Gibson Les Paul

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Gibson Les Paul
Image illustrative de l’article Gibson Les Paul
Gibson Les Paul Classic Premium Plus
Fabricant Gibson
Période 1952 - 1960 et depuis 1968
Fabrication
Corps solid body
Manche collé
Bois utilisés
Corps acajou massif, table érable ondé
Manche acajou
Touche palissandre
Accastillage
Chevalet Tune-o-matic
Cordier stop-bar
Micros humbuckers opencoil
Couleurs disponibles
ambre, ebony, dégradé « sunburst »

Les Gibson Les Paul [ɡi.bsɔn lɛs pɔl][1] ou LP sont des guitares électriques de type « corps plein » (solid body) fabriquées aux États Unis par la firme américaine Gibson Guitar Corporation et dans d'autres pays par sa filiale Epiphone.

C'est en 1952 que le premier modèle de guitare Les Paul est sorti de l'usine Gibson de Kalamazoo. Cette guitare doit son nom à la collaboration commerciale de Gibson avec le musicien, très populaire à ce moment-là, Lester William Polfus, connu sous le nom de Les Paul.

Après bien des avatars et une interruption de la fabrication de 1961 à 1967 (en raison d'une évolution de la forme vers la SG[2]), car Gibson n'était pas satisfait des résultats de vente, la Les Paul est devenue la guitare probablement la plus représentative de la marque et un grand classique de guitare électrique.

Construction[modifier | modifier le code]

Comme il existe de nombreux modèles différents, cette section se limite à la description des caractéristiques communes de construction. On peut consulter le paragraphe consacré aux principaux modèles pour un complément d'informations.

La forme, élevée au rang d'icône est bien connue du plus grand nombre. Cette forme est directement issue de la lutherie guitare très traditionnelle de Gibson, bien que le corps, muni d'une seule échancrure facilitant l'accès aux notes aiguës, soit d'une taille beaucoup plus petite que les guitares à « caisse creuse » (hollow body) de la marque.

Le corps plein est fabriqué dans une ou plusieurs pièces d'acajou, avec une table rapportée, constituée de deux ou trois pièces d'érable pour le modèle « Standard », de 25 mm d'épaisseur environ, collées et sculptées pour donner un galbe rappelant celui des archtops, puis un vernis translucide. Les modèles « Custom » ont, selon les périodes, un corps galbé tout en acajou, ou une table rapportée en acajou, ou en érable. Les corps des autres modèles plus économiques sont faits d'un ou deux blocs d'acajou sans galbe, comme le concurrent Fender qui n'était pas capable de réaliser des tables sculptées.

Le manche est en acajou généralement d'une seule pièce, mais certains modèles ont un manche trois pièces, généralement en érable. Il est collé à la caisse selon la technique tenon-mortaise dont la forme et les proportions ont varié dans le temps, le but étant d'obtenir l'assemblage le plus solidaire possible. Il est pourvu d'un système intégré, le truss rod servant à compenser les déformations liées à la tension des cordes. L'accès au truss rod se trouve sous une petite plaque (cache truss rod) vissée sur la tête du manche et qui porte le nom de la guitare. La touche en palissandre ou en ébène, bordée d'un filet (binding) blanc-crème (sauf sur certains modèles économiques), est munie de 22 frettes et de repères incrustés en nacre. La forme des incrustations a aussi varié en fonction des modèles. Le diapason est de 24 ¾ pouces[3].

L'accastillage et les accessoires varient sur certains modèles au niveau du chevalet, du cordier ou encore du nombre de micros et de la présence ou non d'une plaque de protection, le pickguard.

Chevalet Tune-o-matic.
Zoom sur le humbucker et les dernières frettes du manche d'une Les Paul Standard.

