Australopithecus africanus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Australopithecus africanus est un hominidé fossile qui a vécu en Afrique au Pliocène, il y a environ 2,5 à 3,5 millions d’années. La plupart des restes fossiles de cet australopithèque ont été découverts en Afrique du Sud.

Comme Australopithecus afarensis apparu plus tôt et connu en Afrique orientale, A. africanus était relativement gracile. Il est cependant plus proche physiologiquement de l’homme moderne qu’A. afarensis, notamment au niveau du crâne abritant un cerveau plus volumineux (environ 450 à 530 cm3). Pour cette raison, il est considéré par certains auteurs comme un ancêtre potentiel du genre Homo .

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Plesianthropus transvaalensis
  • Australopithecus prometheus[1]
  • Australopithecus transvaalensis
  • Meganthropus africanus
  • Paraustralopithecus aethiopicus

Fossiles célèbres[modifier | modifier le code]

L'enfant de Taung[modifier | modifier le code]

L’enfant de Taung

Raymond Dart se trouvait à Taung près de Kimberley, Afrique du Sud en 1924 quand l’un de ses collègues déposa quelques fragments d’os et un crâne sur le bureau d’un carrier. Le crâne évoquait une créature étrange associant des traits simiens et humains, tels que la forme des orbites oculaires, les dents et, plus important, la position basse du foramen magnum (le trou à la base du crâne permettant la communication entre le canal vertébral et la boîte crânienne) indiquant une station bipède.

À partir de ce fossile, R. Dart définit un nouveau genre et une nouvelle espèce : Australopithecus africanus, le singe du sud africain[1]. Il considérait que ce taxon correspondait à une espèce intermédiaire entre les singes et les humains. Cette idée fut rejetée par la majorité de la communauté scientifique d’alors. Arthur Keith suggéra notamment que le crâne devait correspondre à un jeune singe, probablement un gorille.

Sts 60 et Tm 1511[modifier | modifier le code]

En 1938, Robert Broom attribua un moulage endocrânien d’une capacité de 485 cm3, découvert par G. W. Barlow, à un nouveau taxon : Plesianthropus transvaalensis[2]. La pièce se décompose en un moulage endocrânien (Sts 60) indépendant de sa gangue qui contient le maxillaire gauche et une partie du crâne (Tm 1511). Ce fossile a été réattribué depuis à A. africanus

Mrs. Ples[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mrs. Ples.

Le 17 avril 1947, R. Broom et John T. Robinson découvrirent un crâne appartenant à une femelle d’âge moyen à Sterkfontein (Sts 5). Ce fossile fut également attribué à Plesianthropus transvaalensis et fut surnommé Mrs. Ples par la presse (en fait, il est apparu depuis que le crâne pourrait correspondre à un jeune mâle). Le faible prognathisme de la face de ce fossile et de l’enfant de Taung a été souligné par R. Dart ; ce trait les éloigne des grands singes et les rapproche des hominidés plus évolués. Comme le précédent, ce fossile a été réattribué à A. africanus.

Morphologie et interprétation[modifier | modifier le code]

Comme son homologue est africain A. afarensis, le sud africain A. africanus était un hominidé bipède même s’il était pourvu de bras légèrement plus longs que les jambes, trait que l’on retrouve chez les chimpanzés. Il présentait d’autres traits archaïques, tels que des phalanges courbes adaptées au grimper.

Ces traits primitifs conduisent certains chercheurs à considérer A. africanus comme un ancêtre des Paranthropes plutôt que des humains modernes. Paranthropus robustus est en particulier un australopithèque robuste considéré comme un descendant potentiel d’A. africanus. Les crânes de P. robustus et A. africanus sont très voisins, même si celui de P. robustus présente de fortes insertions musculaires et une mandibule puissante en relation avec une adaptation à la mastication d’aliments coriaces. Par ailleurs, A. africanus a un crâne proche de celui des chimpanzés par ses traits et sa capacité crânienne, comprise entre 400 et 500 cm3. Le pelvis d’A. africanus était légèrement mieux adapté à la bipédie que celui d’A. afarensis.

Aucune industrie lithique n’a été mise au jour en relation avec les fossiles d’A. africanus.

Charles Darwin avait suggéré que les humains aient évolué initialement en Afrique, mais au début du XXe siècle la plupart des anthropologues et des scientifiques soutenaient que les origines de l’homme devaient plus vraisemblablement être recherchées en Asie. Le caractère africain du « berceau de l’humanité » est désormais couramment admis, depuis les nombreuses découvertes de fossiles réalisées en Afrique de l’Est, à Laetoli, Olduvai ou Hadar entre autres. Avec ses traits plus humains que ceux d’A. afarensis, A. africanus reste un candidat sérieux au titre d’ancêtre direct des premiers représentants du genre Homo, à savoir Homo habilis et Homo rudolfensis apparus il y a environ 2,4 millions d’années.

Photographies[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dart, R. A. (1925) « Australopithecus africanus : the Man-Ape of South Africa », Nature, no 2884, vol. 115, p. 195-199.
  2. Broom, R. (1936) - « A new fossil anthropoid skull from South Africa », Nature, vol. 138, p. 486-488.
  • Broom, R. et Robinson J.T. (1947) « Further remains of the Sterkfontein ape-man, Plesianthropus », Nature, vol. 160, p. 430-431.
  • Hilton-Barber, B. et Berger, L.R. (2004) Field guide to the cradle of humankind, Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai & environs world heritage site, 2nd revised edition, Struik, (ISBN 1-77007-065-6).
  • McHenry H.M. et Berger L.R. (1998) « Body proportions in Australopithecus afarensis and A. africanus and the origin of the genus Homo », Journal of Human Evolution, 35, p. 1-22.
  • McHenry H.M. (1986) « The first bipeds : a comparison of the A. afarensis and A. africanus postcranium and implications for the evolution of bipedalism », Journal of Human Evolution, 15, p. 177-91.
  • Robin Mckie (2000) Dawn of Man, BBC, (ISBN 0-7894-6262-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]