Voie romaine Bordeaux-Astorga

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Voies romaines en Hispanie. La voie Burdigala-Asturica se trouve au nord.

La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne, dans l'actuelle province de Leon). Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication antique est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin. Elle est repérable par des prospections aériennes et sur le terrain.

Traversée des Landes[modifier | modifier le code]

Voie principale[modifier | modifier le code]

Selon Bénédicte Boyrie-Fénié[1] la voie passait, du sud vers le nord, aux lieux-dits actuels de Lavio (commune de Saint-Paul-lès-Dax) et Gouadet (commune de Gourbera). Elle suivait ensuite les limites communales rectilignes qui séparent Laluque de Taller et Rion de Lesperon. Ce premier tronçon aboutissait à Sindères dont la distance de Dax correspond exactement aux mentions d'Antonin (XVI lieues, soit 35,5 km). La voie continuait ensuite en ligne droite vers le nord en passant par le lieu-dit Berroute (commune de Lüe) puis par le quartier Harriaou (commune d'Ychoux). Elle rejoignait ensuite le lieu-dit Taraouène (commune de Muret) pour arriver à Salles d'où elle rejoignait Bordeaux.

Voie littorale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voie romaine littorale.

La partie landaise de la voie est appelée voie romaine littorale. Des photographies aériennes du département des Landes permettent de retrouver l'emplacement de la voie, les anomalies de teintes rendant la voie visible, surtout dans les coupes rases où l’on repère son tracé rectiligne. La prospection sur le terrain montre que la voie, sur cette portion, est installée sur une zone surélevée d’une largeur d’environ 20 m. Elle est constituée par un tassement bombé et de deux fossés extérieurs souvent comblés et à peine visibles.

Une des étapes landaises de cette voie est la station antique de Ségosa, située sur l’emplacement actuel de Saint-Paul-en-Born.

Un réseau de chemins primitifs existait déjà pendant la Protohistoire comme celui qui reliait entre elles les petites agglomérations du Bassin d’Arcachon au Sud du Pays de Born. Le conquérant romain transforma et structura ces pistes en grands axes de communication.

On ne dispose que de données restreintes sur le tracé des chemins landais antérieurs à la conquête romaine. Comme souvent, ces itinéraires primitifs d’origine protohistorique évitaient soigneusement les régions marécageuses et le franchissement des cours d’eau. Un premier ensemble de sentiers, étroitement lié aux impératifs économiques (transhumance et négoce notamment) s’est donc constitué.

Plus tard, lors de la conquête romaine, une des préoccupations du conquérant est de doter les nouveaux territoires d’un réseau routier cohérent et pratique pour permettre les déplacements rapides des légions jusque dans les contrées les plus reculées et faciliter la circulation des marchandises et des hommes.

Traversée du Pays basque[modifier | modifier le code]

L'Itinéraire d'Antonin mentionne entre Aquae Tarbellicae (Dax) et Pompaelo (Pampelune), les stations de Carasa (Garris ou Ostabat ?), Imus Pyrenaeus (Ugange, sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, ou Saint-Jean-le-Vieux ?), Summus Pyrenaeus (col de Roncevaux, col de Lepoeder, ou encore Campaita ?) et Iturissa (Aurizberri, au lieu-dit Alteabalsa, municipalité de Erro).

Dans sa traversée du Pays basque, la voie passait par les actuels bourgs, hameaux, lieux-dits et cols suivants (du nord au sud) : Harambeltz, Ostabat, Asme, Larceveau, Gamarthe, Lacarre, Iriberry, Saint-Jean-le-Vieux, Saint-Jean-Pied-de-Port, Hontto, Château-Pignon, la croix Thibaud, la brèche de Leizar Ateka, Loibeltx, le col de Bentarte, les ruines d'Elizaxarra, le col de Lepoeder (point culminant de la voie), le col d'Ibañeta (ou col de Roncevaux), Roncevaux, Espinal, Bizkarreta Gerendiain, Lintzoain, le col d'Erro, Zubiri, Pampelune, etc. Entre Hontto et Roncevaux aucune indication sur le terrain ne donne le nom des endroits traversés. Plusieurs cartes détaillées et la littérature spécialisée (voir bibliographie) sont nécessaires pour glaner ces toponymes.

Sur plusieurs segments de son tracé la voie romaine est parcourue par le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui est balisé et porte le nom de Camino navarro. Dans sa traversée de la montagne, plusieurs segments de la voie ne sont pas goudronnés, le plus long étant celui qui quitte la D 423 à la croix Thibaud, passe par la brèche de Leizar Ateka, Loibeltx, le col de Bentarte, les ruines d'Elizaxarra et le col de Lepoeder où de nouveau une route goudronnée la côtoie jusqu'au col d'Ibañeta (col de Roncevaux) et Roncevaux. Le col de Lepoeder, point culminant de la voie (1 429 m d'altitude selon les données IGN), est surplombé à l'est par une butte qui offre une vue plongeante sur Roncevaux, bourg situé sur le tracé antique.

Recherches[modifier | modifier le code]

Un programme international appelé De Hispania in Aquitaniam : itinéraires et chemins d'Espagne et d'Aquitaine sous l'Empire romain est mené par l'Institut Ausonius (UMR-5607) de l'Université de Bordeaux III.

Musées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Secteur Pays basque[modifier | modifier le code]

  • Louis de Buffières, L'itinéraire d'Antonin : Étude sur la localisation des stations de Summus Pyrenaeus, Imus Pyrenaeus et Carasa, Bulletin du Musée Basque, 2e semestre 2003, no 162
  • Louis de Buffières et Jean-Michel Desbordes, De la voie romaine au chemin de Saint-Jacques : Le franchissement du port de Cize, Société d'Études basques, 2006, (ISBN 2-910023-80-X)

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]