The Day the Music Died

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The Day the Music Died
Mémorial sur le site de l'accident.
Mémorial sur le site de l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
CausesErreur de pilotage
SitePrès de Clear Lake, Iowa (États-Unis)
Coordonnées 43° 13′ 12″ nord, 93° 23′ 00″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilBeechcraft Bonanza
CompagnieDwyer Flying Service, Mason City, Iowa
No  d'identificationN3794N
Lieu d'origineAéroport municipal de Mason City
Lieu de destinationAéroport international Hector
PhaseDécollage
Passagers3
Équipage1
Morts4 (tous) : les rockeurs Buddy Holly, Ritchie Valens et J. P. "The Big Bopper" Richardson, et leur pilote Roger Peterson

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The Day the Music Died

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The Day the Music Died

The Day the Music Died est une expression américaine qui fait référence à la journée du , lors de laquelle les rockeurs Buddy Holly, Ritchie Valens, J. P. « The Big Bopper » Richardson meurent dans un accident d'avion près de Clear Lake dans l'Iowa, aux États-Unis. Cette phrase signifie en français « Le jour où la musique est morte ». Elle est tiré de la chanson de Don McLean, American Pie.

Lorsque cet accident survient, Buddy Holly et son groupe, composé de Waylon Jennings, Tommy Allsup et Carl Bunch, jouent depuis une semaine sur la tournée « Winter Dance Party » à travers le Midwest. Les autres artistes, Valens et Richardson, les accompagnent sur la tournée. Entre deux dates, les artistes et leurs accompagnateurs doivent supporter de longs trajets, à bord d'un bus si inconfortable que certains attrapent la grippe et des engelures. Après un spectacle à Clear Lake, lassé de ces conditions difficiles, Buddy Holly décide d'affréter un avion pour se rendre au concert suivant, prévu à Moorhead dans le Minnesota. Dans l'avion, Richardson qui a la grippe, prend la place de Jennings, et Valens prend celle d'Allsup après l'avoir gagnée à pile ou face. Peu après le décollage, tard dans la nuit et dans des conditions météorologiques hivernales difficiles, le pilote, Roger Peterson, perd le contrôle de son avion léger, un Beechcraft Bonanza, qui s'écrase dans un champ de maïs, ne laissant aucun survivant.

Contexte[modifier | modifier le code]

En , Buddy Holly se sépare du groupe The Crickets. Pour le début de la tournée Winter Dance Party (« Fête de la danse hivernale »), il fait appel à Waylon Jennings à la basse, Tommy Allsup à la guitare, Carl Bunch à la batterie, et Frankie Sardo pour le chant. La tournée doit desservir 24 villes du Midwest en 24 jours. À ce groupe, s'ajoutent de nouveaux artistes à la mode comme Ritchie Valens, J. P. « The Big Bopper » Richardson et Dion DiMucci (du groupe Dion and the Belmonts). Ceux-ci espèrent ainsi se faire une publicité à bon compte et augmenter leurs ventes[1],[2].

Plan avec date des concerts prévus
Programme du Winter Dance Party Tour, 1959.

La tournée commence le à Milwaukee dans le Wisconsin. Rapidement, des problèmes de logistique apparaissent. Dans la planification des dates de concert, la distance entre les lieux de concert n'a pas été suffisamment prise en compte. De plus, le bus de la tournée n'est pas correctement équipé pour convenir aux conditions locales. Presque dès le départ, à Appleton, le chauffage tombe en panne. La grippe se répand parmi les musiciens ; quant au batteur Carl Bunch, il est hospitalisé à Ironwood, dans le Michigan, pour de sérieuses engelures aux pieds. Le groupe échange son bus contre un bus scolaire et continue le voyage[3]. La troupe de Holly se serre les coudes ; à Green Bay dans le Wisconsin, et à Clear Lake dans l'Iowa, Holly, Valens, et DiMucci se remplacent mutuellement à la batterie pendant les spectacles[4].

