Histoire de la Corée

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Horloge solaire

Les traces de présence humaine en Corée remontent au Paléolithique. Les premières poteries coréennes connues remontent à - 8000. Selon Samguk Yusa et d'autres documents de l'époque médiévale coréenne, le royaume Ko-Chosŏn (Joseon ancien) aurait été fondé en - 2333, s'étendant de la péninsule à une large partie de la Manchourie[1]. Ce royaume fut disloqué en plusieurs États vers le IIIe siècle av. J.-C..

Sommaire

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Préhistoire de la Corée.

La préhistoire de la Corée est encore mal connue. Mais les publications scientifiques se sont multipliées depuis les années 1990 en s'accélérant considérablement au cours des années 2010.

Les découvertes archéologiques indiquent qu'il y avait des homo sapiens installés dans la péninsule coréenne il y a environ 400 000 ans[réf. souhaitée].

Période Ko-Chosŏn[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période Gojoseon.

La période mythique Joseon ancien commence en 2333 av. J.-C. avec la naissance légendaire de la civilisation coréenne, au moins, puisque jusqu'à l'établissement de la dynastie Han chinoise, en l'année 206 av. J.-C., il n'y a pas de document attestant de civilisation en Corée.

Époque proto-Trois Royaumes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Koguryo et Samhan.

Durant cette période trois confédérations Mahan, Jinhan et Byeonhan existaient dans le Sud de la péninsule coréenne, du IIIe siècle avant notre ère (sur des bases archéologiques) ou du IIe siècle (sur des bases historiques) au IIIe siècle de notre ère, tandis que le royaume de Koguryo a existé, dans le Nord de la péninsule et sur certaines régions du Nord-est de la Chine, mais du Ier siècle avant notre ère au VIIe siècle de notre ère.

Trois Royaumes de Corée du Ier siècle av. J.-C. au VIIe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trois Royaumes de Corée.

Unification politique lente de la péninsule[modifier | modifier le code]

Émergence des Trois Royaumes[modifier | modifier le code]

Carte de la péninsule vers 375, après la conquête par le Paekche (en vert) de la partie sud du Koguryŏ (en rouge).

Le royaume du Koguryŏ commence à se constituer avant IIe siècle av. J.-C. sous la forme d'une cité fortifiée dans le nord de la péninsule. Après leur expulsion en 75 av. J.-C. de la commanderie chinoise qui les dirige, une confédération de chefferies commence à se constituer autour de cinq tribus. Jumong qui dirige l'une d'elles en prend la direction politique en 35 av. J.-C., marquant le début effectif du royaume de Koguryŏ. De tribu nomade du sud de la Mandchourie, la nouvelle entité migre vers le sud, déplaçant au passage sa capitale de la ville de Jolbon (en) vers Gungnae, sur les berges de la Yalou en 3 ap. J.-C.. Le nouvel État se structure, et connait une phase d'expansion importante lors du règne du roi Taejo le Grand à la fin du Ier siècle[2] ; cette expansion se fait au détriment de terres détenues par d'autres tribus coréennes, mais aussi de la Chine, des raids étant menés au delà de la rivière Liao. La fin du IIe siècle voit le règne de Gogukcheon of Goguryeo (en) consolider la structure du royaume. Son administration est réformée pour affirmer son autorité sur l'aristocratie. Les conflits avec des pouvoirs chinois marquent le début du IIIe siècle, et en 244 les Wei envahissent le royaume[3] et obligent Dongcheon of Goguryeo (en) à fuir et à trouver refuge dans l'État du Okcho. Cependant les Wei sont conquis par un autre royaume chinois en 265, permettant au Koguryŏ de reprendre ses raids au-delà de la rivière Liao. En 313, la commanderie de Lelang est capturée par Micheon of Goguryeo (en), ouvrant ainsi la voie à une implantation dans la vallée de la rivière Taedong. Le pays est cependant ravagé en 342 par Murong Huang (en) lorsque la dynastie Jin émerge comme puissance dominante en Chine. Le roi Sosurim of Goguryeo (en) entreprend des réformes à la fin du IVe siècle. La pratique du bouddhisme est acceptée dans le pays. Le confucianisme s'impose comme modèle politique, avec la création en 372 d'une institution chargée de former les hauts fonctionnaires, le T'aehak (ko), et l'année suivante une code légal s'inspirant de cette école de pensée, le yulyŏng, est promulgué[4]. Une réforme militaire est aussi entreprise, préparant la montée en puissance du royaume lors du règne de Kwanggaet'o Wang au tournant des IVe siècle et Ve siècle[5].

Le royaume de Paekche se structure au sud-ouest de la Corée, au sein de la confédération de Mahan, en tirant profit de la fertilité du bassin de la rivière Han où il est installé. Selon le Samguk sagi publié en 1145, ce royaume aurait été fondé en 18 av. J.-C. par Onjo of Baekje (en) (Paekche), l'un des fils du fondateur du royaume Koguryŏ. Au milieu du IIIe siècle, le roi Goi of Baekje (en) (Paekche) étend sensiblement les frontières du royaume, en s'attaquant aux commanderies chinoises de Lelang et de Taifang, ainsi qu'aux Mohe au nord[6]. Il modernise l'administration de son royaume, ce qui permet à ses successeurs de se lancer dans une politique de conquêtes militaires. Geunchogo effectue la conquête de la confédération de Mahan en 369, et en 371 il attaque le royaume du Koguryŏ et met à sac sa capitale. Tout le sud-ouest de la péninsule est à cette date sous son administration, c'est-à-dire la partie de la région la plus densément peuplée, et là où l'agriculture est la plus développée. Le royaume de Paekche s'impose alors comme intermédiaire économique et culturel entre la Chine et le Japon[7].

Le royaume de Silla émerge au sein d'une confédération de royaumes dans la plaine de Gyeongju. Le Samguk sagi indique une fondation en 57 av. J.-C.[n 1] par Hyeokgeose de Silla[8]. Situé dans l'est du pays, et isolé des influences chinoises, il est plus lent que les autres royaumes à adopter des modèles de gouvernance venant de ce pays. Ce n'est qu'au milieu du IVe siècle qui parvient à s'imposer dans sa région d'origine[9] et que le roi Naemul (en) impose sa lignée pour diriger le royaume à partir de 356. Silla est réduit au rang de protectorat du Koguryŏ au début du Ve siècle dont il ne s'extrait qu'à la fin du même siècle en contractant une alliance avec Paekche[10].

Enfin, la confédération de Gaya se développe à l'extrémité sud de la péninsule, ainsi qu'au nord de l'ile de Kyūshū[11]. Contrarié par la présence de puissants voisins comme les royaumes de Paekche et de Silla, cet État ne parvient pas à moderniser son administration comme le font les autres royaumes à l'époque[12].

Des royaumes coréens en lutte pour assoir leurs dominations du Ve au VIIe[modifier | modifier le code]

Carte de la péninsule vers 576, après la conquête par le Silla (en bleu) de la partie nord du Paekche (en vert).

Le Koguryŏ affirme sa domination sur la péninsule à partir du début du Ve siècle. Après la conquête d'une partie de la Manchourie au nord, et d'une partie du royaume de Paekche au sud, par le roi Kwanggaet'o Wang lors de la dernière décennie du siècle précédent, son fils Changsu Wang étend son emprise sur la Corée lors de son règne de 413 à 491. Les deux tiers de la région sont ainsi conquis[5]. La capitale est déplacée à Pyongyang en 427, et le Palais d'Anhak y est construit. Profitant de la division de la Chine entre dynasties du Nord et du Sud, il parvient à manœuvrer politiquement pour affirmer sa puissance dans la région[13].

Face à la domination du Koguryŏ au Ve siècle, d'autres royaumes vont tenter de s'organiser pour faire face à cette menace. Le royaume de Paekche s'allie aux Wa venues du Japon et à la confédération de Gaya, et ensemble attaquent le royaume de Silla. Lors de cette guerre (en), le Koguryŏ réussit à vaincre les coalisés en 404 et à assoir sa domination sur son allié, le royaume de Silla[5].

Une alliance est établie entre les royaume de Paekche et de Silla en 433, et en 472, le Paekche tente d'établir une alliance avec les Wei du Nord pour contrer la menace du Koguryŏ ; ces derniers s'emparent alors de la capitale du Paekche et l'obligent à en établir une nouvelle à Ungjin (en)[13]. Le roi Dongseong of Baekje (en) (Paekche) épouse en 493 la fille d'un haut responsable du royaume de Silla pour établir une nouvelle alliance contre le Koguryŏ. Son successeur Muryeong poursuit cette politique en cherchant des soutiens à l'étranger ; il se lie à la dynastie Liang chinoise, ainsi qu'avec le royaume Yamato au Japon. La capitale du royaume est transférée à Sabi en 538[14]. Seong of Baekje (en) et Jinheung of Silla (en) concluent une alliance militaire contre le Koguryŏ, et en 551 une partie du bassin de la rivière Han est reconquise. Cependant, l'alliance tourne court en 553 et le royaume de Silla se retourne contre le royaume de Paekche ; l'année suivante, Seong of Baekje (en) meurt lors d'une bataille, laissant la voie libre à une domination du royaume de Silla dans la région. Le royaume de Paekche continue d'exister, mais comme puissance mineure jusqu'au siècle suivant[8].

