Royaume de Wei

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Royaume de Wei
曹魏 (Cáo Wèi) (zh)

220265

Description de cette image, également commentée ci-après

Territoires des Trois Royaumes de Chine en 262.
Le royaume de Wei est représenté en jaune.

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Luoyang
Langue Chinois
Religion Bouddhisme, Taoïsme, Confucianisme, Religion traditionnelle chinoise
Démographie
Population 4 400 000 (Estimation)
Histoire et événements
220 Cao Pi s'empare du trône de Han Xiandi
265 Création de la dynastie Jin
Empereurs
220 - 226 Cao Pi
226 - 239 Cao Rui
239 - 254 Cao Fang
254 - 260 Cao Mao
260 - 265 Cao Huan

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Entités suivantes :

Le royaume de Wei, également appelé Cao Wei (曹魏, Cáo Wèi), était un des royaumes qui régnaient sur la Chine pendant la période des Trois Royaumes. Avec la capitale à Luòyáng, l'empire fut établi par Cao Pi en 220, à partir des bases posées par son père Cao Cao. Son nom vient de 213, lorsque les exploitations féodales de Cao Cao ont donné le nom de Wei; les historiens souvent ajoutent le préfixe Cao (du nom de famille de Cao Cao) afin de la distinguer des autres États que l'histoire de la Chine a également connu sous le nom de Wei, par exemple les précédents États de Wei durant la période des royaumes combattants, et plus tard l'État de la dynastie Wei du Nord. En 220, lorsque Cao Pi déposséda le dernier empereur de la dynastie Han, Wei est devenu le nom de la nouvelle dynastie qu'il fonda. Cette dynastie fut saisie et contrôlée par la famille Sima en 249, jusqu'à ce qu'elle fût renversée et soit devenue une partie de la dynastie Jin en 265.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant le déclin de la dynastie Han, le nord de la Chine est sous le contrôle de Cao Cao, le chancelier impérial du dernier empereur Han. En 213, il gagne le nom de "Duc de Wei" et se voit accorder dix villes dans son domaine, qui est appelé "Wei". À cette époque, le sud de la Chine était déjà divisé en deux territoires dirigés par deux seigneurs de guerre (les futurs royaume de Shu et royaume de Wu). En 216, Cao Cao prend le titre de "Roi de Wei".

Le 15 mars 220, Cao Cao meurt et son fils Cao Pi lui succède en tant que Roi de Wei et chancelier impérial. Le 11 décembre de la même année, Cao Pi s'empare du trône, proclame la fondation de la dynastie Wei et décerne à son père le titre posthume d'Empereur Wu du Wei (魏武帝). Immédiatement, cette prise de pouvoir est contestée par Liu Bei et Sun Quan, qui fondent leur propre royaume et se proclament également empereurs (respectivement en 221 et 229). Cao Pi règne alors avec l’aide du Premier ministre et stratège Sima Yi, apparenté au célèbre historien de la dynastie Han, Sima Qian.

En 238, le royaume de Wei conquit les commanderies de Lolang et Taibang de Koguryŏ (ancienne Corée), qui avait refusé l'alliance proposée par le royaume de Wu lors d'envois de messagers par mer en 235 et 236[1]. Elles seront reprises en 313, et les Chinois définitivement chassés de Corée. Les Wei reçurent plusieurs messagers du Yamato, le royaume de la reine Himiko (ancien Japon) en 239, 242 et 246 ; les Wei eux-mêmes auraient envoyé un groupe de messagers au Yamato en 240[1].

En 249, la famille Sima s'empare du pouvoir dans le royaume de Wei. Sima Yi fait pression sur l'Empereur Cao Fang et se débarrasse de son rival Cao Shuang puis se voit offrir le poste de premier ministre, s’emparant ainsi du pouvoir. L'empereur Cao Mao sera le seul à essayer de récupérer le pouvoir. Il meurt pendant son affrontement contre Sima Zhao en 260.

