Lucette Descaves

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Lucette Descaves, née à Paris le 1er avril 1906 et décédée le 15 avril 1993 à Boulogne-Billancourt, est une pianiste et pédagogue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du commissaire de police Eugène Descaves (frère de l'écrivain Lucien Descaves), filleule de Camille Saint-Saëns et la marraine de Jacques Fabius, Lucette Descaves étudie le piano, encouragée par sa mère. Suzanne Valadon est alors l'amie de la famille. Le père de Lucette affiche un goût prononcé pour la peinture. Il rencontre les jeunes peintres de l'école de Paris tels Vlaminck, Picasso ou Modigliani.Son père officier de police constitue une collection à l'époque où les cotes de ces artistes sont au plus bas ; il est l'un des premiers à découvrir Modigliani. Picasso dédicacera un arlequin à Lucette tout comme Utrillo, un poème, quelques années plus tard.Derain peindra son portrait .

Elle entre au conservatoire de Paris alors que Gabriel Fauré en est le directeur, dans la classe de Marguerite Long. Ayant obtenu son premier prix, elle sera chargée elle-même de la classe préparatoire (pendant les années de guerre, elle y aura notamment pour élève le jeune Michel Legrand, qui, symboliquement, lui demandera d'apparaître en 1988 dans la scène du jury de piano de son film autobiographique Cinq Jours en Juin). Par la suite, elle devient également l'assistante d'Yves Nat puis reprend une classe comme professeur de piano. Lucette Descaves était considérée par Marguerite Long comme son héritière spirituelle. Jusqu'en 1976, sortiront de sa classe plusieurs générations de premiers prix. Parmi ses élèves, Pierre Vozlinsky, Bruno Fabius, Monique Barabino, Myriam Birger, Olivier Greif, Brigitte Engerer, Bruno Rigutto, Katia et Marielle Labèque, Jean-Yves Thibaudet, Pascal Rogé, Nathalie Béra-Tagrine, Géry Moutier, Caroline Assier, Jean-Claude Pennetier, Jacques Boisgallais, Catherine Joly, Georges Pludermacher, Patrick Zygmanowski et Alain Jacquon.

À sa retraite du CNSM, elle poursuivra son activité d'enseignante au conservatoire de Rueil-Malmaison, dirigé par un de ses anciens élèves, Jacques Taddei.

Elle a mené également une carrière de concertiste soliste sous la direction de chefs d'orchestre prestigieux comme Philippe Gaubert, Charles Münch ou André Cluytens, et en a consacré une grande partie aux compositeurs de son temps, créant ou jouant des œuvres concertantes de Pierné, Vierne, Arrieu, Tomasi (Cyrnos), Martinu (Concerto, Tre Ricercari avec Monique Haas)... Avec Albert Roussel et Arthur Honegger, elle travaille leur œuvre solo intégrale avant de l'enregistrer sur microsillon. Elle travaille le 3ème concerto de Prokofiev avec le compositeur et le joue en sa présence le 25 octobre 1931 aux Concerts Poulet. Elle croisera également Stravinsky. Mais elle demeure surtout la créatrice des Cinq danses rituelles (1942) et du Concerto pour piano, à la première audition mouvementée ( juin 1951), d'André Jolivet. Elle rejouera cette œuvre de nombreuses fois, notamment sous forme de ballet.

Mariée tout d'abord au chef d'orchestre et pianiste Georges Truc (décédé en 1941), directeur artistique de Pathé-Marconi France, elle épouse en secondes noces le chef d'orchestre Louis Fourestier.

Liens externes[modifier | modifier le code]