Le royaume de Silla s'impose au VIe siècle comme puissance régionale, tirant profit des influences chinoises sur l'organisation de son État[10]. Sous le règne de Beopheung of Silla (en) (514–540), une aristocratie dirige un État centralisé, et le pays se modernise. Geumgwan Gaya (en) est conquise en 532, et sous le règne de Jinheung of Silla (en) des conquêtes territoriales sont faites aux dépens des principaux royaumes coréens. Après avoir trahi en 554 une alliance avec le royaume de Paekche, Silla s'ouvre un accès à la mer Jaune et acquiert un accès direct avec la Chine, accélérant ainsi ses acquisitions culturelles et technologiques[15].

Unification de la région par le royaume de Silla au VIIe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Silla (Corée).

L'unification de la Chine par la dynastie Sui à partir de 581 puis par la dynastie Tang à partir de 618 a une influence majeure sur la géopolitique de la péninsule coréenne[12]. Une guerre éclate en 598 entre les Sui et le Koguryŏ. Plusieurs invasions sont lancées par les souverains chinois, mais un chef militaire du Koguryŏ, Eulji Mundeok, parvient à leur tenir tête, malgré une infériorité numérique importante. Ces défaites chinoises précipitent la chute de la dynastie chinoise des Sui[16]. Les Tang cherchent dans un premier temps à soumettre diplomatiquement le royaume, en le pressant sans succès de se reconnaitre comme vassal de la Chine. Une guerre éclate alors en 645 entre le Koguryŏ et les Tang (en). Ces derniers franchissent la rivière Liao et soumettent la plupart des défenses de la péninsule du Liaodong, n'étant mis en échec que par le général Yang Manchun (en) du Koguryŏ. Des nouvelles tentatives d'invasions chinoises sont lancées en 647 et 648 mais se soldent aussi par des échecs[17]. Ces guerres contre la Chine vont cependant entamer la puissance du Koguryŏ, et précipiter sa chute en 668[18].

En 643, le royaume de Paekche lance une offensive contre les possessions du royaume de Silla. Ce dernier répond en passant une alliance avec la dynastie Tang. Ces derniers y voient la possibilité de vaincre à terme le royaume du Koguryŏ en contournant les défenses de ce pays. 130 000 soldats chinois dirigés par Su Dingfang (en) franchissent la mer Jaune en 660[18], et avec le soutien de 50 000 soldats de Silla dirigés par Kim Yu-sin (en), conquièrent la même année la capitale du royaume de Paekche, mettant fin définitivement à celui-ci. Alliés à des forces japonaise, des fidèles cherchent à réinstaurer le royaume, mais sont défaits en 663 à la bataille de Baekgang[19].

Après avoir détruit le royaume de Paekche, les Tang et leurs alliés de Silla tournent leurs forces vers le royaume de Koguryŏ. La capitale Pyongyang est assiégée plusieurs mois dès 661, mais le siège doit être levé suite à des victoires de Yeon Gaesomun (en)[19]. Une guerre d'usure commence alors, qui aboutit à la chute du Koguryŏ en 668. Cependant, les Tang ne respectent pas les termes de leurs alliances, et établissent des commanderies dans la région, dans le but d'intégrer la péninsule à leur empire[20]. Le royaume de Silla se retourne alors contre les Tangs, et parviennent à reconquérir la péninsule en 676[21].

Une société se complexifiant[modifier | modifier le code]

Structuration sociopolitique[modifier | modifier le code]

Portrait d'une reine. Tombe d'Anak numéro 3, Hwanghae. Ensemble des tombes de Koguryo.
Probablement 371
Couronne du royaume de Silla, classé comme trésor national. VIe siècle

Lors de la période, un modèle d'organisation politique s'impose dans la péninsule. D'abord adopté par le Koguryŏ, ce modèle est par la suite repris par le royaume de Paekche, puis de Silla. Au VIe siècle, toute la Corée suit les mêmes préceptes administratifs. Ces États sont dirigés par un souverain qui centralise son administration, et qui gouverne ses domaines directement, sans recourir à des vassaux. Si une aristocratie se développe, la puissance de celle-ci se mesure à sa proximité avec le souverain. Plusieurs strates administratives structurent cet espace (provinces, districts, villes...), et l'ensemble des terres est considéré comme relevant de l'autorité du souverain[22].

L'aristocratie qui s'est mise en place conserve cependant une certaine puissance. Héritière de terres depuis l'émergence des premiers royaumes, elle a souvent conservé la propriété de grands domaines, et exerce des droits particuliers sur ceux-ci (levée d'impôts, exploitation de prisonniers de guerre comme esclaves, corvée pour les autres paysans libres...)[22]. La taille de ces propriétés augmente lors de cette période, et avec elle la richesse de cette aristocratie. Habitant dans les capitales, elle acquiert un certain nombre de privilèges politiques, et des dynasties aristocratiques s'affirment. Des rangs sont instaurés au sein de ces familles (14 pour le Koguryŏ), et seule une poignée d'entre elles occupe les plus élevés. Dans le royaume de Silla, le système Kolp'um (en) fixe par avance et de manière rigide les charges et honneurs auxquels peut prétendre un membre de l'aristocratie en fonction de sa lignée. C'est ce système qui permet à deux reines d'exercer le pouvoir (Seondeok de 632 à 647, et Jindeok of Silla (en) de 647 à 654) alors qu'aucun homme ne peut prétendre à un rang aussi élevé qu'elles[23].

Dans les campagnes, des chefs jouissant d'un certain nombre de pouvoirs dirigent des villages. Le plus souvent nés dans ceux-ci, et possédant un nombre conséquent de terres et d'esclaves, ils ont des rangs officiels au sein d'une administration locale, mais ne peuvent prétendre à la moindre charge au sein de l'État central. Situés au rang hiérarchique immédiatement inférieur, des paysans libres cultivant leurs propres terres constituent la classe la plus importante numériquement. Ils doivent à l'État des impôts, des corvées, et sont soumis à la conscription. En dessous de cette classe, une caste inférieure constituée de criminels ou de métayers est le plus souvent mise à l'écart de la société. Les esclaves enfin constituent la classe la plus basse[24].

De nombreuses influences chinoises à intégrer[modifier | modifier le code]

Inscription utilisant des caractères chinois sur la stèle de Kwanggaet'o érigée en 414.

L'écriture chinoise continue sa pénétration dans la péninsule, et son utilisation se généralise lors de la période des Trois Royaumes de Corée. Les quatre commanderies situées au Nord jouent un rôle important dans cette diffusion. La structure et la phonologie de la langue coréenne étant très différente des langues chinoises, de nombreuses adaptions sont opérées. Les écritures hyangchal et idu sont alors utilisées pour écrire le coréen, et un troisième système, le gugyeol (en) est utilisé pour lire les textes chinois. L'utilisation de ces systèmes entraine de nombreux emprunts lexicaux au chinois, tout en limitant son usage à un nombre réduit de lettrés[25]. Ils vont être utilisés lors de cette époque pour écrire les poèmes Hyangga, ou pour la rédaction de la stèle de Kwanggaet'o, et vont être en usage jusqu'au XVe siècle[26].

L'adoption du système d'écriture chinois permet à des textes écrits dans cette langue d'être lus en Corée, et donc à des systèmes de pensée de s'y diffuser. Le confucianisme, le taoïsme, et le bouddhisme sont ainsi popularisés à l'époque. Le confucianisme en particulier exerce une grande influence sur la constitution et le fonctionnement des royaumes coréens. Le Koguryŏ fonde ainsi une académie confucéenne, le T'aehak (ko), en 372 où sont étudiés les cinq classiques [n 2],[27] ainsi que d'autres ouvrages chinois majeurs comme le Shiji, un livre d'histoire de Sima Qian. L'historiographie coréenne commence par ce dernier biais à se développer à l'époque. Sous le règne du roi Yeongyangde Goguryeo (en) (590–618) est rédigé le Yugi. Le Seogi est rédigé lui au IVe siècle par le Paekche, et sert plus tard de modèle au Nihon shoki japonais de 720[26]. Si aucun de ces textes ne nous est parvenu, ils sont utilisés comme source par des ouvrages ultérieurs comme le Samguk sagi[27]. Des confucéens du Paekche comme Wang In (en) vont, en plus, introduire les classiques confucéens à la cour japonaise. Le taoïsme est introduit dans le Koguryŏ plus tardivement, en 643 ; ce système de pensée a alors gagné en popularité en Chine avec l'instauration de la dynastie Tang en 618. Alors que le confucianisme influence avant tout les structures des États coréens, le taoïsme va lui concentrer son rayonnement sur le peuple[28].

Restes du Mireuksa construit en 602.

Le bouddhisme apparait dans la péninsule à la fin du IVe siècle. Le moine Sundo (ko) introduit celui-ci à la cour du Koguryŏ en 372 en apportant des images religieuses et des soutra depuis la Chine. Une dizaine d'années plus tard, Marananta, un moine indien introduit cette religion en 384 au Baekje. L'introduction dans le Silla est plus tardive et remonte au premier quart du Ve siècle. Si dans les deux premiers États, cette nouvelle religion est assimilée au monde chinois, et accueillie plutôt favorablement, la situation diffère dans le royaume de Silla. L'aristocratie est adepte d'une forme de chamanisme, et cette religion se diffuse avant tout par le peuple[29]. Ce n'est qu'en 527 que sa pratique est reconnue et acceptée dans la cour. Le roi Jinheung of Silla (en) qui accède au trône de Silla en 540 va favoriser son essor et le reconnaitre comme religion officielle du royaume. Dans les trois royaumes, la religion sert d'outil pour renforcer l'ordre social. La pratique du bouddhisme incite les sujets à se comporter de manière respectueuse envers le roi. L'un des courants de pensée qui connait le plus de succès est basé sur le Vinaya, qui se concentre sur la discipline morale, avec un moine comme Kyŏmik (en) faisant partie des principaux porteurs de cette doctrine. Les États coréens permettent aussi la construction de grands temples à l'époque, comme le Hwangnyongsa en 553 dans le royaume de Silla, ou le Mireuksa en 602 dans le royaume de Baekje ; ce premier temple possède une pagode de plus de 70 m qui est lors de sa construction probablement la plus haute de l'Asie de l'est[30].