Le lundi 2 février, la troupe arrive à Clear Lake, dans l'Iowa ; cet arrêt n'est pas prévu, mais les organisateurs espèrent remplir encore plus le planning et donc les caisses de la tournée[5] en ajoutant un concert supplémentaire. Ils appellent Carroll Anderson, gérant d'une salle de bal locale, et lui proposent un spectacle. Celui-ci accepte et programme un concert pour le soir même. Lorsque Buddy Holly arrive sur place, il décide qu'il ne peut plus supporter ces trajets en bus et décide d’affréter un avion pour le conduire, après le spectacle, à Fargo, dans le Dakota du Nord. Il est convenu que le reste de la troupe passe le prendre à Fargo avant de se diriger vers leur prochain arrêt, la ville de Moorhead, dans le Minnesota. Ceci doit lui permettre de s'épargner un trajet en bus et de se reposer un peu[3].

Plan de vol et désignation des passagers[modifier | modifier le code]

cf description
Un Bonanza comparable au N3794N, l'aéronef qui s'est écrasé.

Anderson, le gérant de la salle de bal, téléphone à Hubert Dwyer, qui dirige la compagnie Dwyer Flying Service à Mason City. Il lui demande d’affréter un avion pour l'aéroport international Hector à Fargo, l'aéroport le plus proche de Moorhead où doit avoir lieu le concert suivant[6]. Le plan de vol est rédigé par Roger Peterson, un pilote local âgé de 21 ans. Le voyage doit avoir lieu dans un monomoteur de 1947 à l'empennage en V, un Beechcraft 35 Bonanza immatriculé « N3794N »[7],[Note 1], prévu pour recevoir trois passagers et un pilote[9]. La compagnie demande 36 dollars par passager.

Richardson, grippé, demande à Waylon Jennings de lui céder sa place dans l'avion. Buddy Holly, apprenant l'absence de Jennings dans l'avion, lance en plaisantant : « Eh bien, j'espère que vous allez tous vous geler dans votre vieux bus ! »[10]. Jennings répond : « Eh bien, j'espère que vous allez tous vous écraser dans votre vieil avion ! »[11]. Cette répartie pleine d'humour mais infortunée le hanté ensuite toute sa vie[12].

Ritchie Valens, qui avait peur de l'avion quand il était plus jeune, demande à Tommy Allsup de lui céder sa place dans l'avion. D'un commun accord, ils décident de jouer la réponse à pile ou face[13]. Bob Hale, un disc jockey qui travaille pour la radio KRIB-AM (en) et qui assiste au concert ce soir-là, est désigné pour lancer la pièce dans une pièce attenante à la salle de bal avant que les musiciens ne partent pour l'aéroport. C'est ainsi que Valens gagne son siège dans l'avion. Il aurait été proposé à Dion DiMucci de prendre cet avion, bien que la façon dont il aurait pu embarquer avec les autres ne soit pas bien établie ; mais DiMucci répond qu'un billet d'avion de 36 dollars (soit l'équivalent de près de 300 dollars de 2016 en tenant compte de l'inflation[14]) correspond au loyer mensuel que ses parents payaient pour l'appartement de son enfance et qu'il ne voulait pas se permettre un luxe pareil[15].

Décollage et crash[modifier | modifier le code]

Une fois le spectacle terminé, Anderson conduit Holly, Valens et Richardson à l'aéroport municipal de Mason City[16]. Au moment du départ, une neige légère est présente, le plafond est à 3 000 pieds (910 m), avec un ciel obscurci, une visibilité de 6 miles (9 700 m) et des vents de 30 à 50 km/h. La détérioration des conditions le long de l'itinéraire est prévue mais le bulletin météo que reçoit Peterson, le pilote, ne le signale pas[17].

Géolocalisation de Mason City et Clear Lake
Géolocalisation de Mason City et Clear Lake, Iowa

Le mardi , à h 55 (heure du Centre), l'avion décolle normalement de la piste 17 (aujourd'hui renumérotée 18)[18]. Dwyer, le propriétaire de la compagnie aérienne, observe le décollage de l'avion depuis une plateforme située à l'extérieur de la tour de contrôle. Il voit parfaitement la lumière de la queue de l'aéronef pendant le décollage. Ensuite, commence un virage à gauche avec cap au nord-ouest et une montée à 800 pieds. La lumière arrière descend ensuite progressivement, jusqu'à ce que Dwyer la perde de vue.

