Îles Diomède

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Le détroit de Béring, au centre les îles Diomède
Photo satellite des îles Diomède
La Petite Diomède (à gauche) et la Grande Diomède (à droite) vue depuis la mer des Tchouktches, au nord.
Le village de Diomède, sur la côte occidentale de la Petite Diomède, sur le seul endroit assez plat en bord de mer.

65° 47′ N 169° 01′ O / 65.783, -169.017 () Les îles Diomède (en russe : Острова Диомида, Ostrova Diomida ; en anglais : Diomede Islands), également connues en Russie sous le nom d'îles Gvozdev, sont deux îles rocheuses situées au milieu du détroit de Béring, entre la Sibérie et l'Alaska.

À l'est, la Petite Diomède, habitée par 170 Inuits, — aussi connue sous le nom d'île Krusenstern ou Inaliq — appartient aux États-Unis, à l'ouest la Grande Diomède, servant de base à une poignée de soldats russes, — aussi connue sous le nom d'île Ratmanov, Imaqliq ou Nunarbuk — appartient à la Russie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La petite Diomède, à l'est, fait partie de l'Alaska et n'est située qu'à 3 km de la Grande Diomède, qui fait elle partie de la Tchoukotka et est le point le plus oriental de la Russie. Le point le plus occidental des États-Unis, hors territoire d'outre-mer se trouve quant à lui plus au sud, à la pointe de l'arc des îles Aléoutiennes

La ligne de changement de date passe entre les deux îles, à 1,5 km de chacune d'elle. Comme cette ligne se trouve entre les deux îles à portée de vue l'une de l'autre, on peut de l'Alaska (Petite Diomède) regarder « demain » en Russie (Grande Diomède).

La Grande Diomède se trouve à 45 km au sud-est du cap Dejnev de la péninsule Tchouktche, la Petite Diomède se trouve elle à 40 km à l'ouest du cap Prince-de-Galles sur la péninsule de Seward. À quinze kilomètres au sud-est des îles Diomède se trouve l'îlot rocheux de Fairway Rock, territoire américain. On pense que ces deux îles sont des tuyas, restes de la Béringie qui reliait autrefois les deux continents. Elles sont baignées par la mer des Tchouktches (océan Arctique) au nord et la mer de Béring au sud (océan Pacifique).

Les deux îles présentent des aspects similaires, avec de hautes falaises de 250 à 300 mètres et une pente de 40° plongeant dans la mer et surmontées d'un vaste plateau. La végétation est rare, sans arbre.

La Petite Diomède a une superficie de 7,35 km2 et une hauteur maximale de 280 m. La Grande Diomède est presque quatre fois plus grande avec une superficie d'environ 29 km2.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier campement humain sur l’île de la Petite Diomède semble remonter à plus de 3 000 ans. Il servait de camp de chasse au printemps. Par la suite des populations esquimaux résidèrent sur les îles, chassant et commerçant des deux côtés du détroit.

Le premier Européen à atteindre les îles fut l’explorateur russe Simon Dejnev en 1648. Le navigateur Vitus Béring, Danois au service de la Russie les redécouvrit le , jour de la saint Diomède, un martyr de l’église orthodoxe. Mais leur véritable exploration et leur cartographie ne furent faites qu’en 1832 par le géodésiste russe Mikhail Gvozdev (en).

Le texte du traité de 1867 finalisant la vente de l’Alaska par la Russie impériale aux États-Unis utilisa les îles pour établir la frontière entre les deux pays : la frontière sépare « de manière équidistante l’île Krusenstern, ou Ignaluk, de l’île Ratmanov, ou Nunarbuk, et continue vers le nord à l’infini (sic) jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement dans l’océan Arctique ».

Les Inuits Inupiat d'Imaqliq (Grande Diomède) ont été déportés sur le continent à l'époque soviétique, dans les années 1930, et depuis, seule une petite garnison de l'armée russe occupe l'île. Sur Inaliq (Petite Diomède) vit une communauté d'Inuits Inupiat de 170 personnes, presque entièrement groupée dans l'unique village de Diomede, situé sur la côte occidentale sur le seul endroit relativement plat et où une aire pour hélicoptère a été aménagée. En 1944, l'explorateur polaire français Paul-Émile Victor alors commandant de l'escadre de sauvetage et de recherche américaine de Nome (Alaska) s'aventure en kayak près de la Grande Diomède et essuie des tirs de la garnison soviétique.

Durant la Guerre froide, l’espace entre les deux îles constitua la frontière américano-soviétique et fut qualifié de « rideau de glace ». En 1987, toutefois, la nageuse en eau libre Lynne Cox, de nationalité américaine, effectua la traversée et fut félicitée conjointement par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev[1].

Les îles Diomède sont souvent mentionnées comme étapes intermédiaires dans les projets futuristes de pont ou de tunnel traversant le détroit de Béring.

Durant l’été 1995, l’acteur de télévision britannique Michael Palin, membre des Monty Python, débuta depuis la petite Diomède une circumnavigation le long des côtes du Pacifique à travers dix-huit pays différents, dans le cadre d’une série télévisée de la BBC, Full Circle. Il essaya, à la toute fin de son voyage circulaire huit mois plus tard, de revenir sur l’île mais en fut empêché par les mauvaises conditions météorologiques.

Les médias américains ont évoqué brièvement les îles Diomède lors de la campagne présidentielle américaine de 2008[2],[3], après que Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska et candidate à la vice-présidence sur le ticket républicain avait affirmé lors d’une interview sur ses connaissances sur la Russie, qu’en Alaska « on voit la Russie depuis sa fenêtre ». La Petite Diomède est le seul endroit d’Alaska depuis lequel un territoire russe, la Grande Diomède, est visible.

Le samedi 18 août 2012, le nageur français amputé des quatre membres Philippe Croizon, accompagné d'Arnaud Chassery, franchit à la nage la distance de 1,5 kilomètre séparant l'île de la petite Diomède et la frontière américano-russe[4], remplissant ainsi son pari de relier à la nage les cinq continents[5].

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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