Les modèles « Standard » (à partir de fin 1955) et « Custom » sont équipés d'un chevalet de type Tune-o-matic, permettant de régler l'action des cordes sur le manche et de faire un réglage très précis de la longueur vibrante de chaque corde (compensation) et d'un cordier de type Stop-bar, les deux étant fixés directement dans le corps de la guitare. Le pickguard, de forme plutôt triangulaire est traditionnellement blanc-crème sur les « Standard » et noir sur les « Custom ». Cette plaque est maintenue au-dessus de la table par une vis et une petite pièce en forme d'équerre fixée sur le côté du corps à la manière des guitares de jazz à caisse de la marque. Les mécaniques disposées en deux rangées de trois de chaque côté de la tête du manche, sont du type Kluson avec des boutons caractéristiques en forme de « tulipe » ou du type Grover à bain d'huile.

Deux micros de type single coil P-90 ou humbucker sont positionnés dans des cavités prévues à cet effet, un très près de l'extrémité de la touche et l'autre près du chevalet. Un sélecteur (switch) à trois positions, permettant de choisir l'un ou l'autre micro ou les deux en parallèle, se trouve positionné dans la partie supérieure gauche du corps. Il y a traditionnellement à la base du sélecteur une plaque ronde en plastique blanc-crème ou noir portant les mentions Rhythm pour le « micro manche » et Treble pour le « micro chevalet » (surnommée « poker chip », « jeton de poker » en français). On accède au logement de ce sélecteur en enlevant la plaque ronde qui masque la cavité au dos du corps. Quatre boutons de potentiomètres de réglage — un de volume et un de tonalité grave/aigu pour chaque micro — sont situés sur la partie inférieure droite du corps. Au cours des années de production de la Les Paul, Gibson a utilisé des boutons de formes différentes en fonction des goûts du moment. On accède au logement des potentiomètres et du câblage de la guitare, comme pour le sélecteur, en enlevant la plaque qui masque la cavité prévue à cet effet. La sortie, une prise Jack fixée sur une plaque carrée blanc-crème ou noire, est située sur le côté inférieur droit du corps à proximité des boutons de réglage.

Comme la plupart des instruments Gibson, la finition des guitares Les Paul est faite avec un vernis nitrocellulosique appliqué en plusieurs couches polies.

Les origines[modifier | modifier le code]

Les Paul avec une Epiphone Brodway de 1942

À la fin des années 1940, Gibson qui avait largement contribué à l'effort de guerre, avait quelques difficultés à reprendre la pleine production de guitares dignes de son statut. Ted McCarty qui avait été nommé à la tête de l'entreprise en 1950 cherchait de nouveaux débouchés. Dans le même temps, sur la Côte Ouest, une petite entreprise, Fender, commençait à faire parler d'elle avec des guitares « révolutionnaires ». Des « planches » et sûrement pas de la lutherie selon Gibson, qui au début regardait cela avec un certain mépris. Mais les « planches », en fait la Telecaster, plaisaient de plus en plus.

Quelques années auparavant, Les Paul qui en plus d'être un musicien, était aussi un inventeur et curieux de tout, s'était intéressé à l'idée d'une guitare dont le corps serait partiellement en bois plein, dans le but de résoudre les problèmes de Larsen. Il avait « bricolé » un prototype « the log » (« la bûche ») qu'il avait proposée vers 1946 à Maurice Berlin, président de la compagnie CMI qui avait racheté Gibson en 1944. Il lui avait été répondu « ce n'est rien d'autre qu'un manche à balai avec un micro dessus » et la proposition était restée sans suite dans un premier temps.

Pour faire face au succès grandissant de Fender, McCarty décida finalement que Gibson se devait de produire son propre modèle « solid body ». Mais pas n'importe quel solid body, une « guitare qui ressemble à une guitare », fabriquée dans le respect des règles de la lutherie, et se démarquant de Fender, qui n'avait pas d'expérience de la fabrication de guitares. En particulier, la table devrait être galbée, l'associant visuellement à la tradition des « archtop » dont Gibson s'était fait une spécialité, et dont Fender ne possédait pas de machines (spécifiques et coûteuses) capables de les réaliser.