Arts intégrant progressivement le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Une élite réduite commence à produire une littérature basée sur les caractères chinois. Le général du VIIe siècle, Eulji Mundeok, est connu pour ses compositions poétiques. Une forme plus populaire de chansons, des sin'ga, est composée par des chamans. Celle-ci évolue en Hyangga sous l'influence des moines bouddhiques, tout en conservant ses aspects religieux, en traitant notamment d'évènements surnaturels[31]. La musique connait aussi un essor notable, et certaines figures parviennent à émerger à l'époque, comme le musicien Paekkyŏl. Les instruments évoluent aussi, et le kayakŭm apparait, tout comme le Geomungo (en) créé par Wang San-ak (en) ; en plus de ces instrument à cordes, des dizaines d'instruments à percussion sont aussi introduits depuis la Chine. Ces musiciens vont introduire mélodies et instruments au Japon, par la suite[32].

L'artisanat produit de nombreuses pièces de qualité lors de cette période. Abiji, un artisan issu du Baekje, est ainsi crédité pour son travail sur plusieurs des grands temples bouddhiques construits au VIIe siècle[32]. Des réalisations architecturales comme l'observatoire astronomique du Cheomseongdae permettent aussi d'apprécier le degré d'avancement scientifique, ou les progrès de l'ingénierie dans le cas des tombes royales. Celles-ci sont initialement de forme pyramidale et en pierre (Tomb of the General (en), Twin Column Tomb (en)...) dans le Koguryŏ et le Paekche, avant d'évoluer vers des constructions en briques sur le modèle chinois[33]. Les tombes de ces deux royaumes sont par ailleurs souvent décorées de peintures. Les tombes du royaume de Silla se démarquent par la richesse des artefacts qu'elles recèlent, souvent en or et fabriqués spécialement pour l'enterrement de notables[34].

L'irruption du bouddhisme dans la seconde moitié de cette période influence l'art coréen. Le Bodhisattva Maitreya devient le sujet de nombreuses peintures et sculptures[35].

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Période des États du nord et du sud VIIIe au Xe[modifier | modifier le code]

Division de la péninsule, avec Silla au sud, et Balhae au nord.

La division de la péninsule en deux états à la fin du VIIe siècle[modifier | modifier le code]

Après avoir repoussé les troupes Tang, le royaume de Silla sécurise un territoire qui s'étend au sud du bassin de la rivière Taedong à la baie de Wŏnsan. Au nord de cette ligne, la Chine des Tang met en place un Protectorat général pour pacifier l'Est chargé d'administrer en leur nom ce territoire. Le dernier roi du Koguryŏ, Bojang de Goguryeo (en), est nommé en 677 par les Tang pour administrer la région, mais lui et ses descendants parviennent à gagner un certain niveau d'autonomie vis-à-vis de la puissance chinoise. En 698, ce protectorat disparaît, pour donner naissance au royaume de Balhae, avec à sa tête Daejoyeong, le fils d'un ancien général du Koguryŏ[36]. La Chine de l'impératrice Wu Zetian est alors empêtrée dans des luttes internes, et ne peut s'opposer à l'émergence de ce nouvel état ; ce dernier paye formellement un tribut à la puissance chinoise, mais ses souverains utilisent le titre d'empereur, et utilisent leurs propres calendriers[37].

Parhae[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Balhae.

Une structure sociale divisée et marquée par le modèle Chinois[modifier | modifier le code]

Le Parhae regroupe initialement une population issue de l'ancien État du Koguryŏ ainsi que des Malgals venant de Mandchourie. Le territoire du pays commence à s'étendre sous le règne de Mu qui pousse la frontière jusqu'à la rivière Liao. Le pays connait une extension maximale sous le règne de Sŏn entre 818 et 830 en englobe la péninsule du Liaodong, une partie de la Mandchourie ainsi qu'une partie de l'actuel Kraï du Primorié. Ces extensions territoriales amènent une part grandissante de Malgals dans cet État, mais ceux-ci restent marginalisés socialement, ce qui entraine une certaine faiblesse de l'État[38] alors que les descendants du Koguryŏ monopolisent l'administration[39]. Cette cassure sociale joue un rôle certain lors de la chute de l'État en 926[38]. Au sein de cet État, les Malgals sont pour la plupart de simples travailleurs ou des esclaves[40]. L'agriculture est dépendante du climat froid de la Mandchourie qui empêche la culture du riz ; l'orge, les haricots, le millet sont les cultures prépondérantes, et la chasse et l'élevage complètent les activités vivrières[40]. Selon des sources chinoises de l'époque, la population du Parhae peut s'établir autour d'un demi million d'habitants[41]

Le pays est dirigé par un roi, et le titre est transmit de manière héréditaire de père en fils. Les ères utilisées par le calendrier de ce royaume sont nommées en fonction de ces règnes, indépendamment du modèle chinois. La structure de l'État est cependant largement calquée sur le modèle en vigueur à la même époque dans la Chine des Tang[42], et influencée par le confucianisme. La capitale centrale Sang-gyŏng est secondée par quatre autres capitales sur le modèle chinois, et le pays compte alors 62 provinces. L'aristocratie est dominées par quelques grandes familles (Ko, Chang, O, Yang, Tu, et Yi), la plupart issues du Koguryŏ[39].

La culture produite est marquée par les modèles chinois, tout comme l'était celle du Koguryŏ, et est d'une qualité comparable à celle produite dans le royaume de Silla. Le Chujagam (ko), une académie nationale, sert de centre de diffusion des écrits confucianistes et des classiques chinois, et le pays se dote d'une bibliothèque nationale, le Munjŏkwŏn. De nombreux étudiants sont envoyés en Chine pour se former, et les connaissance en astronomie, en mathématiques, et en médecine sont élevées comparé aux autres pays de la région. Le bouddhisme est la religion dominante[40]. Le pays se démarque par ses productions de poteries, et les habitations adoptent le système de chauffage par ondol[43]

Relations extérieures[modifier | modifier le code]

Le Parhae entretient des relations tendues avec ses voisins. Le royaume de Silla est vu comme un traitre, dont l'alliance avec les Tang a précipité la chute du Koguryŏ. Le royaume de Silla doit à plusieurs reprises fortifier ses frontières pour prévenir des incursions de troupes du Parhae[44]. Silla envoie cependant dès 790 des émissaires pour améliorer les relations entre les deux royaumes[38].

Le traitement que les Tang ont réservé aux populations du Koguryŏ fait que ceux-ci sont aussi vu avec beaucoup de méfiance lors des premières années du Parhae. 200000 d'entre eux sont encore détenus comme esclaves dans le Shandong après la fin de la Goguryeo–Tang War (en), ce qui motive en 732 une attaque décidée par Mu contre le port de Dengzhou. Afin d'éviter de se retrouver isolé en cas de nouvelle alliance entre Silla et Tang, des contacts sont aussi pris sous son règne avec les japonais, ainsi que les Tujue et les Khitans. Profitant de la révolte d'An Lushan à partir de 755, le Parhae étend son territoire jusqu'à la rivière Liao ainsi qu'au nord-est de la Mandchourie. Les relations se normalisent à la fin du VIIIe siècle et des émissaires sont régulièrement envoyés dans la cour des Tang[44]. La normalisation des relations avec la Chine des Tang permet au Parhae d'exporter vers la Chine de nombreuses marchandises[44] comme des chevaux et d'obtenir en retour des biens culturels chinois[38].

Les liens avec le Japon sont favorisé pour éviter le même sort que le Koguryŏ. Ceux-ci sont de nature diplomatiques, mais aussi culturels et économiques. Pas moins de 12 ambassades sont envoyés au Japon sous les règnes de Mu et de Mun entre 719 et 793[38], pour un total de 35 lors de l'existence du Parhae[41].

Silla Unifié[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période Silla Unifié.

Une société rurale et très hiérarchisée[modifier | modifier le code]

La structure de la société continue d'être régentée par le système Kolp'um (en). Une haute aristocratie héréditaire tient la plupart des postes importants à la tête des ministères et des administrations provinciales. Certains de ces personnages de hauts-rangs peuvent de plus posséder une armée privée pouvant aller jusqu'à 3 000 combattants. Une aristocratie moyenne détient des postes subalternes, mais exerce une influence culturelle et politique importante dans la capitale Kyŏngju. La couche basse de cette aristocratie fourni au système politique un nombre important de ses lettrés et scribes[45].

La plus grande partie de la population se retrouve dans les couches populaires. Leurs chances d'évolutions sociales très limitées[45], et ils sont soumis à des lois variant en fonction de leurs rangs : la taille de leurs portes d'entrées, la forme des tuiles sur la toiture, le nombre de chevaux dont ils peuvent être propriétaire, leurs habits dépendent de leurs rangs sociaux. Ils sont tenus à des obligations d'entretiens de voiries à la culture de terres seigneuriales. Ils peuvent détenir des esclaves, et le nombre de ceux-ci peut être conséquent[46].

