Borne milliaire de la Calanque

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Borne milliaire de la Calanque
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Présentation
Destination initiale
Borne milliaire
Style
Posée sous l'empereur Auguste
Construction
Propriétaire
Personne privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
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La borne milliaire de la Calanque, parfois dite d'Aureille ou peut-être anciennement le Long Terme[1], est une borne milliaire romaine dédicacée à l'empereur Auguste, en l'an av. J.-C., installée au bord de la Via Julia Augusta, sur la commune d'Aureille, à sa frontière avec Saint-Martin-de-Crau, en France. Elle signale le quatrième mille après Mouriès vers Aix[2].

Description[modifier | modifier le code]

La borne fait 0,59 m de diamètre[3], et est brisée en deux parties.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le milliaire était dernièrement au nord-ouest du mas d'Archimbaud-en-Crau, à la frontière de la commune d'Aureille (cad. AZ 13) avec celle de Saint-Martin-de-Crau. Cette section de voie antique, dans l'axe de la D 17 traversant Mouriès vers Salon-de-Provence, est très probablement la via Aurelia[4], et serait aujourd'hui impraticable dans sa continuité[5].

Peut-être déplacée avant le XIXe siècle non loin de son lieu de découverte, pour être rapprochée du tracé de la voie, la borne est toutefois considérée comme in situ par plusieurs auteurs[6].

Suite aux fouilles de 1998, les fragments sont en cours de remontage[réf. nécessaire] par Michel Poguet[7]. La pierre ne serait donc pas visible, bien que l'emplacement soit accessible au public par un chemin de servitude.

Anciennes localisations, déplacements, dégagements et fouilles[modifier | modifier le code]

La localisation précise de la borne, d'après les mentions textuelles du XVIIe au XIXe siècles, reste relativement incertaine et floue[8]. Par ailleurs, les bornes de cette voie seraient mentionnées dans une enquête de 1268[9].

Selon Antoine Héron de Villefosse[10], en 1882, « cette pierre a été trouvée sur le bord de la Calanque, à 630 pas environ après avoir dépassé le chemin qui va de la Calanque au mas de Tomanque, à gauche en se dirigeant vers Archimbaud, enfoncée dans la levée d'un fossé, au milieu d'un terrain marécageux ». Soit « près du bois d'Aureille », selon Nicolas Bergier en 1662, que Pierre Véran localisait, au début du XIXe siècle, « dans les environs de ce que l'on appelle aujourd'hui la Tapie-d'Eyguières[11] ».

Fernand Benoit note que le milliaire a été dégagé en 1934[12], mais certaines parties toujours enfouies ont nécessité un chantier de fouilles dans les années 1990.

À Saint-Martin-de-Crau, puis à Aureille[modifier | modifier le code]

Dans leur article de 1993, Jean-Pierre Pelletier[13] et Michel Poguet[14] avaient repris l'ancienne localisation à Saint-Martin-de-Crau[15], semble-t-il proposée au XVIIe siècle dans un manuscrit de Peiresc[16], en tout cas encore indiquée dans le CIL en 1986. Mais, en 1999, Poguet signale dans plusieurs publications l'attachement administratif de la borne à la commune d'Aureille. Celui-ci sera entériné en 2006 par le conservatoire.

L'inscription latine[modifier | modifier le code]

Transcription du texte[modifier | modifier le code]

D'après Antoine Héron de Villefosse et Henri Thédenat. Cf. le fragment fouillé en 1998 par « Michel Poguet ».

pater.patriae
imp.caesar.divi.f
augustus.pontifex
max/mus.cos.XII
cos.designatus.XIII
//p.XIIII.tribunit.potest <?> XX
IIII

Restitution[modifier | modifier le code]

D'après le Corpus Inscriptionum Latinarum, avec des révisions par Manfred Clauss.

Pater patriae
Imp(erator) Caesar divi f(ilius)
Augustus pontifex
max[u]mus(!) co(n)s(ul) XII
co(n)s(ul) designatus XIII
[im]p(erator) XIIII tribuni<c>(ia) potest(ate) XX[I]
(Tericiis milia passuum) IIII

Traduction[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Réplique de la borne du mas de Sabran (Maussane).

Ce milliaire de la via Aurelia, sur une section allant de Tarascon à Aix, signale le quatrième (IIII) mille depuis le sud de Mouriès (au lieu-dit la Figuière), marquant la frontière entre le territoire antique de la Crau d'Arles avec celui de Salon[17]. Dédicacé à Caesar Augustus, il a été posé en l'an av. J.-C. d'après la titulature inscrite sur la borne.

On note que plusieurs hésitations dans l'identification, et des doublons[18], ont été indiqués à propos des bornes de cette partie de la voie, sur le territoire antique de Salon (milliaires VI[19] - dit du Merle, aujourd'hui anépigraphe - et VII[20] - dit du Petit Merle), voire avec la borne du mas de Chabran à Maussane (milliaire XI[21] du territoire d'Arles). Ces trois dernières bornes étant aussi dédicacées à Auguste.

