Adolphe Kégresse

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Voiture du tsar équipée par Kegreisz (1917).

Adolphe Kegreisz (ou Kégresse), né le 20 juin 1879 à Héricourt et mort le 9 février 1943 à Croissy-sur-Seine, est un ingénieur français.

Après avoir suivi les cours d’une école technique de Montbéliard, il partit en 1905 à Saint-Pétersbourg. Mécanicien très inventif, il commença sa carrière comme responsable technique du premier garage impérial du tsar Nicolas II de 1906 à 1917. En 1910, à la demande du tsar, il met au point des autochenilles originales (à partir de véhicules Packard, Mercedes-Benz et Delaunay-Belleville) capables de se déplacer facilement, particulièrement dans la neige. Il expérimente divers matériaux légers et souples comme des cordes, des courroies de cuir tressé et du caoutchouc armé. Il avait ainsi inventé le principe du « halftrack » qui fut largement utilisé par la plupart des armées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dessin de brevet de 1913.

Outre les véhicules impériaux, son système s’appliquera à des véhicules de l’armée russe dès 1914 en particulier des ambulances Packard et des auto-mitrailleuses Austin-Putilov qu’utilisèrent plus tard les bolcheviks. Rentré en France, c’est avec Citroën qu’il crée un département de véhicules « tout terrain » en 1919. Les véhicules équipés du système Kegreisz-Hinstin seront produits de 1921 jusqu’en 1937. Ces véhicules connurent un certain succès et différentes versions ont été utilisées par l’armée en France mais aussi à l’étranger par des services publics (postes, douanes) ou par l’armée dans les pays tels que la Belgique, le Chili, la Grande-Bretagne, la Hollande, la Pologne, l’Espagne.

Après avoir quitté Citroën, Kegreisz continue ses travaux de recherche. En 1935 il met au point une boîte de vitesses automatique dénommée « AutoServe » et en 1939 il essaie une chenillette électrique filoguidée, dont le prototype sera saisi par l'occupant allemand en juin 1940 et donnera lieu à l'invention du Goliath, l'un des premiers drones à commande-distant.

Durant toute sa vie, Kegreisz déposa plusieurs centaines de brevets de toutes sortes, la plupart en rapport avec des composants automobiles.

Le système Kegreisz-Hinstin[modifier | modifier le code]

Ce système de chenilles, adaptable aux châssis existants, est composé d’une bande épaisse de caoutchouc moulé et armé s’enroulant sur deux poulies dont l’une est motrice et l’autre libre sur un essieu porteur constituant ainsi un bogie à deux essieux ayant une assez large liberté de tangage pour s’adapter au terrain accidenté. La poulie motrice (diamètre 500 mm) est à deux joues mobiles enserrant la chenille en fonction des efforts demandés lors de la traction ou du freinage. Un train de 4 galets groupés deux à deux assure la fonction porteuse. Les principaux intérêts du système par rapport aux chenilles classiques sont sa légèreté et son fonctionnement relativement silencieux. Son plus gros défaut était la durée de vie assez faible de la bande sans fin (2 000 km).

Avec l’ingénieur Jacques Hinstin en 1922, Kegreisz finalise le premier véhicule « tout terrain » Citroën K1 qui est un châssis C 5cv équipé du système. Le système « Kegreisz-Hinstin » équipera beaucoup d’autres modèles comme les C4 et C6.

Compte tenu de ses performances, André Citroën se lance dans plusieurs opérations de promotion de grande envergure à retentissement international :

  • l’expédition transsaharienne en 1922 qui fut un succès et la constitution de la Compagnie Générale Transsaharienne Citroën (Citracit) à des fins de transport et de tourisme à travers le Sahara, qui fut par contre un échec financier auquel André Citroën mit rapidement fin ;
  • la Croisière noire en 1925 ;
  • la Croisière jaune en 1931 cofinancée par le National Geographic ;
  • le prêt de 3 véhicules C6 en 1933 à l’amiral Richard Byrd pour son expédition en Antarctique ;
  • la Croisière blanche en 1934 au Canada qui fut un échec ;
  • des démonstrations à de nombreuses commissions militaires.

Des véhicules Citroën équipés de « Kegreisz » sont fabriqués jusqu’en 1937 (P107 par Unic) et durant cette période le système se perfectionna tout en conservant le principe d’origine : les modifications portaient sur l’entraînement de la chenille et sur le renforcement de celle-ci par une association de plaques métalliques et de blocs de caoutchouc.

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