Antonio de Mendoza

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Antonio de Mendoza
Image illustrative de l'article Antonio de Mendoza
Fonctions
Vice-roi de Nouvelle-Espagne
17 avril 153525 novembre 1550
Monarque Charles Quint
Prédécesseur Fonction crée
Successeur Luis de Velasco
Biographie
Date de naissance 1495
Lieu de naissance Grenade, (Espagne)
Date de décès 21 juillet 1552
Lieu de décès Lima, (Vice-royauté du Pérou)
Nationalité Espagnol
Profession Politique
Liste des vice-rois de Nouvelle-Espagne
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Antonio de Mendoza, troisième comte de Tendilla (1495, Grenade1552, Lima), fut le premier Vice-roi de Nouvelle-Espagne, de 1535 à 1549, et le troisième Vice-roi du Pérou de 1550 à 1552. Mendoza est issu d'une famille d'officiers et de serviteurs de l'État. Après que trois nobles de haut-rang ont décliné l'offre du poste de Vice-roi de Nouvelle-Espagne, don Antonio relève le défi. Il avait servi avec valeur à la Cour ainsi qu'en tant qu'ambassadeur en Hongrie. Il devient Vice-roi en 1535 et gouvernera pendant 15 ans, bien plus longtemps qu'aucun de ses successeurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les défis de son mandat[modifier | modifier le code]

À son arrivée en Nouvelle-Espagne, il trouve une colonie fraîchement conquise aux prises avec des soulèvements indiens et des rivalités entre les conquérants. Son pensum sera de gouverner au nom du Roi sans se faire des ennemis de gens tels qu'Hernán Cortés, que l'Empereur Charles Quint et le Conseil des Indes jugent trop rustre pour en faire un Duc ou même pour lui donner un poste supérieur à celui de Capitaine-Général. Il a également reçu mandat d'augmenter les revenus royaux et de régler les problèmes avec les Indiens.

Après sa prise de fonction le 14 Novembre 1535, son premier acte fut de poursuivre le gouverneur de la Nouvelle-Galice Nuño Beltrán de Guzmán (qui avait été président de la première audience), accusé de corruption et mauvais traitements infligés aux indigènes. Guzmán fut envoyé et emprisonné en Castille en 1538.

Poursuite de l'exploration du Nouveau-Monde[modifier | modifier le code]

En 1539, il envoie Fray Marcos de Niza accompagné du maure Estevanico vers le nord de ce qui est maintenant l'Arizona. Il donne mandat à Francisco Vásquez de Coronado d'organiser une expédition visant à explorer et à peupler les terres au nord de la Nouvelle-Espagne entre 1540 et 1542 et à Juan Rodríguez Cabrillo de faire de même sur la côte ouest de Alta California (Haute Californie, actuels États du Nevada, Arizona, Utah et Wyoming) entre 1542 et 1543, ainsi qu'à Ruy López de Villalobos aux Philippines à la même époque.

Education et culture[modifier | modifier le code]

Don Antonio et Juan de Zumárraga collaborent à la fondation de deux grandes institutions du Mexique : le Colegio de Santa Cruz à Tlatelolco (1536), où les fils des nobles aztèques étudieront le latin, la rhétorique, la philosophie et la musique, ainsi que l'Université royale et pontificale du Mexique (1552), sur le modèle de l'Université de Salamanque, qui forme les jeunes gens pour l'Église. Cette dernière institution est la seconde université fondée en Amérique. En 1536, il commence la frappe des pièces d'argent et de cuivre, connues sous le nom de macuquinas. Selon ses instructions, la première presse est importée dans le Nouveau-Monde en 1539, par l'imprimeur Juan Pablos (Giovanni Paoli). Le premier livre imprimé à Mexico est intitulé La escala de San Juan Climoca. Le 18 mai 1541, don Antonio fonde la ville de Valladolid (aujourd'hui Morelia dans l'État du Michoacan). Entre 1541 et 1542, il commandite un ouvrage retraçant l'histoire des Aztèques, qui sera nommé plus tard Codex Mendoza.

