Salon des réalités nouvelles

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Salon des réalités nouvelles
Vue du Salon des réalités nouvelles au parc floral de Paris en 2011.
Vue du Salon des réalités nouvelles au parc floral de Paris en 2011.
Type abstraction
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris, musée d'art moderne de la ville de Paris, puis Grand Palais, puis parc floral de Paris.
Date de la première édition 1946
Site web [1]

Le Salon des réalités nouvelles est le Salon de l'abstraction, il est animé par les artistes eux-mêmes réunis en une « Association Réalités Nouvelles ». Le Salon a lieu tous les ans depuis 1946 à Paris. Il se donne pour objectif la promotion des œuvres d'art communément appelés art concret, art non-figuratif ou art abstrait.

Le Salon a été fondé en 1946 par l'amateur d'art Fredo Sidés et les artistes Sonia Delaunay, Nelly van Doesburg, Auguste Herbin, Felix Del Marle, Jean Arp, Pevsner[1]. Relayé par des critiques passionnées, Michel Ragon, Michel Seuphor ou Pierre Descargues le Salon connait un rapide succès qui présente aussi bien l'art géométrique, concret à travers des artistes comme Jean Dewasne ou Victor Vasarely, que des artistes non-figuratif comme Pierre Soulages, Georges Mathieu, Vieira da Silva, ou Robert Motherwell.

À partir de 1956, toutes les tendances de l'abstraction y sont représentées jusqu'aux formes de figurations allusives. C'est l'un des principaux Salons fonctionnant depuis la Libération. Il a lieu tous les ans au mois d'octobre à Paris depuis 2013.

L'expression « réalités nouvelles » serait née sous la plume de Guillaume Apollinaire en 1912 pour désigner l'abstraction [2]. Une autre hypothèse avancée par Jean-Louis Ferrier est que « réalités nouvelles » est un dérivé de l'expression de Robert Delaunay lui-même qui disait « avoir créé la forme exprimant le mieux notre Réalité Moderne[3]. »

Les lieux d'exposition du Salon à Paris ont été successivement le musée d'art moderne de la ville de Paris (1946-1969), le Parc floral de Vincennes (1971-1978), le musée du Luxembourg (1979), le Centre d'art de la rue du Louvre (1980-1981), l'espace de Nesle, Paris 6e (1982-1983), le Grand Palais (1984-1993), l'espace Eiffel-Branly (1994-2000), l'espace Auteuil (2001-2003), le parc floral de Paris (depuis 2004).

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Dans les années 1938-1939, Robert Delaunay réunit régulièrement dans son atelier un nombre de jeunes gens intéressés par sa peinture et ses théories. Les réunions ont lieu tous les jeudis. Aux étudiants, se joignent rapidement les amis des Delaunay, peintres et écrivains : Albert Gleizes, André Lhote, Theo van Doesbourg et Nelly van Doesbourg, Joseph Lacasse, et de nombreux autres[4]. Dans ses Écrits sur l'art, Robert Delaunay présente ainsi ces séances : « Nous traçons les péripéties par lesquelles j'ai passé, du premier cubisme analytique et conformiste, au cubisme plus abstrait où les contrastes des couleurs jouent par le développement déjà[5]. »

En juin-juillet 1939, Fredo Sidés, le critique Yvanoé Rambosson, Robert et Sonia Delaunay organisent une exposition Réalités Nouvelles à la galerie Charpentier[6] avec Nelly van Doesburg[note 1] qui assurera le secrétariat du Salon en 1946[7]. L'exposition de 1939 réunissait tous les artistes « inobjectifs », selon la définition de Robert Delaunay. En 1938, Robert et Sonia Delaunay participent au Salon des Tuileries, où ils présentent une série de grandes toiles intitulées Rythmes et qui sont données et aujourd'hui présentées au musée d'art moderne de la ville de Paris au nom de Réalités Nouvelles, l'année suivante[8].

Les années 1950[modifier | modifier le code]

Couverture du 1er catalogue du Salon des réalités nouvelles, Paris, 1946. Archives Réalités Nouvelles/IMEC.

En 1946, la première édition de ce Salon est organisée à l'initiative de Sonia Delaunay[9], Jean Dewasne, Jean Arp, Nelly Van Doesburg et Fredo Sidès dans le but de promouvoir l'art abstrait[10]. Devenu une association Réalités Nouvelles se substitue à l'association Abstraction-Création en organisant le salon de l'abstraction marquant selon Sonia Delaunay « la fin du rackett (sic) des surréalistes[11]. »

« …fondé par le marchand d’art et collectionneur Fredo Sidès, (…),le salon de 1946 est le prolongement de l’exposition éponyme de 1939 à la galerie Charpentier dont il se veut la renaissance et la réplique[12]. »

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La première édition présentait 84 artistes, et l'édition de 1951, 212 artistes ; cependant des artistes refusent d'y participer ou sont refusés. Malgré ses difficultés matérielles, Nicolas de Staël refuse de participer à la première exposition du Salon des réalités nouvelles parce que la progression de sa peinture le conduit à s'écarter de l'abstraction la plus stricte[10]. En 1955, le monochrome d'Yves Klein est refusé[13].

