Maria Antonietta Macciocchi

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Maria-Antonietta Macciocchi
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Fonctions
Députée européenne
-
Député de la République italienne
-
Biographie
Naissance
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Maria Antonietta MacciocchiVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Maria Antonietta Macciocchi (née le à Isola del Liri, dans la province de Frosinone, Latium, Italie et morte le à Rome, Italie) est une journaliste, écrivaine et femme politique italienne. Selon John Francis Lane, elle est « connue et admirée en tant que militante féministe et dissidente gauchiste sur le plan international et en particulier en France, où François Mitterrand lui décerna la légion d'honneur en 1992 »[1].

Maria Macciocchi adhère au Parti communiste italien (PCI) à l'âge de 20 ans. Élue députée communiste en 1968, elle s'éloigne du PCI et devient une maoïste convaincue au nom de l'anti-stalinisme. Son ouvrage De la Chine devient une référence pour les maoïstes européens. Elle quitte l'Italie et vient vivre à Paris où elle travaille au sein de l'université de Vincennes. En 1979, investie par le Parti radical italien, elle est élue au Parlement de Strasbourg et y rejoint le groupe socialiste. En parallèle à son activité de parlementaire elle travaille pour plusieurs journaux puis se consacre à l'écriture. En 1983, elle participe à l'émission télévisée Apostrophes consacrée à la Chine où une vive polémique l'oppose au sinologue Simon Leys, à l'issue du débat les ventes de son ouvrage Deux mille ans de bonheur s'effondrent. Passionnée par le pape Jean-Paul II, elle lui consacre un livre.

Elle décède à Rome à l'âge de 84 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Période du parti communiste italien[modifier | modifier le code]

Pietro Amendola (1918-2007) compagnon de Maria Antonietta Macciocchi à Naples.

Maria Antonietta Macciocchi, née dans une famille antifasciste de la bourgeoisie romaine, adhère au Parti communiste italien (PCI) – alors dans la clandestinité – en 1942, et participe à des actions de propagande avec la résistance durant la guerre[2]. En 1945, elle obtient un diplôme en lettres et philosophie à l'université « La Sapienza » de Rome.

Le parti envoie Macciocchi à Naples pour aider au recrutement d'adhérentes féminines. Elle y rencontre le dirigeant du Parti communiste Palmiro Togliatti, qui revient de Moscou. Elle est à l'époque la compagne de Pietro Amendola, le frère d'un chef important du parti communiste napolitain, Giorgio Amendola. Ils ne se marièrent jamais mais eurent une fille Giorgina. Maria Antonietta Macciocchi épousera plus tard Alberto Jacoviello, un journaliste de l'Unità[3].

De 1950 à 1956, elle dirige le magazine Noi Donne, organe officiel de l’organisation communiste féminine l'Union des femmes en Italie (UDI). En 1956, elle prend la direction de l’hebdomadaire Vie Nuove, organe du Parti communiste italien, qu’elle transforme en un véritable magazine, en confiant rubriques et articles à des auteurs qui ne sont pas toujours en accord avec la ligne du PCI, comme Pier Paolo Pasolini et Curzio Malaparte, lequel signa un des premiers reportages sur la Chine[4].

En 1961, elle laisse la direction de Vie Nuove pour devenir correspondante de L'Unità à Alger puis à Paris[5], et réalise des entretiens avec de nombreux dirigeants du monde communiste et de pays non alignés, comme Tito, Ahmed Ben Bella, Indira Gandhi et Nikita Khrouchtchev.

En 1968, elle est rappelée en Italie par L'Unità pour être candidate à la députation à Naples. Pendant la campagne, elle entretient une correspondance avec Louis Althusser, décrivant les conditions de vie pitoyables de la classe laborieuse ainsi que la mauvaise gestion des dirigeants locaux du parti. Son attitude critique envers le parti, exprimée dans ses Lettres de l'intérieur du parti publiées sous forme de livre en 1969, ainsi que son attitude enthousiaste à l’égard du communisme chinois vis-à-vis duquel le PCI adopte au contraire une attitude de défiance, la mettent en conflit avec le comité central[6].