En 263, le royaume de Wei conquiert le royaume de Shu, 40 ans après la mort de Liu Bei et 29 ans après la bataille des plaines de Wu Zhang qui vit la fin du stratège et Premier ministre du Shu Zhuge Liang. Peu de temps après, en 265, la dynastie Wei est renversée par son dernier chancelier impérial, Sima Yan, petit-fils de Sima Yi, qui fonde la dynastie Jin. Dynastie qui en 280 conquit le royaume du Wu de Sun Hao et qui marque la fin de la période des trois royaumes.

Administration[modifier | modifier le code]

Un premier problème administratif qui se pose dès Cao Cao est de reconstituer une administration solide, après les morts et les fuites provoquées par la guerre civile des années 180-190, tout en éliminant les éléments les plus loyalistes aux Han. Il instaure alors le système dit des « Neufs rangs » (jiupin) : la hiérarchie administrative est désignée en neuf rangs (le premier étant le plus élevé), et des juges impartiaux désignés par la cour doivent sélectionner les recrues de l'administration sur la base de dossiers et de recommandations fournis par les élites locales. Très pragmatique, la sélection doit être faite uniquement sur la base du talent et du mérite, et non pas les qualités morales mises en avant sous les Han (piété filiale, incorruptibilité, etc.). Mais ces vues sont détournées dès le règne de Cao Pi : ce dernier met l'emphase sur les qualités littéraires et poétiques des candidats, ce qui a pour conséquence d'avantager les membres des élites lettrées. Cette pratique est accentuée par ses successeurs. Les premiers empereurs Jin finissent par rétablir la prise en compte du rang du père du candidat, retournant ainsi à un système favorisant l'hérédité et donc les grands lignages établis[2].

Parmi les autres mesures prises par Cao Cao et Cao Pi figure la réorganisation de l'appareil juridique. Un nouveau code juridique est promulgué, reprenant l'héritage législatif des Han tout en le durcissant. Le premier empereur des Sima-Jin prolonge ces mesures en faisant à son tour rédiger un code plus important, promulgué en 268[3].

Les conflits militaires entraînent également des massacres et des mouvements de fuite de populations (surtout paysannes) vers des régions épargnées par les affrontements, laissant ainsi certaines régions dans une situation de pénurie démographique et d'atonie agricole, marquant la fin de la petite propriété paysanne sur laquelle reposaient les ressources des empires Qin et Han. Aux yeux des chefs d'État, il faut trouver une nouvelle solution pour s'assurer les ressources humaines et matérielles nécessaires à l'engagement de nouvelles campagnes militaires, mais aussi mettre en place de nouveaux domaines moins dépendants des grands propriétaires. C'est une fois de plus Cao Cao qui impulse les réformes dans ce domaine. Il s'inspire du système des colonies agricoles militaires (tuntian) frontalières existant sous les Han (notamment dans le Nord), mais les transporte à l'intérieur même de la Chine : les premières sont constituées en 196 de Turbans jaunes déportés et implantés dans la vallée du Fleuve Jaune ; plus tard il installe également dans l'actuel Shanxi des groupes Xiongnu, dont il apprécie les qualités de cavaliers-archers. Ces colonies sont divisées entre celles à fonction purement agricole, qui paient des taxes, et celles à fonction militaire, qui doivent financer le service militaire. Les populations de ces colonies, qui se développent par la suite, figurent dans des registres et ne peuvent quitter leurs domaines. Les colons doivent se marier à l'intérieur de celles-ci et assurer le service militaire à la suite de leur père : l'armée devient donc héréditaire. Comme souvent dans la Chine ancienne, les initiatives en matière d'agriculture sont couplées avec celles de type militaire. Les politiques de reconquête des terres s'accompagnent aussi de projets d'irrigation. Avec le temps, la politique de colonies prend un tournant défavorable à l'État : les colonies militaires sont peu à peu concédées à des lignages alliés du pouvoir en échange de leurs services, ce qui prive rapidement l'État de ressources et place directement les dépendants agricoles et militaires sous la coupe de l'élite terrienne, qui dispose ainsi de travailleurs et de soldats servant pour son propre compte[4].

