Pixies

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Pixies

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Frank Black et Kim Deal, lors d'un concert des Pixies le à Kansas City

Informations générales
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical College rock, rock alternatif
Années actives De 1986 à 1993
Depuis 2004
Labels 4AD, Elektra, Spin Art, Artemis
Site officiel www.4ad.com/pixies
Composition du groupe
Membres Frank Black, David Lovering, Joey Santiago, Paz Lenchantin
Anciens membres Kim Deal, Kim Shattuck

Pixies est un groupe de rock alternatif américain formé en 1986[1] à Boston, Massachusetts[2]. Le groupe s’est séparé en janvier 1993 dans des conditions quelque peu houleuses, mais s’est reformé en avril 2004. Depuis l'origine, il est constitué de quatre membres : Black Francis (né Charles Thompson IV, et ayant aujourd'hui pour nom d'artiste Frank Black) (chant et guitare rythmique), Joey Santiago (guitare lead), Kim Deal (basse et chant) et David Lovering (batterie). Le groupe n'a rencontré qu'un modeste succès dans son pays d'origine, contrairement à l'Europe où ses albums ont touché beaucoup de monde[3].

La musique des Pixies puise notamment ses influences dans le punk rock et la surf music des années 1960, et se caractérise par sa richesse mélodique, sa dynamique particulière (couplets calmes et refrains endiablés). Les chansons étaient écrites en quasi-totalité par Black Francis, le chanteur et guitariste du groupe. Ses textes sont délibérément obscurs, souvent surréalistes[4], et traitent de sujets aussi divers et abscons que l'ufologie, la maladie mentale, les blessures physiques et l’inceste, avec de nombreuses références bibliques[5],[6].

Le groupe est largement considéré comme l'un des fers de lance de l’explosion du rock alternatif du début des années 1990, bien qu’il se soit séparé avant d’avoir pu bénéficier pleinement de ce statut de pionnier[7],[8]. Leur influence s'est considérablement étendue après leur séparation[9],[10]. Ce statut d'artiste culte n'est sans doute pas étranger au succès de Nirvana, dont le leader Kurt Cobain a maintes fois publiquement reconnu que son groupe devait énormément aux Pixies[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Formation du groupe[modifier | modifier le code]

L’histoire des Pixies commence en 1984, avec la rencontre de Joey Santiago et de Black Francis (né Charles Michael Kitteridge Thompson IV[12]) alors qu’ils n’étaient encore qu’étudiants en économie à l’Université Amherst du Massachusetts[13]. Le hasard voulut que les deux futurs amis partagent la même résidence universitaire. Leur passion commune pour la musique fit qu’ils se lièrent rapidement d’amitié. Joey était un passionné du punk rock des années 1970 et de Bowie, tandis que Francis appréciait plutôt des artistes des années 1960, tels les Beatles et Donovan. C’est donc Joey qui se chargea d’initier Francis au punk rock. Le duo enregistra quelques maquettes à deux guitares, sans objectif ou projet particulier[14]. En septembre 1985, Francis partit pour un an à Porto Rico, dans le cadre d’un échange universitaire. Il se retrouva dans un dortoir composé pour moitié de jeunes portoricains homosexuels très extravertis[15]. Le mal du pays et sa difficulté à maîtriser l’espagnol[16] firent qu’il rentra à Boston au bout de six mois, en mars 1986. Là, il parvint à convaincre Joey d’abandonner les études et de monter un groupe de rock[14],[17]. Les deux compères passèrent alors leur temps à composer, tout en vivotant d'un travail de manutentionnaire sur les docks de la ville[18]. En juin 1986, ils décidèrent de passer une petite annonce dans un journal local, le Boston Phoenix afin d’y recruter une bassiste sachant chanter en harmonie et aimant Peter, Paul and Mary et Hüsker Dü[19].

Kim Deal, jeune laborantine tout juste mariée et fraîchement débarquée à Boston fut la seule personne à répondre à l’annonce[20]. Francis et Santiago surent dès le début que c'était elle qu'il leur fallait, en dépit du fait que Kim n’ait jamais touché de basse de sa vie[21],[22]. Le groupe commença dès lors à répéter avec une boîte à rythmes, mais la nécessité d’un batteur se fit sentir. Ce fut d’abord Kelley Deal, sœur jumelle de Kim, qui fut pressentie. Francis et Kim se partagèrent le prix du billet d’avion pour la faire venir de l’Ohio. Kelley passa l'audition avec succès, mais refusa d’intégrer le groupe en déclarant que cela ne l’intéressait pas et repartit dès le lendemain[23]. Kim se souvint alors de David Lovering, croisé à la réception de son mariage et vieille connaissance de son mari[24],[25]. Non seulement David accepta, mais il proposa au groupe de répéter dans le garage de ses parents, chez qui il vivait toujours[26],[27]. Restait à trouver un nom à ce groupe fraîchement formé. Joey, qui avait souvent recours au dictionnaire (l’anglais n’étant pas sa langue maternelle) tomba par hasard sur ce drôle de mot qui désigne de petits elfes malicieux[14]. Après avoir envisagé des noms tels que Pixies in panoply et Things on fire[28], le nom de Pixies fut définitivement adopté[29],[30]. C’est sous ce nom qu’ils donnèrent leur premier concert, au Rathskeller de Boston en septembre 1986[31].

Le contrat avec 4AD et Come On Pilgrim[modifier | modifier le code]

Alors qu’ils jouaient en première partie des Throwing Muses, ils furent remarqués par le producteur Gary Smith, des fameux studios Fort Apache. Il approcha le groupe en ces termes : « je ne trouverai pas le sommeil tant que vous ne serez pas mondialement célèbres »[14]. Peu de temps après, en mars 1987[32], le groupe s’enferma en studio pour trois jours[33], le temps d’enregistrer dix-sept ou dix-huit titres sous la houlette de Gary Smith. L’enregistrement constitua la maquette plus connue sous le nom de Purple Tape, à cause de la couleur violette (Purple) de la cassette. Ce fut le père de Black Francis qui avança les 1 000 dollars nécessaires à l’enregistrement. Cette cassette n’était destinée qu’à assurer la promotion du groupe auprès des maisons de disques et fut envoyée, entre autres, à Ivo Watts-Russell de 4AD et au promoteur local Ken Goes qui devint le manager du groupe[14]. Watts Russell ne fut pas spécialement impressionné par la cassette, mais signa le groupe après s’être laissé convaincre par sa petite amie d’alors[14],[34],[35].

