Shōbōgenzō

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher


Le Shōbōgenzō (正法眼蔵, Japonais: Shōbōgenzō, Chinois: Zhenfa-yuancang), littéralement « Le Trésor de l'œil de la Vraie Loi », est une œuvre du maître zen japonais Dogen Zenji, écrite entre 1231 et 1253 (année de la mort de Dogen). À la différence des écrits zen antérieurs provenant du Japon, le Shōbōgenzō est écrit en japonais et non en chinois. D'autres travaux de Dogen, notamment l'Eihei Koroku et le Shōbōgenzō Sanbyakusoku sont écrits en chinois. Le Shōbōgenzō Sanbyakusoku (ou Shinji Shōbōgenzō) se compose de plus de trois cents kōan, et est distinct du Shōbōgenzō qui est l’objet du présent article.

Style[modifier | modifier le code]

Le Shōbōgenzō est une œuvre difficile d’accès de par son style empreint de poésie extrême-orientale, les métaphores sont nombreuses et peuvent dérouter le lecteur surtout lorsque celui-ci connaît mal le contexte historique et culturel. Cette difficulté d’accès existe aussi sans doute pour le lecteur japonais, car des maîtres de l’école sōtō vont écrire plus tard le Shushōgi, une œuvre plus simple pour le lecteur laïc, qui a généralement moins de temps et de motivation à consacrer à l’étude des textes.

L’argumentaire du Shōbōgenzō mêle des genres variés : sermons, soutras, kōan, études, conversations... ces citations sont empruntées à l’enseignement de toutes les écoles bouddhistes mais aussi à d’autres traditions et à d’autres époques. Seul bémol à cette observation : cette diversité n’a pour origine que celle de la culture chinoise, car les textes utilisés par Dogen, aussi variés soient-ils, sont presque tous chinois. Les personnages cités sont eux aussi majoritairement des Maîtres Chinois. Rien d’étonnant à cela, car le bouddhisme japonais vient de Chine ; de plus, pour Dogen, il ne faisait aucun doute que la culture nippone était secondaire par rapport à celle de l’empire du milieu.

Éditions[modifier | modifier le code]

Les éditions modernes du Shōbōgenzō contiennent quatre-vingt-quinze fascicules (éditions Kōzen et Honzan), cependant des versions précédentes ont compté : soixante-quinze (édition Kyūsō), soixante (édition Sôgo), ou vingt-huit fascicules (édition Himitsu). Dogen lui-même a considéré que seulement douze de ces fascicules étaient complets. Certains des fascicules ont été écrits par Dogen lui-même, alors que d'autres ont été probablement écrits par ses disciples.

Traductions[modifier | modifier le code]

La traduction la plus complète en français est celle des éditions Sully qui présente la traduction et les commentaires de Yoko Orimo sur 92 fascicules. En anglais, la traduction de Nishijima/Cross Master Dogen's Shōbōgenzō est la seule traduction complète du Shōbōgenzō (95 fascicules). Le projet de l'université Stanford basé sur les textes de l’école Soto, est un projet ambitieux pour traduire les textes de Dogen et d'autres textes de l’école Soto, plusieurs fascicules ont été traduits, et beaucoup d'autres traductions de différents textes sont disponibles.

Fascicules[modifier | modifier le code]

Voici la liste des fascicules avec leur date d'écriture. L'ordre des fascicules donnés est celui des versions modernes et a varié selon les éditions et les époques.

Les soixante-quinze chapitres des anciens manuscrits (kyūsō)[modifier | modifier le code]