Période maoïste[modifier | modifier le code]

Maria Antonietta Macciocchi fait un premier voyage en Chine en 1954, elle y rencontre Mao Zedong[7]. En 1971, de retour d’un deuxième voyage de trois semaines[8] effectué avec son mari, Alberto Jacoviello (chef des services étrangers du quotidien communiste italien l'Unita), pendant le dernier trimestre 1970 pour le compte de L'Unità, elle publie un livre de 570 pages, intitulé De la Chine, dans lequel elle fait l'éloge du « paradis socialiste » et de la révolution culturelle[9],[10], défendant le maoïsme au nom de l'antistalinisme[11]. Pour Maria Antonietta Macciocchi le parti communiste chinois n'a jamais été stalinien[12]. Elle rapporte avoir pu parcourir librement le pays et en interroger, par le truchement d'interprètes, des membres du Parti communiste, des soldats, des habitants, décrivant, entre autres choses, les médecins aux pieds nus, l'envoi à la campagne des cadres astreints au travail manuel, l'émancipation des femmes, la diminution ou disparition de la cellule familiale. Cependant, elle n'a pas approché les membres du Comité central du Parti communiste chinois ni les fonctionnaires influents et n'avait pas les moyens de prévoir l'éclatement de la révolution culturelle et la disparition du maréchal Lin Biao, pourtant désigné comme successeur de Mao Zedong[13]. Édité au sein de la collection « Combats » dirigée par Claude Durand au Seuil, l'ouvrage est un succès de librairie : l'épuisement d'un premier tirage de 4 000 exemplaires et la demande soutenue chez les libraires ouvrent la voie à une réimpression : en août, 9 000 exemplaires sont sortis des entrepôts. En novembre, les ventes quotidiennes se situent entre 500 et 700 exemplaires[14].

Le livre obtiendra une audience importante auprès des intellectuels parisiens séduits par le maoïsme, notamment de la revue littéraire d'avant-garde Tel Quel créée par Philippe Sollers : pour Hervé Serry, « De la Chine peut être considéré comme un événement politico-intellectuel qui contribue à l'installation de la ferveur des intellectuels pour le maoïsme et ses réalisations »[15]. Pour Philippe Sollers : « De la Chine représente aujourd’hui non seulement un admirable témoignage sur la Chine révolutionnaire, mais encore une source d’analyses théoriques qu’il serait illusoire de croire refoulées. De la Chine, c’est la puissance et la vérité du « nouveau » lui-même. »[7]. Pour le politologue Roger Lévy, « Mme Macciocchi pense et écrit en maoïste convaincue »[13].

L'ouvrage De la Chine sera interdit lors de la fête de l'Humanité en avril 1971[16]. En effet depuis la rupture sino-soviétique, le « maoïsme suscite la suspicion quand ce n’est pas l’hostilité déclarée » au sein du Parti communiste français[7].

Le Parti communiste italien lui reproche son « admiration inconditionnelle pour le communisme chinois »[17], Maria Antonietta Macciocchi ne recevra pas l’investiture de celui-ci pour les élections de 1972[18].

Exil à Paris[modifier | modifier le code]

Maria-Antonietta Macciocchi décide alors de quitter l'Italie et de s'installer à Paris. Elle est nommée assistante au département de sociologie de l'université de Vincennes de 1972 à 1980, où elle dirige des séminaires sur la pensée politique de Gramsci, le cinéaste Pier Paolo Pasolini, et les femmes (Fascismes et luttes des femmes et Marxisme et féminisme).

Elle est en butte, à Vincennes, à l'hostilité, aux insultes et aux menaces des étudiants maoïstes du groupe Foudre d'intervention culturelle dirigé par Bernard Sichère et parrainé par Alain Badiou. Devenue leur cible d'élection et accusée d'être elle-même fasciste, elle doit parfois être protégée par les étudiantes féministes, dont Claudine Monteil, et bénéficie du soutien de Simone de Beauvoir[19],[20].

