Ténarèze

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La Ténarèze (parfois orthographiée Ténarèse) est une voie préhistorique du Sud-Ouest de la France qui permettait de joindre Bordeaux et l’océan Atlantique aux Pyrénées centrales. Chemin de transhumance, cette route permettait de circuler sans franchir ni pont ni gué. Elle suit la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Garonne et le bassin de l'Adour.

Itinéraire[modifier | modifier le code]

Son tracé parcourt les départements actuels de la Gironde, des Landes, du Gers et des Hautes-Pyrénées. Elle rejoignait l’Espagne par la Vallée d'Aure, puis la vallée de Tramezaïgues et les ports du Plan ou d’Ourdissétou. La Ténarèze constitua pendant des siècles une des grandes routes transfrontalières. Selon une étude de Léopold Médan, le Robinson Crusoé de Daniel Defoe emprunta la dernière partie de cette route pour passer d’Espagne en France[1],[2].

Etymologie[modifier | modifier le code]

La Ténarèze, utilisée et renforcée par les Romains, tirerait son nom, selon l’érudit Paul Labrouche (1858-1921), du bas latin Iter Cesarum, ou « route de César (ou des Césars) », nom qu’on lui donne parfois[3],[4],[5]. Elle a laissé de nombreux toponymes, dont la région principale qu’elle traversait, la Ténarèze viticole, une des trois composantes géographiques de la zone de production de l’armagnac.

Transhumance[modifier | modifier le code]

En tant que voie de transhumance, La Ténarèze qui n’avait ni gué difficile à franchir, ni pont, synonyme de péage[6] permettait, au printemps, aux troupeaux de moutons de monter aux estives des hautes vallées bigourdanes de la Vallée d'Aure puis d'en redescendre à l'automne pour gagner des pâturages moins exposés à la froidure hivernale. Revenus au pacage en plaine, les troupeaux y étaient bienvenus accomplissant commodément le sarclage et la fumure des terres. Les prix des pacages baissant en fonction de la distance avec les bergeries, on pouvait alors voir des troupeaux pyrénéens sur les bords de Garonne, entre Bordeaux et Agen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léopold Médan, « Une traversée des Pyrénées à la fin du XVIIe siècle : Robinson en Gascogne », in Revue de Gascogne, 1910, p. 385-419.
  2. L'hypothèse est reprise par Joseph Ribas dans Robinson Crusoé dans les Pyrénées, Toulouse, Loubatières, 1995.
  3. Paul Labrouche, « La grand'route centrale des Pyrénées, le port de La Ténarèse », in Bulletin de géographie historique et descriptive, no 1, 1897.
  4. Sur cette étymologie, l'abbé Barrère a écrit « M. Villeneuve de Bargemont, dans sa savante dissertation sur les Sotiates, fait dériver le mot Ténarèse de iter Cœsaris. Ainsi l'ont écrit après lui M. Samazeuilh, le baron de Crazannes et quelques autres. Nous l'avons écrit après eux, sans nous arrêter à cette origine plus ou moins vraie. M. Magen l'a contestée sans trop s'y arrêter non plus. Une fois pour toutes, nous déclarons que nous avons très peu de penchant pour les étymologies ; et pour nous justifier de cette sorte d'aversion, nous n'avons qu'à nous rappeler toutes les aberrations, toutes les opinions contradictoires émises sur l'origine des mots Agen, Nérac, et quelques autres » (Abbé Barrère, Histoire Religieuse et Monumentale de la Gascogne, tome II, p. 435, Librairie Chairou, Agen, 1856).
  5. Lucien Massip, Toponymie agenaise : essai sur l'origine et la signification des noms de lieux de l'Agenais, p. 54, Revue de l'Agenais, 1926, tome 53 (lire en ligne)
  6. P. Deffontaines, La Moyenne Garonne, p. 409.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Deffontaines, La Moyenne Garonne, Agenais, Bas-Quercy, Lille, 1932 ; rééd. Quesseveur, Agen, 1978
  • Ch. Bastard, La Ténarèze, voie préhistorique, p. 431-440, Revue de l'Agenais, année 1923, tome 50 (lire en ligne)