Sébastien Soriano

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Sébastien Soriano
Image illustrative de l'article Sébastien Soriano
Fonctions
Président de l'ARCEP
En fonction depuis le
Prédécesseur Jean-Ludovic Silicani
Biographie
Date de naissance (42 ans)
Nationalité Française
Diplômé de École polytechnique-télécom ParisTech

Sébastien Soriano, né le , est un haut-fonctionnaire français.

Depuis 2015, il est président de l'ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes).

Formation[modifier | modifier le code]

Fils d'une magistrate pour enfant et d'un père psychanalyste d'origine péruvienne[1], il poursuit sa scolarité à Dijon puis et obtient une licence d'administration publique de l'université Paris I-Panthéon Sorbonne. Il se passionne très tôt pour les mathématiques pures et en particulier la théorie des distributions de Laurent Schwartz. Après avoir intégré l'École polytechnique (X1996, classé 25e option M')[2], il envisage une carrière universitaire centrée sur la recherche fondamentale en mathématiques[3], mais il choisit finalement de se tourner vers les corps de l'Etat, via Télécom ParisTech.

Par la suite, Sébastien Soriano intègre le corps des mines et plus précisément la branche des télécommunications.

Carrière[modifier | modifier le code]

Dés le début de sa carrière, Sébastien Soriano occupe plusieurs postes dans des autorités administratives indépendantes liées à l'essor des télécoms.

De 2001 à 2004, il est rapporteur permanent et membre de la cellule économique au Conseil de la concurrence.

À partir de 2004, il intègre l'ART (Autorité de Régulation des Télécommunication) devenue ARCEP en 2005, comme chef de l'unité marchés mobiles, puis de l'unité Fttx (Fiber to the x) et dégroupage (2006-07).

En 2007, il devient directeur de la régulation des marchés haut et très haut débit et des relations avec les collectivités territoriales.

En 2009, il réintègre l'Autorité de la concurrence comme rapporteur général adjoint.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 2011, Sébastien Soriano intègre l'équipe de campagne présidentielle de François Hollande auprès du directeur Pierre Moscovici sur les thématiques axés sur les enjeux numériques [4]. Il rencontre Fleur Pellerin qu'il accompagnera au fil des remaniements.

En mai 2012, il est nommé directeur de cabinet de Fleur Pellerin, alors ministre chargé des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique.

En 2014, il devient son conseiller spécial quand elle est nommée secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger.

Lors de la nomination de Fleur Pellerin en tant que ministre de la Culture et de la Communication, il devient conseiller spécial, chargé notamment du secteur presse.

Président de ARCEP (2015-2021)[modifier | modifier le code]

En décembre 2014, il est pressenti par François Hollande pour succéder à Jean-Ludovic Silicani à la présidence de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), dont le mandat prend fin en janvier 2015 [5].

Auditionné le 13 janvier 2015[6],[7] par les commissions des affaires économiques de l'Assemblée nationale et du Sénat qui émettent un avis favorable[8], il est nommé président de l'ARCEP par décret du président de la République le 14 janvier[9] pour un mandat de six ans.

Selon la Cour des Comptes, la rémunération du poste est estimé selon un salaire brut de 191.543 euros annuels, soit 15.961 euros par mois.[10]

Positionnement[modifier | modifier le code]

  • Neutralité du net (ou du réseau)

Importé d’outre-Atlantique dès le milieu des années 2000, la neutralité du net est garantie par le droit européen depuis le printemps 2016. [11]

Lors de son audition pour la présidence de l'ARCEP, il a affirmé son point de vue concernant la préservation de la neutralité du net aux utilisateurs en défendant l'intérêt de l'innovation sur les services liés à la bande passante[12]. Selon lui, la neutralité du Net a permis de mettre un terme définitif à toutes les pratiques de blocage et de bridage techniques. Le cadre juridique a permis de réguler et mettre en conformité les contraintes techniques imposés aux acteurs résultant une neutralité du réseau en France plus conforme que ses partenaires européens [13] .

Dans un rapport intitulé "Les terminaux, maillons faibles de l'ouverture d'Internet" [14], il avertit sur la nécessité de réguler également les terminaux mobiles (smartphone...) du fait que la consultation internet s'effectue en priorité selon cet usage, suivi par les terminaux fixes (ordinateur de bureau...)[15].

  • Ouverture du marché des télécoms

Il est favorable à l'ouverture de la concurrence des télécoms en développement le marché aux entreprises, (faciliter l'accès physique et tarifaire à la fibre optique, multiplicité de choix des opérateurs) en limitant ainsi la position monopolistique de l'opérateur d'Orange[16].

De même, il est favorable à la transparence de la couverture mobile des réseaux par opérateur afin de favoriser le choix des utilisateurs facilitant ainsi le changement d'opérateur[17].

Lucide sur la volonté des opérateurs des télécoms de diversifier leurs services aux consommateurs (par exemple l'opérateur SFR dans les médias ou Orange dans la banque), il est néanmoins favorable à une priorisation des investissement sur les technologies lié au télécoms principalement sur la 5G [18]. Il définit la commercialisation de la 5G comme étant un véritable enjeu industriel au-delà des marchés des télécoms [19]. Celle-ci étant prévue dés 2020, Sébastien Soriano se dit favorable à faciliter l'accès au marché aux nouveaux acteurs comme par exemple l'ouverture d'expérimentation via des guichets afin de ne pas se limiter aux opérateurs classiques [20].