En 1974, elle publie, sous le titre Pour Gramsci, un choix de textes gramsciens commentés, qui fait connaître aux intellectuels français le philosophe italien Antonio Gramsci et son interprétation non orthodoxe du marxisme. En Italie, le livre suscite la controverse au sein des communistes italiens où l'on tend à minorer le rôle du membre fondateur du parti[21].

En novembre 1976, Maria-Antonietta Macciocchi et plusieurs intellectuels, dont Philippe Sollers et Pierre Halbwachs, signent un texte, publié dans le journal Le Monde, critiquant la nouvelle ligne chinoise menée par Deng Xiaoping et soutenant Jiang Qing, veuve de Mao et chef de la Bande des Quatre, arrêtée dans la nuit du 6 au 7 octobre 1976[22].

En 1977, elle soutiendra un doctorat d’État en sciences politiques à la Sorbonne, avec Maurice Duverger comme président du jury.

Rupture définitive avec le PCI[modifier | modifier le code]

En 1977, Maria-Antonietta Macciocchi est un personnage de premier plan du monde intellectuel parisien, proche de philosophes, écrivains, poètes, professeurs d'université et journalistes tels que Sartre, Sollers, Althusser et Lacan et des mouvements étudiants contestataires.

Quand la police italienne réprime violemment le mouvement des Autonomes et le soulèvement étudiant de Bologne, et ferme Radio Alice (une des premières radios libres – « mao-dadaïste » ! – des années 1970), Maria-Antonietta Macciocchi mobilise les intellectuels français (parmi lesquels Roland Barthes, Claude Mauriac, Eugène Ionesco, Michel Foucault, Gilles Deleuze, Philippe Sollers, Jean-Paul Sartre, Châtelet, Félix Guattari, André Glucksmann, Georges Lapassade) en leur faisant signer un appel condamnant la répression et le « compromis historique » – alliance de fait entre la DC et le PCI. Macciocchi se rend même à Bologne où un grand rassemblement est organisé. C’en est trop pour le PCI et, en octobre de cette année, elle est exclue du parti[23] à la suite d’une réunion de cellule accusatoire de la section de Rione Trevi, dont elle dépend. Elle répliquera en publiant en 1978 Après Marx, avril.

Élection au Parlement européen[modifier | modifier le code]

Sa vaine polémique attire l'attention du chef du Parti radical italien, Marco Pannella, qui l’investit aux premières élections pour le Parlement européen. En 1979, elle est élue au Parlement de Strasbourg[24] et, comme membre de la Commission Justice, elle se battra pour l'abolition de la peine de mort. Elle adhère au groupe parlementaire de « coordination technique et de défense des groupes et députés indépendants » dont elle fera partie jusqu'en février 1982 ; puis rejoint le groupe socialiste. Au cours de sa mandature (du 28 septembre 1979 au 23 juillet 1984), elle fera aussi partie de la Commission d'enquête sur la condition de la femme en Europe[25]. Elle organise de nombreuses rencontres internationales d’intellectuels, parmi lesquelles les rencontres de Madrid et de Venise consacrées à l'espace culturel européen.

Polémique avec Simon Leys[modifier | modifier le code]

Autre polémique : lors de l'émission littéraire de Bernard Pivot Apostrophes, consacrée à la Chine en 1983[26], son livre Deux mille ans de bonheur est contredit en direct par un autre sinologue invité, Simon Leys[27], auteur du livre Les Habits neufs du président Mao, qui n'avait connu à sa sortie en 1971 qu'un accueil assez restreint[14]. Après avoir laissé cette dernière parler avec lyrisme de l'homme nouveau qui apparaissait en Chine, Simon Leys (qui avait vécu six mois à Pékin en 1972) répondit en fournissant plusieurs données factuelles suggérant qu'elle n'avait pas vérifié ses sources avant d'écrire son livre, qu'il estime être « d'une stupidité totale », sinon une « escroquerie »[28].