Autour de h, Peterson n'entre pas en contact radio comme prévu. L'opérateur radio, sous l’insistance de Dwyer, tente à plusieurs reprises d'établir la communication mais aucune tentative ne réussit[19]. Plus tard dans la matinée, Dwyer, toujours sans réponse de Peterson, décide de prendre un avion pour retracer le circuit prévu. Après quelques minutes, à environ h 35, il repère l'épave à moins de 10 km au nord-ouest de l'aéroport[19]. Le bureau du shérif, alerté par Dwyer, envoie l'adjoint du shérif Bill McGill sur le lieu du crash qui se situe dans un champ de maïs appartenant à Albert Juhl[20].

Le Bonanza a heurté le sol à grande vitesse, peut-être aux alentours de 270 km/h, et s'est enfoncé profondément à droite, le nez de l'appareil dans le sol. Le bout de l'aile droite a dû toucher la terre en premier, tandis que la carlingue a été projetée à travers le champ gelé à 150 m de là, avant de finir sa course contre une clôture de fil de fer à la limite de la propriété de Juhl[19].

Les corps de Holly et Valens ont été éjectés du fuselage éventré et reposent près de l'épave. Le corps de Richardson a été projeté par-dessus la clôture, dans le champ de maïs du voisin de Juhl, Oscar Moffett. Le corps du pilote est resté coincé dans l'épave de l'avion[19]. Comme le restant de la troupe est alors sur la route pour le Minnesota, c'est Carroll Anderson, le gérant de la salle de bal qui a conduit les passagers à l'aéroport et assisté au décollage, qui identifie les corps des victimes[21]. Ralph Smiley, coroner du comté déclare que les quatre victimes sont mortes instantanément. Le décès des trois artistes est imputé à « des traumatismes crâniens majeurs »[22] et celui du pilote à des « lésions cérébrales »[23],[24],[25].

Réactions immédiates[modifier | modifier le code]

La mère de Buddy Holly apprend la nouvelle par la radio, chez elle à Lubbock au Texas. Elle pousse un cri puis s’évanouit[1].

De son côté, la femme de Holly, María Elena apprend la mort de son mari par les informations télévisées. Après seulement 6 mois de mariage, elle se retrouve veuve et enceinte. Peu de temps après, elle subit une fausse couche. María Elena Holly ne se rend pas aux funérailles et n'ira jamais voir sa tombe. Elle dit plus tard dans un entretien :« D'une certaine manière, je m'en veux. Je n'allais pas bien quand il est parti. J'étais enceinte de 2 semaines, et je voulais que Buddy reste avec moi, mais il avait programmé cette tournée. C'est la seule fois où on n'était pas ensemble. Et je m'en veux parce que je sais que si je l'avais accompagné, Buddy n'aurait jamais pris cet avion »[26].

Considérant les conditions dans lesquelles les proches de Buddy Holly apprennent son décès, il est décidé que les autorités ne dévoileront plus le nom des victimes à la presse avant d'avoir directement informé les familles[1].

La tournée « Winter Dance Party » ne s'arrête pas. Waylon Jennings et Tommy Allsup enchaînent les spectacles pendant les deux semaines qui suivent, Jennings prenant la place d'Holly comme chanteur principal[27]. Il n'y a pas de funérailles collectives : Holly et Richardson sont enterrés au Texas, Valens en Californie et Peterson en Iowa.

Enquête officielle[modifier | modifier le code]

L'enquête officielle est conduite par le Bureau de l'aviation civile[28], prédécesseur du Conseil national de la sécurité des transports[29].

Conditions météorologiques[modifier | modifier le code]

Distances de visibilité et obstacles à contourner.
Résumé des conditions de visibilité et distance minimale aux nuages dans le vol à vue en France.

La température est négative cette nuit-là (−10 °C au sol), avec un fort vent du sud précédant l'arrivée d'un nouveau front froid. Quelques heures avant le décollage, la base des nuages est relativement élevée (de l'ordre de 2 000 mètres) et la visibilité est bonne. Les conditions VMC (vol à vue) sont alors réunies.

Peu avant minuit, le temps se dégrade progressivement : un nimbostratus se forme entre 1000 et 4 000 m d'altitude (entre 3000 et 12 000 pieds) et des averses de neige réduisent la visibilité. Les prévisions indiquent donc des conditions de vol IMC, c'est-à-dire « aux instruments », mais cette dégradation météorologique n'est pas portée à la connaissance du pilote. Par ailleurs, des bourrasques de 85 km/h sont observées au sol[30].