Le statu des femmes semble s'être amélioré depuis les époques de Koguryŏ et de Paekche. Si les sources sont rare concernant les couches populaires, leurs places dans l'aristocratie évoluent. Elles peuvent hériter au même titre que les hommes, et peuvent participer aux décisions. Trois reines héritent du trône sur la période, la dernière Jinseong of Silla (en) de 887 à 897 [46]. Leur rang social est pris en compte au même titre que celui de leur époux pour déterminer le rang de leurs enfants[47].

Globalement, la société reste très rurale en dehors de villes comme Kyŏngju. Les techniques agricoles ne sont pas connues avec précisions, mais permettent de produire assez d'excédants pour survenir aux besoins que quelques grands bourgs. La population du pays est estimée à au moins 2 millions d'habitants[47].

Des pratiques religieuses dominées par le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme est très ancrée dans la classe dirigeante de Silla. Au moins deux rois (Jinheung of Silla (en) et Beopheung of Silla (en)) se retirent avant leurs morts pour devenir des moines bouddhistes. Le pays, s'il reçoit des influences des bouddhismes chinois et japonais, est aussi directement influencé par des pratiques d'autres pays. Le bouddhisme chinois est alors marqué par la pratique du Geyi (en) et par d'autres pratiques religieuses comme le Taoïsme. Dans le même temps, un moine comme Hyech'o peut aussi se rendre en Inde et faire le récit de son pèlerinage dans le Wang ochʼŏnchʼukguk jŏn dans la première moitiée du VIIIe siècle[47]. Cette religion et certains de ses aspects surnaturels sont utilisés pour assoir la légitimité de la classe dirigeante, mais cette utilisation recule lors de cette période au fur et à mesure que le confucianisme monte en puissance. Le Hwaeom (en) professé par le moine Uisang (en) qui repose sur un ésotérisme poussé et des pratiques régulières est une référence pour l'époque[48]. Le moine Wonhyo développe lui une forme propre au pays. Deux autres écoles apparaissent lors de cette périodes, et vont gagner en influence lors des époques suivantes : celles de la Terre pure et du sŏn[49].

Le confucianisme s'impose comme source d'inspiration politique dans le royaume de Silla lors de cette période, dès le règne de la reine Seondeok. Cette dernière nomme dès 636 des lettrés dont la charge est d'enseigner spécifiquement les enseignements de Confucius. Ses successeurs vont confirmer cette orientations. En 682, une académie modelée sur le modèle chinois, le Gukhak (en), est ouverte pour assurer l'enseignement des classiques de cet auteur. En 750 la place des enseignement de Confucius dans cet établissement est encore renforcé. Cependant, le confucianisme est avant tout utilisé pour la formation et le recrutement des fonctionnaires. Le bouddhisme continue de servir de référence politique et morale[50]. Le taoïsme, déjà connu dans le royaume de Baekje, est le dernier système de pensée notable à l'époque. Il est introduit en 738 à la faveur de l'arrivée d'une ambassade chinoise, mais ne commence à avoir une influence sur la politique coréenne qu'à partir des VIIIe et IXe siècle[45].

Des pratiques religieuses autochtones coexistent à l'époque, bien que n'ayant laissé que peu de traces, liées à la vénération d'esprits liés aux montagnes, aux rivières, et à d'autres éléments naturels, ou aux dragons[51].

Productions artistiques et culturelles[modifier | modifier le code]

La religion continue de marquer la production artistique de l'époque. Le temple Pulguk-sa dont la construction commence en 751 est un exemple majeur de l'architecture Silla Unifié, tout comme les grottes de Sŏkkuram, un ermitage construit à partir de 742. Les cloches de certains temples comme le Pongdŏk-sa et le Samwŏn-sa sont représentatives de l'époque : elles sont décorées de bas reliefs aux motifs de fleurs, de feux, et de nuages : la Bell of King Seongdeok (en) est un autre exemple notable de ce style[51].

Les élites politiques continuent lors de la période de se faire construire des tombes sur le modèle chinois. Celles-ci présentent cependant des particularités, dont des décorations incluant des animaux du zodiaque portant des armes. L'astronomie reste un élément clef dans la société, assurant la production de calendriers et de prévisions astrologiques. La Ch’ŏmsŏng-dae construite entre 632 et 647 est un exemple d'observatoire astronomique de l'époque[51].

Dans le domaine de la littérature, les élites aristocratiques produisent de nombreuses poésies en langue chinoise, dons certaines se retrouvent dans les anthologies publiées à l'époque. Ch’oe Ch’i-wŏn en particulier est apprécié et publié dans les deux pays. L'écriture chinoise est alors utilisée, mais des méthodes comme le Kugyŏl ou le Idu sont aussi utilisées pour écrire le coréen. La poésie peut aussi être composée en coréen, dans la forme du Hyangga, et une anthologie comme le Samdaemok (ko) en contenant est publiée en 888[52].

Cet état coréen produit plusieurs chroniques historiques, et des historiens comme Kim Dae-mun (auteur du Hwarang segi)[50], ou Kangsu sont les plus notables à l'époque. Dans le domaine littéraire, Seol Chong signe le P’ungwang so. Le système Kolp'um (en) qui régit la société limite cependant la progression sociale de ces lettrés. Un personnage comme Choi Chi-won parvient cependant à la fin du IXe siècle a acquérir une certaine influence auprès du souverain, mais doit finalement plier face à l'influence de l'aristocratie[53].

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Relations extérieures[modifier | modifier le code]

Les rois de Silla entrent assez vite dans une relations tributaire avec la Chine, de manière à asseoir leurs légitimités[50], et les relations entre les deux États s'améliorent dès le VIIIe siècle. La Chine n'est plus dans une phase de conquête et d'extension, et le Balhae agit à la fois comme zone tampon et comme ennemie commun pour la Chine et Silla. Ceux-ci vont jusqu'à conclure une alliance militaire contre Balhae en 733. La culture chinoise est utilisée dans le cadre d'une diplomatie culturelle[54]. Le calendrier chinois est adopté, et les rois coréens prennent l'habitude d'envoyer des ambassades en Chine tout au long des IXe et Xe siècle afin que les souverains Tang confirment leurs mandats[50].

Les relations sont plus difficiles avec le Japon. Ce denier s'allie avec Balhae en 733 dans le but de prendre pied dans la péninsule. Sa flotte de navires demeure une menace lors des décennies suivantes, jusqu'à ce qu'un traité d'amitié ne soit signé. Les relations se normalisent, et plusieurs ambassades sont échangées[55].

Plus largement le commerce privé met Silla en contact avec d'autres zones d'échanges. Le pays exporte par voix maritimes des objets d'or et d'argent, du ginseng et des textiles[55]. Ses navires dominent les échanges dans le nord-est de l'Asie aux VIIIe siècle et IXe siècle et des communautés de marchands coréens s'implantent dans les grands ports chinois comme Dengzhou, Lianshui et Chuzhou[56].

Des Trois Royaumes tardifs à l'unification sous Wang Kŏn au début du Xe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trois Royaumes tardifs.
La péninsule vers 915 après le morcellement de Silla.

Le IXe siècle est marqué en Asie par une période de grande instabilité. La Chine comme le Japon rentrent dans une phase de déclin politique, et la Corée qui sert d'intermédiaire entre les deux pays y perd en influence. Les frontières nord de la péninsule sont aussi de plus en plus menacées par des groupes venus de Mongolie[57], en particulier les Khitans. À ces causes de fragilités externes se rajoutent des causes de fragilités internes au sein des royaumes de Parhae comme de Silla[57].

Le système Kolp'um (en) qui structure l'aristocratie de Silla montre ses limites. Des révoltes d'aristocrates se font plus nombreuses dans la seconde moitiée du VIIIe siècle, et l'assassinat du roi Hyegong of Silla (en) en 780 marque la fin d'une lignée royale directe. Le régime comme à sombrer dans une crise de prétendants au trône[58], animé par les prétentions de grandes familles aristocratiques. Entre 780 et 935, pas moins de 20 rois se succèdent sur le trône, dont la plupart trouvent une fin violente. L'instabilité politique de la capitale ne tarde pas à se propager aux provinces, et plusieurs révoltes infructueuses sont enregistrées[59]. Des élites locales et régionales ne tardent pas à gagner en influence[60] et le contrôle de Silla sur les provinces se désintègre vers la fin du IXe siècle[61]. Deux figures émergent alors, Kyŏn Hwŏn et Kungye soutenant la recréation du royaume de Paekche pour le premier, et de Koguryŏ pour le second. Suite à des révoltes, le Paekche tardif est créé en 900 avec Kyŏn Hwŏn à sa tête[62], et le Koguryŏ en 901 avec Koguryŏ[63]. Les méthodes despotiques de ce dernier font qu'il est assassiné par l'un de ses généraux en 918, Wang Kŏn, qui renomme alors le royaume en Koryŏ la même année[64].

Le Koryŏ avec Wang Kŏn à sa tête s'allie avec le royaume de Silla en 921, alors déjà très affaibli. Ce dernier royaume est alors pris pour cible par le Paekche de Kyŏn Hwŏn. La capitale de Silla Kyŏngju est alors mise à sac en 927, et son roi Kyŏngae (en) poussé au suicide. Silla doit alors se placer sous la protection du Koryŏ, renforçant le poids de ce dernier[65]. Wang Kŏn remporte par la suite une série de bataille contre le Paekche en 930 au nord d'Andong, en 934 à Ungju, et finalement à Ilsŏn-gun en . Dans le même temps la prédominance politique de Wang Kŏn s'affirme : il est reconnu comme dirigeant de la Corée par les Tang postérieurs en 932, le dernier roi de Silla Kyŏngsun (en) abdique en sa faveur en 935[66]

Période Koryŏ du Xe au XIVe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Goryeo.

