Préhistoire de la Corée

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La Préhistoire de la Corée est encore mal connue. Les fouilles archéologiques ont commencé tard. De 1910 à 1945, les Japonais ont freiné les fouilles, de peur que des découvertes ne révèlent une civilisation plus ancienne que celle du Japon. Puis, la guerre de Corée et la partition du pays ont retardé les recherches. Les premières découvertes importantes datent de 1964 et se poursuivent de nos jours.

Paléolithique[modifier | modifier le code]

La présence d’Homo erectus, bien que probable, n'est pas attestée par des découvertes archéologiques, au contraire des premiers Homo sapiens du Paléolithique inférieur dont on a retrouvé des traces sur le site de Tǒkch'ǒn (molaires et omoplate) et à proximité de Pyongyang (crâne d'enfant). Les plus anciens vestiges de la Préhistoire de la Corée datent d’environ 900 000 ans.

L'archéologie a permis de retrouver les traces d'une occupation paléolithique continue de la Corée. À cette époque l'homme mène une vie nomade en quête de sa nourriture. Il vit de chasse et de cueillette et utilise des outils en pierre, en bois ou en os.

Les premiers objets d’art retrouvés (pendentifs, représentations humaines ou animalières) remontent au Paléolithique moyen.

Des cheveux datant du Paléolithique supérieur ont permis d'attester l’origine mongoloïde des Coréens du Paléolithique. On a retrouvé à Bangudae des gravures rupestres d'animaux sauvages. Les Coréens du Paléolithique supérieur savaient se construire des abris en peaux de bête contre le vent. Les familles comptaient une dizaine de personnes.

Mésolithique[modifier | modifier le code]

On a longtemps pensé qu'il y avait une disparition de l'occupation humaine durant le Mésolithique, mais des découvertes récentes de microlithes attestent l'existence d'un Mésolithique coréen.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Les Paléoasiatiques, jusque là dispersés en Sibérie commencent à migrer vers la Corée aux environs de 10 000 av. J.-C. et assimilent les populations autochtones. Avec le réchauffement progressif (fin de la glaciation), la population humaine augmente et avance plus profondément dans la péninsule. Des légendes racontent l'arrivée des Han-gook vers 7 200 av. J.-C. du lac Baïkal en Sibérie et se sont maintenus plus de 3 000 ans.

Les hommes du Néolithique s'installent à proximité des cours d'eau ou sur le littoral et vivent de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Ils pratiquent également l’agriculture à l'aide de socs et de haches et de faucilles en pierre et de fléaux. Le riz semble avoir été cultivé dès la fin du Néolithique car du pollen daté de 1 500 av. J.-C. de cette céréale a été retrouvé à Naju. C’est à cette époque, avec le développement de l'agriculture, que se forment les premiers villages. Ils sont constitués d'une vingtaine de huttes. Les huttes néolithiques étaient en fait des fosses avec un toit en branchage et en peaux. Ce toit était parfois soutenu par des colonnes. Le foyer se trouvait au centre.

La poterie néolithique[modifier | modifier le code]

Les spécialistes sont divisés sur l'origine de la poterie coréenne. Pour certains, elle serait originaire de Sibérie et du Nord-est de la Chine, pour d'autres, du Japon où les poterie de la période Jōmon datent de 10 000 av. J.-C. À cette époque, la poterie était cuite à basse température - voir céramique.

La poterie à décor ajouté ou imprimé[modifier | modifier le code]

Elle présente de nombreuses similitudes avec les poteries japonaises de la période Jōmon. Le décor est constitué de bandes d'argiles ajoutées ou de bandes en relief dont les motifs sont créés par des incisions avec l'ongle. Parfois les décors sont limités à l'embouchure du vase, mais plus généralement, ces décors vont de l'embouchure au milieu du corps.

La poterie au peigne (Kammkeramik)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : période de la céramique Chulmun.

Les poteries du Néolithique coréen (8000 av. J.-C. environ) se caractérisent par leur décor « en dents de peigne », c'est-à-dire fait de lignes parallèles et de points, comme faits à l'aide d'un peigne. Ce décor couvre le corps du vase. On retrouve ce type de poterie dans toute l'Eurasie. Au cours du Néolithique, les décors passent de lignes droites à des lignes courbes qui seraient caractéristiques de sociétés agricoles. On le retrouve également en Chine et dans les poteries Jōmons au Japon.

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

Article détaillé : période de la céramique Mumun.