Dès 1951 McCarty montra un premier prototype à Paul, dont la notoriété faisait de lui le guitariste le plus en vue des États-Unis[4], et lui proposa un arrangement commercial. Paul accepta tout en demandant que certaines modifications soient effectuées sur ce prototype. Nul ne saurait dire avec précision le degré d'implication de Paul dans l'élaboration de la guitare à venir. Ce que disent Paul et McCarty à ce sujet diffère sensiblement. En fait, ce qui semble acquis, est l'implication de Les Paul dans la mise au point du combiné chevalet-cordier en trapèze que l'on peut voir sur les tout premiers modèles commercialisés (remplacé dès fin 1953), et peut-être le choix des couleurs (noire pour le modèle "Custom", et métallisé vaguement or pour la "Regular" ou "Les Paul Model" jusqu'en 1957), car il fut décidé de peindre la table, selon Ted Mc Carty, afin de masquer la structure du corps à la concurrence[5]. Cependant, la même peinture étant appliquée sur la ES-295 lancée la même année, la paternité de Les Paul quant au choix de la couleur n'est pas avérée[4]. Ainsi la guitare qui allait devenir la « Goldtop » vit le jour[6].

Commercialisation[modifier | modifier le code]

La guitare fut commercialisée en 1952. Les premiers modèles, malheureusement étaient totalement « injouables », tant l'action des cordes paraissait haute, en raison d'un angle entre corps et manche insuffisant. Pour éviter de modifier trop lourdement l'instrument, il fut décidé de passer les cordes sous le cordier-chevalet au lieu de au-dessus. Le problème était résolu, mais il devenait alors quasiment impossible d'« assourdir » les cordes, et de jouer staccato avec la main droite. Il fallut se rendre à l'évidence : l'angle devait être revu. Ce fut fait dès la même année.

Les premiers modèles étaient équipés d'un cordier-chevalet fixé à l'extrémité du corps par deux tiges (cordier trapézoïdal), à la manière des guitares de jazz de la marque. À partir de 1953, le cordier stop-bar fut fixé directement dans la table.

Les micros des premiers modèles étaient les P-90 de la marque, dans leur version soap bar (ainsi nommés en raison de leur ressemblance avec un pain de savon), de couleur crème.

Bien que le succès ne fut pas exceptionnel, les ventes étaient satisfaisantes en comparaison des autres modèles de la marque.

Premières évolutions[modifier | modifier le code]

Les Paul Custom[modifier | modifier le code]

Guitare Epiphone modèle Les Paul Custom 1989-2012
Epiphone Gibson - Tête des guitares Les Paul Custom 1989-1995

La Custom est la version haut de game des guitares dans les catalogues Gibson ou Epiphone[7], c'est sur elles que sont apparues en premier les améliorations. Il existe aussi des guitares Les Paul bass Custom, Les Paul Custom Florentine et G-1275 Custom Double Nack.

Dans les années 1950, la clientèle Gibson était surtout composée de guitaristes de jazz. Pour toucher une clientèle plus large McCarty décida d'étoffer la gamme Solid body en proposant dès 1954 un modèle « Custom » plus luxueux que le modèle « goldtop » et censé mieux correspondre aux désirs des musiciens de jazz.

Ce nouveau modèle, plus luxueux, possédait un micro P-90 près du chevalet, et un autre, le P-480 surnommé « Alnico » (rappelant l'alliage dans lequel sont réalisés les aimants) près du manche. Ce micro resta peu longtemps au catalogue, son niveau de sortie élevé faisant saturer l'amplificateur assez rapidement, ce qui n'était pas souhaité par les jazzmen de l'époque. L'ensemble du corps, bordé de filets multi-plis sur la face et dans le dos, était réalisé en acajou, délivrant en principe un son plus velouté. La touche était en ébène.

La « Les Paul Custom » inaugurait un nouveau dispositif de chevalet Tune-O-Matic, séparé du cordier, devenu depuis le standard utilisé sur les Les Paul.

En 1957, la Custom reçut le nouveau Humbucker conçu par Seth Lover, permettant de réduire considérablement le « souffle » produit par les micros à simple bobinage, et les bruits parasites en présence de perturbations électromagnétiques liées aux alimentations électriques à proximité comme les éclairages, cas fréquent sur les scènes musicales. La "Custom" fut ainsi proposée équipée de 3 micros Humbucker (quelques exemplaires, probablement des commandes spéciales sont pourvus de 2 micros). Elle peut aussi recevoir un vibrato Bigsby.

