Complétude

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On parle de complétude en mathématiques dans des sens très différents. On dit d'un objet mathématique qu'il est complet pour exprimer que rien ne peut lui être ajouté, en un sens qu'il faut préciser dans chaque contexte. Dans le cas contraire, on parle d'incomplétude, surtout dans le contexte de la logique mathématique.

  • En logique mathématique, un jeu de règles ou d'axiomes est complet quand il formalise entièrement la sémantique attendue. Cela peut se préciser de façons très différentes. On a les deux notions de complétude suivantes pour la sémantique de Tarski.
    • Un système de déduction pour une logique donnée (calcul propositionnel, ou calcul des prédicats en logique classique mais aussi en logique intuitionniste ...), est complet quand il démontre les formules valides dans tous les modèles de cette logique. Plus précisément, on dit qu'une formule se déduit sémantiquement d'une théorie quand dans tout modèle de la théorie, pour toute interprétation de ses variables libres, la formule est valide. Un système de déduction est correct, fidèle ou adéquat quand toute déduction est valide sémantiquement. Il est complet quand toutes les déductions sémantiques peuvent se dériver dans le système. On parle de théorème de complétude quand il existe un système de déduction fidèle qui est complet (le système de déduction doit être raisonnable, c’est-à-dire que l'ensemble des preuves dans le système doit être récursif).
    • Une théorie axiomatique est complète quand tout énoncé du langage de la théorie est déterminé par déduction dans la théorie : il est soit démontrable, soit de négation démontrable. Cette notion est étroitement liée à celle de théorie décidable mais ne se confond pas avec elle. Le premier théorème d'incomplétude de Gödel énonce que, sous des hypothèses raisonnables, aucune théorie arithmétique cohérente n'est complète. Il a pour conséquence qu'il n'y a pas système de déduction raisonnable qui capture entièrement la sémantique attendue, à savoir la vérité dans un modèle, celui des entiers naturels (le modèle standard de l'arithmétique).
  • En calcul propositionnel, un système de connecteurs (de la théorie des modèles) est complet quand il permet de décrire toutes les fonctions de la sémantique.
    • C’est-à-dire dans le cas de la logique classique (celle du calcul des prédicats qui en est une expression formelle), quand ces connecteurs (le plus souvent un jeu d’opérateurs unaires ou binaires) permettent de décrire toutes les fonctions booléennes.
    • Dans le cas de la logique probabiliste (et de certaines de ses applications comme la logique floue), un système de connecteurs peut être aussi complet si on y adjoint des quantificateurs et des variables formelles, pour exprimer toutes les fonctions de probabilité. Toutefois la démonstration de la complétude de tels systèmes est un problème beaucoup plus difficile que celle portant sur l’ensemble des théorèmes de l’analyse mathématique portant sur les fonctions continues ou discontinues (sauf pour certaines sous-classes très limitées de fonctions de probabilités, par exemple celles pouvant s’écrire sous forme d’un développement limité ou d’une transformée dans un autre coespace dual le plus souvent lui-même non probabiliste, donc quand le système de connecteurs inclut une telle transformée).
  • En théorie des graphes, un graphe (ou un sous-graphe) non orienté est complet quand toute paire de sommets est reliée par une arête.
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