Lettres et pensée[modifier | modifier le code]

Fresque murale représentant des personnages assis, peinte dans une tombe à Luoyang, durant la dynastie Wei

L'étude des caractères et les « causeries pures »[modifier | modifier le code]

Les préoccupations des penseurs établis sont donc liées à celles de la politique de leur temps. Depuis la fin du IIe siècle, les cercles lettrés de la cour avaient pris l'habitude de se livrer à l'étude de l'organisation de la société, de sa hiérarchisation et des aptitudes et caractères individuels, dans une optique de critique des candidats aux postes officiels. Ils ont tendance à s'intéresser plus aux qualités propres des individus qu'à leur morale ou leur renom, lié notamment à leurs ancêtres, comme le veut la « doctrine des noms » (mingjiao), en vogue durant la fin des Han et qui dispose encore de défenseurs sous les Wei (Zhong Hui), qui cherche à faire correspondre les termes à la réalité, donc à situer dans l'échiquier politique et social chaque homme en fonction de ses capacités. Ces réflexions influencent la réforme du recrutement des fonctionnaires initiée par Cao Cao et sont approfondies plus tard par Liu Shao, un ministre de Wei dans son Traité des caractères (Renwu lun, v. 240). C'est également dans ce contexte qu'émergent les « causeries pures » (qingtan), art de la discussion par lequel les lettrés cherchent à mieux connaître le « caractère » de leurs pairs, à analyser les concepts par le débat. Cela favorise la libération de la parole des esprits les plus iconoclastes, qui cherchent à remettre en cause de l'orthodoxie confucianiste, en retrait avec le déclin puis la chute du pouvoir Han[5].

Wang Bi et l'« étude du Mystère »[modifier | modifier le code]

Le milieu des « causeries pures » connaît une grande vogue à la cour des Wei durant l'ère Zhengshi (240-249), sous le patronage de Cao Shuang qui exerce alors la régence. C'est alors qu'émerge l'un des plus brillants esprits de la période des Trois Royaumes, Wang Bi (226-249), sous l'égide d'un autre grand penseur qui est alors bien en vue auprès des détenteurs du pouvoir, He Yan (190-249)[6]. Les deux ont étudié et commenté les classiques taoïstes (le Zhuangzi et le Laozi), aux côtés du Livre des Mutations (Yijing) et des plus établis Entretiens de Confucius (Lunyu) pour en tirer des commentaires très élaborés, d'autant plus remarquables chez Wang Bi que celui-ci les a écrits avant ses vingt-trois ans, âge de sa mort. Le courant auquel participent He Yan et Wang Bi est qualifié d'« étude du Mystère » (xuanxue). L'idée maîtresse de Wang Bi est que tout ce qui existe procède du « non-étant » (wu), concept repris du Laozi, qui se confond chez lui avec le « Dao » ou le « Grand Un », autres principes suprêmes dans la pensée chinoise. Il est donc indifférencié, au-delà du tangible (d'où l'aspect « mystérieux »), et les réflexions de ce penseur et de He Yan se portent notamment sur les moyens d'appréhender et comprendre l'indicible. Cela va à l'encontre le l'idéologie dominante sous les Han, reposant sur une cosmologie dominée par la figure du Ciel et l'idéal moral. Dans l'optique de Wang Bi, le Saint, en particulier le souverain, doit donc régner par le « non-agir » (wu wei), sans action prédéterminée, ce qui est une critique des régimes autoritaires et militaires alors en plein essor[7].