La Custom' se différencie des autres Les Paul par les quatre losanges en perloid, encore appelés "diamant ", qui ornent la tête, sous le logo Gibson. Les repères sur la touche d'ébène sont rectangulaires. À partir de 1968, la Custom n'est plus seulement livrée en finition noire (EB = ebony = noir) comme par le passé, mais dans trois autres couleurs (SB = sunburts, WR = Wine red = Bordeaux, AW = Alpin white), puis avec des finitions différentes, généralement luxueuses, et un accastillage plaqué or.

Gibson a aussi fait produire sa Les Paul Custom, identique au modèle 1958 avec corps en acajou sans table rapportée, et deux ou trois micros Hambuckers, par Epiphone de 1973 à 1988 au Japon, et de 1989 à 2012 en Corée, date où elle est remplacée par la Les Paul Pro fabriquée dans une nouvelle usine en Chine.

Les Paul Junior[modifier | modifier le code]

Un modèle « Junior », économique et ouvertement présenté comme destiné aux débutants et aux plus jeunes, aux caractéristiques sensiblement différentes fut proposé la même année 1954. Il comprenait un seul micro P-90 en version dog ear (pour « oreille de chien ») près du chevalet, et ne disposait pas de table rapportée en érable, ni de filets de bord de touche. Le Logo sur la tête était peint en lieu et place d'une pièce de nacre incrustée [8].

Dernière évolutions avant l'abandon (temporaire)[modifier | modifier le code]

Durant les années suivantes, Gibson fit évoluer ses modèles, tant sur le plan des micros que sur les accessoires[9]. Pas de véritables bouleversements jusqu'en 1958 où il fut décidé d'abandonner la peinture dorée de la « Standard » (les secrets de fabrication étaient éventés depuis longtemps), au profit d'une présentation de couleur dégradée (Sunburst) dans le plus pur esprit de ce que faisait la marque sur ses modèles à caisse creuse (hollowbody). Ceci pourrait sembler anodin, mais on sait quelle importance cela a pris par la suite dans le monde des collectionneurs[10],[11].

Malgré tous ces efforts, et alors que le marché de la guitare commençait à vraiment devenir important, les Les Paul se vendaient de moins en moins bien, subissant la forte concurrence des autres marques et même de quelques modèles Gibson, notamment la ES-335 apparue en 1958 et qui par sa polyvalence séduisait beaucoup plus, grâce à une conception de « semi hollow body » chère aux bluesmen. Pour faire face à ce déclin, fin 1960, Gibson décida d'arrêter la production des Les Paul dans leur concept du moment au profit d'une gamme d'instruments complètement renouvelée, les guitares SG (Solid Guitar) qui continueraient d'arborer le sigle Les Paul jusqu'en 1963.

Rareté et succès[modifier | modifier le code]

Les Les Paul ont commencé à être très recherchées par les guitaristes alors qu'elles n'étaient plus fabriquées.

En effet, dans le début des années 1960, la musique, issue du rock 'n' roll, du blues, a littéralement « explosé » dans le monde occidental. Les grands groupes comme les Beatles, les Rolling Stones et Led Zeppelin ont largement contribué à cet extraordinaire engouement. Dans le même temps, les formes d'expression musicale évoluaient. On utilisait des systèmes d'amplification de plus en plus puissants. Les guitares étaient branchées sur des amplificateurs à lampes souvent réglés à pleine puissance, produisant des sons plus saturés, très « lourds » et dans ce domaine, les Les Paul, dans les mains de Mike Bloomfield aux États-Unis et Eric Clapton en Europe, étaient intrinsèquement les championnes, en particulier pour la pratique du solo, grâce à un sustain exceptionnel. Cela plaisait énormément et la grande majorité des guitaristes souhaitaient avoir ce son, et recherchaient ces fameuses guitares, en particulier les "sunburst" dont la table en érable ondé étaient très décorative. C'est à ce moment-là que les prix des « vieilles » Les Paul ont commencé à monter très sensiblement. Les guitaristes qui le pouvaient, n'hésitaient pas à dépenser plusieurs fois le prix d'une guitare neuve pour acquérir l'objet convoité[12]