Un gouvernement civil du début du Xe jusqu'au coup d'État de 1170[modifier | modifier le code]

Un pouvoir dynastique miné par les luttes d'influence de l'aristocratie[modifier | modifier le code]

Instauration et consolidation du nouveau pouvoir dynastique[modifier | modifier le code]

Lors des premières années du Koryŏ, le nouvel État coréen est une alliance hétéroclite de chefs de guerre et de familles aristocratiques[67] et Wang Kŏn s'attache dans un premier temps à consolider son pouvoir. Il épouse un membre de la puissante famille Kim de l'ancien royaume de Silla, et intègre des dignitaires de cet ancien royaume dans la structure politique du Koryŏ[68]. À la manière des dynastie chinoises, il revendique le Mandat du Ciel pour légitimer sa prise de pouvoir, et laisse ses Dix Injonctions (ko) comme testament politique[67]. À sa mort en 943, ses fils Hyejong et Chŏngjong qui lui succèdent en 943 et en 945 doivent faire face à une rébellion d'un chef de guerre, Wang Kyu, qui revendique le trône. Le pouvoir cherche alors à réduire l'influence des armées privées opérées par différents dignitaires, et créé une armée nationale, la Kwanggun. Cette dernière est renforcée pour le règne du quatrième roi de la dynastie, Kwangjong qui revendique par ailleurs le titre d'empereur. Dans le but de saper la puissance de l'aristocratie, Kwangjong fait passer en 956 une loi visant à réduire le nombre d'esclaves dont ils disposent, et lance des purges en 960 pour continuer à réduire leurs pouvoirs[69].

Wang Kŏn installe sa capitale à Kaesŏng dans une position centrale pour le pays, au nord de la rivière Han. Il fait de P'yŏngyang sa capitale secondaire, qu'il fait appeler « Sŏgyŏng » ou « capitale de l'ouest »[68]. Il laisse dans un premier temps la réalité du pouvoir locale aux aristocrates régionaux, qui ont autorité sur une préfecture ou Hyeon (en). Le système Kolp'um (en) est abandonné et fait place à un système de Pon'gwan (en) qui lie les différents clans aristocratiques à leurs lieux d'origines[67]. Sous le règne de Kyŏngjong (de 975 à 981), un office des champs et forêt, le « chŏnsi-kwa », est instauré pour garantir le financement des fonctionnaires ; ceci permet alors de renforcer le bureaucratie en renforçant son indépendance vis-à-vis des aristocrates locaux. Son successeur Sŏngjong continue de structure l'État en instaurant une commission des finances[69], une académie Hallim pour préparer et rédiger les édits royaux, ainsi qu'une organisme de contrôle des fonctionnaire. L'organisation chinoise en Trois départements et six ministères est aussi adopté. Globalement, la Chine des Tang fourni au régime un cadre organisationnel, mais le Koryŏ se démarque de son modèle en laissant une très grande place aux famille aristocratiques dans les hautes administrations, ouvrant ainsi la porte à de nombreuses luttes de pouvoir entre familles[70]. Le kwagŏ (en), examen d'accès à la fonction public est réinstauré en 958 et permet à l'État de réduire l'influence de l'aristocratie en son sein en permettant un recrutement plus large de ses cadres[71]. Des aristocrates continuent cependant d'avoir accès à certaines fonctions de manières héréditaires, mais en raison du prestige lié à cet examens, ils sont nombreux à la présenter. Une académie, le Kukchagam (en) fondée en 982 permet aux aspirants candidats de se former aux classiques confucéens ; des écoles privées y préparant voient aussi le jour, notamment celle de Ch'oe Ch'ung (en)[71].

Monté en puissance des grandes familles aristocratiques[modifier | modifier le code]

La période de 981 à 1146 est marquée par la concentration des hautes fonctions de l'État aux mains de quelques familles aristocratiques puissantes, souvent issues de Silla et dominant déjà le système Kolp'um (en) comme les Kyŏngju Kim (ko), les Kangnŭng (ko), ou les P’yŏngsan Pak. Poursuivant la pratique initiée par Wang Kŏn, la famille royale tisse des liens de mariage avec des grandes familles ; l'influence de ces belles-familles se fait le plus souvent au détriment du pouvoir de la dynastie régnante[72].

Les Ansan Kim (ko) dominent l'aristocratie du début au milieu du XIe siècle. Trois des reines du roi Hyŏnjong qui règne de 1009 à 1031 sont ainsi issues de cette famille[72]. La famille des Kyŏngwŏn Yi lui succède lorsque Yi Cha-yŏn parvient à faire épouser trois de ses filles au roi Munjong qui règne de 1046 à 1083. Cette famille devient même une menace pour la dynastie régnante, et tente en 1095 et en 1127 de la renverser. Après la déchéance des Kyŏngwŏn Yi après 1127, d'autres familles originaires du nord-ouest du pays gagnent en influence, menées par le moine bouddhiste Myoch'ŏng (en). Ce dernier disant se baser sur la lecture de forces telluriques cherche à faire transférer la capitale de Kaesŏng à P'yŏngyang, et pousse le roi Injong à déclarer la guerre à la dynastie Jin. Face au refus de celui-ci, Myoch'ŏng (en) mène une révolte infructueuse en 1135, réprimée par Kim Pusik[73].

Afin de faire face aux tensions grandissantes entre grandes familles, et aux présentions de familles secondaires, il est décidé après la révolte de Myoch'ŏng (en) de 1135 d'augmenter le nombre de membres dans les différents conseils de l'administration[73].

Des relations extérieures du début du Koryŏ se détournant de la Chine[modifier | modifier le code]

Les relations entre le Koryŏ et les Khitans à sa frontière nord sont tumultueuses dès le début des deux nouveaux États.Wang Kŏn refuse d'accueillir une de leurs ambassade en 942[74]. Son successeur Chŏngjong prend appuis sur son armée nationale, la Kwanggun, pour anticiper une possible invasion par les troupes de ce pays, et fait ériger une série de forts au delà de la rivière Ch'ŏngch'ŏn entre 949 et 975. Si les Khitans sont occupé pendant plusieurs années par leurs guerres contre les Songs, ils ne tardent pas à se tourner vers la péninsule coréennes une fois leurs dominations assurée sur le nord de la Chine. En 993 éclate la première guerre Koryŏ-Khitan (en), à l'issue de laquelle le Koryŏ tente d'établir sa frontière sur la rivière Yalu. Cette-ci est bientôt suivi par la seconde guerre Koryŏ-Khitan (en) 1010 qui voit la destruction de la capitale Kaesŏng, puis en 1018 la troisième guerre Koryŏ-Khitan (en) qui voir le Koryŏ garantir son indépendance, mais au prix de versement de tributs (attestés au moins jusqu'en 1054). La pression des Khitans sur le Koryŏ semble se relâcher à partir du milieu du XIe siècle, et ces derniers continuent de les considérer comme des barbares inférieurs sur toute la période[75].

Les relations avec la Chine de la dynastie Song se font plus distantes en raison de la présence des Khitans entre les deux États, et ce n'est qu'en 1062 que les Song prennent officiellement contact avec le Koryŏ. Le fait que le Koryŏ soit à l'époque tributaire d'une dynastie Khitan instaure une distance politique. Les coréens craignent de trop se rapprocher des Songs, et ils sont traités avec beaucoup de suspicion par la dynastie chinoise. Les relations commerciales sont elles beaucoup plus denses, et les deux pays échanges de nombreuses marchandises dans les ports Chinois et Coréens[76]. Les relations recommencent à se distendre lors que les Jürchen font la conquête des Khitans en 1126 et établissent la dynastie des Jin. Les coréens font le choix de rentrer dans une relation tributaire avec cette nouvelle puissance, et rompent leurs relations avec la Chine[72].

Des pratiques religieuses marquées par le syncrétisme[modifier | modifier le code]

Le Tripitaka Koreana est compilé au XIe siècle et rassemble un millier de classiques bouddhiques.

Le confucianisme exerce une influence certaine sur l'organisation de l'État, notamment par le biais du kwagŏ (en) qui conditionne l'entrée dans la fonction publique, et qui requiert des candidats une bonne connaissance des classiques de ce courant de pensée. Ch'oe Ch'ung (en) est alors une des grande figure coréenne de ce mouvement[77].

Le bouddhisme coréen reste lui central dans la société, et son adhésion s'exprime notamment au travers de cérémonies et de rituels. La cour patronne certains ainsi grands temples. Ce bouddhisme se singularise par une propension marquée pour le syncrétisme en cherchant à unifier les diverses influences que le pays reçoit (tibétain, chinois, indien...), tout en restant marqué par une division entre approche textuelle (Kyo) et une approche méditative (Sŏn)[77]. Cette volonté d'unification se retrouve dans l'initiative du moine Ŭich'ŏn, le quatrième fils du roi Munjong de compiler au cours du XIe siècle plus d'un millier de classiques bouddhiques dans le Tripitaka Koreana, puis de réunir au sein du bouddhisme Ch'ŏnt'ae (en) les différentes écoles alors existantes. Les temples et monastères sont à la tête de domaines qui leurs rapportent des revenus importants, ce qui incite de nombreux paysans à rentrer dans les ordres[78].

Le chamanisme coréen continue d'être pratiqué essentiellement dans les couches les plus basses de la société, et d'être formellement critiquée par les élites. Enrichie par les théories géomatiques venues de Chine, elle place certaines singularités naturelles au centre de cultes. Au nord du pays, le Mont Paektu devient le centre d'une pratique chamanique au moins à partir du XIIIe siècle, tout comme le Mont Jiri au sud[79].