Vue complètement bouchée par des nuages
Exemple de conditions dans lesquelles le vol à vue est impossible.

Lorsque l'appareil décolle à h 55, la visibilité à l'horizon est faible et les nuages bas cachent les étoiles. La zone dans laquelle il évolue est faiblement peuplée, et ne contient donc presque aucun repère lumineux. Le pilote se trouve rapidement dans le noir le plus complet, coincé entre le sol, noir, et la base du nimbostratus, noire elle aussi.

Le pilote[modifier | modifier le code]

Roger Peterson, le pilote, n'est pas qualifié pour voler aux instruments. Il avait réussi l'examen écrit mais, ayant échoué à un test neuf mois avant l'accident, il n'a jamais été déclaré apte au vol aux instruments. Ce pilote, tout comme la compagnie Dwyer Flying Service, n'était autorisé qu'au vol à vue ; c'est-à-dire uniquement en conditions de bonne visibilité[19].

En outre, Peterson avait été formé sur des avions équipés d'un horizon artificiel conventionnel, alors que le N3794N était équipé d'un indicateur d'attitude Sperry F3. Cet instrument rudimentaire avait la particularité d'afficher l'information d'assiette longitudinale à l'envers : le sol, coloré en noir, figurait en haut ; le ciel, coloré en jaune, figurait en bas.

Un tas de métal d'où on distingue à peine, l'aile et le train d’atterrissage dans un champ neigeux.
L'épave du N3794N, au 3 février 1959, jour de l'accident.

D'après les conclusions de l'enquête, l'accident a trois causes distinctes.

La première réside dans la « décision imprudente du pilote de s'engager dans un vol »[31] pour lequel il faut utiliser des instruments dont il ne sait pas se servir.

La deuxième est l'inexpérience du pilote à l'utilisation du modèle d'indicateur d'attitude installé à bord. Cet ancien modèle a pu faire croire au pilote qu'il montait alors qu'il descendait, le plaçant ainsi en situation de désorientation spatiale.

La troisième et dernière cause de l'accident est la « sérieuse insuffisance »[32] du rapport météo communiqué au pilote, qui « ne fait pas mention des conditions de vol défavorables qui auraient dû être mises en évidence »[33],[19],[30].

Enquêtes ultérieures[modifier | modifier le code]

Nouvelle autopsie de J.P. Richardson[modifier | modifier le code]

Le 6 mars 2007, le corps de J.P. Richardson est exhumé pour être déplacé dans un endroit mieux adapté du cimetière local de Beaumont, dans le Texas. Son fils Jay Perry saisit cette occasion pour commander une nouvelle autopsie à un anthropologue judiciaire, William Bass. Ce second examen a pour objectif de vérifier certaines rumeurs, car plusieurs théories se répandent après l'accident.

La première théorie évoque la possibilité d'un tir accidentel d'arme à feu à bord de l'avion. Cette idée naît deux mois après les événements, un fermier ayant trouvé sur les lieux du crash un pistolet de calibre .22 qui appartenait à Buddy Holly.

La deuxième suggère que Richardson aurait survécu à l'impact, et aurait rampé en dehors de l'avion pour chercher de l'aide. Le corps du musicien est effectivement retrouvé plus loin de l'épave que les trois autres.

Le docteur Bass et son équipe réalisent donc plusieurs radiographies du corps de Richardson. Ils en concluent que le musicien, dont presque tous les os sont brisés, est bien mort instantanément ; ils ne trouvent pas non plus la moindre trace de plomb qui aurait pu signaler la présence d'une balle d'arme à feu. Le rapport initial du coroner Smiley est donc confirmé[34].

Refus de relancer l'enquête[modifier | modifier le code]

Le , il est annoncé que le NTSB (l'organisme qui succède au Civil Aeronautics Board) est saisi d'une demande de réouverture de l'enquête concernant l'accident.

