le pilote commence à s'engager rue Lepic avant de revenir sur le boulevard de Clichy et d'effectuer un détour, qui aurait pu compromettre le film par manque de pellicule.

Le trajet contient une intersection aveugle : le passage aux guichets du Louvre ne permet aucune visibilité. Élie Chouraqui, alors premier assistant de Claude Lelouch, y avait été posté muni d'un talkie-walkie afin d'assister le pilote en cas d'impossibilité de passer[4]. Ne recevant aucune indication, Lelouch sortit du passage à grande vitesse. Cependant, Lelouch a révélé par la suite qu'à son insu, l'appareil était tombé en panne et que Chouraqui aurait en réalité été incapable de le prévenir[5].

Distribution[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Itinéraire[modifier | modifier le code]

Carte du nord-ouest de Paris indiquant l'itinéraire pris lors du film.

La voiture emprunte successivement les voies suivantes :

Ce trajet mesure 10 km de long, ce qui suggère une vitesse moyenne de 75 km/h.

Rumeurs autour du film[modifier | modifier le code]

Du fait du caractère illégal du film, Lelouch n'ayant pas les autorisations pour le tourner, une rumeur prétend qu'il aurait été arrêté lors de la première du court-métrage. On ne sait pas si cela est vrai[6].

D'autres rumeurs ont prétendu qu'un pilote professionnel (Jacky Ickx, Jean-Pierre Beltoise, Jacques Laffite, Jean Ragnotti) était aux commandes de la voiture. Selon Claude Lelouch, c'est lui-même qui la pilotait[7].

Remake[modifier | modifier le code]

  • En 2006, Thierry Soave, patron du magazine Auto Plus, propose à Claude Lelouch de refaire le même parcours avec la même Mercedes 450 SEL 6.9. Dans un premier temps amusé par l'expérience, le réalisateur, très entreprenant au volant avec une pointe de vitesse avenue Foch, se laisse gagner par l'émotion lorsqu'il arrive au Sacré-Coeur. Il mime la scène finale du film original, celle où il enlace la femme du fameux rendez-vous. Il s'agissait de son épouse de l'époque, mère de Sarah Lelouch[réf. nécessaire].

Réutilisation[modifier | modifier le code]

Ce court-métrage a donné lieu à des réutilisations et des clins d'œils  :

  • En 2006, le groupe Snow Patrol utilise la fin de ce court-métrage pour le clip de Open Your Eyes de l'album Eyes Open.
  • Étienne de Crécy a utilisé ce court-métrage pour le clip de Fast Track de l'album Super Discount 2 sorti en 2004
  • Un remake de ce court-métrage (mais pas en plan-séquence) a été réalisé dans les rues de Prague, intitulé The Run, avec une Nissan 350Z.
  • Ce court-métrage sert également de clip au titre Féroce des Gentlemen Drivers, ainsi qu'au titre Dreamliner du groupe Sinner DC.
  • C'était un rendez-vous est visible intégralement en tant que séquence d'ouverture du documentaire que Lelouch consacre à sa propre œuvre, D'un film à l'autre (2010). Sur les dernières minutes, Lelouch commente en voix off.
  • Une scène très similaire est utilisée par Claude Lelouch dans Le Chat et la Souris (1976), vers 0:30:00.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Speed of a Car: C'était un Rendezvous », The Physics Factbook
  2. (en) « Rendezvous (1976) - Did You Know? », IMDB
  3. Claude Lelouch, « Rendez Vous - Making Off »
  4. (en) « Most Radical Car Movie of All Time », Dark Roasted Blend
  5. Claude Lelouch, « Rendez Vous - Making Off (4:30) »
  6. (en) The Spinning Image, « C'était un Rendez-vous »
  7. Claude Lelouch, « Rendez Vous - Making Off (3:40) »