Suite à la signature du groupe chez 4AD, huit titres issus de la Purple Tape furent sélectionnés pour figurer sur le mini-album Come On Pilgrim, premier opus du groupe, publié le 12 octobre 1987. Le titre de ce premier disque est tiré des paroles de Levitate Me, elles-mêmes inspirées d’une harangue utilisée par le pionnier du rock chrétien Larry Norman durant ses concerts : « Come on pilgrim/ You know he loves you »[14]. Élevé au sein d’une famille très religieuse, Francis racontera en interview avoir vu Larry Norman sur scène à l’occasion d’un camp de vacances chrétien. Plus tard, lorsqu’il deviendra Frank Black, il reprendra l’un des titres de Larry Norman, et montera même sur scène avec lui. C'est au moment de créditer les quatre membres du groupe sur la pochette du disque que Charles Thompson décida de se faire appeler Black Francis[36]. Il avoua plus tard que ce coup de tête était un hommage, certes discret, à Iggy Pop. Dans le même ordre d'idée, Kim Deal apparut sous le nom de Madame John Murphy, son mari d’alors. Selon elle, il s'agissait là d'une blague féministe.

Sur Come On Pilgrim, Francis fait allusion à son voyage à Porto Rico (Vamos, Isla De Encanta). Les textes évoquent la pauvreté des habitants de l’île et leur désir de connaître une existence meilleure. Les paroles à connotations religieuses de Come On Pilgrim et des albums à venir sont un écho des jeunes années de Black Francis, passées au sein de l’Église Pentecôtiste[37].

Come On Pilgrim présente déjà toutes les caractéristiques du groupe : mélange des idiomes avec la présence de l’espagnol (Vamos et Isla De Encanta), textes traitant de l’inceste (Nimrod's Son), du sexe (l'onanisme est le thème de The Holiday Song) et de la religion (animiste en l'occurrence, sur Caribou), mais aussi le style erratique de Joey Santiago, les harmonies vocales de Kim Deal, et la très large palette vocale de Black Francis, qui va du fausset de I’ve Been Tired aux grondements sauvages de Caribou ou de Vamos[38].

Surfer Rosa et Doolittle[modifier | modifier le code]

Come On Pilgrim fut suivi de Surfer Rosa, premier véritable album du groupe. Enregistré et produit par Steve Albini (engagé par Ivo Watts Russell sur conseil d’un de ses collègues de 4AD)[39] et bouclé en deux semaines ; l'album sortit début 1988. Albini sera plus largement connu en 1993, lorsqu’il produira le dernier album de Nirvana, In Utero, à la demande de Cobain, pour qui Surfer Rosa était un disque de chevet. Cobain en appréciait particulièrement le son de batterie brut et puissant – l’une des griffes caractéristiques d’Albini[40]. Avec Surfer Rosa, les Pixies s’attirèrent les louanges du monde musical. Des revues spécialisées comme le Melody Maker et Sounds le déclarèrent album de l’année[14]. Le succès critique de l’album fut tel que le groupe signa un accord de distribution sur le marché nord-américain avec Elektra, avant même la sortie du nouvel album.

Surfer Rosa, comme son prédécesseur, fait preuve d’inventivité et varie les plaisirs. Bone Machine, qui ouvre l’album, fait étalage de la force de frappe de David Lovering avec sa batterie très en avant. On y trouve aussi de la pop aux guitares incisives (Broken Face, bel exemple de texte surréaliste de Black Francis[41], Break My Body, Brick Is Red) ou encore du punk hardcore bestial (Something Against You, très influencé par Hüsker Dü). Vamos, réenregistrée pour l’occasion, apparaît aussi sur l’album. Avant cette nouvelle version de la chanson, on trouve un petit dialogue entre Black Francis et Kim Deal, où le chanteur envoie proprement paître la bassiste. Certains y ont vu un révélateur de tensions déjà existantes au sein du groupe, alors qu’il n’en est rien, il ne s'agit en fait que d’une simple farce. Les tensions qui conduiront à l’implosion du groupe n'apparaîtront que plus tard.

Surfer Rosa contient deux chansons devenues très populaires : Gigantic, écrite et chantée par Kim Deal[42], et Where Is My Mind?, devenu avec le temps le grand tube des Pixies. Le fait que le titre ait été utilisé en générique de fin de Fight Club y est sans doute pour beaucoup. Lors des premières années des Pixies, c’est cependant bien Gigantic qui était le morceau préféré des foules, ce qui, dit en passant, rendit Black Francis très jaloux.

Entre février et mai 1988, les Pixies réalisèrent leur première tournée européenne, en première partie des Throwing Muses. À cette occasion, le groupe enregistra sa première Peel Session. Il y en eut six au total, jusqu’en juin 1991. Ces sessions furent compilées en 1998 sur l’album Pixies at the BBC[43].

Fin 1988, le groupe fut mis en relation avec Gil Norton, censé produire leur second album, Doolittle (provisoirement intitulé Whore[14]). Pour l’occasion, la durée de l’enregistrement et le budget grimpèrent en flèche : les sessions s’étalèrent sur les six dernières semaines de 1988, et leur coût avoisina les 40 000 dollars, soit le quadruple de ce qu’avait coûté Surfer Rosa[44]. Le son perd son côté brut, mais gagne en ampleur. La production de Norton est indéniablement plus propre. Les sujets abordés par Black Francis restent similaires à ceux des deux premiers disques : la religion, les blessures physiques (la mutilation et les pertes de sang en particulier), les souvenirs de Porto Rico… Les paroles sont toujours aussi surréalistes :

Debaser, premier morceau, est un hymne au film de Luis Buñuel, Un chien andalou (1929). Here Comes Your Man, chanson pop faussement innocente[45], est le premier single tiré de Doolittle. Monkey Gone to Heaven, enregistré avec un quatuor à cordes, sera le second. L’unique contribution de Kim Deal s’intitule Silver, et voit pour l’occasion la jeune femme passer à la slide guitar, tandis que David Lovering s’occupe de la basse[46]. Ce dernier chante également La La Love You, une chanson d’amour naïve quelque peu atypique pour le groupe. Tout comme Surfer Rosa, Doolittle fut loué par la critique et les fans. Le disque fut certifié or aux États-Unis en 1995, et classé parmi les meilleurs disques de tous les temps par nombre de revues musicales, dont Rolling Stone[47], Q et NME.