Les « Sept sages de la forêt de bambous » et la tentation du retrait du monde[modifier | modifier le code]

Estampage d'un relief mural recomposé d'après une peinture de Lu Tanwei[N 1], dans une tombe de la période des Song du Sud (seconde moitié du Ve siècle), représentant les Sept Sages de la forêt de bambous (des Trois Royaumes) et Rong Qiqi (penseur des Printemps et Automnes) dans une « causerie pure », buvant, fumant et célébrant les arts de la poésie et de la musique. 80 x 240 cm

Les courants de critique de l'idéologie traditionnelle connurent un essor lié aux vicissitudes politiques de la chute de la dynastie des Cao-Wei en 249. Quand Sima Yi élimina Cao Shuang et une grande partie du clan Cao, les courants critiques furent également réprimés (He Yan étant exécuté car marié à une princesse Cao) et le confucianisme regagne les pleines faveurs du pouvoir. Cela incite les penseurs incriminés (mais épargnés) à se retirer de la cour pour des lieux d'érémitisme en dehors du monde où ils pourraient développer une pensée plus libre, marquée notamment par le taoïsme naturaliste, allant à l'encontre de la tradition confucéenne qui valorise la recherche de la meilleure carrière possible dans l'administration, via notamment le succès aux concours impériaux[8].

La tradition chinoise en a retenu un groupe nommé les « Sept Sages de la forêt de bambous », dont les figures de proue sont les poètes Xi Kang (223-262) et Ruan Ji (210-263). Il est en fait difficile de dire si ces personnages se sont effectivement côtoyés, mais ils sont passés à la postérité comme des esprits anticonformistes, se retrouvant pour converser autour de poésie et de chansons au cours de banquets arrosés dans des ermitages isolés (?) (la « forêt de bambous »[9]), et plusieurs d'entre eux auraient eu une conduite scandaleuse (ce qui pourrait être lié à une tentative des sources proches des Sima de les discréditer). Ils sont ainsi devenus les archétypes du sage cultivant le retrait du monde, figure très populaire dans le monde chinois médiéval, et firent l'objet de nombreuses représentations artistiques[10].

Les écrits de Ruan Ji présentent bien une pensée inspirée du taoïsme (mais avec un arrière-plan confucéen) visant à ramener le monde à une morale qui aurait été perdue, ou parfois à célébrer l'éloignement mystique voire l'anarchie[11]. Xi Kang, qui a rédigé des œuvres parmi les plus marquantes de la logique et de la dialectique chinoise médiévale, se consacre surtout à la réflexion sur les moyens d'atteindre l'immortalité selon l'angle taoïste, qui peut être atteinte par des réflexions sur la nature du dao, ou encore la pratique d'une musique libérant l'esprit des émotions et contraintes extérieures[12]. Ils ont surtout été retenus pour avoir promu l'idéal du sage qui ne se dévoue pas à la morale confucéenne et au service du pouvoir pour se retirer des affaires du monde[13].

Calligraphie[modifier | modifier le code]

Entre la dynastie Han et la dynastie Cao Wei, le style de calligraphie chinoise appelé Kaishu, encore utilisé de nos jours dans l'écriture et l'édition, est apparu, avec son premier maître connu appelé Zhong Yao[14].

Tombes et matériel funéraire[modifier | modifier le code]

L'art du IIIe siècle chinois est mal connu, et cela est lié à plusieurs facteurs. D'abord le peu de sites archéologiques de cette période mis au jour, qui limitent le corpus d'objets connus. Ensuite des problèmes de détermination de la chronologie desdits objets : les artistes de la période des Trois royaumes n'ont manifestement pas procédé à de grands changements par rapport à ceux de la fin de l'empire des Han postérieurs, ce qui fait qu'en l'absence de textes permettant de dater précisément les sites fouillés il est souvent difficile de dire à quelle période on se situe. L'approximation est de l'ordre de plusieurs décennies. Cela vaut également pour déterminer l'attribution d'un objet à la période des Trois Royaumes où à celle de la dynastie Jin qui lui succède. De fait, on peut au mieux établir quelques grandes tendances concernant le IIIe siècle dans sa globalité.

