Xuyun

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Xuyun
Xuyun.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 119 ans)
Nationalités
Chinois (jusqu'en ), République de Chine ( - ), Chinois (à partir du )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Religion

Xuyun, Xu Yun, Hsü Yun, ou Tsu Yun (chinois : 虚云 ; pinyin : Xūyún), né en 1840 et mort en 1959 en Chine, à l’âge de 119 ans, fut un moine bouddhiste et un maître chán renommé[1]. Il vécut dans le Yunnan et parcourut dans sa vie des milliers de kilomètres à pied lors de pèlerinages[2].

Sa vie[modifier | modifier le code]

Sa vocation religieuse naît lorsqu'il a 13 ans. Son père a peur qu'il devienne moine et lui propose la voie taoïste, plus engagée dans le monde. À 17 ans, il fait une fugue mais est rattrapé et contraint de se marier. À 19 ans, il s'enfuit de nouveau et se rend au monastère du mont Gu dans lequel il est ordonné moine par le maître Miao Lian. Pour ne pas être retrouvé par son père, il doit se cacher trois ans dans une grotte en montagne, tout en réalisant différentes pratiques spirituelles. Puis il retourne au monastère et occupe diverses fonctions, depuis porteur d'eau jusqu'à prêtre[3].

À 28 ans, il retourne vivre dans une grotte plusieurs années, ne se nourrissant que d'herbe sauvage, tel Milarépa. Sa pratique de prédilection, provenant de l'école de la Terre Pure, est alors la répétition du nom du Bouddha Amidha (l’équivalent du japa hindou). Ayant entendu parler du maître Yang Djing de l'école Tien Taï qui vit sur le Mont Hua Ding, il s'y rend. Il est accepté comme disciple et étudie pendant quatre ans des soutras, tout en s'exerçant à la pratique du gōng'àn (kōan en japonais). Son maître lui dit d'aller visiter d'autres maîtres, monastères et lieux saints, ce qu’il fera[4].

Il conçoit un projet de pèlerinage de trois années vers le mont Wutai pour exprimer sa gratitude à sa mère morte alors qu’elle lui avait donné naissance. Il le fait à pied, en se prosternant tous les trois pas pour réciter le nom du bodhisattva Manjushri. À 46 ans, après son pèlerinage éprouvant, il passe quelque temps avec des moines chán dans une cabane du pic Wutai. Il repart à pied pour parcourir le Tibet, le Bhoutan, l’Inde, sans que la traversée de la chaîne himalayenne ne semble lui avoir posé de problème. Il a 50 ans lorsqu’il s’embarque pour le Sri Lanka, puis, après avoir visité des lieux saints, il rejoint la Birmanie pour finalement revenir en Chine dans sa région natale[5].

Il connaît un samādhi lors d’une période de méditation de quinze jours dans une grotte durant laquelle il perd toute notion du temps ; il est ramené à la réalité par des moines préoccupés par son état. En 1904, à 65 ans, il commence à enseigner en commentant des sutras et conduisant des méditations dans différents monastères. Puis il trouvera des fonds nécessaires pour restaurer le monastère Po Yu qui accueillera quelque 700 moines[6].

Très impliqué par la diffusion du Dharma, il enseigne à travers l’Asie, en Birmanie, Malaisie, Thaïlande. Il rencontre un ancien consul anglais qui lui fait une donation pour qu’il se charge de transférer le Tripitaka de Penang en Birmanie jusqu’au Yunnan en Chine, ce qu’il fait en 1909 lors d’une expédition composée d’une centaine d’hommes et de trois cents chevaux pour traverser les montagnes[7].

En 1935, à 95 ans, il reçoit une invitation des autorités de Guangdong pour conduire la restauration du temple de Huineng, sixième patriarche du chán. Il accepte. Puis, alors que la guerre sino-japonaise fait rage, il restaure, avec l’aide de villageois qui travaillent gratuitement pour lui, le temple de l’école Yunmen[8]. Il repart, à la fin de la guerre, pour enseigner et accomplir des cérémonies dans différentes villes de Chine où il est invité.

À l’âge de 112 ans, alors qu’il se trouve dans le monastère Yunmen restauré, des communistes chinois font intrusion et battent les moines pour qu’ils révèlent une soi-disant cachette d’armes et d’or. Il est battu à mort mais survivra miraculeusement. Après cette expérience, il dicte ses mémoires à la demande de ses disciples[9].

Il meurt quelques années plus tard, en état de méditation, âgé de 119 ans[9].

Quelques enseignements[modifier | modifier le code]

« Dans notre école, l’enseignement consiste en la vision directe de notre essence propre, que les mots et les phrases ne peuvent exprimer. [...] Cependant, à cause de notre nature inférieure, les anciens maîtres furent obliger d'user d'artifices pour instruire leurs disciples et leur donnèrent à méditer des phrases particulières appelées hua tou. Et comme les adeptes de la Terre Pure qui récitaient le nom de bouddha était nombreux, ils leur donnèrent à méditer le hua tou suivant : « Qui récite le nom du Bouddha ? » [...] Dans notre investigation du hua tou, le mot « qui » doit être soigneusement examiné. [...] Vous devez vous efforcer de connaître d'où vient ce « qui » et à quoi il ressemble. Notre investigation doit être tournée vers l'intérieur et pour cela elle est aussi nommée l'écoute intérieure de notre nature propre[10]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Érik Sablé, Tsu Yun, le moine aux semelles de vent : vie et paroles du dernier maître bouddhiste chinois, Paris, Dervy, coll. « Chemins de sagesse », , 83 p. (ISBN 2-84454-281-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniela Campo, La construction de la sainteté dans la Chine moderne: la vie du maître bouddhiste Xuyun, Les Belles Lettres, , 470 p. (ISBN 978-2-251-90010-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sablé 2004, p. 7-8
  2. Sablé 2004, p. 29
  3. Sablé 2004, p. 11-15
  4. Sablé 2004, p. 16-21
  5. Sablé 2004, p. 22-29
  6. Sablé 2004, p. 36-40
  7. Sablé 2004, p. 42-44
  8. Sablé 2004, p. 49-51
  9. a et b Sablé 2004, p. 53-54
  10. Sablé 2004, p. 58-65

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]