Au Xe siècle av. J.-C. arrivent en Corée des populations, probablement d'origine toungouses (nord-est de la Chine), les Yemaek, qui utilisent des armes et des outils en bronze. Avec elles, les traditions nomades et guerrières se développent en Corée. La société se hiérarchise et donne naissance aux premiers proto-États de la péninsule. On constate le développement de l’agriculture et de la riziculture, mais aussi de l’élevage. Les outils de bronze permettent un essor de l’agriculture qui permet désormais de nourrir des hommes qui ne travaillent pas la terre : artisans et aristocratie guerrière. La Corée connaît des problèmes de surpopulation qui provoquent des migrations vers Kyushu au Japon.

Les Coréens de l'âge du bronze vivaient le long des cours d'eau ou sur des collines basses dans des habitations de pierre avec un chauffage par le sol, ancêtre de l’ondol. On constate des différences entre les habitations qui attestent de différences entre les classes. Les habitations sont regroupées en villages d'une dizaine de maisons. Les premiers remparts font leur apparition.

Le chamanisme, religion des habitants de la péninsule coréenne lors du Néolithique, se perpétue pendant l'âge du bronze. Le culte du totem (totémisme) de l'ours, qui a débuté lors de la période néolithique, est aussi lié à l'âge du bronze, en particulier dans les régions du nord de la péninsule ; ainsi, cette tradition totémique se transmet depuis le tout début de l'histoire coréenne.

Les dolmens[modifier | modifier le code]

C'est de l'âge du bronze que datent les 30 000 dolmens du pays. Les dolmens coréens sont de trois types :

  • le premier est, comme les dolmens néolithiques européens, fait de deux ou trois pierres dressées verticalement, sur lesquelles a été posée une grande dalle, qui fait table ;
  • le second a le même aspect, mais les pierres support n'ont pas été dressées, mais descendues dans une cavité creusée ;
  • le troisième type n'est plus tout à fait un dolmen, puisqu'il n'y a pas de montants verticaux.

Contrairement aux dolmens d'Europe, les dolmens coréens n'étaient pas des tombes de chefs, ou de personnages exceptionnels. Ils sont trop nombreux pour cela. La plus grande concentration de dolmens en Corée se situe dans le Jeolla (전라도), mais il y en a partout dans la péninsule.

Sur l'île de Ganghwa se trouvent 120 dolmens, disposés en cercle.

La poterie de l'âge du bronze[modifier | modifier le code]

Les premières poterie de l'âge du bronze ne sont pas décorées. On distingue une poterie noire et une poterie rouge. Les poteries du Nord de la Corée sont influencées par celle du Liaoning chinois. Dans le sud, on voit apparaître une poterie à motif d'aubergine, semblable à celle du Liaodong arrivée en Corée par les bassins des fleuves Yalou et Toumen. On a également découvert des poteries japonaises.

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Le fer a été introduit depuis la Chine le long du cours du Toumen et avec lui les premières monnaies des Yan. La culture du fer se diffuse ensuite le long des fleuves Taedong et Han. Le bassin du Han permet au Ier siècle av. J.-C. l'installation des premiers villages spécialisés dans l’exploitation des mines de fer et la métallurgie. Les objets en fer sont exportés au Japon par le détroit de Tsushima. Les objets en bronze sont désormais exclusivement des objets rituels.

Le fer permet des progrès de l'agriculture, grâce à des outils plus tranchants. Les populations sont désormais sédentarisées.

Vers 300 av. J.-C., les habitations deviennent plus spacieuses et l'usage de l'ondol se répand : il s'agit d'un chauffage par le sol, encore utilisé aujourd'hui. La fumée du foyer est récupérée et circule sous tout le plancher de la maison. L'architecture précédente des maisons, qui étaient semi-enterrées, disparaît. Bien qu'évoquant le système de chauffage kang chinois et le kotatsu japonais, il ne leur est pas assimilable.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

L'ère Bai-dal s'intercale entre la période Han-gook et la Période Ko-Chosŏn finale. L'un de ses rois fut nommé le Diable rouge par ses ennemis, car son armure était rouge. Le roi Diable rouge est toujours populaire dans la Corée moderne.

Formation de royaumes coréens : les tribus[modifier | modifier le code]

Durant cette période de transition entre fin de la Préhistoire et début de l'Histoire, des tribus vivent disséminées dans l'espace coréen. Elles ont fondé les premières villes fortifiées. Ces tribus se répartissent entre, au nord-ouest, le bassin du fleuve Liao, au nord celui du fleuve Sungari et au sud l'extrémité de la péninsule, et forment ce que les Chinois appelaient les barbares de l'est. Plusieurs ethnies forment ces tribus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]