La Plaine centrale autour du Fleuve Jaune où se développe l’État de Wei est l'ancien foyer de la culture des Han postérieurs. La culture matérielle y présente peu de modifications par rapport à la période précédente. Elle provient essentiellement de tombes appartenant au milieu des élites. Ces tombes sont constituées de façon caractéristique deux chambres souterraines, comprenant la chambre funéraire abritant le cercueil du défunt et d'autres membres de sa famille, les antichambres avec un matériel funéraire plus ou moins fourni, destiné à accompagner le défunt dans l'au-delà. Dans les autres régions, les tombes suivent les modèles de la période précédente, mais présentent une plus grande diversité[15]. Aucune tombe impériale de cette période n'a été mise au jour, même si les textes anciens donnent leur localisation approximative. La seule à avoir été identifiée est celle du prince Cao Zhi, située à Yushan dans le Shandong. Elle est constituée de deux chambres, celle abritant le cercueil faisant 8 mètres de haut, culminant dans une voûte[16]. Une autre tombe a été mise au jour en 2008 à Fancheng dans la préfecture de Xiangyang (Hubei), abritant les cercueils en bois d'un personnage de statut militaire (que les fouilleurs ont pu chercher à identifier comme étant Cao Cao, sans aucune assurance) et de sa femme, datant de la fin des Han ou des premiers temps du royaume de Wei[17].

Le matériel qui y a été retrouvé dans les deux tombes de Wei mentionnées plus haut est dans la droite ligne des traditions artistiques de la période finale des Han, des objets prisés des élites de l'époque. Celle de Cao Zhi a livré 132 objets luxueux, en jade, verre, agate, pierres précieuses, etc[16] Celui de la tombe de Fancheng est impressionnant : de nombreuses vases en argile à glaçure ; des figurines en argile elles aussi glaçurées, représentant notamment des animaux et une créature à tête de félin servant sans doute de gardien de tombe, mais aussi une maquette de tour haute de plus d'un mètre ; des figurines de bronze, notamment un cheval à échelle réelle ; d'autres objets en bronze ou en fer (vaisselle, ornements divers comme un crochet, un brasier, un sabre, une gâchette d'arbalète, un miroir circulaire décoré d'animaux stylisés) ; un disque et une figurine en jade ; des bijoux et autres ornements vestimentaires (un bracelet et un disque en or, un collier de perles de cristal et d'agate)[17].

Les objets les plus caractéristiques des tombes de la Chine ancienne et médiévale sont ceux désignés par le terme mingqi, confectionnés expressément dans un but funéraire, et en particulier les figurines de terre cuite d'hommes, d'animaux, de bâtiments et de véhicules[18]. Ce petit peuple des tombes est assez semblable où qu'on soit, jusqu'au Sichuan dans le royaume de Shu. Il témoigne d'une attention au geste exact, bien observé et rendu avec l'économie qui caractérise l'art populaire. Ce style simple et direct se rencontre aussi sur les briques peintes de cette époque. En effet les murs des tombes des élites étaient souvent peints ; depuis les Han postérieurs, les représentations dominantes sont des scènes de la vie quotidienne idéalisée du défunt, manifestant notamment les succès dans sa carrière administrative[19], mais durant la période des Trois Royaumes on y rencontre tout simplement la vie, sans prétention, du petit peuple. Et ces images ont un grand succès en Chine, aujourd'hui.

Objets issus de tombeaux des régions dans la mouvance du royaume de Wei.

Les miroirs[modifier | modifier le code]

Personnalités importantes[modifier | modifier le code]

Empereurs du Royaume de Wei[modifier | modifier le code]

Le royaume de Wei compta six empereurs :

  1. Cao Cao (à titre posthume)
  2. Cao Pi (220 - 226)
  3. Cao Rui (226 - 239)
  4. Cao Fang (239 - 254)
  5. Cao Mao (254 - 260)
  6. Cao Huan (260 - 265), abdique.

L'arbre généalogique ci-dessous présente la famille des dirigeants du royaume de Wei. Les dates en dessous des noms sont les dates de début et fin de règne.

 
 
 
 
 
 
Cao Cao 曹操 (155-220)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cao Pi 曹丕 (187-226)
220-226
 
 
 
Cao Zhang 曹彰 (189-223)
 
Cao Yu 曹宇(?-?)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cao Lin 曹霖(?-?)
 
Cao Rui 曹叡 (205-239)
226-239
 
Cao Kai 曹楷(?-?)
 