Hiatus[modifier | modifier le code]

L’album Doolittle fut promu via deux tournées aux noms fantaisistes, l'une en Europe (Sex And Death Tour)[48] et l'autre en Amérique du Nord (Fuck Or Fight Tour). Si le groupe se permit quelques fantaisies lors de la tournée européenne (notamment certains concerts avec les morceaux joués dans l'ordre alphabétique[7]), c'est aussi durant cette tournée que les tensions entre Black Francis et Kim Deal apparurent. Ainsi le 15 juin 1989, sur scène, à Stuttgart, Black Francis jeta une guitare en direction de Kim Deal car cette dernière était arrivée au concert avec une heure de retard[49]. Santiago expliquera, des années plus tard, dans une interview à Mojo[50], que Black Francis songea même à renvoyer Deal avant l’enregistrement de Bossanova. Seule la persuasion de l’avocat du groupe permit d’empêcher l’éviction de la bassiste. Deal s’en sortit ainsi avec un simple avertissement[51],[52].

Exténué par deux années de concerts entre l’Europe et les États-Unis, le groupe finit son Fuck Or Fight Tour sur les rotules. Lors de la dernière date américaine, Kim Deal, ivre, ne tenait même plus debout, tandis que Joey Santiago se cassa la main en tentant de briser une guitare à la fin du concert. Le groupe décida alors d’annoncer une pause dans ses activités. Joey en profita pour faire du tourisme dans le Grand Canyon, David fit de même en voyageant en Jamaïque. Francis s’acheta une Cadillac jaune et partit faire le tour des États-Unis avec sa compagne, Jean Walsh. À l’occasion il donna quelques concerts, seul, pour gagner de l’argent et meubler ainsi son nouvel appartement de Los Angeles. Quant à Kim, elle réactiva son groupe de jeunesse, The Breeders, en compagnie de sa sœur Kelley, de Tanya Donelly des Throwing Muses et de la bassiste Josephine Wiggs de Perfect Disaster. Le groupe enregistra l'album Pod, sorti en 1990[53].

Bossanova, Trompe Le Monde et la séparation[modifier | modifier le code]

En 1990, tous les membres des Pixies, à l'exception de Kim Deal, partirent vivre à Los Angeles[54], car selon David Lovering, le studio d'enregistrement se trouvait là[55]. Doté d'un budget plus conséquent, Bossanova fut enregistré sur un 46 pistes, alors que Doolittle l'avait été sur un 24 pistes. Contrairement aux disques précédents, Black Francis composa la majorité des titres en studio[56]. Avec Bossanova, Black Francis affirma un caractère de plus en plus despotique[57]. Il limita ainsi drastiquement l’apport de Kim Deal au groupe, tant au niveau de l’écriture que des chœurs ; toutes les chansons originales furent signées Black Francis. L’album sortit en août 1990 et durant la tournée qui suivit, Deal manifesta à diverses reprises son désaccord en multipliant les déclarations tapageuses, notamment au sujet de la dissolution imminente du groupe. Cependant les Pixies étaient au sommet de leur popularité : ils furent propulsés en tête d’affiche du gigantesque festival de Reading, le 27 août 1990, où ils livrèrent une prestation mémorable.

Bossanova montre un changement d’orientation dans les textes des Pixies. Black Francis y évoque sa passion pour la science-fiction, les ovnis, les enlèvements par les extraterrestres[4]. Musicalement, la surf music est la source d'inspiration majeure pour cet album. D'ailleurs le premier titre, Cecilia Ann, est une reprise du groupe The Surftones, pionniers du genre. Pour la première fois, Black Francis chante de façon bien plus mélodieuse (à la seule exception de Rock Music) et abandonne pratiquement les hurlements qui étaient sa marque de fabrique. Des titres comme Ana, Havalina développent une atmosphère quasi élégiaque. Les soli de Santiago sont eux aussi moins agressifs que sur les précédents albums.

La tournée Bossanova s’acheva en décembre 1990. Tordant momentanément le cou aux rumeurs récurrentes prédisant sa séparation, le groupe commença à travailler sur son prochain disque. Des bruits de couloir prétendaient que le groupe allait s’essayer au heavy metal[58], et la sortie du single Planet Of Sound, au son particulièrement carnassier, ne faisaient que les conforter. Pour Black Francis, Trompe le Monde était son disque punk rock, et rien d‘autre. Du point de vue des textes, le leader des Pixies confirmait son obsession pour l’ufologie[59], la science-fiction et les voyages interstellaires (notamment sur Bird Dream of the Olympus Mons et Motorway To Roswell, l'histoire d'un voyage d'extraterrestres qui tourne mal)[59] ou des thèmes inattendus comme un hommage à l'ingénieur Gustave Eiffel sur le titre Alec Eiffel. Les compositions gagnèrent en densité, avec notamment la présence sur certains titres d’Eric Drew Feldman, clavier de Pere Ubu et de Captain Beefheart.

Le groupe tourna en Europe durant l’été 1991 puis en Amérique du Nord en automne-hiver 1991-1992, assurant même la première partie de U2 sur 30 dates entre février et avril 1992. La tournée se termina avec une dernière date au Commodore Ballroom de Vancouver le 25 avril 1992, qui fut pendant douze ans le dernier concert des Pixies. Les tensions étaient alors telles que Kim et Francis ne s’adressaient même plus la parole. Après ce dernier concert, Francis annonça aux autres membres son intention de prendre une année sabbatique, pendant laquelle il allait en fait enregistrer son premier album solo. Kim Deal partit en tournée avec les Breeders[60].

