Jacques Plait

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Jacques Plait

Nom de naissance Jacques Plait
Naissance
Monestier-de-Clermont
Décès 1994
Paris
Activité principale

Producteur. directeur artisitique.

auteur.
Années actives 1948 à 1994
Labels

Disques Selmer. Ducretet Thomson. Pathé Marconi. Disques Capitol Capitol Records. Philips.

CBS.

Jacques Plait, auteur, producteur et directeur artistique français, né le 30 aout 1923 à Monestier-de-Clermont et décédé à Paris en 1994.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et enfance[modifier | modifier le code]

Jacques Plait est né à Monestier de Clermont, commune de l'Isère, le . Il a vécu en Algérie jusqu'à l'âge de 20 ans.

Les années de guerre[modifier | modifier le code]

À 18 ans, il effectue son service militaire qu'il enchaîne par trois années de guerre (débarquement de Provence et occupation allemande).

Les années après guerre[modifier | modifier le code]

À son retour, il s'installe à Paris pour terminer ses études à la fac de droit du quartier latin.

En même temps, il suit les cours de comédie de Charles Dullin et, passionné de jazz, s'inscrit au Hot club de France.

Il voit tous les spectacles de la capitale: théâtre, danse et jazz. La création en cette période d'après-guerre était particulièrement enrichissante et enthousiaste.

Jacques Plait est vraiment fou de jazz. Durant ses études, il traverse le jardin du Luxembourg et court toutes les semaines chez son disquaire « La Boîte à Musique » pour écouter les dernières nouveautés. Il lui arrive de ne pas déjeuner pour s'acheter un disque.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Son début de carrière[modifier | modifier le code]

S'apercevant qu'il ne peut se passer de musique, Jacques Plait renonce à devenir avocat comme son père.

Il fait paraître une petite annonce dans Jazz Hot, la revue du Hot Club de France espérant trouver un emploi dans le milieu artistique. C'est ainsi que bientôt, Charles Delaunay, le président du Hot Club le prévient qu'une société de disques américaine s'installe en France et recherche quelqu'un connaissant bien le Jazz pour s'occuper de la marque.

C'est ainsi que Jacques Plait se retrouva dans le milieu du disque.

1948[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une minuscule firme[réf. souhaitée] de disques qui édite les premiers Dizzy Gillespie et Charlie Parker, Willie Smith, Sydney Bechet, Slam Stewart, Les Paul, Nat King Cole, Lester Young, etc.

Il est tout seul, donc obligé de tout faire : représentant, vendeur, comptable, secrétaire, publiciste, technicien, emballeur, livreur, mais surtout, il est chargé du choix des disques à éditer en France et leur lancement.

Business d'enfer, mais merveilleuse formation !

Sa carrière est lancée[modifier | modifier le code]

1950 à 1954[modifier | modifier le code]

Maurice Tézé, l'un des deux « grands » directeurs artistiques de l’époque entend parler de Jacques Plait. Il demande à le voir. Ils découvrent tous les deux qu'ils se complètent. Jacques est donc engagé aux « Disques Selmer » (qui deviendront ensuite « Ducretet Thomson ») et va assister Maurice Tézé dans les enregistrements de jeunes inconnus: Charles Aznavour, Franck Pourcel, Virgine Morgan.

Cette époque coïncide avec l'arrivée du 33 tours et l'enregistrement sur plusieurs pistes, évolution technique majeure.

1954 à 1958[modifier | modifier le code]

Quatre ans plus tard, en 1954, Jacques Plait entre chez Pathé Marconi, il est directeur du département des disques Capitol (voir Capitol Records) qu'il lance en France.

Nous sommes en pleine période des films musicaux avec Frank Sinatra, Dean Martin, Yul Brynner, et les comédies musicales comme Oklahoma, qu'il a fait éditer et dont il a assuré la promotion; encore un période constructive.

Chez Pathé Marconi, on lui confie ensuite le « service promotion », ce dont il s'occupera avec maestria mettant à profit son expérience de dix années. Il excelle de par ses connaissances commerciales, techniques, artistiques et en communication. Il connaît tous les secrets du métier.

C'est ainsi qu'il devient « directeur artistique ».

C'est le début de l'épanouissement de sa carrière avec son flair légendaire. Il crée le slogan qui se vérifiera pendant longtemps : « Ce qui plaît à Plait, plaît au public ».

Il choisit les titres avec un goût sûr et « ses » artistes apparaissent souvent classés dans les hits parades de l'époque.

Le premier artiste qu'il engage chez Pathé Marconi est Richard Anthony, qu'il est le premier « à signer ».