De 1947 à 1951, le secrétariat du Salon est sous la responsabilité du peintre Felix del Marle[14]. De 1952 à 1954, le peintre Henri Olive-Tamari était le secrétaire général du Salon[15]. Il en démissionnait en 1955, à la suite de son exposition chez Bernheim-jeune et sa rupture avec Michel Ragon. En 1955, le secrétariat revient à Robert Fontené[16].

En 1948, Auguste Herbin publie le manifeste du Salon des réalités nouvelles, où il le définit selon trois critères : abstrait, non-figuratif, non-objectif.

En 1950, à la suite de la campagne de Charles Estienne contre l'art géométrique, le Salon est critiqué. Après la mort de Fredo Sidés puis de Felix del Marle en 1953, et la démission de la présidence d'Auguste Herbin en 1956, Robert Fontené est nommé président. Il refonde le Salon en changeant les statuts de l'association. Le Salon prend le nom de réalités nouvelles-nouvelles réalités. En 1960, il reprend le nom de Salon des réalités nouvelles[17].

Les Cahiers des Réalités Nouvelles des années 1950. Archives Réalités Nouvelles/IMEC.

Depuis 1984[modifier | modifier le code]

Remis en question dans les années 1970, le Salon se transforme sous la présidence de Jacques Busse à partir de 1984. Les statuts sont rénovés et refondés. Le Salon se veut dédié à « la permanence de l'abstraction », avec des artistes comme Olivier Debré, Aurélie Nemours, Caroline Lee, Louis Nallard, Maria Manton, Louttre.B, Chafik Abboud… qui y participent régulièrement.

En 2006, sous la présidence Michel Gemigniani, le salon fête ses soixante ans.

Depuis 2008, sous la présidence de Olivier di Pizio, l'Association réalités nouvelles et le Salon organisent sa communauté numérique et des Réalités nouvelles hors-les-murs (Belgrade, Pékin…)[18].

Exposition réalités nouvelles hors les murs au Guoyi Art Museum à Beijing (Chine) en 2014.

Domitille d'Orgeval donne un historique plus détaillée sur l'histoire du Salon des réalités nouvelles de 1946 à 1956[19]. Le blog Les cahiers des RN donne également un historique succinct [20].

Modalités de participation[modifier | modifier le code]

Chaque candidat au salon est choisi par un jury sur présentation d'œuvres ou de photographies d'œuvres abstraites qu'elles soient allusives, conceptuelles, concrètes, géométriques, gestuelles, haptiques, lyriques, nominalistes, etc.[21]

Ces dernières années, entre 350 à 400 artistes sont sélectionnés au Salon (environ 250 peintres, 90 sculpteurs, 30 graveurs, ainsi que des dessinateurs et des photographes).

Les peintres et les sculpteurs exposent une œuvre, les graveurs en présentent deux ou trois[22].

Organisation de l'association[modifier | modifier le code]

Le bureau de l'association [23] est composé d'un comité d'honneur composé de Paul-Henri Friquet, Michel Gemignani, Guy Lanoë, Louis Nallard,Mohamed Aksouh, dont le président est Olivier Di Pizio, le secrétaire général, Chantal Mathieu, et le trésorier, Christian Martinache.

En 2014, son comité est composé de David Apikian, Jean-Pierre Bertozzi, Roger Bensasson, Joël Besse, Bernard Blaise, Jeanne Charton, Sandrine Coignard, Anne Commet, Christophe Cusson, Olivier di Pizio, Diane De Cicco, Robert Delafosse, Michel-Jean Dupierris, Remi Favier, Laurence Garnesson, Héloise Guyard, Jean-François Guzranyi, Jenny Hollocou, Vanina Lange, Erik Levesque Pascal Mahou, Christian Martinache, Chantal Mathieu, Pierre Michelot, Célia Middlemiss, Jean Navahl, Roland Orépük, Paola Palmero, Jacques Rieu, Paul Samsovici, Jun Sato, Satoru Sato, André Stempfel, Bogumilla Strojna, Thierry Thomen, Joël Trolliet, Richard Van der Aa. Domitille d’Orgeval en est l'archiviste[24].