Simon Leys s'attache à ridiculiser deux thèses de Maria Antonietta Macciocchi. D'une part « Le peuple de Mao [était] une humanité sans péché ». De cet axiome découle « tout normalement des faits que Mme Macciocchi constate avec émerveillement : en Chine les ouvriers refusent des augmentations de salaires et estiment que des organisations syndicales sont superflues ; les paysans pratiquent la philosophie et la pensée de Mao fait pousser les cacahuètes ». D'autre part Macciocchi estime que le maoïsme est une rupture avec le stalinisme. Simon Leys, citant des textes de Mao Zedong, démontre que les Chinois continuent de louer Staline et d'appliquer ses méthodes mais qu'ils le dépassent dans certains domaines[17].

Bernard Pivot précise à propos de cette émission que Maria-Antonietta Macciocchi était un de ces intellectuels occidentaux qui après « quinze jours  » de voyage ramenait un livre de cinq cents pages pour vanter les mérites du régime communiste chinois mais qu'elle a pris, de façon quelque peu injuste, pour les intellectuels comme Roland Barthes et Alain Peyrefitte qui revenaient, enthousiastes, de Chine[29]. Après l'émission, les ventes du livre de Maria Antonietta Macciocchi s'écroulèrent[30]. Par la même occasion, Les Habits neufs du Président Mao se retrouva placé sous les feux de la rampe. Pour le sociologue Hervé Serry, les attaques virulentes de Leys « signalent une autre époque pour les gauchismes et un mode de légitimation télévisuelle de la production éditoriale »[31].

Années 1980[modifier | modifier le code]

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Maria-Antonietta Macciocchi mène de front son travail de parlementaire européenne et celui de journaliste, collaborant au Corriere della Sera tout en livrant régulièrement des chroniques au Monde et à El Pais sur différentes parties du monde, du Cambodge à l'Iran et à Jérusalem.

Fascinée par le charisme du pape Jean-Paul II, qu’elle rencontre en 1988, la militante féministe écrit un inattendu Le donne secondo Wojtyla (« Les Femmes selon Wojtyla »)[32]. Ce sera l’un des derniers contre-pieds d’un parcours intellectuel et politique versatile.

Derniers écrits[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, Macciocchi prend de la distance avec son activité journalistique pour se concentrer sur l'écriture, activité qu’elle a toujours considérée comme essentielle. Elle publie des travaux consacrés à l’épisode de la République napolitaine et à l'histoire de Naples à la fin du XVIIIe siècle. Elle publie en 1993 Chère Eleonora : la vie passionnée d'Eleonora Fonseca Pimentel dans la Révolution napolitaine. En 1998, elle publie L'amante della rivoluzione. La vera storia di Luisa Sanfelice e della Repubblica napoletana del 1799.

En 2000, elle met la dernière main à son autobiographie avec une nouvelle édition, élargie, de Deux mille ans de bonheur dont la première édition avait paru en 1983[33].

En 2007, elle apporte son soutien à la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République française, en tant que « symbole de l'émancipation des femmes »[34].

Elle décède le 15 avril 2007 à Rome à l'âge de 84 ans[35]. Le lendemain, L'Unità consacre quelques paragraphes non signés à la disparue, sans mentionner toutefois son expulsion de l'ancien parti communiste italien[36].

Honneurs[modifier | modifier le code]

En 1992, François Mitterrand lui remet la Légion d'honneur[37] pour son travail en tant qu'écrivain, professeur et journaliste[38].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Letters From Inside the Italian Communist Party to Louis Althusser[modifier | modifier le code]

De la publication en anglais des lettres de Maria Antonietta Macciocchi à Louis Althusser, le critique du journal britannique The Observer dira qu'il s'agissait d'un livre saisissant et émouvant, formant un tableau effroyable de la pauvreté et de l'exploitation dans l'Europe moderne comme on n'en avait pas vu depuis de nombreuses années[39].