Joint par satellite le 13 janvier 1993[61] par Mark Radcliffe pour l’émission Hit The North sur BBC Radio 5, Black Francis confirma la fin des Pixies à l’animateur qui le questionnait à ce sujet. Il annonça ensuite la nouvelle à Joey Santiago par téléphone. Dave Lovering et Kim Deal reçurent un fax[62].

Après la séparation[modifier | modifier le code]

Black Francis se fit appeler Frank Black et sortit trois albums en solo. Puis il forma un nouveau groupe, nommé Franck Black and the Catholics, en compagnie de Scott Boutier, Eric Drew Feldman, Rich Gilbert, David McCaffrey et Dave Phillips. Le groupe sortit six albums partagés entre punk, folk et country rock. En 2005, Frank Black sortit son quatrième album solo, Honeycomb, enregistré avec des musiciens de séance de Nashville. En 2006 sortit Fast Man/Raider Man, double album issu des mêmes sessions. En 2007, Frank Black reprit son ancien pseudo Black Francis à l'occasion de la sortie de l'album Bluefinger.

Deal repartit vers les Breeders, obtenant un gros succès avec Cannonball, issu du deuxième album du groupe, Last Splash. Le groupe mit ensuite neuf ans à sortir son troisième opus, Kelley Deal luttant notamment contre une addiction à l’héroïne[63]. Title TK, troisième album du groupe sortit en 2002 ; de la précédente formation, seules les sœurs Deal étaient restées. Pendant le hiatus imposé aux Breeders, Kim Deal monta The Amps, qui sortirent un unique album en 1995, Pacer[64].

David Lovering tenta de rejoindre Depeche Mode, puis tint la batterie chez Cracker et sur l’album solo Tanya Donelly, Lovesongs for Underdogs (1997). Il se reconvertit ensuite comme illusioniste, son nom de scène étant The Scientific Phenomenalist, ouvrant notamment pour Frank Black et les Breeders[65].

Joey Santiago a joué sur les deux premiers albums solo de Frank Black, avant de former un groupe avec sa femme Linda Mallari, The Martinis. Le premier album du groupe, Smitten, est sorti en 2004[66].

Après la dissolution des Pixies, 4AD a sorti plusieurs compilations, telles que Death to the Pixies, Complete 'B' Sides, Pixies (The Purple Tape) et Pixies at the BBC.

Depuis 2004 : La reformation[modifier | modifier le code]

Joey Santiago et sa guitare Les Paul, 30 juillet 2005

Onze ans après la séparation du groupe, de nombreuses rumeurs se mirent à circuler sur une nouvelle tournée. En juillet 2003, interrogé par une radio londonienne quant à une reformation des Pixies, Thompson répondit sur le ton de la plaisanterie : "Hé, mais on se voit et on jamme ensemble tout le temps !". Ce qui était une simple blague de la part de Thompson fut malgré tout pris au sérieux et se répandit comme une traînée de poudre, notamment sur Internet. Étonné de l'intérêt que suscitait la nouvelle de la reformation, Thompson songea alors réellement à remonter son groupe de jeunesse[67]. En octobre 2003, la rumeur se fit de plus en plus pressante, mais ce n’est que le que le groupe annonça officiellement sa reformation. Le premier concert depuis douze ans eut lieu le 13 avril au Fine Line Music Cafe de Minneapolis[68], et marqua le point de départ d’une première série de quinze concerts dans l'ouest des États-Unis et au Canada, dont le point culminant fut le festival Coachella Valley Music and Arts. Les billets pour ces spectacles se sont souvent vendus en quelques minutes, même dans des villes canadiennes de taille moyenne comme Winnipeg ou Regina.

Suivirent une date au Brésil le , une tournée européenne (25 mai- 11 juillet), une date au Japon (30 juillet), trois dates en Angleterre (20-21-22 août) puis une tournée aux États-Unis (4 septembre- 18 décembre). Sur cette première tournée mondiale en douze ans, le groupe puisa énormément dans ses premiers albums, délaissant notamment Bossanova et Trompe le Monde.

Les Pixies revinrent en 2005 avec une nouvelle tournée américaine[69] qui débuta à Portland, Oregon, le et qui se termina le à Boston (ce dernier concert faisant l’objet d’un DVD sorti dans le commerce). Puis le groupe embarque pour l’Europe et une tournée des festivals (17 août- 1er septembre). Quatre dernières dates américaines (29-30 septembre, 1er-2 octobre) précédèrent la première tournée japonaise du groupe (3-11 décembre 2005). L’année 2005 sembla être la meilleure année de la reformation des Pixies, avec un répertoire plus étoffé que l’année précédente : des pièces maîtresses comme Alec Eiffel, Stormy Weather, mais aussi The Sad Punk, ainsi que des morceaux plus rarement joués (Dancing The Manta Ray, Weird At My School…) firent leur retour.

En 2006, les Pixies se contentèrent d'une tournée des festivals européens, soit neuf dates, du 13 au 23 juillet.

Enfin 2007 vit les Pixies jouer pour la première fois en Australie, le temps de neuf nouvelles dates (27 mars- 7 avril). Ce fut à l'occasion de cette tournée australe que le groupe donna ce qui semblait être son dernier concert, le 7 avril, au Southern Roots de Hobart, Tasmanie. En effet, fin juin 2007, Frank Black confia à Colin Murray lors d'une interview pour BBC Radio 1 que les Pixies étaient probablement séparés pour de bon, le groupe n'ayant pas réussi à s'entendre en studio quant à un hypothétique nouvel album[70]. En décembre 2007, Kim Deal expliquait dans une entrevue à Rolling Stone qu’il n’y aurait pas de nouvel album des Pixies, tout simplement car elle ne le souhaitait pas[71]. Cette entrevue venait confirmer les rumeurs que la seconde séparation des Pixies était due au fait que la bassiste ne souhaitait pas compromettre l’héritage du groupe.

