Silla (Corée)

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Silla
신라 (ko)

57 av. J.-C.-935

Blason
Grand sceau de l'État
Description de cette image, également commentée ci-après

Les Trois Royaumes de Corée en 375

Informations générales
Statut Monarchie héréditaire à partir de 356
Capitale Kyŏngju
Histoire et événements
57 av. J.-C. Fondation du royaume par Hyŏkkŏse
567 Annexion de la confédération de Kaya
660 Annexion du royaume de Paekche
668 Annexion d'une partie du royaume de Koguryŏ
676 Expulsion des Chinois et unification de la péninsule
935 Disparition du royaume

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le royaume de Silla ou Shilla est un des royaumes historiques de Corée, remontant à la période des Trois Royaumes de Corée. Créé en 57 avant l'ère commune (AEC) dans le sud de la péninsule, il dura jusqu'en 935 de l'ère commune (EC) après avoir unifié la péninsule coréenne sous son autorité. Cette dernière période correspond donc au royaume de Silla Unifié.

Du mini-État de Saro au royaume de Silla[modifier | modifier le code]

Couronne en or photographiée de face, sur fond sombre, posée sur un velours noir.
Couronne en or trouvée en 1926 dans le tumulus de Seobongchong, Ve siècle, l'une des couronnes royales de Silla.

On considère généralement que le fondateur de Silla est Park Hyeokgeose en 57 avant notre ère[1]. Il ne s'agit pas encore à l'époque d'un véritable État, qui n'apparaît qu'au IIIe siècle, le royaume de Saro au sein des Samhan (« Les trois han »).

Les Samhan sont généralement considérés comme 3 confédérations de 70 mini-États [(en) statelets ] ; chaque mini-État étant composé de villes fortifiées regroupées autour d'une « capitale »[2]. Le Samguk sagi évoque ainsi une assemblée de six villages (ou cités-fortifiées) qui a désigné un certain Hyōkkōse comme roi et qui institue ainsi le mini-État de Saro, au sein de la confédération de Chinhan[3],[4]. Soixante-dix de ces villes constituent Samhan. Le mini-État de Saro possède donc un roi institué dans la ville la plus importante, la « capitale ». Chaque cité fortifiée, de son côté, possède un chef, mais il y a peu de différence entre roi et chef en termes de sépulture jusqu'aux Ier et IIe siècle[5]. D'autre part, certaines villes sont restées indépendantes, n'ayant pas été intégrées à un quelconque mini-État.

Le roi Naemul (356-402) établit la monarchie héréditaire, avec le titre de Maripgan[6]. La période Maripgan désigne cette monarchie qui correspond aux six rois successifs de 356 à 514. Ce titre assurant le commandement principal s'appliquait au territoire de Saro et aux états voisins, après l'unification des cités-états avec un seul souverain à leur tête, au milieu du IVe siècle. Le roi n'établi pleinement son pouvoir qu'à la période suivante, de Junggogi (514-654), avec un système de gouvernement centralisé. Il utilise alors le titre royal chinois de wang.

Au départ, le puissant royaume de Koguryŏ considère avec bienveillance cette nouvelle entité, ayant fort à faire contre Paekche (centre-ouest de la péninsule). Cependant, les deux puissances du Sud, Silla et Paekche, s'allient au Ve siècle contre Koguryŏ.

Silla Unifié[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période Silla Unifié.

Cette unification se réalise difficilement à travers une longue période guerres entre les trois royaumes, au Sud, et Koguryŏ, au Nord.

Le roi Jinheug (540-576) constitue une force militaire importante. Trahissant Paekche au cours d'une offensive commune, il s'empare en 551 du bassin du fleuve Han. Il annexe les villes de la confédération de Gaya entre 562 et 567.

Après avoir reculé au cours du premier tiers du VIIe siècle sur le fleuve Naktong, Silla s'allia à la Chine des Tang. Celle-ci fournit une importante flotte, et en 660, le roi Muyeol (654-661) conquiert le royaume de Paekche (bataille de Hakusukinoe en 663). En 668, c'est Munmu qui soumet le royaume de Koguryŏ, avec le général Kim Yu-shin. Pyongyang est mise à sac à cette occasion. Ensuite, Silla lutta plus d'une décennie pour expulser les Chinois, et établit un royaume unifié . Ce royaume fut prospère au VIIIe siècle avant de tomber sous les coups des nomades en 935 (fin de la dynastie régnante à Kyŏngju).

Culture[modifier | modifier le code]

Ce royaume doit une partie de sa prospérité à l'institution des structures éducatives des Trois Royaumes : hwarang (fleurs de la jeunesse).

La capitale du royaume était Kyŏngju (romanisation révisée : Gyeongju, 慶州). Un grand nombre de vestiges de l'époque Silla, et notamment des tombes, continuent d'être mises au jour dans le centre de la ville. Les tombes sont constituées d'une chambre de pierre qui est surmontée d'un tertre. Le quartier historique de Kyŏngju a été ajouté à la liste du patrimoine mondial de l'humanité en 2000.

L'État soutint le bouddhisme qui devint florissant à Silla. De nombreux temples furent construits, dont les plus fameux sont ceux de Hwangyongsa, Pulguksa et Sokkuram. Les pagodes de bois de Silla ont plus tard été remplacées par des constructions de pierre.

L'importance du bouddhisme se retrouve dans les nombreuses sculptures laissées par les moines bouddhistes, notamment au mont Namsan. Ces statues et vestiges de pierre sont souvent restés attachés à la montagne, ce qui explique qu'ils aient été préservés depuis cette époque.

La cloche de bronze de Seongdeok le Grand attire de nombreux touristes. Une légende est attachée au son particulier qu'elle produit.

Le remarquable Observatoire astronomique de Cheomseongdae près de la capitale est construit avec 362 pierres, pour les 362 jours de l'année lunaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Samguk sagi est rédigé par Kim Busik, un descendant de la famille royale de Silla. En donnant une date de fondation plus ancienne pour ce royaume, il est possible qu'il ait cherché à lui conférer une plus grande ancienneté, donc une plus grande valeur par rapport aux autres dynasties coréennes.
  2. Yi Hyunhae : Early Korea 2, 2009, p. 23
  3. Yi Hyunhae : Early Korea 2, 2009, p. 25
  4. Chinhan est, aujourd'hui, Gyeongju.
  5. Yi Hyunhae : Early Korea 2, 2009, p. 28-29
  6. Soyoung Lee et al., 2013, p. 32

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark E. Byington (éditeur scientifique), Early Korea 1 : Reconsidering Early Korean History Through Archaeology, Korea Institute, Harvard University, , 239 p. (ISBN 0979580013)
  • (en) Soyoung Lee and Denise Patry Leidy et [al.], Silla : Korea's golden kingdom, Metropolitan Museum of Art and Yale University press, , XV-219 p. (ISBN 978-1-588-39502-3 et 978-0-300-19702-0), p. 148-149.
  • (en) Mark E. Byington (éditeur scientifique), Early Korea 2 : The Samhan Period in Korean History, Korea Institute, Harvard University, , 208 p. (ISBN 097958003X)