Des arts au début du Koryŏ[modifier | modifier le code]

Dans le domaine littéraire, la cour est au cœur d'une production de texte rédigés en chinois. Un aristocrate comme Yi Kyu-bo laisse derrière lui plusieurs milliers de poèmes rédigés dans cette langue. Des chants en coréens sont aussi composés à cette époque, mais ne sont mis par écrit que plusieurs siècles plus tard, entrainant une altération des paroles. Le Ssanghwa chŏm et le Ch'ŏngsan pyŏlgok sont les plus connus de cette époque[79]. La publication du Samguk sagi, ou Mémoires historiques des Trois Royaumes, publié en 1145 marque un tournant dans l'historiographie du pays[80]. Marqué par la double influence de l'historien chinois Sima Qian et du confucianisme, il dresse l'histoire des premiers royaumes de la péninsule[81].

La peinture continue d'être une forme artistiques florissante, et revêt plusieurs formes (murale, manuscrits et parchemins illustrés...). L'inspiration bouddhique reste présente, en prenant modèle sur les équivalents chinois de la même période, mais en s'en démarquant par des couleurs moins prononcées, et un recours aux dorures moins fréquent[79]. La calligraphie est portée par des artistes de renoms comme Yi Yŏng, Yu Sin, le moine T'anyŏn, et Ch'oe. La métallurgie continue d'être maitrisée par les artistes coréens du Koryŏ, sans pour autant produire des pièces aussi importantes que celles produite lors de la période Silla. La menuiserie de l'époque est aussi notable, et plusieurs productions majeures de l'époque comme le temple Pongjŏngsa (en) à Andong ou le Pusŏk-sa (en) à Yeongju sont encore visibles[80].

Les poteries de type céladon atteignent un pic de qualité au XIIe siècle. Produites pour la plupart dans le Chŏlla, elles se distinguent par le recours à des lignes courbes et par une couleur tirant dans des tons verts. Des peintures brunes et rouges, ainsi que des dorures peuvent parfois compléter la décoration de celles-ci[80].

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Société et économie du début du Koryŏ[modifier | modifier le code]

L'alphabétisation de la société causée par la montée en puissance du recrutement par le kwagŏ (en) renforce le processus de stratification de la société en trois couches. Le groupe qui va se faire connaitre sous le nom collectif de Yangban réunit les officiels chargé de l'armée et des affaires civiles, constitue une élite dans cette société[82] et domine la politique, l'économie, et la culture. La partie la plus importante de la société est constituée d'hommes libre, la plupart agriculteurs, et pour une petite partie commerçant ou artisan. La couche la plus basse se compose d'esclaves, possédés par l'État ou par des aristocrates ; certaines estimations évaluent au tiers de la société du début du Koryŏ la pars d'esclaves[83].

Les révoltes paysannes ayant été une source importante d'instabilité lors de la période précédente, le Koryŏ cherche à lever le fardeau que représente les taxes pour les paysans[84] en contrôlant lui-même la levé des taxes sur les terres selon un système de prélèvement et de redistributions, le Chŏnsikwa (ko) mis en place à partir de 976 et connaissant plusieurs évolutions jusqu'en 1076. Il empêche ainsi les fonctionnaires et les aristocrates de lever plus de taxes qu'autorisé, ou de s'accaparer des terres[85]. Le système périclite cependant dès la fin du XIe siècle du fait de la monté du pouvoir de l'aristocratie[86].

Le Haedong t'ongbo en cuivre est frappé à partir de 1102.

Les échanges commerciaux avec les pays voisins, ainsi que l'essor d'une économie locale pousse le Koryŏ à frapper sa propre monnaie[87]. La première monnaie de métal, le Kŏnwŏn chungbo est frappée en 996. En 1102 apparait la première monnaie de cuivre, le Haedong t'ongbo, et à la même époque, la première monnaie d'argent, le hwalgu[88].

Les femmes ont un statu élevé lors de cette période. Elles peuvent être propriétaires, et les héritages sont divisés en parts égales quelque soit le sexe des héritiers. Lors d'un mariage, elles continuent d'être identifiées à leurs familles d'origines, et ne dépendent pas de celles de leurs époux. Il n'y a pas de dot, et c'est l'homme qui va habiter chez sa femme au moment du mariage. Les divorces sont possibles, bien que peu fréquents. Ce statu, s'il est surprenant pour les observateurs chinois de l'époque, est similaire à ce qui peut s'observer alors dans la Japon de Heian[89].

Le gouvernement militaire de 1170 à 1270[modifier | modifier le code]

régime militaire du Koryŏ (en)

Coup d'État et prise de pouvoir par la famille Ch'oe[modifier | modifier le code]

L'aristocratie du début du Koryŏ est marquée par la domination de la branche civile sur la branche militaire. Après la révolte menée par Myoch'ŏng (en) en 1135, le régime continue d'être agité par des querelles entre grands familles[90]. Pour tenter de ré-assoir son autorité, la famille royale cherche à conférer à la branche civile plus de pouvoir, ce qui entraine de nombreuses frustrations dans la branche militaire, relégués à des rangs subalternes. Même les plus hautes fonctions de l'armée sont alors confiées à des aristocrates issus de la branche civile. Ce rabaissement du pouvoir militaire atteint un pic lors du règne du roi Ŭijong entre 1146 et 1170, ce qui entraine un coup d'État dirigé par Chŏng Chung-bu (en) à l'issu duquel la famille royale est décimée[91], et placée sous l'autorité d'un nouveau pouvoir militaire[92].

Chŏng Chung-bu (en) nomme Myŏngjong comme roi, le frère de Ŭijong ; si la lignée royale est formellement conservée, la réalité du pouvoir passe aux mains des militaires[93]. Plusieurs purge contre les administrateurs civiles, la principale en 1173, pour assurer la domination des militaires[92]. Les institutions sont réformées, et le premier quart de siècle de ce nouveau pouvoir est marquée par les rivalités entre militaires qui se succède à la tête du nouveau régime. Yi Ŭi-bang (en), Kyŏng Tae-sŭng (en), et Yi Ŭi-min (en) se succèdent entre 1174 et 1196 en faisant assassiner leurs prédécesseurs[94]. Ceci entraine une série de révoltes dans le pays, la plus célèbre menée par l'esclave Manjǒk (en)[95].

Le régime militaire gagne en stabilité avec la prise de pouvoir de Ch'oe Ch'ung-hǒn (en) en 1196, qui place ainsi sa famille à la tête du pays pour 62 ans. Il met fin à plusieurs rebellions paysannes en offrant des postes à chefs des mouvement, et en affranchissant nombre d'esclaves. Il s'attaque aux pouvoir de monastères et de temples bouddhiques qui entretiennent des liens avec l'aristocratie civile. Des institutions parallèles sont crées, dans lesquelles il place des fidèles pour le servir[95]. Ce pouvoir devient héréditaire, et ses descendants lui succèdent (Ch'oe U (en) de 1219 à 1249, Ch'oe Hang (en) de 1249 à 1257, et Ch'oe Ŭi (en) de 1257 à 1258)[96].

Le régime militaire du Koryŏ (en) perd en influence après l'assassinat de Ch'oe Ŭi (en) par Kim Chun (en) en 1258, et trois chefs militaires se succèdent jusqu'en 1270, date à laquelle le roi Wŏnjong restaure le pouvoir de la famille royale[97].

Affirmation et consolidation du bouddhisme Sŏn[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme Sŏn voit sont influence grandir sous le pouvoir de la famille Ch'oe. En favorisant cette école de pensée, la famille Ch'oe y voit la possibilité d'affaiblir l'aristocratie, qui prend appui elle sur le bouddhisme Kyo. Le bouddhisme Sŏn, plus méditatif, concentre ses temples et monastères dans les montagnes et les lieux reculés, et reste loin des lieux de pouvoir[98]. Le moine Chinul (en) participe à la revitalisation du bouddhisme Sŏn [98], en poursuivant l'œuvre accomplie par Ŭich'ŏn. Il fonde le temple Sŏngwang-sa (en) et introduit l'utilisation de kōan dans la pratique bouddhique coréenne, portant les base de l'école Chogye[99].

Le confucianisme connait lui un certain déclin pendant le régime militaire. Son étude est dévalorisée, alors que le pouvoir civil est relégué au second plan. Certains maitres choisissent de se retirer pour écrire poésies, contes, et traité, et deviennent connus comme les sept sages de l'est de la mer (ko), tirant leur noms des Sept Sages de la forêt de bambous chinois. D'autres choisissent de se mettre au service du nouveau régime, comme Yi Kyu-bo, auteur de la saga du roi Tongmyŏng (ko). Avec Pak In-Nyang, auteur de Sui chŏn, il inaugure un style littéraire populaire lors du régime militaire de Koryŏ[100].

Résistances aux invasions mongoles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Invasions mongoles de la Corée.

La dynastie Jin qui domine au nord de la péninsule coréenne sert longtemps de zone tampon face à la monté en puissance des forces mongoles de Gengis Khan. La chute de ceux-ci en 1234 change la donne pour le régime coréen[101]. Dès 1216-1218, il doit faire face à des raids de Khitans qui fuit l'avancée Mongole. Les forces du Koryŏ doivent s'allier à des forces mongoles pour les repousser. Ces derniers exigent alors un lourd tribut les années suivantes pour avoir aider le Koryŏ. Si certaines années le Koryŏ se plie à leurs demandes, il refuse aussi à plusieurs reprises de le verser. Un émissaire mongol venu chercher ce tribu est assassiné en 1225, ce qui sert de motif à une première tentative d'invasion du Koryŏ en 1231. Dans un premier temps le Koryŏ réussi à résister à l'invasion, en fixant les troupes mongoles au siège de Kwiju-sŏn (en) ; la capitale Kaesŏng est cependant menacée par des raids, et les deux partis conclus un traité de paix en 1232. Les monngoles laissent derrières eux des administrateurs pour s'assurer du versements des tributs[102].