Cao Huan 曹奐 (246-303)
260-265
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
adopté
 
 
 
Cao Mao 曹髦 (242-260)
254-260
 
 
 
 
Cao Fang 曹芳 (231-274)
239-254

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour obtenir une telle estampe on aura du procéder en plusieurs étapes. Des feuilles humides qui servent de protection sont appliquées sur les reliefs du mur, ces feuilles sont enduites d'encre noire avec un tampon. On en effectue le relevé avec des feuilles et un tampon propres. Le tout est ensuite assemblé. Le relief a été, quant à lui, obtenu d'après une copie de l'original perdu aujourd'hui. Mais comme il en existe plusieurs variantes et de qualité différentes - positions variées des personnages et points de vue différents sur ces personnages - on peut essayer de reconstituer ce qui s'est passé ensuite. Cette copie originale semble avoir été en partie perdue, puis complétée par un artiste qui a effectué ce complément dans l'esprit de l'artiste initial ; sur ce côté du mur, l'autre côté n'étant pas de cette qualité. Cette « restitution » a été transposée sur bois (?) ou sur argile, puis gravé. L'argile étant probablement cuit. Ce sont ces gravures, en creux, qui ont été relevées avec un soin extrême, brique par brique appuyée sur le modèle pour obtenir les reliefs que nous voyons, en prenant en compte les futurs joints avec des cales. Les briques ont été « numérotées », puis cuites et ensuite réassemblées lors de la réalisation du mur. La composition initiale est attribuée à Lu Tanwei (originaire de Wu, il servit l'empereur Ming (465-472) des Liu Song - du Sud - pendant la période des Dynasties du Nord et du Sud). Lu Tanwei fut jugé le plus grand peintre - « au-delà de la catégorie supérieur-supérieur » [trad. Yolaine Escande 2003, p. 299] - par le critique Xie He (act. 500-536). On peut y reconnaitre Ji Kang (223-262), à gauche, philosophe en quête de l'immortalité, sous un ginkgo biloba. Non son portrait réaliste mais une évocation de son portrait moral. Chaque personnage étant fortement individualisé dans cette œuvre majeure. : Wyatt et al. 2004, p. 206-209
  2. Sur les hybrides : Danielle Elisseeff, Hybrides chinois : La quête de tous les possibles, Hazan - Musée du Louvre, 2011. ISBN 978-2-7541-0540-8. La partie intitulée Les êtres des confins, semble évoquer des figures similaires à celles des miroirs des Trois Royaumes bien qu'il traite des Royaumes Combattants. Une certaine continuité des codes figuratifs et du symbolisme semble pouvoir être avancé au regard des œuvres. Les miroirs montrent en effet des figures données comme taoïstes par le, très spécialisé, musée d'Honolulu avec des « hommes » ayant des cheveux dressés sur la tête et des êtres hybrides, qui semblent signifier ce monde invisible.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Masumi Shibata, Le Kojiki : chronique des choses anciennes, Maisonneuve & Larose 1997 (ISBN 9782706812750)
  2. Lewis 2009, p. 38-42
  3. Gernet 2006, p. 228
  4. Gernet 2006, p. 226-229 ; Lewis 2009, p. 54-58 et 135-138
  5. Demiéville 1986, p. 827-828 ; Blanchon et al. 1999, p. 343-344 ; Cheng 2002, p. 316 et 325-326 ; Gernet 2006, p. 262-263 ; Lewis 2009, p. 39-40
  6. de Crespigny 1991, p. 33-34
  7. Cheng 2002, p. 327-337 ; Lewis 2009, p. 221-224
  8. Lewis 2009, p. 44-51
  9. Sept Sages de la forêt de bambous : Le lieu : « la forêt de bambous »
  10. Lewis 2009, p. 48-49
  11. D. Holzman dans Lévy (dir.) 2000, p. 258
  12. D. Holzman dans Lévy (dir.) 2000, p. 132-133
  13. Lewis 2009, p. 224