  • Internet : un bien commun

Il défend une conception d'Internet comme "bien commun"[21], affirmant qu'il convient de réguler les positions dominantes des GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple). Lors de la condamnation de Google par la Commission Européenne pour abus de position dominante, il salue une décision importante pour le développement des innovations : "la Commission a rappelé que les innovateurs d’hier ne devaient pas profiter de leurs succès passés, aussi éclatants soient-ils, pour étouffer les innovateurs de demain"[22].

Lors de l'audition de la Commission des Affaires Economiques, il a rappelé la nécessité de réguler les GAFA ainsi que de mieux informer les utilisateurs sur l'utilisation des données personnelles[23].

ORECE: instance au niveau européen[modifier | modifier le code]

A partir de 2016, Sébastien Soriano a été élu d'abord en tant que vice-président puis de président à partir 2017 - et sera de nouveau vice-président en 2018 au sein de l'organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE)[24].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Qui est Sébastien Soriano, le nouveau gendarme des télécoms? », sur bfmbusiness,  : « Ce fils d'une magistrate et d'un psychanalyste d'origine péruvienne est décrit comme un ambitieux et un fin politique: "c'est un adepte des coups de billards à trois bandes. Il est difficile de savoir ce qu'il pense vraiment", dit un opérateur. »
  2. Arrêté du 5 septembre 1996 portant nomination des élèves admis en 1996 à l'Ecole polytechnique (lire en ligne)
  3. « Sébastien Soriano, quand les maths s’invitent en politique », sur http://www.clubparlementairedunumerique.fr/,
  4. « Arcep : Sébastien Soriano, un profil multicarte En savoir plus sur », sur lesechos.fr,
  5. « Un proche de Fleur Pellerin appelé à réguler les télécoms », Les Échos, 23 décembre 2014
  6. « Commission des affaires économiques : compte rendu de la semaine du 12 janvier 2015 », sur www.senat.fr (consulté le 25 août 2016)
  7. « Assemblée nationale ~ Compte rendu de réunion de la commission des affaires économiques », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 25 août 2016)
  8. « Le nouveau « gendarme » français des télécoms officiellement investi », Le Monde, 15 janvier 2015
  9. Décret du 14 janvier 2015
  10. « Quand les patrons du CSA et de l'AMF gagnent plus que Macron », sur https://www.challenges.fr/, (consulté le 3 avril 2018)
  11. « En Europe, la neutralité du Net est garantie par la loi mais risque d’être écornée », sur lemonde.fr, (consulté le 14 décembre 2017)
  12. « La neutralité du net selon Sébastien Soriano : la fermeté souple », sur Numerama,  : « "Il faut être extrêmement ferme sur la neutralité du net", a-t-il ainsi déclaré, en aménageant immédiatement les ouvertures de portes dans lesquelles les opérateurs pourront s'engouffrer. Il plaide en effet pour "laisser place à l'innovation" dans des services gérés qui pourraient ne pas être soumis aux mêmes règles de neutralité, à deux conditions : 1-Qu'une partie de la bande passante soit "réservée" à Internet tandis que l'autre serait utilisable pour les services gérés proposés par les opérateurs ; 2-Que les offres soient proposées aux abonnés de façon "transparente", notamment sur cette répartition de la bande passante entre services gérés et Internet. »
  13. « Sébastien Soriano, président de l’Arcep : « L’Internet français est plus neutre qu’ailleurs » En savoir plus sur », sur lemonde.fr, (consulté le 14 décembre 2017)
  14. « Les terminaux, maillon faible de l'internet ouvert », sur arcep.fr,
  15. « Les Gafa règnent sur nos smartphones, reprenons le contrôle ! », sur Les Gafa règnent sur nos smartphones, reprenons le contrôle !, (consulté le 16 février 2018)
  16. « Télécoms : le régulateur veut "secouer le cocotier" sur le marché des entreprises », sur latribune.fr,
  17. « Sébastien Soriano (Arcep) : "Maintenant, chacun peut choisir son opérateur en connaissance de cause" », sur franceinfo.fr,
  18. « "Le manifeste pour la 5G signé par les opérateurs se conclut par un chantage" », sur http://www.journaldunet.com,
  19. « Sébastien Soriano, Arcep : « Il ne faut surtout pas prendre de retard sur la 5G » », sur https://www.nextinpact.com, (consulté en mars 2018)
  20. « L'Arcep annonce l'essai de la 5G dès cette année », sur www.nextinpact.com, (consulté en mars 2018)
  21. « Sébastien Soriano : « Il est temps de renverser les seigneurs de l’Internet féodal » », sur lemonde.fr,
  22. « Sébastien Soriano : « Il est temps de renverser les seigneurs de l’Internet féodal » », sur lemonde.fr,
  23. « Télécoms : l'Arcep appelle l'Assemblée Nationale à élargir ses missions », sur lesechos.fr, (consulté le 7 février 2018)
  24. « Télécoms : Sébastien Soriano (ARCEP) chapeautera les régulateurs européens en 2017 », sur www.nextinpact.com,

Articles connexes[modifier | modifier le code]