De la Chine[modifier | modifier le code]

En 1996, Christophe Bourseiller voit dans De la Chine le « témoignage naïf » d'une intellectuelle « fascinée par la propagande, qui prête au régime chinois les qualités d'un paradis socialiste »[40].

Chère Eleonora[modifier | modifier le code]

Catherine Marand-Fouquet considère que l'auteur n'y évite pas les « accents hagiographiques ». Elle modifie la chronologie et cherche à tout prix « des analogies qui correspondent à son idéologie »[41].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Publications en français[modifier | modifier le code]

  • Lettres de l'intérieur du Parti : le Parti communiste, les masses et les forces révolutionnaires pendant la campagne électorale à Naples en mai 1968, Maspero, 1970.
  • De la Chine, Seuil, collection « Combats », 1971, 542 p. (compte rendu de Roger Levy dans Politique étrangère, année 1972, vol. 37, No 1, p. 128-131).
  • Pour Gramsci, choix de textes gramsciens commentés, Seuil, collection « Tel Quel », 1974.
  • Les femmes et la traversée du fascisme, in Éléments pour une analyse du fascisme, Séminaire de 1974-1975 à Paris VIII, avec plusieurs collaborateurs (dont François Châtelet et Jean-Toussaint Desanti), U.G.E., collection « 10/18 », 1976 (deux volumes).
  • De la France, Seuil, (hors collection), 1977.
  • Après Marx, avril, Seuil, collection « Tel Quel », 1978.
  • Les femmes et leurs maîtres, séminaire, Paris VIII-Vincennes, textes rassemblés par Jacqueline Aubenas-Bastié ; sous la direction de M.A. Macciocchi, Bourgois, 1978. Il s'agit de deux séminaires tenus à Vincennes, en 1975-1976 (« Fascismes et luttes des femmes ») et en 1977-1978 (« Marxisme et féminisme »).
  • Esquisse pour une biographie de Pasolini, in Pasolini, séminaire dirigé par M.A. Macciocchi (tenu les 10, 11 et 12 mai 1979 à l'Institut culturel italien puis à l'université de Paris VIII), Grasset, 1980.
  • Deux mille ans de bonheur, Grasset, 1983.
  • La femme à la valise : Voyage intellectuel d'une femme en Europe, Grasset, 1988, 406 p.
  • Eleonora : la vie passionnée d'Eleonora Fonseca Pimentel dans la Révolution napolitaine, Paris, Le Félin, 1993, 381 p. (compte rendu de Catherine Marand-Fouquet, dans CLIO. Histoire, femmes et sociétés, 9, 1999, mis en ligne le 21 mars 2003).

Préfaces

  • L'expérience hérétique : langue et cinéma / Pier Paolo Pasolini ; préf. de Maria-Antonietta Macciocchi, Payot, 1976.
  • Lire Gramsci / Dominique Grisoni, Robert Maggiori ; préf. de François Chatelet et Maria Antonietta Macciocchi, Éd. universitaires, 1973.

Publications en italien[modifier | modifier le code]

  • Persia in lotta, Edizioni di Cultura Sociale, 1952
  • Le organizzazioni femminili dell'AC, in Rinascità, 1er janvier 1953
  • Lettere dall'interno del PCI a Louis Althusser, Feltrinelli, 1969
  • Dalla Cina (Dopo la rivoluzione culturale), Feltrinelli, 1971
  • Polemiche sulla Cina, Feltrinelli, 1972
  • Per Gramsci, Il Mulino, 1974
  • La Donna Nera : Consenso femminile e fascismo, Feltrinelli, 1976
  • La talpa francese, Feltrinelli, 1977
  • Dopo Marx, aprile, Libri dell'Espresso, 1978
  • Le donne e i loro padroni, Mondadori, 1980
  • Duemila anni di felicità, Mondadori, 1983
  • Di là dalle porte di bronzo, Mondadori, 1987
  • La donna con la valigia, Mondadori, 1989
  • La forza degli italiani, Mondadori, 1990
  • Le donne secondo Wojtyla, Edizioni Paoline 1992
  • Cara Eleonora. Passione e morte della Fonseca Pimentel, Rizzoli, 1993
  • L'amante della rivoluzione. La vera storia di Luisa Sanfelice e della Repubblica napoletana del 1799, Mondadori, 1997

Préface

  • Una donna / Sibilla Aleramo ; préf. di Maria Antonietta Macciocchi ; con uno scritto di Emilio Cecchi, Feltrinelli, 1973.