La nouvelle enquête est demandée par L. J. Coon, un pilote retraité en Nouvelle-Angleterre, qui pense que la conclusion de l'enquête de 1959 est incorrecte. Coon suspecte une défaillance du palonnier droit et demande aussi un réexamen des quantités de carburant. Il suspecte également que le centrage de l'aéronef était incorrect[35]. Coon estime par ailleurs que Peterson a peut-être tenté de poser l'avion dans un champ et il aimerait que la tentative du pilote de sauver l'aéronef soit reconnue[36].

Coon contacte le département des affaires classées du NTSB à la suite de son enquête privée car il pense que les conclusions auxquelles le bureau est parvenu jusqu'alors sont injustes envers la mémoire de Roger Peterson[37].

Habituellement, le NTSB répond définitivement aux demandes de réouverture d'enquête dans un délai maximal d'un an[38] mais en l'occurrence le conseil émet très vite une réponse négative : moins de deux mois après la demande initiale, le , le NTSB déclare qu'il refuse de relancer l'enquête[39].

Hommages[modifier | modifier le code]

Memorial sous la forme d'une stèle en pierre avec les noms des trois principales victimes.
Mémorial devant la salle de bal du Clear Lake.

En musique[modifier | modifier le code]

Depuis 1979, chaque année, un concert hommage est organisé à la salle de bal de Clear Lake où a eu lieu l'ultime concert du groupe[40]. Le , pour le 50e anniversaire du concert, une soirée spéciale est organisée réunissant : Delbert McClinton, Joe Ely, Wanda Jackson, Los Lobos, Los Lonely Boys, Chris Montez, Bobby Vee, Graham Nash, Peter and Gordon, Tommy Allsup, Chuck Leavell qui joue au sein d'un groupe local, James « Hutch » Hutchinson, Bobby Keys et Kenny Aronoff. Sont aussi présents Jay P. Richardson, le fils du « Big Bopper », et Bob Hale qui était le maître de cérémonie du concert de 1959[41],[42].

Plusieurs chansons évoquent cet accident. La première, en 1959 est Three Stars d'Eddie Cochran. Ensuite, en 1971 vient la chanson de Don McLean American Pie qui donne à cet événement son surnom « The Day the Music Died »[43] et qui symbolise pour son auteur « la perte de l'innocence »[44] de la première génération du rock 'n' roll[1],[45]. La chanson est reprise en français l'année suivante, en 1972, par Claude François sous le titre Feu de paille[46].

En 1978, Waylon Jennings et Shel Silverstein co-écrivent la chanson A Long Time Ago dans laquelle Jennings déclare :

Don't ask me who I gave my seat to on that plane
I think you already know.

« Ne me demandez pas à qui j'ai donné mon siège dans l'avion.
Je pense que vous le savez déjà. »

En France, l'événement est aussi évoqué en 1964 par Ronnie Bird dans la chanson Adieu à un ami[47] et en 1965, par Eddy Mitchell dans la chanson J'avais deux amis[48].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

L'accident est mentionné dans les biopics des artistes morts ce jour-là :

Lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Une sculpture représentant deux poteaux blancs tenant une monture de lunettes noires comme celles de Buddy Holly.
Une sculpture en hommage à Buddy Holly, située près du lieu de l'accident.

La route qui mène de la salle de bal à l'aéroport, et qui passe à l'ouest du site de l'accident, est maintenant dénommée « Buddy Holly Place »[50].

Près du lieu d'accès au site de l'accident se trouve une sculpture érigée par Michael Connor de Clear Lake représentant des lunettes semblables à celles que portait Buddy Holly.