Ch'oe U (en) décide de transférer la capitale du royaume sur l'île de Kanghwa-do (en), contre l'avis du roi[102]. Cette initiative est vu comme une provocation par les mongols, qui déclare la guerre au Koryŏ en 1235 ; jusqu'en 1259, date à laquelle le royaume coréen est totalement vaincu, les mongols lancent plusieurs invasions contre le pays. La résistance à ces invasions est souvent le fait des couches les plus basses de la population, les mongols rasant souvent les villages sur leurs routes. De nombreux biens culturels sont détruits lors de cette période. La cour voit l'apparition d'un courant pacifiste qui s'oppose au pouvoir de la famille Ch'oe, ce qui entraine l'assassinat de Ch'oe Ŭi (en) en 1258 ; l'année suivante, un traité de paix est de nouveau signé avec le pouvoir mongol, qui garanti une certaine souveraineté du pays[103]. Le pouvoir miliaire coréen, dirigé par Im Yŏn (ko) de 1258 à 1270 après l'assassinat de Ch'oe Ŭi (en), continue de s'opposer un temps au pouvoir pro-mongol de la monarchie, mais sans succès jusqu'à sa défaite définitive en 1273, et la répression de la révolte de Sam-byŏlch'o (en)[104].

Le Koryŏ sous administration mongoles de 1270 à 1356[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Corée sous les Yuan.

Un pouvoir royal s'adaptant au pouvoir mongol[modifier | modifier le code]

Une famille royale coréenne dominée par les Yuan[modifier | modifier le code]

Le pouvoir mongol s'assure l'assujettissement du pouvoir coréen par des mariages. Le roi Wŏnjong fait épouser un princesse mongole et fille de Kubilai Khan à son fils Ch'ungnyŏl. La pratique perdure, et les princes coréens continuent d'épouser des princesses mongoles par la suite ; la famille royale coréenne devient de fait une simple branche de la famille royale Yuan. Les princes coréens passent alors leurs enfances à la cour de Pékin, dans la famille de leurs mères, et une fois roi continuent de devoir s'y rendre régulièrement[105].

Le pouvoir royal du Koryŏ se voit obligé par le pouvoir mongol de renoncer à certains de ses symboles de pouvoir. En 1276, le souverain coréen perd son appellation posthume de cho ou chong, aussi utilisé par les souverains du Yuan, pour celui de ch'ung, montrant sa fidélité -et donc sa soumission- au pouvoir du Yuan. Le pronom utilisé pour s'adressé au roi est aussi rabaissé, tout comme les titres des princes. Les titres des principales administrations du royaume sont aussi modifiées, et certaines sont aussi fusionnées[106].

La famille royale est aussi divisée par le pouvoir mongol. Un roi de Shenyang est créé, qui a autorité sur les coréens en Mandchourie. Issu de la famille royale coréenne, i est nommé par le pouvoir mongol. Ceci contribue alors à attiser les luttes de pouvoir au sein de cette famille[107].

La reconquête du pouvoir par Kongmin[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Kongmin.

Après la mort de Kubilai Khan en 1294, la dynastie Yuan voit son pouvoir s'éroder rapidement. La révolte des Turbans rouges agite la Chine dès 1351, et anticipe l'émergence de la future dynastie Ming. Le roi Kongmin qui règne de 1351 à 1374 prend une série de mesure pour combattre l'influence et le pouvoir mongol sur la péninsule, et pour réduire l'influence des grandes familles aristocratiques. En 1352 il fait prohiber le port de chevelures ou de vêtements mongols, et mène une purge en 1356 contre la faction pro-mongole au sein de la cour ; il en profite pour rétablir les institutions datant d'avant l'invasion mongole, et renonce à adopter le calendrier Yuan[108].

Kongmin lance des troupes en 1369 contre les forces mongoles stationnées au nord de la rivière Yalu[108]. La forteresse de Liaoyang est momentanément prise, mais Kongmin doit faire face à une opposition de l'aristocratie pro-Yuan. Le pouvoir mongol proclame sa destitution, et il fait face à une tentative d'assassinat. Il reste cependant sur le trône, et prend contact avec le nouveau pouvoir Ming[109].

Au niveau domestique, aidé par le moine Sin Ton (en), il lance des réformes visant à rendre à leurs propriétaires légitimes des terres accaparées par les grandes familles, et à libérer des esclaves. Ces réformes rendent Sin Ton (en) très populaire, mais il perd la confiance du roi, et finis par chercher à le renverser. Kongmin meurt en 1374, sans avoir réalisé toute ses réformes[109].

Exploitation économique et humain par les Mongols[modifier | modifier le code]

Les mongols imposent un tribut au pays, qui doit alors verser or, argent, ginseng, grains, et faucon de chasse. Le train de vie du roi coréen, calqué sur celui de la cour mongole, impose un fardeau supplémentaire au peuple coréen. Les mongols exigent par ailleurs que le pays leur fournisse jeunes femmes à marier et eunuques, ce qui entraine une interdiction des mariages dans le pays en 1275, et une vague de dissimilation des jeunes femmes, alors poussées à porter des vêtements alors réservés aux hommes[110].

Le nord du pays est placé sous administration directe des mongols, qui y créé la préfecture de Ssangsŏng (en) et la Dongnyeong Dongnyeong (en)[105]. Le Chŏngdong haengsŏng, une administration pour préparer l'invasion du Japon, est mise en place en 1280 dans le pays par les mongols, qui s'en servent pour agir directement dans les affaires locales[106]. Le pays doit ainsi participer à l'effort de guerre mongole lors de ses tentatives infructueuses d'invasion du Japon en 1274 et 1281 ; le Koryŏ fournit 8 000 soldats et la plupart des forces marines de la première tentative, et 10 000 soldats pour 900 navires lors de la seconde tentative[111].

Les familles aristocratiques parviennent à prendre appui sur le pouvoir mongol pour développer leurs richesses. De grandes propriétés agricoles, ou nongjang se constituent alors, très souvent exemptes de taxes et comportant des centaines d'esclaves[107]. Elles limitent alors les sources de financement de l'État en le privant du revenu des impôts, mais aussi de mains d'œuvres pour les corvées[108].

Culture de la fin du Koryŏ[modifier | modifier le code]

La fin du Koryŏ correspond à la montée en puissance d'un classe de lettrés, souvent issue de petite familles des campagnes, et radicalement opposés aux grandes familles aristocratiques. Formant la base de l'administration sous l'ère de la famille Ch'oe, ils gagnent en influence après la mort du roi Kongmin en 1374. Adoptant le néoconfucianisme, ils vont favoriser les réformes du régime[112].

Le néoconfucianisme est introduit dans la péninsule par Ahn Hyang à partir de 1290[112]. Ce nouveau système de pensée gagne rapidement des soutient, alors que le bouddhisme comme le confucianisme peinent à répondre aux interrogations sociales du moment. Plusieurs roi comme Ch'ungsŏn l'étudient ou le soutiennent ouvertement. La coexistence avec le bouddhisme est plus difficile, alors que le néoconfucianisme fait la promotion de liens parentale forts, et que le bouddhisme demande aux moines de renoncer à leurs liens familiaux. Les soutiens du néoconfucianisme s'en prennent alors aux abus et aux richesses des temples et monastères bouddhiques[113].

La période connait aussi une production importante de textes historiographiques. Le Haedong kosŭng chŏn, publié en 1215 à partir d'une commande royale, retrace la vie de moines bouddhistes des Trois Royaumes[113]. D'autres publications du même type fournissent une lecture confucianistes des évènements passés. Le Samguk Yusa, publié en 1285, cherche lui à écrire l'histoire du pays en le faisant remonter à Tan'Gun, et en mettant en avant les traditions propres au pays. Le Che wang un'gi, publié en 1287, reprend la même approche en optant pour la forme d'un récit épique[114].

La littérature connait elle aussi l'influence du néoconfucianisme. La forme poétique du kyŏnggi, dérivé des Hyangga, écrit en chinois s'inspire de la vie des lettrés de l'époque, et comporte quelques œuvres notables comme le Hallim pyŏlgok ou le Chukkye pyŏlgok. La littérature populaire s'exprime elle dans de long poèmes du type Ch'angga[115].

Période Joseon[modifier | modifier le code]

La dynastie Joseon (ou Choseon) est une dynastie de rois coréens qui occupa le trône de 1392 à 1897. Fondée en 1392 par le général coréen Yi Seonggye, qui renverse le royaume de Goryeo et met fin du même coup à la période de domination mongole, qui durait depuis 1259.

Durant cette période la Corée connut deux âges d'or : au XVe siècle sous le règne de Sejong le Grand, qui invente notamment le hangeul, l'alphabet coréen, et après l'invasion mandchoue de 1637, au XVIIIe siècle.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Déclin de la dynastie Joseon.

L'attaque française de 1866[modifier | modifier le code]

L'expédition du contre-amiral Pierre-Gustave Roze, en 1866, est la première action militaire d'une nation occidentale — en l'occurrence la France — contre la Corée.