  1. Genjô kôan (現成公案), "La Réalisation du kôan comme présence", 1233.
  2. Maka hannya haramitsu (摩訶般若波羅蜜), "La vertu de grande sagesse", 1233.
  3. Busshô (佛性), "La nature de bouddha", 1241.
  4. Shinjin gakudô (身心學道.), "L'étude de la voie par le corps et par l'esprit", 1242.
  5. Sokushin zebutsu (即心是仏), "L'esprit même est le bouddha", 1239.
  6. Gyôbutsu igi (行佛威儀), "Les attitudes majestueuses des bouddhas dans leur pratique", 1241.
  7. Ikka myôju (顆明珠), "Une perle brillante", 1238.
  8. Shin fukatoku (心不可得), "L'esprit est insaisissable", 1241.
  9. Kobusshin (古佛心), "L'esprit des anciens bouddhas", 1243.
  10. Daigo (大悟), "Le grand éveil", 1242.
  11. Zazengi (坐禪儀), "Les règles de la méditation assise", 1243.
  12. Zazenshin (坐禪箴), "Précis de méditation assise", 1242.
  13. Kaiin zammai (海印三昧), "Le samâdhi du sceau de l'océan", 1242.
  14. Kûge (空華), "Les fleurs du vide", 1243.
  15. Kômyô (光明), "L'éclat lumineux", 1242.
  16. Gyôji (行持), "La pratique assidue", 1242 et 1243.
  17. Immo (恁麼), "Tel", 1242.
  18. Kannon (觀音), "Avalokitesvara", 1242.
  19. Kokyô (古鏡), "L'ancien miroir", 1241.
  20. Uji (有時), "L’être-temps", 1240.
  21. Juki (授記), "La prédiction", 1242.
  22. Zenki (全機), "La totale activité", 1242.
  23. Tsuki (都機), "La pleine activité", 1243.
  24. Gabyô, "L'image d'un gâteau de riz", 1242.
  25. Keisei sanshoku, "Le son de la vallée et la forme de la montagne", 1240.
  26. Bukkôjôji, "Dépasser le bouddha", 1242.
  27. Muchû setsumu, "Expliquer un rêve dans un rêve", 1242.
  28. Raihai tokuzui, "Se prosterner et obtenir la moelle", 1240.
  29. Sansuikyô, "Le sûtra des montagnes et des rivières", 1240.
  30. Kankin, "La lecture des sûtra", 1241.
  31. Shoaku makusa, "Ne commettre aucune mauvaise action", 1240.
  32. Den'e, "La transmission de la robe", 1240.
  33. Dôtoku, "Le savoir-dire", 1242.
  34. Bukkyô, "Les enseignements du Bouddha", 1241.
  35. Jinzû, "Les pouvoirs merveilleux", 1241.
  36. Arakan, "L'arhat", 1242.
  37. Shunjû, "Le printemps et l'automne", 1244.
  38. Kattô, "Les emmêlements", 1243.
  39. Shisho, "Le certificat de succession", 1241.
  40. Hakujushi, "Le cyprès", 1242.
  41. Sangai yuishin, "Les trois mondes ne sont qu'esprit", 1243.
  42. Sesshin sesshô, "Expliquer l'esprit et expliquer la nature", 1243.
  43. Shohô jissô, "Le véritable aspect des dharma", 1243.
  44. Butsudô, "La voie du Bouddha", 1243.
  45. Mitsugo, "La parole secrète", 1243.
  46. Mujô seppô, "La prédication de l'inanimé", 1243.
  47. Bukkyô, "Les écritures bouddhiques", 1243.
  48. Hosshô, "La nature de dharma", 1243.
  49. Darani, "Les dhârani", 1243.
  50. Semmen, "La toilette du visage", 1239.
  51. Menju, "la transmission directe", 1243.
  52. Busso, "Les bouddhas et les patriarches", 1241.
  53. Baika, "Les fleurs de pêcher", 1243.
  54. Senjô, "La purification", 1239.
  55. Jippô, "Les dix directions", 1243.
  56. Kembutsu, "Voir le Bouddha", 1243.
  57. Henzan, "Les consultations", 1243.
  58. Ganzei, "La prunelle des yeux", 1243.
  59. Kajô, "L'ordinaire de la maisonnée", 1243.
  60. Sanjûshichihon bodaibumpô, "Les trente-sept rubriques de l'éveil", 1244.
  61. Ryûgin, "Le mugissement du dragon", 1243.
  62. Soshi seirai i, "L'idée du maître-patriarche en venant de l'ouest", 1244.
  63. Hotsu mujôshin, "La production de l'esprit insurpassable", 1244.
  64. Udonge, "La fleur d'udumbara", 1244.
  65. Nyorai zenshin, "Le corps entier du tathâgata", 1244.
  66. Sammai ô zammai, "Le samâdhi roi des samâdhi", 1244.
  67. Tembôrin, "La mise en branle de la roue du dharma", 1244.
  68. Daishugyô, "La grande pratique", 1244.
  69. Jishô zammai, "Le samâdhi de la réalisation par soi-même", 1244.
  70. Kokû, "L'espace vide", 1245.
  71. Hatsuu, "Le bol", 1245.
  72. Ango, "La retraite", 1245.
  73. Tashintsû, "La penétration de l'esprit d'autrui", 1245.
  74. Osaku sendaba, "Le roi qui demandait saindhava", 1245.
  75. Shukke, "Le renonçant", 1246.

Les douze chapitres des nouveaux manuscrits (shinsō)[modifier | modifier le code]

  1. Shukke kudoku, "Les mérites du renoncement".
  2. Jukai, "La réception des préceptes".
  3. Kesa kudoku, "Les mérites du kasâya", 1240.
  4. Hotsu bodaishin, "La production de l'esprit d'éveil".
  5. Kuyô shobutsu, "La vénération des bouddhas".
  6. Kie Buppôsôbô, "Prendre refuge dans les trois trésors".
  7. Jinshin inga, "La foi profonde dans la causalité".
  8. Sanjigô, "Les trois périodes du karma".
  9. Shime, "Les quatre chevaux".
  10. Shizen biku, "Le moine dans le quatrième dhyâna".
  11. Ippyaku hachi hômyômon, "Les cent huit portes de l'éveil".
  12. Hachi dainin gaku, "Les huit recommandations du grand homme".

Neuf chapitres supplémentaires[modifier | modifier le code]

  1. Bendôwa, "Propos sur la négociation de la voie", 1231.
  2. Jûundôshiki, "Règles pour la seconde salle des nuages", 1239.
  3. Hokke ten hokke, "La fleur de lotus tourne la fleur de lotus", 1241.
  4. Bodaisatta shishôbô, "Les quatre captations du bodhisattva", 1243.
  5. Jikuimmon, "Enseignements pour l’office", 1246.
  6. Shin fukatoku, "L'esprit est insaisissable (II)".
  7. Dôshin, "L’esprit de la voie".
  8. Shôji, "Les naissances et les morts".
  9. Yuibutsu yobutsu, "Seul un Bouddha avec un Bouddha".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Shôbôgenzô de maître Dôgen : La Vrai Loi, Trésor de l'Œil traductions et commentaires de Yoko Orimo, Préface de Pierre Hadot, Editions Sully (octobre 20, 2003), Format : Broché - 590 pages, (ISBN 2-911074-59-9).
  • Dôgen et les paradoxes de la bouddhéité: Introduction, traduction et commentaire du volume De la bouddhéité, traductions et commentaires de Pierre Nakimovitch, Edition Droz (1er janvier 1999), 453 pages, (ISBN 2-600-00328-2).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]