En janvier 2008, dans une entrevue pour The Skinny, Black se faisait quant à lui plus explicite : « La reformation du groupe a été un succès, mais s'est terminé en queue de poisson (...) Nous ne ferons pas de nouvel album »[72]. Fin août 2008, dans une interview donnée pour le NME, Frank Black remet le sujet du nouvel album des Pixies sur la table, qu'il envisage désormais comme "possible"[73].

"Je dois m'assurer que le groupe, dans son intégralité, veut retourner en studio afin d'y enregistrer un nouveau disque (...) Nous ne pouvons pas nous contenter de jouer nos vieilles chansons encore et encore."

Interrogée par la BBC le 2 septembre 2008 quant à l'éventualité d'un nouveau disque des Pixies, Kim Deal n'a ni infirmé, ni confirmé la rumeur. Fin décembre 2008, il semblerait que la rumeur d'un nouvel album des Pixies soit de nouveau enterrée : Kim Deal est toujours réticente à cette idée, tandis que Joey Santiago et David Lovering viennent de fonder un nouveau groupe, Everybody[74]. Enfin, Thompson lui-même n'est pas en reste : le 9 février 2009 est sorti le premier album de Grand Duchy, le groupe qu'il a monté avec sa seconde épouse, Violet Clarke. Ce premier effort s'intitule Petits Fours.

2009 marque le grand retour des Pixies. Le 13 mars, le groupe est annoncé comme tête d'affiche du festival de L'Ile de Wight, le dimanche [75]. Le 17 avril 2009, les deux principaux forums de discussion consacrés aux Pixies répercutent la nouvelle qu'une "grande nouvelle" concernant les Pixies sera annoncée le lundi 20 avril par le biais du magazine Rolling Stone[76]. La nouvelle, dévoilée avec une journée de retard, fera finalement l'effet d'un soufflé puisqu'il s'agit d'une réédition des précédents albums sous la forme d'un coffret intégral, avec pour seule particularité des illustrations inédites de Vaughan Oliver et Simon Larbalestier[77].

Le groupe joue le temps de 7 dates du 11 au 21 juin, et reprend sur scène Cecilia Ann, Rock Music, Dig For Fire pour la première fois depuis 1992, ainsi que Boom Chicka Boom.

Dans la foulée, le magazine britannique NME rapporte les propos de Frank Black : selon ce dernier, le groupe retournerait en studio pendant l'année 2010 afin d'y enregistrer leur cinquième album. De plus ce nouveau projet serait un mélange entre musique et cinéma, et pourrait voir la collaboration avec un grand réalisateur, le nom de Quentin Tarantino ayant été évoqué[78].

Le 29 juin 2009, de nouvelles dates sont annoncés : les Pixies ont prévu de tourner en Europe du 30 septembre au 16 octobre et aux États-Unis du 4 au 30 novembre, afin de fêter les 20 ans de leur deuxième album, Doolittle[79]. À cette occasion, le groupe reprend sur scène l'album en intégralité et dans l'ordre. Le morceau Silver est joué pour la première fois sur scène lors de cette tournée. Une autre tournée passe aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande du 11 au 30 mars 2010[80].

Le groupe revient en Europe avec deux dates à Toulouse les 25 et 26 mai 2010, puis une poignée de concerts en Espagne, Belgique, Italie et Israël. Contrairement à ce qui était attendu, le groupe ne reprend pas Doolittle sur scène, mais reprend des morceaux de Surfer Rosa (Break My Body, pour la première fois depuis 1991), Bossanova et Trompe Le Monde.

Au vu du contexte politique tendu, le groupe annonce le 6 juin 2010 l'annulation du concert prévu à Tel-Aviv[81], non sans déclencher une polémique parmi les fans, notamment sur le Myspace du groupe.

Une tournée canadienne (incluant quelques concerts en sol américain) est annoncée pour le printemps 2011.

Le 14 juin 2013 le groupe annonce que Kim Deal quitte la formation[82].

Le 27 juin 2013 un nouveau morceau intitulé Bagboy est diffusé par la BBC 6 Music puis disponible en téléchargement gratuit le lendemain sur Internet[83].

Le 1 juillet 2013, le groupe annonce sur son site une tournée européenne de pas moins de 18 dates et qui débute le 29 septembre à l'Olympia de Paris. Kim Shattuck, du groupe The Muffs, remplace Kim Deal.

Le 3 septembre 2013, Pixies sort un EP comprenant quatre titres, intitulé EP1, disponible au format numérique.

En décembre 2013, Paz Lenchantin remplace Kim Shattuck à la basse avant une tournée mondiale les premiers mois de l'année 2014.

Le 4 janvier 2014, Pixies sort EP2 qui contient lui aussi quatre titres et est vendu sur le site du groupe, comme le premier. Le 24 mars 2014, le groupe sort EP3. Le même jour, il annonce la parution de son cinquième album Indie Cindy pour le 28 avril 2014. Ce disque regroupe les 3 EPs précédemment sortis. Une édition Deluxe Double-CD Book (3000 exemplaires) propose, en plus de l’album, un enregistrement live capté lors de la tournée américaine du groupe et un livret de 40 pages[84].

Style musical[modifier | modifier le code]

Bien que le style musical des Pixies ait changé au fil du temps, le groupe a toujours été considéré comme un groupe de rock alternatif. Les Pixies se sont essayés à plusieurs styles de chansons, tout en conservant un style bien particulier : hurlements de Black Francis, contre-chants de Kim Deal (les meilleurs exemples se trouvent sur I Bleed et Debaser), la guitare erratique de Joey Santiago. Le groupe est progressivement passé d’un son indie rock sur ses deux premiers disques à un son plus étoffé, notamment sur ses deux dernières sorties, Bossanova et Trompe Le Monde, où ils expérimentèrent d’autres styles, dont la surf music (Cecilia Ann) ou le heavy metal (Planet Of Sound).