L'attaque américaine de 1871[modifier | modifier le code]

Article principal : Expédition de Corée.

Les États-Unis furent les seconds à monter une expédition semblable en 1871. Leur force navale était commandée par le contre-amiral John Rodgers.

L'influence du Japon et l'Empire coréen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire coréen.

L'Empire coréen (ou Empire de Tachan) est une période de l’histoire de la Corée s'étendant de 1897 à 1910, durant laquelle la péninsule fut placée sous influence japonaise.

Colonisation japonaise[modifier | modifier le code]

La colonisation de la Corée par le Japon commence en 1905 par l'établissement d'un protectorat. Cependant, depuis 1894, les deux pays étaient déjà liés par un traité d'alliance militaire. Une première ébauche de la colonisation se fait avec le Traité de Ganghwa (1876, premier des traités inégaux signé par la Corée) ouvrant les villes de Busan, Chemulpo (Incheon) et Wonsan aux japonais, calqué sur la Convention de Kanagawa (1853, entre les États-Unis et le Japon). Ce protectorat, d'abord établi par le traité de Portsmouth, qui clôt la guerre russo-japonaise, est confirmé par divers accords bilatéraux. Le plus important d'entre eux est le pacte Taft-Katsura, signé entre le ministre américain de la Guerre W. H. Taft et le Premier ministre japonais Katsura Tarō. Cette occupation est renforcée par la signature d'un traité d'annexion (un autre des traités inégaux) en août 1910. Bien que les différents actes établissant ce protectorat, puis cette annexion, aient été signés sous la contrainte, dans le cadre d'une « politique de la canonnière », les Japonais désignent cette annexion sous le nom de nikkan heigô, la fusion nippo-coréenne, conforme au droit international de l'époque.

L'Empire du Japon prit durement en main la péninsule et exerça une domination souvent qualifiée d'impitoyable, nettement freinée par la résistance des Coréens. Le 1e mars 1919, soulèvement contre l'occupant japonais et indépendance.

Avec la Seconde Guerre mondiale, l'enseignement du coréen, qui avait été auparavant obligatoire, est arrêté le 31 mars 1941. La Corée sert de réservoir aux Japonais, qui y puisent matières premières, denrées agricoles, et, durant la Seconde Guerre mondiale, de la main-d'œuvre à coût inférieur pour leurs usines. Beaucoup de femmes servirent de prostituées forcées (« femmes de réconfort ») aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale[116],[117]. La situation se maintint jusqu'à la reddition du Japon le (Gyokuon-hōsō). La Corée fut alors divisée en deux zones d'occupation administrées respectivement par l'Union soviétique (au Nord) et les États-Unis (au Sud).

La partition de la Corée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partition de la Corée.

La farouche résistance coréenne à la colonisation japonaise, menée notamment en Corée, en Chine et en Russie par les troupes communistes de Kim Il-sung, vaut au gouvernement provisoire coréen en exil à Washington et dirigé par Syngman Rhee (이승만) d'obtenir des grandes puissances l'indépendance de son pays à la conférence du Caire de 1943. À la conférence de Potsdam, il est décidé que les quatre Grands (Union soviétique, États-Unis, République de Chine et Royaume-Uni) garantiront conjointement l'indépendance du pays.

Mais l'amertume du sort de la Corée se révèle bientôt : peu après, il est décidé entre l'URSS et les États-Unis qu'ils désarmeront ensemble l'armée japonaise présente en Corée, les premiers au nord, les seconds au sud. Les États-Unis proposent le 38e parallèle.

Entrée en guerre contre le Japon le 9 août 1945, l'URSS franchit peu après (12 août 1945) la frontière coréenne, alors que les Américains[118] ne débarquent en Corée que le 8 septembre 1945, après la capitulation japonaise ayant entraîné le départ des troupes japonaises de Corée.

Dans la zone sud, Yo Unhyŏng (nationaliste de gauche) crée un "comité pour la préparation de l'indépendance de la Corée", à majorité communiste, qui proclame l'établissement d'une république populaire de Corée le 6 septembre opposé au gouvernement provisoire de Syngman Rhee.

Les États-Unis décident alors l'installation d'un gouvernement militaire à Séoul le 7. Le général Hodge, chef des troupes d'occupation américaines, supprime les comités de libération nationale, et maintient les fonctionnaires japonais et coréens de l'administration impériale japonaise, tout en confiant le maintien de l'ordre à la police japonaise. Contrairement à la Corée du Nord, la Corée du Sud n'a ainsi pas conduit d'épuration du personnel ayant travaillé avec les Japonais, au sein de la nouvelle administration sud-coréenne.

Le gouvernement militaire américain déclare illégale la république proclamée le 6, et démet Yo Unhyŏng de ses fonctions. Syngman Rhee rentre en Corée en octobre.

La question de l'indépendance de la Corée ne peut être résolue entre les deux Grands réunis au sein d'une commission américano-soviétique, dont les travaux commencent en janvier 1946. Les États-Unis font adopter par l'Assemblée générale des Nations unies en 1947 le principe d'élections organisées sous l'égide de l'ONU, malgré le vote contre de l'URSS qui considère alors les Nations unies comme une organisation pro-américaine.

En réponse, une conférence réunissant des organisations du Nord et du Sud se tient à Pyongyang, au nord, en avril 1948.

Des élections organisées dans la seule partie sud, dans le cadre de la résolution adoptée par l'ONU sur l'initiative des États-Unis, se tiennent le et conduisent à l'élection de Syngman Rhee comme premier président de la République de Corée (généralement appelée Corée du Sud), le 15 août 1948, troisième anniversaire de la libération. Des guérillas de gauche, très actives, s'opposent toutefois au nouveau régime sud-coréen dès sa fondation.

Au Nord, des élections législatives (organisées clandestinement au Sud) sont tenues le 25 août 1948. Le 9 septembre 1948, l'Assemblée populaire suprême ainsi élue proclame la République populaire démocratique de Corée (appelée couramment Corée du Nord) à Pyongyang.

Guerre de Corée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Corée.

Les origines de la guerre de Corée, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953, donnent lieu à des interprétations divergentes au Nord et au Sud. Pour Séoul, la guerre a été déclenchée par une agression nord-coréenne selon un plan établi préalablement en liaison avec Moscou. Pour Pyongyang, le franchissement par ses troupes du trente-huitième parallèle est la riposte à une attaque surprise de l'armée sud-coréenne sous le commandement de conseillers américains. De fait, la multiplication des incidents de frontières témoignait d'une aggravation des tensions militaires à la veille du conflit.

La guerre de Corée s'achève par un retour au statu quo ante bellum le 27 juillet 1953 (signature d'un armistice). La guerre a fait deux millions de victimes, déplacé des millions de personnes et séparé des centaines de milliers de familles.

La répartition Corée du Nord - Corée du Sud[modifier | modifier le code]

Après la fin de la guerre de Corée, l'ONU fixe la frontière maritime entre les deux Etats[119]. La frontière terrestre, longue de 248 kilomètres coupe la péninsule en deux le long du 38e parallèle.

En 2002, des affrontements font des morts des deux côtés.

De fragiles accords militaires et politiques lient alors la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le 30 janvier 2009, Pyongyang décide de les suspendre. La Corée du Sud, en étroite relation avec l'armée américaine est protégée sur son sol par 28 000 GI[119].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Samguk sagi est rédigé par Kim Busik, un descendant de la famille royale de Silla. En donnant une date de fondation plus ancienne pour ce royaume, il est possible qu'il ait cherché à lui conférer une importance particulière.
  2. Le Classique des vers, les Annales des Printemps et Automnes, le Classique des documents, le Classique des rites, et le Yi Jing

Références[modifier | modifier le code]

  1. Go-Choson
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  44. a, b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Jinwung Kim 2012 P86
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  116. (en) Asahi Shimbun admits errors in past ‘comfort women’ stories the Japan Times, Reiji Yoshida, aug 5, 2014
  117. (en) Japanese newspaper apologises over Fukushima and sex slave errors the Guardian, Justin McCurry in Tokyo, friday 12 september 2014
  118. http://tripleaincorporated.blogspot.fr/2014/07/operation-blacklist-forty-operation.html
  119. a et b Article parue le 15 février 2009 dans le journal Le Soir

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Ouvrages généralistes :
    • Pascal Dayez-Burgeon, Histoire de la Corée : Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, , 480 p. (ISBN 978-2-84734-835-4)
    • Samuel Guex, Au pays du matin calme : Nouvelle histoire de la Corée des origines à nos jours, Flammarion, , 370 p. (ISBN 978-2081352612, lire en ligne)
    • Li Ogg, La Corée, des origines à nos jours, Le Léopard d'or, , 451 p. (ISBN 978-2863770733)
    • (en) Jinwung Kim, A History of Korea : From "Land of the Morning Calm" to States in Conflict, Indiana University Press, , 720 p. (ISBN 978-0253000248, lire en ligne). 
    • (en) Kyung Moon Hwang, A History of Korea, Palgrave Macmillan, coll. « Palgrave Essential Histories Series », , 272 p. (ISBN 978-0230205468, lire en ligne)
    • (en) Michael J. Seth, A History of Korea : From Antiquity to the Present, Rowman & Littlefield Publishers, , 552 p. (ISBN 978-0742567153). 
  • Ouvrages et articles centrés sur une période :
    • Yannick Bruneton, « Les institutions « hors codes » de Koryŏ (918-1392). Le bouddhisme et la construction de l'État dans la Corée médiévale », Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, vol. 92,‎ , p. 293-320 (DOI 10.3406/befeo.2005.5987, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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