Lac Turkana

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Lac Turkana
Image illustrative de l'article Lac Turkana
Administration
Pays Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie, Drapeau du Kenya Kenya
Géographie
Coordonnées 3° 54′ 03″ N 36° 03′ 55″ E / 3.90083, 36.06528 ()3° 54′ 03″ Nord 36° 03′ 55″ Est / 3.90083, 36.06528 ()  
Type endoréique
Superficie 6 405 km2
Longueur 290 km
Largeur 32 km
Altitude 360,4 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne
 
109 m
30,2 m
Volume 203,6 km3
Hydrographie
Alimentation Omo, Turkwell, Kerio
Îles
Nombre d’îles 3

Géolocalisation sur la carte : Kenya

(Voir situation sur carte : Kenya)
Lac Turkana

Géolocalisation sur la carte : Éthiopie

(Voir situation sur carte : Éthiopie)
Lac Turkana

Le lac Turkana, anciennement nommé lac Rudolf ou lac Rodolphe, est l’un des lacs qui marquent l'extrême nord de la Vallée du grand rift. D’une superficie de 6 405 km2 et d'une longueur de quelque 300 km, il se trouve pour l'essentiel sur le territoire du Kenya. Son extrémité septentrionale se trouve en Éthiopie.

Historique[modifier | modifier le code]

Le lac a été baptisé initialement lac Rudolf en honneur du prince héritier de l’Empire austro-hongrois Rodolphe de Habsbourg-Lorraine par Sámuel Teleki et Ludwig von Höhnel en 1888. Il a été renommé lac Turkana en 1975.

Géographie physique et humaine[modifier | modifier le code]

Vue du Lac Turkana

Il s’agit du plus grand lac permanent en milieu désertique et du plus grand lac alcalin. Son eau alcaline fait qu'il ne représente pas d'intérêt économique majeur. La région est chaude et très sèche. Les vents vers le large ou vers le rivage peuvent être extrêmement puissants, le lac se refroidissant et se réchauffant plus lentement que les terres. La géologie est dominée par les formations volcaniques. La faille du Rift s'accompagne d'épanchement de laves, de volcans spectaculaires comme le Longonot et le Suswa. À l'extrémité sud du lac, surgissent des appareils volcaniques récents, notamment un cône strombolien aux formes presque parfaites.

Trois rivières se jettent dans le lac : l’Omo, la Turkwell et la Kerio. Le seul exutoire est l’évaporation. Malgré cela, le niveau de l’eau a baissé de 10 m entre 1975 et 1993. Les rivières qui débouchent dans le lac permettent aux éleveurs de bétail de produire du sorgho. La pêche, notamment celle de l'énorme perche du Nil, attire moins les populations.

La région a été préservée par son isolement (trois jours de voiture de Nairobi, la capitale) et ne reçoit la visite que de très peu de visiteurs occidentaux.

Les habitants sont essentiellement des Gabbra, des Rendille et des Turkana. L’un des villages proches du lac est El Molo. Les Turkana appellent le lac anam Ka'alakol, ce qui signifie « la mer aux nombreux poissons ». Ka'alakol est aussi à l’origine de Kalokol, le nom d’une ville située sur la rive occidentale du lac, à l’est de Lodwar.

Parc éolien[modifier | modifier le code]

En août 2009 a été dévoilé un projet visant à installer le plus grand parc éolien d'Afrique (300 MW) dans la région du lac Turkana (365 éoliennes sur 165 km²). La construction a normalement commencé en septembre 2012. Il sera opérationnel à la fin 2014, pour un coût de 585 millions d'euros[1]. Le site dispose d'« une vitesse moyenne des vents de 11 mètres par seconde » selon le consortium hollandais chargé de la construction. Le projet est soutenu par la Banque africaine de développement. Il pourrait assurer un quart de la production électrique du pays[2].

Le constructeur a signé avec le fournisseur public Kenya Power un contrat de vente sur vingt ans à 7,52 centimes d'euros par kWh, bien meilleur marché que l'énergie hydro-électrique produite par le pays[1].

Faune[modifier | modifier le code]

Le lac Turkana, parfois surnommé la « Mer de Jade », renferme des perches du Nil et des tilapia. Il contenait autrefois la plus importante population africaine de crocodiles du Nil : la seule île centrale en abritait 14 000.

La présence d’eau dans une zone aussi aride confère au lac une importance internationale comme zone de transit pour les oiseaux migrateurs. La région est peuplée de lions, de guépards, de girafes et de nombreux autres mammifères. Les éléphants et les rhinocéros semblent avoir disparu.

Les parcs nationaux du lac Turkana sont désormais inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

Localisation du lac Turkana (KE-1), parmi les principaux sites de découverte d'hominines (australopithèques, ...), en Afrique :
Tchad (TD) :
•  TD-1 – Bahr el-Ghazal
•  TD-2 – Djourab
Éthiopie (ET) :
•  ET-1 – Hadar
•  ET-2 – Herto
•  ET-3 – Omo
Kenya (KE) :
•  KE-1 – Lac Turkana
Tanzanie(TZ) :
•  TZ-1 – Gorges d'Olduvai
•  TZ-2 – Laetoli
Afrique du Sud (ZA) :
•  ZA-1 – Sterkfontein
•  ZA-2 – Swartkrans
•  ZA-3 – Kromdraai
•  ZA-4 – Taung

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La région est riche en formations sédimentaires anciennes renfermant des industries lithiques, des vestiges fauniques et des fossiles d’hominidés très anciens. Richard Leakey est l’un des premiers à avoir conduit des prospections et des fouilles dans la région, d’abord sur la rive Est dans la région de Koobi Fora, puis sur la rive ouest.

À Koobi Fora, il a notamment découvert en 1972 le crâne KNM-ER 1470, relativement complet et dont l’âge est estimé à environ 2 millions d’années. Attribué initialement à l'Homo habilis, il a servi par la suite à définir l’espèce Homo rudolfensis.

En 1984, Kamoya Kimeu a découvert un squelette très complet à Nariokotome sur la rive Ouest. Surnommé le « Turkana Boy », KNM-WT 15000 est un Homo ergaster adolescent relativement grand : sa taille est d’environ 1,60 m et il aurait pu atteindre 1,85 m à l’âge adulte.

En 1998, l’équipe de Meave Leakey a découvert un crâne relativement complet qui a permis de définir un nouveau genre et une nouvelle espèce : le Kenyanthropus platyops.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b GEO, n° 403, septembre 2012, p. 73
  2. Enerpresse n° 9875 - The Guardian