Artistes ayant exposé au Salon[modifier | modifier le code]

Les catalogues du Salon des réalités nouvelles de 1960 à 2006.

Liste constituée d'après les catalogues des réalités nouvelles de 1939 à aujourd'hui déposés à L'IMEC[25] .

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Archives[modifier | modifier le code]

Une des particularités du Salon des réalités nouvelles est d'avoir toujours organisé ses archives constituées de lettres, de questionnaires, de catalogues et de nombreux documents photographiques concernant les dix mille (environ) artistes et leurs œuvres qui y ont participé, les relations avec les conservateurs de musée de 1939 à aujourd'hui. Cette vaste documentation est aujourd'hui déposée à l'IMEC à Caen[30]. Les archives des réalités nouvelles contiennent également les archives de la FAAP, (la Fédération des Associations des Arts graphiques et Plastiques assurant la liaison avec les pouvoirs publics) dont Jacques Busse était le secrétaire et l'archiviste. Président de l'Association Réalités Nouvelles, Jacques Busse y déposa les archives de la FAAP.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. pianiste née à La Haye en 1899, morte à Meudon en 1975, elle était l'épouse de Theo van Doesburg, elle a participé à l'expérience Dadaiste.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Domitille d'Orgeval, « Origines 1946-1970 », in Artension no 14, L'abstraction Aujourd'hui, hors série, Paris, 2014, p. 68-69.
  2. René Massat, Catalogue Réalités Nouvelles 1953, p. 3 : « Apollinaire, dès 1912, pour définir les créations de cet art, proposa le nom de Réalités Nouvelles “puisqu'elles sont autant qu'il est possible, en dehors et à côté des aspects du monde”. » ([PDF] realitesnouvelles.org).
  3. Jean-Louis Ferrier, Yann Le Pichon (1988), p. 131.
  4. Pierre Francastel(1958), p. 213
  5. Pierre Francastel(1958), p.216
  6. Domitille d'Orgeval, Salon des Réalités Nouvelles : les années décisives, de ses origines (1939) à son avènement (1946-1948), thèse sous la direction de Serge Lemoine, Université Paris IV-Sorbonne, 2007.
  7. Jacques Damase, (1991), p. 172
  8. http://www.mam.paris.fr/fr/oeuvre/rythme-n°1
  9. Georges Le Rider et al. (1977), p. 19
  10. a et b Journal des années Staël du 29 avril 1947 cité par Ameline et al. (2003), p. 41 Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « APA03-41 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  11. Jacques Damase, Sonia Delaunay (1978), p. 120
  12. fondation du salon des réalités nouvelles
  13. http://www.universalis.fr/encyclopedie/yves-klein/1-faux-depart-et-vrais-debuts/
  14. Chaiers des Réalités Nouvelles, no 1 1947, Imprimerie Wols, Paris
  15. Cahiers des Réalités Nouvelles, n°6,7 et 8, Imprimerie Höfer, Paris
  16. Cahiers des Réalités Nouvelles, no 9, Imprimerie Höfer, Paris.
  17. Domitille d'Orgeval, « Origines 1946-1970 », in Artension, no 14, L'abstraction aujourd'hui, hors série, Paris, 2014, p. 68-69.
  18. Erik Levesque et Françoise Monnin, « Fin de siècle 1970-2000 », in Artension, no 14, hors série, Paris, 2014, p. 72-73.
  19. lire le document.
  20. lire l'historique de L'IMEC
  21. « L'abstraction aujourd'hui », in Artension, no 14, 2014, p. 36 à 41.
  22. realitesnouvelles.org.
  23. http://www.realitesnouvelles.org/association/bureau.php
  24. realitesnouvelles.org.
  25. La présente liste est issue des catalogues édités chaque année depuis 1947 et déposés à 'IMEC (Caen/Paris), à la bibliothèque Kandinsky de Beaubourg, au musée d'art moderne de la ville de Paris, au musée de Grenoble et au musée des beaux-arts de Nantes, où ils sont consultables par le public. Ils comportent tous un ISBN depuis le milieu des années 1970.
  26. En 1956, le Salon prend alors le nom de « Réalités Nouvelles-Nouvelles Réalités », les statuts sont modifiés. Les membres de CoBrA sont invités à exposer.
  27. Collectif Villefranche, Armand Avril, itinéraire, peintures et assemblages, Villefranche-sur-Saône, Musée Dini et Association des amis d'Armand Avril,‎ , 140 p., p. 126.
  28. Who's Who de France
  29. Johannes Gachnang (1998), p. 226
  30. http://realitesnouvelles.blogspot.fr/2011/12/les-archives-des-rn-sont-limec.html

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]