Influences[modifier | modifier le code]

Les Pixies puisent leurs influences dans un spectre musical très large ; chaque membre a été nourri par des styles musicaux différents. Francis a beaucoup écouté les Beatles et a cité Iggy Pop et Captain Beefheart comme influences majeures avant de fonder les Pixies. Santiago, pour sa part, était fan du Bowie des années 1970 et des groupes punk de la même époque, ainsi que des groupes hardcore des années 1980, tel Black Flag[14]. Deal, quant à elle, venait de la country. Elle avait fondé, dès ses seize ans, un duo country folk avec sa sœur jumelle, jouant dans les clubs de l’Ohio et ouvrant notamment pour le Allman Brothers Band. Deal partage avec Lovering un goût très prononcé pour le trio canadien Rush. Enfin le folk a largement influencé les Pixies : Francis a beaucoup écouté Larry Norman, et le groupe, au moment de faire paraître une annonce dans le journal pour trouver une bassiste, demandait que cette dernière aime Peter, Paul, and Mary. Sur I’ve Been Tired, Francis cite aussi Lou Reed, ancien chanteur guitariste du Velvet Underground.

Les influences des Pixies se trouvent aussi dans le cinéma : Francis cite notamment les films surréalistes Eraserhead de David Lynch et Un chien andalou de Luis Buñuel (ce dernier film étant le sujet de Debaser)[14],[85]. Dans une interview accordée au Melody Maker, il déclara qu’il était « plus facile de regarder un film de vingt minutes que de se poser pour lire un roman surréaliste »[86].

Écriture des morceaux et chant[modifier | modifier le code]

La quasi-totalité des chansons des Pixies ont été écrites et chantées par Black Francis, dont l'écriture est caractérisée par une fascination pour les histoires violentes tirées de la Bible (Gouge Away, Dead) et l'inceste (Nimrod’s Son, The Holiday Song). Il déclara d’ailleurs à ce sujet dans une interview accordée au Melody Maker[38] : « Tous ces personnages de l'Ancien Testament, ça m'obsède. Pourquoi ? Je n'en sais rien ».

Cependant, il écrit aussi sur des sujets différents, tels que le monde marin (Where Is My Mind? et Wave Of Mutilation) et les tremblements de terre (Here Comes Your Man). Plus tard, il écrit sur des sujets tels que la science-fiction, les extra-terrestres, (Motorway to Roswell), ou les OVNIS (The Happening).

Deal chante sur Gigantic et Bam Thwok, deux titres qu'elle a écrits et composés. Elle a aussi coécrit Silver avec Francis. Elle chante sur Into The White, écrit par Francis et sur la reprise de Neil Young, I've Been Waiting For You. Le batteur David Lovering chante sur La La Love You et Make Believe, deux titres écrits par Black Francis. Enfin, Levitate Me a été coécrite par Black Francis, sa compagne Jean Walsh et David Lovering.

Reprises[modifier | modifier le code]

Le groupe a repris plusieurs artistes : Wild Honey Pie (The Beatles), Ain't That Pretty At All (Warren Zevon), Winterlong et I've Been Waiting For You (Neil Young), I Can't Forget (Leonard Cohen), une version chantée en Espagnol de Evil Hearted You (The Yardbirds), Head On (The Jesus and Mary Chain), Cecilia Ann (The Surftones), Born In Chicago (The Paul Butterfield Blues Band), In Heaven (The Lady in the Radiator Song) (tirée du film de David Lynch, Eraserhead ; la chanson est attribuée à Peter Ivers et David Lynch), et Theme from NARC (Brian Schmidt[87], tirée du jeu vidéo NARC).

Matériels et instruments[modifier | modifier le code]

Pour ce qui est des instruments, les Pixies ont utilisé la formule guitare solo/guitare rythmique/basse/batterie. Black Francis, guitariste rythmique et chanteur, utilisait soit une Fender Telecaster, soit une Fender Mustang, soit une Fender Jaguar, avec un amplificateur Marshall JCM 800 ou Vox AC30[88].

Joey Santiago, guitariste solo, fidèle de la Gibson Les Paul, possédait aussi une Gibson ES-335 et utilisait un amplificateur Pearce GR-8.

Kim Deal, bassiste, utilisait soit une Fender Precision, soit une Music Man Stingray[89], tandis que le batteur David Lovering jouait sur une batterie cinq toms Pro Prestige[90].

Le groupe utilisa également des instruments plus inhabituels lors de sa carrière, en invitant un quatuor à cordes sur Monkey Gone To Heaven. Sur Velouria, on trouve un Theremin, tandis que sur Alec Eiffel et U-Mass on note la présence de claviers. Bam Thwok, sortie en 2004, est traversée par un solo d’orgue.

L'héritage musical des Pixies[modifier | modifier le code]

Le batteur David Lovering au Reliant Arena à Houston, Texas.

En dépit du petit nombre de disques produits et de leur courte carrière, les Pixies ont eu une immense influence sur la percée du rock alternatif au début des années 1990 qui commença avec le succès du single Smells Like Teen Spirit de Nirvana, sorti en 1991.

En 1997, le producteur du premier disque des Pixies, Gary Smith, déclarait à ce sujet : « La légende prétend que les quelques personnes qui achetèrent les disques du Velvet Underground ont toutes formé un groupe. Je pense que cette affirmation vaut aussi pour les Pixies. L’arme secrète de Charles ne resta pas secrète très longtemps, et rapidement, de nombreux groupes exploitèrent le sens de la dynamique des Pixies. C’est devenu une nouvelle formule magique de la pop, et bientôt, on vit Smells Like Teen Spirit grimper au sommet des classements et les membres de Nirvana eux-mêmes ont reconnu qu’ils cherchaient alors à sonner comme les Pixies en composant ce titre ».

Musicalement parlant, les Pixies sont considérés comme les inventeurs patentés du gimmick ralenti/explosion qui devait marquer le rock alternatif. Les chansons des Pixies sont caractérisées par leurs couplets calmes et leurs refrains explosifs, tout en saturation.

Les critiques musicaux ont loué le groupe[91], mais plus encore des artistes et groupes influents et reconnus tels que David Bowie[92], Radiohead, U2 ou encore Nirvana, qui lui ont rendu hommage dans leurs interviews ou en reprenant leurs titres.