En 1988, Ken Paquette, un habitant du Wisconsin fan des années 1950, fait ériger un monument en acier inoxydable qui représente une guitare et un ensemble de trois vinyles portant les noms des trois interprètes ayant péri dans l'accident. Le monument est situé dans une ferme privée à 8 km au nord de Clear Lake. Le 17 juillet 2003, Paquette inaugure une seconde sculpture équivalente. Elle est installée à l'extérieur de la salle de bal Riverside à Green Bay dans le Wisconsin : c'est là que Holly, Big Bopper et Valens jouent leur avant-dernier spectacle, le soir du [51]. En , le troisième mémorial de Ken Paquette est érigé, cette fois en l'honneur du pilote Roger Peterson[52].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une légende urbaine affirme que l'avion s'appelait « American Pie ». Cette croyance erronée provient de la chanson éponyme à propos du crash de Don McLean. En fait, aucun registre n'indique l’existence d'un autre nom de l'avion, autre que son numéro d'immatriculation : N3794N[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Claire Suddath, « The Day the Music Died », Time,‎ (lire en ligne).
  2. Everitt 2004, p. 10.
  3. a et b Everitt 2004, p. 13.
  4. (en) « Connection to Buddy Holly Death », sur http://www.robertlemon.name (consulté le 3 mars 2016).
  5. Daniel Lesueur, « Buddy Holly, un has been au moment de sa mort », Les articles Culture de Daniel Lesueur, sur scribium.com, (consulté le 3 mars 2016) : « En gros, au moment de sa mort, Buddy, jeune marié de surcroît, n'avait pas un rond ! Son compte, à la National Bank de Lubbock était créditeur de 72,34 dollars. Ce qui explique la nécessité, pour lui, de se produire sur scène. Matériellement, il n'a pas le loisir d'annuler le moindre concert, quitte à s’engager dans un voyage au péril de sa vie. ».
  6. Everitt 2004, p. 14.
  7. (en) FAA, « N3794N », N-Number Inquiry Results (consulté le 3 mars 2016).
  8. (en) « American Pie », sur Snopes, (consulté le 3 mars 2016) — Claim: The airplane that carried Buddy Holly to his death was named 'American Pie.' → Status: False.
  9. Schuck 2012, p. 16.
  10. « Well, I hope your ol' bus freezes up. »
  11. « Well, I hope your ol' plane crashes. »
  12. Jennings et Kaye 1996, p. 70.
  13. Everitt 2004, p. 14.
  14. (en) « Inflation Calculator » (consulté le 3 mars 2016) : « The US Inflation Calculator measures the buying power of the dollar over time. Just enter any two dates between 1913 and 2016, an amount, and click 'Calculate'. ».
  15. (en) Dion DiMucci et Davin Seay, The Wanderer: Dion's Story, Beech Tree Books, (ISBN 978-0688078416), p. 89.
  16. Everitt 2004, p. 15.
  17. Everitt 2004, p. 16.
  18. Everitt 2004, p. 17.
  19. a, b, c, d, e et f Bureau de l'aviation civile (Civil Aeronautics Board), 23 septembre 1959.
  20. Everitt 2004, p. 18.
  21. Everitt 2004, p. 21.
  22. « Gross trauma to brain ».
  23. « Brain damage ».
  24. (en) Ralph Smiley (coroner du comté), « Certificat de décès » [PDF], sur awesomestories, (consulté le 4 mars 2016).
  25. (en) Ralph Smiley (coroner du comté), « Rapport du coroner » [PDF], sur awesomestories, (consulté le 4 mars 2016).
  26. « In a way, I blame myself. I was not feeling well when he left. I was two weeks pregnant, and I wanted Buddy to stay with me, but he had scheduled that tour. It was the only time I wasn't with him. And I blame myself because I know that, if only I had gone along, Buddy never would have gotten into that airplane. »
    ((en) William Kerns, « Buddy and Maria Elena Holly married 50 years ago » [« C'était il y a 50 ans : le mariage de Buddy et Maria Elena Holly »], Lubbock Avalanche-Journal, Lubbock,‎ (lire en ligne).)
  27. Carr et Munde 1997, p. 155.
  28. Civil Aeronautics Board (CAB).
  29. National Transportation Safety Board (NTSB).
  30. a et b (en) « Aircraft Accident Report: File No. 2-0001 » [PDF], sur The Des Moines Register, (consulté le 7 mars 2016).
  31. « the pilot's unwise decision to embark on a flight »
  32. « seriously inadequate »
  33. « failed to even mention adverse flying condition which should have been highlighted ».
  34. (en) AP, « Autopsy of 'Big Bopper' to Address Rumors About 1959 Plane Crash » [html], sur The Washington Post, (consulté le 7 mars 2016).
  35. « weights and balance »
  36. (en) Mike Kilen, « NTSB considers reopening Buddy Holly crash case », The Des Moines Register, Des Moines,‎ (lire en ligne).
  37. (en) « Buddy Holly plane crash : officials consider reopening 1959 probe », The Guardian, Londres,‎ (lire en ligne).
  38. (en) « Board considers reopening investigation into plane crash that caused the death of Buddy Holly », sur ktiv.com, (consulté le 8 mars 2016) : « It could be a year before the board decides whether to grant a new investigation. ».
  39. (en) AP, « Buddy Holly crash investigation will not be reopened », sur Des Moines Register, (consulté le 30 mars 2016).
  40. (en) Surf Ballroom, « Event History - A tradition Begins... », Winter dance party : history, sur https://www.surfballroom.com, (consulté le 9 mars 2016).
  41. (en) John Bream, « Fans Pack Surf Ballroom for Tribute to Buddy Holly, Ritchie Valens and the Big Bopper », CMT News,‎ (lire en ligne).
  42. (en) Joe Coffey, « Holly, Valens, Richardson Remembered: 50 Winters Later », (consulté le 30 mars 2016).
  43. Crouse 2012, p. 86.
  44. « the loss of innocence ».
  45. (en) Theodore Thimou, « Preview: The Twice-Famous Don McLean Plays Rams Head », Bay Weekly, vol. 14, no 51,‎ (lire en ligne).
  46. Dans son adaptation, Claude François n'évoque pas l'accident de Clear Lake mais il parle de la mort de James Dean (voir Jean Mareska, Dead Rock Stars : morts violentes du rock 'n' roll, Camion blanc, (ISBN 9782357798069, lire en ligne), p. 67).
  47. Nicolas Dupuy, Le Rock pour les Nuls, First éditions, (ISBN 9782754067553, lire en ligne), p. 170.
  48. Dans cette chanson, Eddy Mitchell évoque Buddy Holly mais aussi Eddie Cochran, qui meurt dans un accident de voiture en 1960 (voir Jean Mareska, Dead Rock Stars : morts violentes du rock 'n' roll, Camion blanc, (ISBN 9782357798069, lire en ligne), p. 51).
  49. a et b McDonald 2010, p. 33.
  50. (en) « Clear Lake, Iowa: Buddy Holly Crash Site », sur roadsideamerica.com (consulté le 9 mars 2016).
  51. (en) Jennifer Jordan, « The Day the Music Died », sur ArticlesTree.com, (consulté le 30 mars 2016).
  52. Jordan, Jennifer (February 2, 2009).