1959 à 1962[modifier | modifier le code]

Il devient ensuite, chez Philips, l'adjoint de Jacques Canetti, un autre « grand » qui s'intéresse surtout aux auteurs compositeurs.

Jacques Plait est responsable des variétés et devient très vite directeur de la production artistique variétés. Il s'occupe de Serge Gainsbourg, Guy Béart, Dario Moreno, claude Bolling, il y aura en tout 17 artistes dont Jacques s'occupera et lancera la carrière.

Directeur artistique de Serge Gainsbourg, il a l'idée, le premier, de l'amener en Angleterre pour enregistrer. Serge a le coup de foudre pour Londres. Il en sort un magnifique 33 tours avec les titres que l'on joue encore aujourd'hui : La Javanaise et La Chanson de Prévert.

Quand Johnny Hallyday entre chez Philips, Jacques Plait supervise ses premiers enregistrements : Retiens la Nuit, Viens danser le Twist, Le Pénitencier.

1962 à 1965 : les années Sheila[modifier | modifier le code]

Devenu directeur de production, Jacques Plait sent confusément que quelque chose ne va pas dans la profession. On lui demande de s'occuper de dix-sept artistes, et même en travaillant douze heures par jour il ne peut y arriver. Le travail effectué aux États-Unis par deux producteurs indépendants Leiber and Stoller (voir Jerry Leiber et Mike Stoller) le fascine. Ils ne s'occupent que d'un ou deux artistes et collectionnent les succès. Chaque fois que Jacques Plait reçoit des Hits des États-Unis et qu'il sort « le » disque qui lui plaît sans regarder le titre, c'est toujours signé « Leiber and Stoller ».

Jacques décide de faire la même chose en France (ce en quoi il fut visionnaire et pionnier) et de devenir producteur indépendant. Il lui faudra des années avant d'y parvenir et de convaincre le président de Philips de lui laisser tenter sa chance (à ses risques et périls). Il cherche son « Stoller » et découvre un jeune auteur ambitieux et dynamique. Il l'invite à déjeuner, lui explique ce qu'il veut faire et lui propose d'être son associé. Le jeune auteur écoute calmement. En fait, intérieurement il bout, car il pense à la prédiction de sa voyante quelques années plus tôt : « on vous proposera un jour d'entrer dans le disque et ce sera le début de votre fortune ». Il accepte. Le tandem est formé, il va faire du bruit, car le nom du jeune auteur est Claude Carrère.

Deux mois plus tard, dans un cinéma désaffecté du quatorzième arrondissement, Jacques Plait et Claude Carrère écoutent un groupe que leur a recommandé leur ami Henri Leproux du Golf-Drouot. Le groupe ne les emballe pas..... Dans un coin de la scène, il y a une jeune fille de seize ans, emmitouflée dans un énorme pull à col roulé. Les futurs « Leiber and Stoller » demandent : « Et elle, qu'est-ce qu'elle fait ? ». Le chef du groupe répond : « C'est la chanteuse de l'orchestre ». « Qu'est-ce qu'elle connaît ? » Chariot

Avec l'avènement de la mode « yéyé », Sheila devient très rapidement l'une des grandes vedettes du moment. Pas moins de 9 disques seront produits en trois ans avec des volumes de ventes qui peuvent encore surprendre aujourd'hui avec des titres comme « l'École est finie », « Vous les copains, je ne vous oublierai jamais », « Première surprise partie ».

Ils vont également s'occuper d'un groupe découvert par Sheila au Golf Drouot Les Guitares qui vont l'accompagner en tournée et sur disques pendant plusieurs années. Le groupe enregistrera 3 EP 45 t instrumentaux.

Après trois ans avec Sheila et associé à Claude Carrère, Jacques Plait, qui est décidément un incorrigible individualiste, éprouve le besoin de reprendre sa liberté. Il se sépare amicalement de Claude Carrère et, deux mois après, rencontre par hasard un jeune Américain, un certain Joe Dassin.

1965 à 1980 : les années Joe Dassin[modifier | modifier le code]

Sa liberté retrouvée, Jacques Souplet (qu'il connait depuis le Hot Club de France), récemment nommé président de « CBS », lui demande de devenir son conseiller personnel et lui présente Joe Dassin.

La rencontre avec Joe Dassin[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Maryse Massiera et Jacques Plait ; Cher Joe Dassin, 377 pp, Paris (Carrère), 1987.
  • Maryse Massiera et Jacques Plait ; Cher Joe Dassin (réédition), 215 pp, Ergo Press (Carrère Distribution), 1989.
  • Maryse Grimaldi et Jacques Plait, Joe Dassin, inconnu et fascinant (réédition), 240 pp, ZurfluH éditeur, 2010.