Hugo Enomiya-Lassalle

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Hugo Enomiya-Lassalle
Makibi Enomiya-Lasalle (1898-1990).jpg
Le père Hugo Enomiya-Lassalle
Biographie
Naissance

Gut Externbrock Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès
Nom dans la langue maternelle
フーゴ・ラッサールVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Hugo Lassalle
Surnom
Makibi Enomiya
Nationalité
Allemande, puis japonaise
Formation
Religions orientales, philosophie et théologie
Activité
Pédagogue, écrivain
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Ordre religieux
La cathédrale-mémorial pour la paix des nations, à Hiroshima, conçue par Tōgo Murano.

Hugo Makibi Enomiya-Lassalle, né Hugo Lassalle le à Gut Externbrock, en Westphalie (Allemagne) et mort le à Münster (Allemagne), est un prêtre jésuite allemand, missionnaire au Japon où, devenu fervent adepte et précurseur du bouddhisme zen auprès des occidentaux, il obtient le titre de « Maître Zen » (Rōshi). Fait citoyen japonais en 1948, il adopte alors le nom de Makibi Enomiya.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune Hugo entre dans la Compagnie de Jésus le . À la fin de la formation spirituelle et académique, durant laquelle il s’intéresse particulièrement aux mystiques médiévaux chrétiens, il est ordonné prêtre le . Deux ans plus tard, en 1929, il part comme missionnaire au Japon où bientôt il s’intéresse au bouddhisme et à ses coutumes religieuses. Il est vicaire de la paroisse d'Hiroshima et y conduit en 1943 sa première session de zen.

Le , la ville d'Hiroshima est détruite par une bombe atomique. Le père Lassalle est blessé et est rapatrié en Allemagne pour y être traité. Reçu en audience par le pape Pie XII en , il lui révèle son projet de construire à Hiroshima un sanctuaire-mémorial dédié à la paix dans le monde L’architecte japonais Tōgo Murano en dessine les plans. Commencée en 1950, la « cathédrale-mémorial pour la paix mondiale » est consacrée le .

En 1956, Enomiya-Lassalle se place sous la direction du maître Harada Daiun Sogaku pour une initiation approfondie au bouddhisme zen. Deux ans plus tard, en 1958, il publie son premier livre (Zen, a way to enlightenment) qui suscite quelques interrogations au Saint-Siège. L’heure n’est pas encore à l’ouverture aux religions orientales.

À la mort de Harada en 1961, Enomiya-Lassalle devient disciple d’un proche de Harada, Yamada Koun. Ce dernier est très ouvert aux possibilités qu’offre le zen à la pratique chrétienne de méditation. Il affirme que le zen deviendra un jour un courant important de spiritualité chrétienne. L’ouverture aux religions non-chrétiennes du concile Vatican II (1962-1965) change l’atmosphère. Enomiya-Lassalle y participe lui-même comme conseiller-théologien de l’évêque d’Hiroshima. Fruit du concile le dialogue théologique et spirituel qu'il engage à Hiroshima avec des moines bouddhistes.

Grâce au soutien d'Enomiya-Lassalle, un nombre croissant de prêtres, religieux et religieuses s'ouvrent au zen. Vers la fin des années 1960, il reçoit son agrégation comme maître dans la secte Sanbō Kyōdan de Yamada, tout en continuant à professer et pratiquer ouvertement sa foi chrétienne. En , il fonde Shinmeitkutsu, un centre de méditation à Tokyo. Quatre fois l’an, jusqu’en 1986, il y dirige des retraites zen (sesshin) de sept jours. Mais il fait toujours une différence nette entre ces retraites zen et les Exercices spirituels suivant la méthode de Saint Ignace. Il est de plus en plus souvent invité en Europe pour y donner des « retraites Zen ». Il y encourage par ses conférences l’interaction entre spiritualités orientale et occidentale.

En 1985, il propose à Ama Samy, prêtre jésuite indien et maître zen, comme lui, de l’accompagner dans sa tournée en européenne[1],[2].

A titre de reconnaissance pour son activité, la ville d'Hiroshima le nomme « citoyen d’honneur ».

Des raisons de santé le contraignent à quitter le Japon en 1987. Il meurt à Münster (Allemagne) le .

Écrits[modifier | modifier le code]

  • (de) Zen Buddhismus, Köln, 1966.
  • Méditation zen et prière chrétienne, Paris, Cerf, 1973.
  • (de) Zazen und die Exerzitien des heiligen Ignatius. Einübun in das wahre Dasein, Köln, 1975.
  • (de) Zen, Weg zur Erleuchtung. Hilfe zum Verständnis. Einführung in die Meditation, Wien, 1976.
  • La Méditation comme voie vers l’expérience de Dieu, Paris, Cerf, 1982.
  • (de) Zen und christliche Mystik. Freiburg i.Br., 1986.
  • (de) Der Versenkungsweg. Zen-Meditation und christliche Mystik, Freiburg i.Br. 1992.
  • (de) Kraft aus dem Schweigen. Einübung in die Zen-Meditation, Zürich, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Ursula Baatz, Erleuchtung trifft Auferstehung, Zen-Buddhismus und Christentum ; eine Orientierung (L’illumination rencontre la Résurrection : Bouddhisme zen et christianisme ; une orientation), 2009, pp.185-195.
  2. (en) Ama Samy , Zen: Awakening to Your Original Face.,2005, pp. 26–33.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]