Mont Wutai

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Mont Wutai
Photographie aérienne du mont Wutai
Photographie aérienne du mont Wutai
Géographie
Altitude 3 058 m, Pic Yedou
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Shanxi
Ville-préfecture Xinzhou
Mont Wutai *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Wutai Shan temple grounds.jpg
Coordonnées 39° 01′ 50″ N 113° 33′ 48″ E / 39.0306, 113.5633339° 01′ 50″ Nord 113° 33′ 48″ Est / 39.0306, 113.56333
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (iv) (vi)
Superficie 18 415 ha
Zone tampon 42 312 ha
Numéro
d’identification
1279
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 2009 (33e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le mont Wutai (chinois : 五台山 ; pinyin : wǔtái shān ; littéralement : « mont aux cinq terrasses ») ou Wutai Shan est l'une des quatre montagnes sacrées bouddhiques de Chine. Il culmine à 3 058 m au pic Yedou. Il est situé dans la province du Shanxi, à seulement quelques dizaines de kilomètres au sud de l'une des cinq montagnes sacrées de Chine : le Bei Heng Shan et à moins de 300 km de Pékin. Il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le 26 juin 2009[1].

Description du site[modifier | modifier le code]

Le site, proche du xian de Wutai comporte 41 édifices religieux et 500 statues représentant les légendes bouddhistes. La salle orientale du temple de Foguang date de la dynastie Tang (618907) est le dernier en bois datant de cette période. Des édifices plus récent, subirent les influences népalaises et mongoles[1].

Le mont abrite différents temples et monastère de confessions bouddhiques han (chán, mahāyāna pratiqué par les Hans) et Tibétains (principalement vajrayāna). Des pratiquants de toutes les confessions bouddhiques venus de toute l'Asie y pratiquent des pèlerinages[1].

Il est considéré comme le centre mondial du culte de Manjushri (en chinois 文殊菩薩, wénshū púsà)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous les dynasties Sui (581618) et Tang (618907), on dénombre 360 temples attirant des religieux de Birmanie, Corée, Inde, Japon, Népal, Sri Lanka et Vietnam, ils répandirent ensuite le culte de Manjushri dans le Sud-Est de l'Asie[1].

Sous les dynasties Song (9601279) et Yuan (1234/12791368), le nombre de temple se réduit, il n'en reste alors plus que 70 environ[1].

Sous la dynastie Ming (13681644), de nouveaux temples sont construits, on en dénombre 104[1].

Les monarques de la Dynastie Qing (16441912) y pratiquent des pèlerinages dans le but de stabiliser les relations sociales avec leurs alliés mongols, proches (la Mongolie-Intérieure est située à moins de 200 km au nord du mont Wutai et les Mandchous dirigeants qing sont des Toungouses, peuple culturellement proche des Mongols) on y dénombre lamaseries tibétaines et 97 communautés bouddhistes han y cohabitant[1].

Liens avec des lama tibétains[modifier | modifier le code]

Henri d'Ollone offrant une écharpe de félicité au 13e dalaï-lama lors d'une audience dans un temple du Wou-T'ai-Chan en 1908.

Invité en Chine par l'Empereur Yongle, le 5e karmapa, Deshin Shekpa (1384 — 1415) se rendit du Tibet au palais impérial après un voyage qui lui demanda trois ans. Le 5e karmapa fit ensuite un pèlerinage aux célèbres montagnes sacrées Wutai Shan, ainsi que l'avaient fait les deux karmapas précédents[2].

À plusieurs reprises au cours des dernières années, notamment en 1998[3] et vers 2005 pour améliorer la relation de confiance durant les pourparlers sino-tibétains de 2002 à 2010, les autorités chinoises ont envisagé de permettre au 14e dalaï-lama de visiter le mont Wutai, mais elles ont reculé[4]. Pour Robert Barnett, ces revirements peuvent s'interpréter comme faisant partie de tractations de longue durée entre le dalaï-lama et Pékin[5].

Le 21 avril 2007, Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama a déclaré[6] :

« La montagne aux Cinq Pics, ou Wutai Shan, en Chine est renommée pour son association avec Manjushri, le Bodhisattva de la Sagesse. Mon prédécesseur, le 13e dalaï-lama, a pu se rendre en pèlerinage là-bas et, depuis mon premier voyage en Chine en 1954, je chéris l'espoir que je pourrai suivre ses pas. Récemment, les autorités chinoises ont refusé ma demande, disant que les routes étaient infranchissables. Je suis sûr que la route est claire aujourd'hui. Pendant les discussions actuelles que nous avons eues avec les autorités chinoises à propos de l'autonomie tibétaine, mes émissaires ont réitéré mon souhait pour cette visite. Il y a de nombreux lieux sacrés en Chine, un pays où le bouddhisme s’est développé depuis longtemps. J'aimerais visiter certains de ces lieux. Et en même temps, pendant que je suis là-bas, j'espère pouvoir voir par moi-même les changements et les développements qui ont eu lieu en République populaire de Chine. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h « Mont Wutai », site du patrimoine mondial de l'UNESCO
  2. Michele Martin, Une Musique venue du ciel. Vie et œuvre du XVIIe Karmapa, 2003, trad. Christiane Buchet et Cheuky Sèngué, Claire Lumière, série « Tsadra », 2005, 414 p. (ISBN 2-905998-73-3), p. 364-365
  3. (en) Dalai Lama plans Tibet statement to reopen talks with China, AFP, 24 octobre 1998
  4. (en) Trashing the Beijing Road, The Economist, 19 mars 2008
  5. (en) China responds to talk of a Tibetan homecoming for Dalai Lama, The New York Times, 9 octobre 2014
  6. (en) The Dalai Lama on the Value of Pilgrimages, Newsweek, 21 avril 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Isabelle Charleux, Nomads on Pilgrimage : Mongols on Wutaishan (China), 1800-1940, Brill Academic Publishers,‎ (ISBN 978-9004296015)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]