Hécate

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Hécate
Déesse de la mythologie grecque
Hécate à triple corps, type hellénistique, musée Chiaramonti.
Hécate à triple corps, type hellénistique, musée Chiaramonti.
Caractéristiques
Fonction principale Déesse de la Lune

Dans la mythologie grecque, Hécate (en grec ancien Ἑκάτη / Hekátê) est une déesse de la Lune, fille du Titan Persès[1] (ou bien de son homonyme, Persès fils d'Hélios selon les traditions) et de la Titanide Astéria, « la nuit étoilée », et est originaire de Thrace. On considère parfois qu'elle est la fille de Tartare. Certains auteurs en font la mère de Scylla, qu'elle aurait eue avec Phorcys ou bien Apollon.

Présentation[modifier | modifier le code]

Hécate fait partie de la Triade Lunaire, avec Séléné et Artémis. Hécate représente la nouvelle lune ou lune noire, qui symbolise la mort ; tandis que Séléné et Artémis représentent respectivement la pleine lune, qui symbolise la naissance, et le croissant de lune symbolisant la maturité dans le cycle de vie.

Hécate présente deux aspects opposés : déesse protectrice liée aux cultes de la fertilité, accordant richesse matérielle et spirituelle, honneurs et sagesse, conductrice des âmes emportées par la tempête[réf. nécessaire] ; mais aussi déesse de l'ombre et des morts.

Ses pouvoirs sont redoutables la nuit notamment, à la lumière de la Lune, à laquelle elle s'identifie et qui est considérée comme le séjour des morts. Cette déesse des morts et chtonienne est honorée comme la déesse des carrefours parce qu'elle relierait les enfers, la terre et le ciel. Elle est aussi la déesse de l'ombre, qui suscite les cauchemars et les terreurs nocturnes (symboles des désirs secrets ou refoulés de l'inconscient)[réf. nécessaire], ainsi que les spectres et les fantômes. Elle est la magicienne par excellence et la maîtresse en sorcellerie à qui font appel tous les magiciens. Cette magicienne des apparitions nocturnes symboliserait en fait l'inconscient[réf. nécessaire] et a pour compagnes les Érinyes[réf. nécessaire], qui sont la personnification des remords de conscience.

Elle est très proche du couple infernal, Perséphone et Hadès.

Rôle dans la mythologie[modifier | modifier le code]

Hécate apparaît pour la première fois[réf. nécessaire] dans l’Hymne homérique à Déméter, composé spécialement en vue du culte mystérieux d'Eleusis vers 610 av. J.-C[réf. nécessaire]. Elle y voit avec Hélios l'enlèvement de Perséphone par Hadès et aide Déméter à rechercher sa fille, la torche à la main. Elle l'emmène voir Hélios, qui dénonce le Cronide. Elle y apparaît donc comme une divinité à caractère lunaire[2].

Dans la Théogonie d'Hésiode, prise en affection par Zeus, elle reçoit un pouvoir souverain sur la terre, la mer et le ciel, devient la déesse protectrice des orateurs populaires au sein des assemblées, donne la victoire au guerrier qu'elle choisit dans la bataille, s'assied auprès des rois au tribunal de justice, seconde la vaillance des athlètes, dirige les navigateurs sur les flots, protège les chasseurs, préside avec Hermès au bon état et à la multiplication des troupeaux et prend soin de la naissance et de la croissance des enfants. Elle y est donc différente de la première œuvre puisque son caractère lunaire est à peine indiqué et qu'elle emprunte surtout des traits à Athéna, Déméter et Artémis. L'art grec l'a d'ailleurs souvent représentée semblable à Artémis.

Progressivement, elle se retrouve associée à la face sombre de l'astre lunaire, et se voit prêter des capacités de divinations et de sorcellerie. On la retrouve alors liée à la lignée de magiciennes comme Médée et Circé. On la connaît aussi sous le nom de χθονία / chthonía, « la déesse des Enfers ».