Insurrections[modifier | modifier le code]

En 1542, une formidable insurrection des indigènes, appelée guerre de Mixton, est réprimée. Le 25 mars 1544, Mendoza promulgue les Leyes Nuevas (nouvelles lois), inspirées par le frère Bartolomé de las Casas, dans le but d'atténuer le poids pour les Indiens du travail forcé systématique. Mendoza n'a cependant ni les moyens ni la volonté de faire appliquer ces lois face à l'opposition radicale des partisans de l'encomienda. Lorsqu'arrive à Mexico la nouvelle qu'une guerre civile a éclaté au Pérou suite à de similaires réformes, il fait suspendre et annuler les nouvelles lois.

Néanmoins, Mendoza a de la sympathie pour les Indiens et fera beaucoup pour améliorer leur sort. En 1547, il convoque une conférence ecclésiastique pour traiter de la condition des Indiens, avec l'assistance de las Casas. Il fixe un nombre d'heures maximum durant lesquelles ils peuvent être employés dans les mines, ordonne que soit payé un salaire aux Indiens libres et protège les terres indiennes de l'appropriation par les Espagnols.

En 1548, il mate l'insurrection des Zapotèques. Durant son mandat, Mendoza a consolidé la souveraineté de la Couronne sur les conquêtes en Nouvelle-Espagne, tout en limitant le pouvoir et les ambitions des premiers conquistadors. Vice-roi honnête et capable, il gouverne avec justice, efficacité et quelque compassion. Un grand nombre des règles politiques et économiques qu'il a établies dureront toute la période coloniale. Il a encouragé la construction d'hôpitaux et d'écoles, favorisé les améliorations en agriculture, élevage et exploitation minière. Il fit beaucoup pour amener paix et stabilité en Nouvelle-Espagne. Luis de Velasco lui succède en tant que Vice-roi de Nouvelle-Espagne le 25 novembre 1550.

Vice-roi du Pérou[modifier | modifier le code]

Le 4 juillet 1549 à Bruxelles, l'Empereur Charles V avait donné le choix à Mendoza entre la vice-royauté de Nouvelle-Espagne et celle du Pérou ; il opte pour cette dernière. Il voyage à travers les terres du Mexique à Panama, puis par bateau jusqu'au Pérou. Il y arrive et prend ses fonctions le 25 novembre 1550. Cependant, il tombe bientôt malade et meurt en 1552. Il repose dans la cathédrale de Lima, ainsi que le conquérant espagnol du Pérou, Francisco Pizarro. C'est en son honneur qu'un comté de Californie se nomme Comté de Mendocino.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Lucas Alamán, Historia de México desde los primeros movimientos que prepararon su independencia en 1808 hasta la época presente, México D.F., Fondo de Cultura Económica,‎ 1985
  • (es) Carmen Blázquez Domínguez, Veracruz, una historia compartida, Gobierno del Estado de Veracruz, Instituto Veracruzano de Cultura,‎ 1988, 369 p. (ISBN 968-6173-60-9)
  • (es) Francisco Bulnes, La guerra de Independencia, México, Distrito Federal, 1910.,‎ 1910
  • (es) Carlos María de Bustamante, Cuadro histórico de la Revolución mexicana, México D.F., INEHRM,‎ 1843 (réimpr. 1985)
  • (es) Luis Garfias Magana, Guerrilleros de México: Personajes famosos y sus hazanas, desde la Independencia hasta le Revolución mexicana, México D.F., Panorama,‎ 1980, 138 p.
  • Alexander Von Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, Paris,‎ 1811
  • (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, México D.F., Diana,‎ 1993, 165 p. (ISBN 968-13-2560-5)
  • (es) Guillermo Prieto, Memorias de mis tiempos, Editorial Pátria,‎ 1828 (réimpr. 1906)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Julio Zárate, México a través de los siglos, vol. III : La guerra de independencia (1808 - 1821), México D.F., Cumbre,‎ 1880 (réimpr. 1970)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Juan de Dios Arias, Enrique de Olavarría y Ferrari, México a través de los siglos, vol. IV : México independiente (1821 - 1855), México D.F., Cumbre,‎ 1880 (réimpr. 1970)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]