Publications en anglais[modifier | modifier le code]

  • Letters From Inside the Italian Communist Party to Louis Althusser, 1973
  • Female sexuality in fascist ideology, in Feminist Review, No 1, 1979

Fonds « Maria-Antonietta Macciocchi » à l'université Paris 8[modifier | modifier le code]

À l'automne 2007, sa fille, Giorgina Amendola Cascavilla, a fait don au Service commun de documentation de l'université de Paris 8 de la bibliothèque parisienne de sa mère. Les documents issus de ce don (monographies annotées, archives, photos, etc.) forment près de 2000 volumes et rassemblent tous ses intérêts politiques et intellectuels pendant les années 1970 : histoire du PCI, histoire du communisme européen, Gramsci, la Chine maoïste, Pasolini, le mouvement féministe. Ils sont consultables à la Bibliothèque Universitaire de Paris 8[42].

Le 7 avril 2009, dans le cadre des commémorations marquant le 40e anniversaire de l'Université Paris 8, la Bibliothèque Universitaire a organisé une journée d'étude consacrée à Maria-Antonietta Macciocchi[9].

L'Università degli studi Roma Tre, qui possède le fonds issu de la bibliothèque romaine de Maria-Antonietta Macciocchi, devait à son tour rendre hommage à son travail au printemps 2010.[pertinence contestée]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John Francis Lane, Obituary: Maria Macciocchi, Italian dissident feminist at odds with the communist legacy, in The Guardian, Monday 21 May 2007 : « The Italian writer and politician Maria Macciocchi, who has died aged 84, was best known and admired internationally for her lifelong activities as a feminist militant and leftist dissident, particularly in France, where in 1992 President François Mitterrand honoured her with the Légion d'honneur ».
  2. John Francis Lane, op. cit. : « Her parents were anti-fascists and she took part at an early age in the resistance movement, joining the clandestine Italian Communist party (PCI) during the German occupation of Rome. »
  3. John Francis Lane, op. cit..
  4. John Francis Lane, op. cit. : « In 1950 the party appointed her as editor of their women's magazine, Noi Donne, and later of the popular weekly magazine Vie Nuove, for which she convinced Pier Paolo Pasolini to write a regular column. »
  5. John Francis Lane, op. cit. : « When she began working for l'Unità, the paper founded by the Marxist philosopher Antonio Gramsci, to whom Macciocchi would dedicate her most impassioned writings and lecturing, she soon became their foreign correspondent, first in Algiers and then in Paris. »
  6. John Francis Lane, op. cit.
  7. a, b et c Philippe Forest Quand Tel Quel et Sollers faisaient leur révolution culturelle Histoire de Tel Quel 1960-1982 , 1995
  8. François Hourmant L'affaire Macciocchi et la radical Palinodie de Tel Quel Le désenchantement des clercs: Figures de l'intellectuel dans l'après-Mai 68
  9. a et b Colloque Maria Antonietta Macciocchi, figure intellectuelle et passeur politique des années Vincennes, Université Paris 8, 7 avril 2009, sous la direction de Marie-Cécile Bouju et Brigitte Dujardin.
  10. John Francis Lane, op. cit. : « 1972, the year in which she went to China for l'Unità and afterwards published a 570-page book praising the cultural revolution. »
  11. Emmanuel Hecht, Simon Leys, l'ami qui n'aimait pas Mao, L'Express, 23 mai 2015.
  12. Pierre Boncenne IndignationLe parapluie de Simon Ley, 2015
  13. a et b Roger Levy compte rendu de De la Chine, in Politique étrangère, année 1972, vol. 37, No 1, p. 128-131.
  14. a et b Hervé Serry, Les conditions éditoriales d’un essai à succès : De la Chine de Maria-Antonieta Macciocchi aux Éditions du Seuil, in Colloque Maria Antonietta Macciocchi, figure intellectuelle et passeur politique des années Vincennes, Université Paris 8, 7 avril 2009, sous la direction de Marie-Cécile Bouju et Brigitte Dujardin, p. 1-12.
