Symphorien d'Autun

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Symphorien d'Autun
Image illustrative de l'article Symphorien d'Autun
Daniel Hallé, Martyre de saint Symphorien (1671), cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour.
saint, martyr
Naissance IIe siècle
Autun (Saône-et-Loire)
Décès vers 178 
Autun
Vénéré à Bourgogne
Vénéré par Église catholique, Église orthodoxe
Fête 22 août
Attributs palme du martyre,
invocation pour être délivré d’un insecte entré dans l'œil
Saint patron Autun


Symphorien d'Autun est un martyr chrétien, mort vers 178. Saint de l’Église catholique, il est fêté le 22 août.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Le Martyre de saint Symphorien (1834), cathédrale Saint-Lazare d'Autun.

Symphorien (en latin Symphorianus) est le fils du noble Faute (Faustus) et d’Augusta, tous deux vénérés comme saints. Cette famille faisait partie des tout premiers chrétiens dans une ville d’Autun encore païenne. On y adorait Apollon, Diane et Cybèle. Symphorien fut probablement martyrisé sous Marc Aurèle, autour de l’an 180 (les premiers martyrs de Lyon ont péri en 177).

Un jour que le peuple, en grande partie païen, promenait une statue de Cybèle, Symphorien se moque du cortège et refuse de joindre ses hommages à ceux de la foule. Il est saisi, battu, arrêté et incarcéré, puis interrogé par Héraclius. Après une sanglante flagellation, le martyr est jeté dans un cachot et privé de lumière. Quelques jours après le délai légal, considérablement affaibli, il est conduit au juge qui l'exhorte à sacrifier aux idoles en lui promettant de le rétablir dans ses honneurs. « Les biens des chrétiens, leurs honneurs, ne sont pas de ce monde ; le monde passe comme une ombre, Dieu seul donne le vrai bonheur »[réf. nécessaire], répond-il. Furieux, le juge le condamne à la mort par le glaive. Symphorien est amené hors les murs et décapité devant sa mère restée sur les remparts. Avant l'exécution, celle-ci qui avait assisté à la condamnation exhorte son fils : « Courage, mon fils, courage, la mort nous conduit à la vie. Regardez en haut, mon enfant, regardez Celui qui règne au Ciel ! »[1].

Des religieux[2] enlèvent le corps du martyr et le déposent, non loin de là, auprès d’une fontaine, au polyandre de la via strata. Vers 450, saint Euphrône d'Autun fait ériger l'abbaye de Saint-Symphorien d'Autun, dont il fut le premier abbé, sur le lieu du martyre du saint homme. Elle est desservie par un monastère qui connaît sa période de gloire et contribue à l’extension du culte du saint. Aujourd'hui, ses reliques sont placées dans une chapelle de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun, fermée au visiteurs, y côtoyant celles de saint Lazare d'Aix.

À l’époque mérovingienne, Symphorien est considéré comme un saint national, à l’instar de saint Denis de Paris et de saint Privat de Mende qui est fêté la veille de la Saint-Symphorien, le 21 août. Son sépulcre, nous dit Grégoire de Tours qui l'a vu, « est presque troué par les malades qui s'y font porter, afin d'enlever un peu de poussière de son tombeau dont ils se servent comme d'un remède efficace à tous leurs maux », de la même façon que le sont les autres sépultures des nombreux saints inhumés le long de cette voie.

Symphorien était célèbre dans l’ancienne liturgie gallicane.

La paroisse de Longeville-lès-Metz célèbre son saint patron le deuxième dimanche d’octobre[3].

De très nombreuses paroisses à travers la Gaule se vouèrent à ce saint. En France, vingt-sept communes et plusieurs autres lieux et de nombreuses églises portent son nom[4].

Invocation[modifier | modifier le code]

Pour être délivré d’un insecte entré dans l'œil, on invoque saint Symphorien. On dit qu’avant de le décapiter, on lui aurait fait dévorer le visage par des insectes et des scorpions.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Nom gréco-latin Symphorianus, formé sur le grec σύμφορος, súmphoros « utile, avantageux ; convenable » (de σύν, sún « avec » et φορός, phorós « qui porte, qui apporte; qui favorise ») + suffixe anthroponymique latin -ianus. Il a existé par ailleurs une forme populaire latine de ce nom, Siforianus, dont procèdent les anciennes variantes romanes Siphorien, Syphorien, Ciphorien, etc.[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame,‎
  2. D. Ruinard, Acta sincera.
  3. Robert Canuel, La vie de saint Symphorien (en ligne).
  4. Saint-Symphorien Page d'aide sur l'homonymie
  5. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 ; rééd. Champion, Paris, 1979, t. I, p. 442, § 2071.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Acta Sanctorum, août, V, 491.
  • Abbé Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

Article connexe[modifier | modifier le code]