Livres utilisés[modifier | modifier le code]

  • [Carr et Munde 1997] (en) Joseph Carr et Alan Munde, Prairie Nights to Neon Lights: The Story of Country Music in West Texas, Lubbock, Texas Tech University Press, (ISBN 978-0-89672-365-8).
  • [Crouse 2012] (en) Richard Crouse, Who Wrote The Book of Love?, Random House Digital, (ISBN 978-0-385-67442-3).
  • [Everitt 2004] (en) Rich Everitt, Falling Stars: Air Crashes That Filled Rock and Roll Heaven, Harbor House, (ISBN 978-1-891799-04-4).
  • [Jennings et Kaye 1996] (en) Waylon Jennings et Lenny Kaye, Waylon :An Autobiography, Warner Books, (ISBN 978-0-446-51865-9).
  • [McDonald 2010] (en) Les McDonald, The Day the Music Died, Xlibris Corporation, (ISBN 978-1-4691-1356-2).
  • [Schuck 2012] (en) Raymond Schuck, Do You Believe in Rock and Roll? Essays on Don Mclean's American Pie, McFarland, (ISBN 978-1-4766-0036-9).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Livres conseillés[modifier | modifier le code]

  • (en) Larry Lehmer, The Day the Music Died : The Last Tour of Buddy Holly, the Big Bopper and Ritchie Valens, Music Sales Group, coll. « illustrated », (ISBN 0-8256-7287-2).
  • (en) Phillip Norman, Buddy: The Definitive Biography of Buddy Holly, Pan Mcmillan, (ISBN 978-1-4472-0340-7)
  • (en) Staton Rabin, Oh Boy! : The Life and Music of Rock 'n' Roll Pioneer Buddy Holly, Van Winkle Publishing (Kindle), coll. « illustrated », (ASIN B001OQBLLG).
  • (en) Scott Schinder, Martin Huxley et Quinton Skinner, The Day the Music Died, Pocket Books, coll. « illustrated », (ISBN 0-671-03962-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]