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Selon Pausanias,des chats noirs femelles étaient sacrifiées à Hécate sous sa forme de "Déesse des bords des chemins" dans la cité grecque de Colophon. [3] On adorait particulièrement Hécate dans les carrefours, où on lui sacrifiait des chiens, parce qu'ils hurlent à la lune, des chevreaux et des agneaux noirs[réf. souhaitée]. On a retrouvé de nombreuses statuettes à d'anciens carrefours, lieux de la géomancie par excellence[pertinence contestée]. Les peupliers noirs (Populus nigra) lui étaient consacrés[réf. nécessaire] et on ne la conjurait que par des incantations, des philtres d'amour ou de mort[réf. nécessaire].

Représentations[modifier | modifier le code]

Hékatéion (petite colonne votive à Hécate) : la déesse aux trois corps est entourée par trois Charites dansant, Attique, IIIe siècle av. J.-C.

Hécate est souvent représentée comme une déesse tricéphale : une tête de lion, une de chien et une de cheval ou de jument sur un corps de femme[réf. nécessaire]. Ces trois têtes sont le symbole des trois phases de l'évolution humaine (croissance, décroissance, disparition) et des trois phases correspondantes de l'évolution vitale puisqu'elle est liée aux cultes de la fertilité. Elle est parfois aussi représentée par trois femmes adossées à une colonne.

Elle est représentée tenant à la main des torches, des vases et des coupes destinées aux libations, ainsi que parfois des fruits, notamment des pommes. Sa (ou ses) tête(s) est (sont) généralement surmontée (s) de la haute tiare ronde (polos) caractéristique des déesses mères. Elle a aussi parfois aux mains des gâteaux en forme de croissant, des clefs, des poignards, des épées et des serpents, attributs qui indiquent son caractère infernal.

Théonymes qualificatifs[modifier | modifier le code]

Ses surnoms sont entre autres :

  • Atropaia (Celle qui éloigne le mal)
  • Chtonia (Celle de la Terre)
  • Enodia (Celle des Chemins)
  • Kleidukos (Porteuse de Clés)
  • Kourotrophos (Celle qui Soigne)
  • Melana (la Noire)
  • Ourania (Celeste)
  • Perseis (Lumière)
  • Phosphoros (Porteuse de Lumière)
  • Propolos (Guide)
  • Propylaia (Gardienne des Portes)
  • Skotia (Celle des Lieux Obscurs)
  • Soteira (Délivrance)
  • Triformis (Aux Trois Aspects)
  • Trioditis ou Trivia (Chemin Triple)

Postérité[modifier | modifier le code]

  • The rite of her sacred fires est un festival contemporain inspiré par Hécate[4].
  • Le peintre et poète anglais William Blake représente dans The Night of Enitharmon's Joy une figure d'Hécate ; l'œuvre est souvent appelée Hécate ou Triple Hécate
    Hécate, 1795
    William Blake
    . La compositrice Michèle Reverdy a composé en 2008 une œuvre pour contrebasse et percussion sous le titre Hécate[6].
  • Hécate est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom d'Hécate figure sur le socle, elle y est associée à Kali, quatrième convive de l'aile I de la table[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Encyclopædia Britannica, « Hecate » (consulté le 12 mars 2014)
  2. (en) Walter Burkert, Greek Religion : Archaic and Classical, Oxford, Blackwell,‎ 1987, 504 p. (ISBN 0-631-15624-0, présentation en ligne), p. 171
  3. Frederick J. Simoons, Eat Not This Flesh: Food Avoidances from Prehistory to the Present, University of Wisconsin Press, 1994, pp. 233-234
  4. Hekate Her Sacred Fires – Devotional Project to the Goddess Hekate
  5. https://sites.google.com/site/hellenionstemenos/Home/festivals/hekatesdeipnon
  6. Notice sur le site de l'auteur
  7. Musée de Brooklyn - Hécate

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Artémis et Séléné, autres membres de la triade lunaire.
  • Les hécatées sont les fantômes qui se manifestaient pendant les fêtes de la déesse, mais aussi les statues qu'on lui élevait le plus souvent aux carrefours.