En effet, Kurt Cobain de Nirvana déclara lors d’un entretien au magazine Rolling Stone en janvier 1994[9],[93] : « J’essayais d’écrire la chanson pop ultime. En fait, je dois bien admettre que j’essayais de pomper les Pixies. Lorsque je les ai entendus pour la première fois, je me suis senti tellement en osmose avec leur musique que j’ai regretté de ne pas faire partie du groupe, ou du moins d’un groupe qui jouait leurs chansons. Nous leur avons emprunté leur sens de la dynamique, le truc du couplet joué calmement et du refrain rageur ».

Lors de la tournée Trompe le Monde à l'été 1991, les Pixies reçurent en coulisses un message de Bono de U2, qui déclarait en substance : « Continuez comme ça. Nous adorons ce que vous faites ».

David Bowie, dont la musique inspira Santiago et Francis quand ils étaient étudiants, fut très touché par l'annonce de la première dissolution du groupe en janvier 1993 : « Je suis très triste car j’ai appris que les Pixies s’étaient séparés… Quel gâchis. Je les voyais devenir immenses ». Il ajoute en juin 2002 : « Je ne me suis jamais remis du fait que les Pixies se soient formés, aient travaillé et se soient séparés sans que l'Amérique ne les prenne en son sein ou même ne reconnaisse leur existence, pour la plupart »[94].

Thom Yorke, chanteur de Radiohead, refusa que les Pixies passent avant son groupe lors du festival de Coachella aux États-Unis. « Les Pixies ouvrant pour nous, c’est comme les Beatles ouvrant pour nous. Impossible ! » déclara-t-il alors.

Weezer cite les Pixies comme une de ses influences majeures (le groupe a repris Velouria sur une compilation hommage) et son leader Rivers Cuomo, lors d’une interview à Addicted To Noise, a déclaré : « Ce groupe m’a vraiment retourné la tête lorsque je suis allé pour la première fois à Los Angeles et que je découvrais la musique cool »[95].

Damon Albarn, leader de Blur, n’est pas en reste : « Lorsque nous avons commencé nous voulions sonner comme les Pixies »[9].

Bob Mould (leader de Hüsker Dü, influence citée par les Pixies) déclare être un gros fan du groupe.

Tom Barman, leader du groupe belge dEUS est également un fan du groupe. Il prétend avoir composé la chanson Eternal Woman (sur l'album Vantage Point) en regardant le documentaire sur les Pixies Loud Quiet Loud. La chanteuse Lies Lorquet du groupe Mintzkov a été invité par Tom Barman à chanter sur ce morceau car il cherchait depuis longtemps une chanteuse qui ait une voix "à la Kim Deal"[96].

Apparitions télévisuelles et clips[modifier | modifier le code]

Les Pixies firent plusieurs apparitions sur les plateaux télé entre 1989 et 1992, notamment dans les émissions américaines The Tonight Show et 120 Minutes, ainsi que dans l’émission britannique The Word[97],[98].

Aucun clip ne fut réalisé à l’occasion de leurs deux premiers disques, Come On Pilgrim et Surfer Rosa. Ceci s’expliquait par le fait que les Pixies étaient alors signés sur le petit label indépendant 4AD. Mais après la signature du contrat de distribution avec Elektra Records pour la sortie de Doolittle, les choses changèrent et le groupe sortit ses premiers clips, destinés à promouvoir les singles. Ils consistaient généralement simplement en des extraits de concert du groupe, notamment sur Monkey Gone To Heaven, Head On et Debaser.

À l’époque de la sortie de Bossanova, le groupe avait développé une solide aversion pour les clips; Black Francis refusait de chanter en play-back (Here Comes Your Man)[99]. Selon 4AD, l'absence de clip digne de ce nom expliquait certainement le désintérêt de MTV pour le groupe[99].

Lorsque Velouria, premier single issu de Bossanova, entra dans le top 40 britannique, on proposa au groupe de jouer sur le plateau de Top Of The Pops. Cependant, une règle interne de la BBC statuait que seuls les groupes ayant tourné une vidéo promotionnelle pour leur single pouvaient participer à l’émission. On réalisa alors une vidéo du groupe en train de courir dans une carrière[99] vers la caméra, le tout au ralenti[100]. En vain. Bien que Velouria fut bien classé dans les ventes[101] le groupe ne participa pas à l’émission, en dépit (ou à cause) de ce clip tourné à la dernière minute.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Bien que les Pixies n’aient pas gagné la reconnaissance du grand public (du moins lors de leur première existence), le groupe fut salué par nombre de revues musicales influentes. Voici la liste des distinctions qu'il a reçues :

  • Sounds – Album de l’année – Surfer Rosa – 1988
  • Melody Maker – Album de l’année – Surfer Rosa – 1988
  • Sounds – Deuxième meilleur album de l’année – Doolittle – 1989
  • Melody Maker – Single de l’année – Monkey Gone to Heaven – 1989
  • Melody Maker – Deuxième meilleur album de l’année – Doolittle – 1989[102]
  • Sounds – Album de l’année – Bossanova – 1990[103]
  • Les inrockuptibles - Deuxième meilleur album de 1986 à 1996 - Doolittle[104]

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie des Pixies.

Albums[modifier | modifier le code]

EP[modifier | modifier le code]

  • Come On Pilgrim (mini-album, octobre 1987, 4AD)
  • EP1 (septembre 2013, 4 titres)
  • EP2 (janvier 2014, 4 titres)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Pixies (concert et documentaire, 2004)
  • Pixies - Sell Out 2004 Reunion Tour (concert, 2005)
  • Pixies - Club Date: Live At The Paradise In Boston (concert, 2006)
  • Pixies - Acoustic - Live In Newport (concert, 2006)
  • LoudQUIETLoud (documentaire, 2006)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pixies, Emmanuel Dazin, 2005, Le Castor Astral, ISBN 2-85920-602-7
  • Fool the World: The Oral History of a Band Called Pixies., Frank, Josh; Ganz, Caryn, 2005. ISBN 0-312-34007-9
  • Doolittle., Sisario, Ben. Continuum, 2006 (33⅓ series). ISBN 0-8264-1774-4.
  • Pixies. The Breeders. The Amps. Frank Black : Planet Of Sound, Jordi Bianciotto, 1997, La Mascara, ISBN 84-7974-104-X