  15. Hervé Serry, op. cit., p. 2.
  16. Rémy Rieffel, La Tribu des clercs: Les intellectuels sous la Ve République 1958-1990
  17. a et b Philippe Paquet, Simon Leys : navigateur entre les mondes, Gallimard, 672 p.
  18. John Francis Lane, op. cit. : « the party did not offer her re-election in 1972. »
  19. (en) Claudine Monteil, Simone de Beauvoir and fascism: Her support of the Italian writer and activist Maria-Antonietta Macciocchi, sur le site personnel de Claudine Monteil, 16 septembre 2009 : « For young feminists, this seminar was extremely important because fascism is linked to the worst form of patriarchy in society. Macciocchi’s seminar provoked outrage and protests among the most prejudiced leftist male students. They insulted Maccicochi with both political and sexual slurs, and threatened her physically. This protest was so violent that I and several other feminist students sometimes had to protect her. Beauvoir supported Macciocchi’s seminar and let her know how important she thought her teaching was. »
  20. (en) Françoise Dosse, History of structuralism : The Sign Sets 1967-Present, Minneapolis, Minn, University of Minnesota Press, (ISBN 9780816623709), chap. 14 (« Vincennes: The Structuralist University »), p. 152 : « in the seventies, the group Foudre, sponsored by Alain Badiou and led by Bernard Sichère, [...] wanted to be a kernel of cultural criticism and did not hesitate to employ terrorist tactics. [...] its favored target was Maria-Antonietta Macciocchi, a teacher who was, curiously enough, a great admirer of China. Macciocchi was working in a collective on fascism at the time. She was accused of being a fascist for having wanted to transform her teaching group into a propaganda office, and for having shown the film The Jew Suss. »
  21. John Francis Lane, op. cit. : « When her book on Gramsci was published in France as Pour Gramsci, she was credited with having introduced the Italian philosopher to French intellectuals. In Italy, the book, an acute analysis of the philosopher's non-orthodox interpretation of Marxism, caused controversy in the party, where they were tending to underrate their founder. »
  22. Christophe Bourseiller, Les Maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, 1996, page 411.
  23. John Francis Lane, op. cit. : « In 1977 she was expelled from the PCI because she supported the Maoist agitators in Bologna. »
  24. John Francis Lane, op. cit. : « In 1979 she was elected as MEP for the Radical party. »
  25. « Maria Antonietta Macciocchi », sur la base de données des députés au Parlement européen
  26. A2, 27 mai 1983.
  27. Documents archivés sur Simon Leys sur le site de l'INA, dont un extrait de l'émission avec Simon Leys et Maria-Antonietta à propos de la Chine, et réaction sur le plateau d'Alain Peyreffite, Philippe Solers et Jean-François Revel.
  28. « Son ouvrage De la Chine, c'est ... ce qu'on peut dire de plus charitable, c'est que c'est d'une stupidité totale, parce que si on ne l'accusait pas d'être stupide, il faudrait dire que c'est une escroquerie. » (Relevé des propos de Simon Leys à partir de la mise en ligne par l'INA de l'émission.)
  29. L’itinéraire d’un sentimental chanceux. Entretien avec Bernard Pivot, Le Soir, 13 mai 2011 : « Il avait en face de lui Maria-Antonietta Macciocchi, un de ces intellectuels occidentaux qui faisait le voyage de Pékin, passait quinze jours et ramenait un livre de cinq cents pages pour vanter les mérites de la Chine communiste. Il lui a dit avec beaucoup d’indignation les erreurs historiques et intellectuelles de son livre. Il y a quelque chose d’injuste : Maria-Antonietta Macciocchi a pris pour tous les intellectuels d’ici, les Roland Barthes, les Alain Peyrefitte, tous ceux qui revenaient de Chine en criant : « Hosanna, on a trouvé le paradis sur terre. » ».
