Shaku Soyen

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Shaku Soyen est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Shaku, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).
Shaku Soyen
釈 宗演
Description de l'image Soyen Shaku.jpg.
Naissance
Drapeau du Japon Fukui, Japon
Décès
Drapeau du Japon Kamakura, Japon
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Profession
Prêtre
Formation

Shaku Soyen (釈 宗演?, écrit en japonais moderne Shaku Sōen ou Kōgaku Shaku Sōen), né le à Kanagawa au Japon et décédé à l'âge de 59 ans le à Kamakura, est un prêtre japonais qui fut le premier maître bouddhiste zen à enseigner aux États-Unis. Maître zen de l'école Rinzai et abbé du Kenchō-ji et de l'Engaku-ji à Kamakura, Shaku est un disciple d'Imakita Kosen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant sa jeunesse, son maître Kosen et d'autres le reconnaissent comme naturellement intelligent. Après avoir étudié trois ans à l'université Keiō[1], il reçoit la transmission de dharma de Kosen à l'âge de 25 ans et est ensuite nommé responsable de l'enseignement religieux au bureau d'éducation, ainsi que patriarche de l'Engaku-ji de Kamakura[2]. En 1887, Soyen voyage à Ceylan pour étudier la langue Pali et le bouddhisme theravāda et vit une vie errante de bhikkhu pendant trois ans[2]. À son retour au Japon en 1890, il enseigne au zendō de Nagata. En 1892, après la mort de Kosen, Soyen devient le maître zen de l'Engaku-ji[3].

En 1893, Soyen fait partie de la délégation japonaise de quatre bonzes et de deux laïques qui participe au parlement des religions de Chicago organisé par John Henry Barrows (en) et Paul Carus. Soyen représente le le zen Rinzai, les cinq autres le Jōdo Shinshū, le Nichiren, le Tendai et d'autres écoles ésotériques[4]. Il prépare un discours au Japon qui est traduit en anglais par son étudiant (alors jeune et inconnu) Daisetz Teitaro Suzuki, et qui serat lu durant la conférence par Barrows. Le sujet en est la « loi de cause et effet, telle qu'enseignée par le Bouddha ». Par la suite, Soyen livre une « médiation pour éviter la guerre »[5].

Il rencontre durant la conférence Paul Carus, éditeur à LaSalle dans l'Illinois. Avant le retour de Soyen au Japon, Carus lui demande d'envoyer aux États-Unis une personne connaissant le bouddhisme zen et capable de s'exprimer en anglais. Soyen demande alors à son élève Daisetz Teitaro Suzuki de se rendre aux États-Unis, où il deviendra le principal enseignant du bouddhisme zen en Occident et sera traducteur pour la maison d'édition de Carus[6].

Soyen sert ensuite comme aumônier militaire de l'armée japonaise durant la guerre russo-japonaise. En 1904, l'écrivain russe Léon Tolstoï demande à Soyen de dénoncer la guerre avec lui, mais ce dernier refuse, déclarant que « ... parfois le meurtre et la guerre sont nécessaires pour défendre les valeurs et l'harmonie d'une pays, d'une race ou d'individus innocents ». Après le conflit, Soyen attribue la victoire du Japon à sa culture samouraï.

En 1905, Soyen Shaku retourne en Amérique sur invitation de Mr. et Mrs. Alexandre Russell. Il séjourne neuf mois dans leur résidence de San Francisco et enseigne le zen à la famille entière. Mrs. Russell est la première Américaine à étudier les kōans. Peu de temps après son arrivée, il est rejoint par son élève Nyogen Senzaki (en)[7]. Durant ce séjour, il donne également des conférences en Californie, dont quelques-unes à des immigrants japonais; certaines conférences seront traduites en anglais par Daisetz Teitaro Suzuki[8]. Après un voyage en train à travers les États-Unis en mars 1906, il discute du bouddhisme mahāyāna tel que Suzuki l'a présenté, avant de revenir au Japon via l'Europe, l'Inde et le Ceylan[9].

Soyen Shaku meurt le à Kamakura.

Héritiers de dharma[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Ishmael Ford, Zen Master Who?, Wisdom Publications, (ISBN 0-86171-509-8), p. 62
  2. a et b Fields 1992, pg. 110
  3. Fields 1992, pg. 111
  4. Fields 1992, pg. 124
  5. Fields 1992, p. 126-7
  6. Fields 1992, pg. 128
  7. Fields 1992, p. 168-170
  8. Fields 1992, pg. 172
  9. Fields 1992, p. 172-4
  10. Ningen Zen Home

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rick Fields, How the swans came to the lake : a narrative history of Buddhism in America, Boston, Mass, Shambhala Publications, (ISBN 0-87773-631-6)
  • Mohr, Michel. The Use of Traps and Snares: Shaku Sōen Revisited (2010). In Zen Masters, eds. Steven Heine, and Dale Stuart Wright, 183–216. Oxford University Press. (ISBN 978-0-19-536764-5)
  • (en) Brian Victoria, Zen at War : :en:Zen at War, Weatherhill, (ISBN 0-8348-0405-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]