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dazin, Emmanuel. Pixies. Le Castor Astral, 2005. ISBN 2-85920-602-7. pp. 34-35
  2. Erlewine, Stephen Thomas, « Pixies », Allmusic (consulté en 21-12-2007)
  3. Erlewine, Stephen Thomas, « American Alternative Rock/Post-Punk », Allmusic (consulté en 20-05-2006)
  4. a et b Francis, Black. Lyrics. "The Happening." Bossanova. LP. 4AD 1990.
  5. Francis, Black. Lyrics. "Broken Face." Surfer Rosa. LP. 4AD 1988.
  6. Francis, Black. Lyrics. "Dead." Doolittle. LP. 4AD 1988.
  7. a et b Erlewine, Stephen Thomas, « Pixies > Biography », Allmusic (consulté en 21-12-2007)
  8. Hodges, Jacqueline, « Rock & Alt Review - The Pixies - Wave of Mutilation », BBC,‎ 2004-05-03 (consulté en 21-12-2007) : « Alors sortit l’album Surfer Rosa, où un Steve Albini quasi-inconnu conçut ce qui sera considéré comme le point de départ du rock alternatif et une légende était née. »
  9. a, b et c Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « They Said About the Pixies... », Alec Eiffel (consulté en 21-12-2007)
  10. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « Homages to the Pixies », Alec Eiffel (consulté en 21-12-2007)
  11. « Kurt Cobain on Pixies and The Breeders », Melody Maker,‎ 1992-08-29 (consulté en 02-09-2006)
  12. Dazin, 2005, p.7-8
  13. L'université était le thème de la chanson, "U-Mass", surTrompe le Monde
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Pixies Profile », 4AD (consulté en 13-08-2006)
  15. Parmi lesquels le fameux José Jones, héros malgré lui de la chanson "Crackity Jones", sur Doolittle.
  16. Son Espagnol s'améliorera par la suite, comme le montreront certains titres de Come on Pilgrim
  17. Sisario, Ben. Doolittle 33⅓. Continuum, 2005. ISBN 0-8264-1774-4. pp. 12–13
  18. Frank, Josh; Ganz, Caryn. "Fool the World: The Oral History of a Band Called Pixies." (2006). ISBN 0-312-34007-9. p. 11
  19. Frank, Ganz, 2005. p. 14
  20. Frank, Ganz, 2005. p. 13
  21. Frank, Ganz, 2005. p. 15
  22. Sisario, 2006. p. 14
  23. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « A Pixies History », Alec Eiffel (consulté en 29-08-2006)
  24. Frank, Ganz, 2005. p. 18
  25. Sisario, 2006. pp. 8–9
  26. Sisario, 2006. p. 9
  27. Frank, Ganz, 2005. p. 20
  28. Frank, Ganz, 2005. p. 21
  29. Dag Wieërs, « Pixies/Debaser — Trivia » (consulté en 10-09-2006)
  30. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « Pixies Titles/Names », Alec Eiffel (consulté en 18-09-2006)
  31. « Bailey's Walk > Tour dates > 1986 » (consulté en 21-12-2007)
  32. (en)A Pixies History. Consulté le 03-01-2008.]
  33. Sisario, 2006. p. 16
  34. Sisario, 2006. p. 17
  35. Un album sortit en 2002, intitulé Pixies, et contenant les chansons de la Purple Tape ne figurant pas sur Come on Pilgrim. Pixies contient aussi un morceau inédit, Rock A My Soul.
  36. Dazin, 2005, p.54
  37. Dazin, 2005, p.18
  38. a et b Sisario, 2006. p. 18
  39. Frank, Ganz, 2005. p. 75
  40. Azerrad, Michael, Come As You Are: The Story of Nirvana. Doubleday, 1993. ISBN 0-385-47199-8, p. 313
  41. Francis, Black. Lyrics. "Bone Machine." Surfer Rosa. LP. 4AD 1988.
  42. Cependant, Gigantic ne connut pas le succès aux États-Unis, et atteignit la 93e place au classement des ventes de singles au Royaume-Uni
  43. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « Pixies Radio 1 Sessions » (consulté en 02-09-2006) Notez que la page web a été rédigée avant la sortie de Pixies at the BBC.
  44. Sisario, 2006. p. 47
  45. Frank, Ganz, 2005. p. 118–9
  46. Deal apparaît pour la première fois sous son vrai nom sur Doolittle
  47. « The RS 500 Greatest Albums of All Time », Rolling Stone,‎ 18-11-2003 (consulté en 23-08-2006)
  48. Frank, Ganz, 2005. p. 94
  49. Frank, Ganz, 2005. p. 132
  50. « HELLO GOODBYE 9: JOEY SANTIAGO & THE PIXIES » (consulté en 12-09-2006)
  51. Dazin, 2005, p.110-111
  52. Frank, Ganz, 2005. p. 171-172
  53. « 4AD — Pixies Profile (page 3) », 4AD (consulté en 31-08-2006)
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  55. Frank, Ganz, 2005. p. 74
  56. Frank, Ganz, 2005. pp. 175-76
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  59. a et b Francis, Black. Lyrics. "Planet of Sound." Trompe le Monde). LP. 4AD 1991.
  60. Publiant notamment avec le groupe le EP Safari.
  61. Sisario, 2006. p. 7
  62. Un nouvel album des Pixies en avril, Sophian Fanen, Libération, 24 mars 2014.
  63. Grose, Jessica, « music > The Breeders Title TK », The Village Voice (consulté en 28-02-2007)
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  100. Jean-Michel Biel, Christophe Gourraud, « The Pixies In Video » (consulté en 01-10-2006)
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  102. Melody Maker, « Melody Maker Lists The '70's & '80's », RockList.net (consulté en 01-10-2006)
  103. Sounds, « Sounds List », RockList.net (consulté en 01-10-2006)
  104. « Classement des 100 meilleurs albums de 1986 à 1996 pour les inrockuptibles »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

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