  14. Qiu Xīguī ( 2000). Écriture chinoise. Traduction de 文字学概论 par Mattos et Norman. Early China Special Monograph Series n ° 4. Berkeley: La Société pour l'étude de la Chine Ancienne et Institut d'études de l'Asie orientale, Université de Californie, Berkeley. ISBN 1-55729-071-7, p. 142-3
  15. Dien 2007, p. 76-162 passe en revue les différents types de tombes découvertes par l'archéologie pour la période de division.
  16. a et b Dien 2007, p. 164-166
  17. a et b (en) « The Three Kingdoms tomb at Caiyue, Fancheng District in Xiangyang, Hubei », dans Chinese Archaeology 11/1, 2011, p. 92-105. On pourra comparer ces objets à ceux présentés dans Wyatt et al. 2004, p. 104-122.
  18. (en) J. C. Y. Wyatt, « Art and History of China from the Third to the Eighth Century », dans Wyatt et al. 2004, p. 6. Voir aussi Elisseeff 2008, p. 74-77 pour les évolutions depuis les débuts des Han.
  19. Elisseeff 2008, p. 223
  20. Réf. : Nicole Vandier-Nicolas, Peinture chinoise et tradition lettrée, p. 19; et : Trois mille ans de peinture chinoise, Yang Xin et al., page : 37; ainsi que Blanchon et al. 1999, p. 367-368. Enfin : Elisseeff 2008, p. 230-231 Notice 58: « Briques peintes de Jiayuguan ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Flora Blanchon et al., Arts et histoire de Chine, vol. 2, Paris, Presses Universitaires de Paris-Sorbonne, coll. « Asie »,‎ (ISBN 2840501236, OCLC 490634014)
  • Jacques Gernet, Le monde chinois : 1. De l'âge du bronze au Moyen Âge, 2100 av. J.-C.-Xe siècle après J.-C., Paris, Pocket,‎
  • (en) Victor Cunrui Xiong, Historical Dictionary of Medieval China, Lanham, Scarecrow Press, coll. « Historical dictionaries of ancient civilizations and historical eras »,‎ (ISBN 978-0-8108-6053-7)
  • (en) Albert E. Dien, Six Dynasties Civilization, New Haven, Yale University Press, coll. « Early Chinese civilization series »,‎
  • (en) Rafe de Crespigny, « The Three Kingdoms and Western Jin: a history of China in the Third Century AD », East Asian History, vol. 1 et 2,‎ , p. 1-36 et 143-165 (lire en ligne : [1] et [2] - consulté le 15 décembre 2014)
  • (en) Rafe de Crespigny, A Biographical Dictionary of Later Han to the Three Kingdoms (23-220 AD), Leyde et Boston, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik »,‎ (ISBN 90-04-15605-4)
  • (en) Mark Edward Lewis, China Between Empires : The Northern and Southern Dynasties, Cambridge et Londres, Belknap Press of Harvard University Press, coll. « History of imperial China »,‎
  • (en) James C. Y. Watt (dir.), China : Dawn of a Golden Age, 200-750 AD, New York, New Haven et Londres, Metropolitan Museum of Art et Yale University Press,‎ (lire en ligne)
  • Danielle Elisseeff, La Chine du Néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère), Paris, RMN, coll. « Manuels de l'école du Louvre »,‎
  • Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points Essais »,‎ (1re éd. 1997)
  • (en) Paul Demiéville, « Philosophy and Religion from Han to Sui », dans Denis C. Twitchett et John K. Fairbank (dir.), The Cambridge History of China, 1. The Ch'in and Han Empires, 221 B.C.-A.D. 220, Cambridge, Cambridge University Press,‎ , p. 808-872
  • Yolaine Escande (traduit et commenté), Traités chinois de peinture et de calligraphie. : les textes fondateurs (des Han aux Sui), t. 1, Paris, Klincksieck, coll. « L'esprit des formes »,‎ , 436 p. (ISBN 2252034505)
  • André Lévy (dir.), Dictionnaire de littérature chinoise, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige »,‎ (1re éd. 1994)