  30. Jérôme Garcin, « La fièvre du vendredi soir », Le Nouvel Observateur, no 2562, semaine du 12 décembre 2013, page 118.
  31. Hervé Serry, op. cit., p. 11.
  32. John Francis Lane, op. cit. : « In 1988 she had had an audience with Pope John Paul II, for whom she confessed bemusingly a great admiration "for his Marxist-Leninist origins". »
  33. Jean-Paul Enthoven, Macciocchi et les hommes de marbre, Nouvel Observateur, mai 1983.
  34. John Francis Lane, op. cit. : « Recently, she expressed her support for Ségolene Royale "as a symbol of female emancipation". »
  35. Présentation de Maria-Antonietta Macciocchi, in Journée-hommage à « Maria-Antonietta Macciocchi, figure intellectuelle et passeur politique des années Vincennes », dans le cadre du 40e anniversaire de l'université Paris 8 le mardi 7 avril 2009.
  36. John Francis Lane, op. cit. : « The day after her death in a Rome hospital, Gramsci's l'Unità [...] published only a few unsigned paragraphs announcing her death, not mentioning her expulsion from the PCI ».
  37. John Francis Lane, op. cit. : « France, where in 1992 President François Mitterrand honoured her with the Légion d'honneur. »
  38. Modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant. (en) « European Constitution. A Danger To Catholic Church », sur Unity Publishing
    « She was awarded the French Legion of Honor in 1992 by President François Mitterrand, for her work as writer, professor and journalist. »
  39. John Francis Lane, op. cit. : « The letters were published as a book in 1969, appearing in an English translation in 1973 with the title Letters From Inside the Italian Communist Party to Louis Althusser. The Observer reviewer wrote: "A startling and moving book. It is the most horrific account of poverty and exploitation in modern Europe to be published in many years". »
  40. Christophe Bourseiller, Les Maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, 1996, p. 252 : « Citation : Avec le recul du temps, De La Chine apparaît comme le témoignage incroyablement naîf d'une intellectuelle fascinée par la propagande, qui prête au régime chinois les qualités d'un paradis socialiste ».
  41. Catherine Marand-Fouquet, « Maria-Antonietta MACCIOCCHI, Eleonora. La vie passionnée d'Eleonora Fonseca Pimentel dans la Révolution napolitaine, Paris, éditions du félin, 1993, 381 p. », CLIO. Histoire, femmes et sociétés [En ligne], 9 | 1999, mis en ligne le 21 mars 2003, consulté le 12 juillet 2013. URL : http://clio.revues.org/304« On ne peut dire tout à fait qu'il s'agit d'une biographie romancée, mais on peut parler d'une reconstruction qui s'appuie sur les expériences et la culture de l'auteure. Maria-Antonietta, visiblement éprise de celle qu'elle s'est choisie pour double, n'évite pas les accents hagiographiques. Elle frôle bien des fois l'anachronisme en torturant à sa guise la chronologie, et cherche à toute force des analogies qui correspondent à son idéologie. »
  42. Emmanuelle Sruh, « Le fonds Vincennes » de l'Université Paris 8 : traiter des fonds d’archives en université, Dossier d’aide à la décision, sous la direction de Marie-Françoise Defosse, projet professionnel personnel, École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques, octobre 2009, 193 p., p. 28 : « Fonds Maria Antonietta Macchiochi / Il s’agit de la bibliothèque de travail de Maria Antonietta Macciocchi, enseignante de sociologie politique à Vincennes de 1974 à 1975. / Il comporte près de 2000 volumes et rassemble tous ses intérêts politiques et intellectuels pendant les années 70 : histoire du PCI, histoire du communisme européen, Gramsci, la Chine maoïste, Pasolini, le mouvement féministe. Le fonds est en cours de traitement. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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