La borne est classée au titre des monuments historiques en 1945, sur la commune de Saint-Martin-de-Crau, puis, suivant les avis scientifiques et administratifs, la localisation est corrigée en 2006[22].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Isidore Gilles 1884, p. 69. Cf. Statistique, 1824, p. 1090. Mais Gerold Walser attribue cette dénomination au milliaire CIL, XVII-2, 64.
  2. Fernand Benoit dans La voie d'Italie en Espagne à l'époque d'Auguste sur le territoire d'Arles, p.146
  3. D'après Antoine Héron de Villefosse, repris par Otto Hirschfeld en 1888 dans CIL XII, 5482.
  4. Fabienne Gateau, Académie des inscriptions et belles-lettres, Carte archéologique de la Gaule 13-1 : L'Étang-de-Berre, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 1re éd., 384 p. (ISBN 978-2-87754-041-4), p. 316. (à propos de la localisation de la voie autour de Salon).
  5. Selon Gabriel Thiollier-Alexandrowicz, qui n'identifie pas cette voie de Maussane à Salon avec la via Aurelia (voir itineraires-romains-en-france).
  6. Comme Fernand Benoit, par exemple. Mais c'est à vérifier dans les volumes de la Carte archéologique de la Gaule et dans les conclusions de Michel Poguet.
  7. Selon via-aurelia.net, voir aussi les limages de la fouille, sur la base Mémoire, en lien externe.
  8. Mais c'est aussi à confirmer dans les volumes de la Carte archéologique de la Gaule et dans les conclusions de Michel Poguet.
  9. Isidore Gilles 1884, p. 69. Cf. (la) Du Cange, Glossarium mediae et infimae latinitatis, 6, nouv. éd. sous la dir. de Leopold Favre, Niort, L. Favre, 1886, s. v. « 3. Peironus », p. 248 (en ligne).
  10. Repris par Otto Hirschfeld en 1888 dans CIL XII, 5482. Cf. CIL XVII-2, p. 19.
  11. Probablement la « Tapie d'Aureille » de la Carte de Cassini, levée en 1778. Voir sur Géoportail (avec un décalage et peu lisible), la feuille 123 (Aix-en-Provence), ou plutôt sur la version de David Rumsey), où le texte est sans ambigüité.
  12. Fernand Benoit 1938, p. 146.
  13. Chercheur du Laboratoire d'archéologie médiévale méditerranéenne (Lamm) au CNRS.
  14. Chercheur associé du Lamm.
  15. Cf. Pelletier Poguet 1993, p. 189.
  16. Le manuscrit de la BnF, Lat. 8959 f. 18. Cf. CIL XVII-2, p. 19.
  17. Cf. Pelletier Poguet 1993, p. 192.
  18. Comme la borne CIL XII, 5481 = CIL XII, 5495 = CIL XVII-2, 61.
  19. CIL XVII-2, 61 : in situ.
  20. CIL XVII-2, 60 : au musée de Salon et de la Crau.
  21. CIL XVII-2, 64 : au musée d’archéologie méditerranéenne de Marseille.
  22. « Borne milliaire », notice no PA00081433, base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Carte archéologique
  • Marie-Pierre Rothé, Marc Heijmans, et al., Arles, Crau, Camargue, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 2008, p. 832 (Carte archéologique de la Gaule [Pré-inventaire archéologique], 13-5) (ISBN 2-87954-204-9) [CAG-13-05, 832].
  • Fabienne Gateau et Michel Gazenbeek, Académie des inscriptions et belles-lettres, Carte archéologique de la Gaule 13-2 : Les Alpilles et la Montagnette, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 1re éd., 384 p. (ISBN 978-2-87754-059-9), pp. 109-112. (« Aureille » par Michel Poguet) [CAG-13-02, p. 112].
Corpus
  • Corpus Inscriptionum Latinarum [17]. Miliaria Imperii Romani. Pars secunda, Miliaria provinciarum Narbonensis Galliarum Germaniarum, éd. par Gerold Walser, Berlin, New York, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1986, p. 19-20 inscription no 62 (en ligne) [= CIL XVII-2, 62]. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ingemar König (de), Die Meilensteine der Gallia Narbonensis : Studien zum Strassenwesen der Provincia Narbonensis, Bern, 1970, milliaire no 62 (Itinera romana : Beiträge zur Strabengeschichte des Römischen Reiches, 3) (ISSN 0075-2002) [= IR-03, 62].
  • Corpus Inscriptionum Latinarum [12]. Inscriptiones Galliae Narbonensis Latinae, éd. par Otto Hirschfeld, Berlin, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1888, inscription no 5482 p. 643 et add. p. 858 (ISBN 978-3-11-001389-4) (en ligne) [= CIL XII, 5482].
Études récentes
  • Michel Poguet, « Aureille. La borne milliaire de la Calanque », dans Bilan scientifique de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur 1998, Aix-en-Provence, DRAC-PACA, 1999, p. 82 (ISSN 1240-8662).
  • Michel Poguet, « La borne milliaire de la Calanque à Aureille (13) », dans Bulletin d’informations municipales de la ville d’Aureille [Aureille Infos], 9, janvier 1999, p. 8-9.
  • Jean-Pierre Pelletier, Michel Poguet, et al., « Des prospections à la fouille : recherches à Eyguières (B.-du-R.) », dans Revue archéologique de Narbonnaise, 26, 1993, p. 189 n. 19, 191, Fig. 15 et 21 (en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
Documentation ancienne
  • Fernand Benoit, « La voie d'Italie en Espagne à l'époque d'Auguste sur le territoire d'Arles », dans Revue des études anciennes, 40, Bordeaux, 1938, milliaire no 8 p. 146 (en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Isidore Gilles, « 7° De Pisavis à Tericias », dans Les voies romaines et massiliennes dans le département des Bouches-du-Rhône. Livre premier : Voies romaines, Avignon, Seguin, 1884, p. 65-70, et part. p. 68 (en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christophe de Villeneuve-Bargemon (dit comte de Villeneuve), Nicolas Toulouzan (dit Toulouzan de Saint-Martin), et al., Statistique du département des Bouches-du-Rhône, vol. II. Antiquités. Topographie administrative, Marseille, A. Ricard, 1824, p. 311, 365, 449 et surtout p. 1090 (OCLC 458344926) (en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]