En 1968, Gibson, conscient de cette situation et souvent sollicité, décida de relancer la production des Les Paul. Tout d'abord deux modèles ; un modèle « Custom » peint en noir avec deux micros humbucker et un modèle « Standard » en présentation Goldtop avec deux micros P-90 (une sorte de retour aux sources). Depuis cette reprise et jusqu'à maintenant, la production n'a plus jamais cessé ; au contraire, Gibson au fil des années a sorti une quantité de nouveaux modèles. En comptant toutes les variantes, toutes les options, on doit aboutir à un total dépassant la centaine de modèles différents, certains dignes du plus vif intérêt, d'autres ne répondant qu'à des critères de marketing (mercatique). Ce qui semble évident, c'est que « La » Les Paul tient depuis longtemps une position qui perdure de modèle phare de la marque.

Principaux modèles et variantes[modifier | modifier le code]

Les Paul Classic
Les Paul Studio
Les Paul Model dit Goldtop
de 1952 à 1958, c'est la première Les Paul. D'abord équipée d'un chevalet-cordier trapèze vite remplacé par un combiné chevalet-cordier Wrap-over solidement fixé sur la table et 2 micros Single coil P-90. À partir de 1955 elle se voit dotée d'un chevalet Tune-o-matic et un cordier Stop-bar séparé. En 1957 les P-90 sont remplacés par des humbuckers[13].
Custom dit Black Beauty ou Fretless Wonder
de 1954 à 1960, version luxe toute noire avec un accastillage doré, le corps est fait d'un seul bloc d'acajou, deux micros Single coil (1 P-90 et un P-480 dit "Alnico") remplacés en 1957 par trois humbuckers PAF[14]. Le surnom de « Fretless Wonder » était trompeur car la guitare n'était pas dépourvue de frettes, celles-ci étaient simplement moins proéminentes que sur les autres modèles.
Junior
de 1954 à 1960, modèle « économique » à corps plat, une seule échancrure jusqu'en 1958 puis double échancrure de 1958 à 1960, Pickguard vissé sur le corps, chevalet-cordier combiné Wrap-over, 1 micro Single coil Dog-ear P-90. Ce modèle (comme la Special), fut proposé aux jeunes et débutants en version 3/4 de 1956 à 1959[15],[16].
TV
de 1955 à 1959. C'est une Les Paul Junior de couleur beige (Gibson utilisait le terme "acajou blanchi"). Son nom fait référence aux nombreux shows télévisés réalisés par Les Paul et Mary Ford à l'époque. Elle prit le nom "SG TV" à la fin de 1959, et l'inscripton "Les Paul TV" disparut de la tête au même moment, sans que le modèle n'ait subi d'autre mofification.
Special
de 1955 à 1959, c'est une version de la junior et de la TV, plus sophistiquée avec deux micros Single coil P-90, un nouveau dessin de la plaque de protection et le manche bordé (Binding)[17]. À la fin de 1959, le modèle fut rebaptisé "SG Special" bien que conservant sa forme.
Standard dit Sunburst ou plus simplement "Burst"
de 1958 à 1960, identique à la Goldtop de 1957 mais la peinture dorée est remplacée par une finition couleur Sunburst . Ce sont les modèles les plus convoités. La plupart sont maintenant dans des coffres de collectionneurs[3].
Goldtop
C'est la teinte « or » réalisée à base vernis mélangé à de la poudre de bronze. Les toutes premières Les Paul (1952) étaient peintes de cette couleur sur le dessus du corps, ou corps et manche pour certaines. Une des raisons était que cela permettait de masquer aux concurrents l'innovation de l'époque qu'était la table érable rapportée. Au fil des années cette teinte a été reprise pour certaines variantes allant du modèle de série aux modèles « Reissue » produits avec grand soin par le Gibson Custom Shop[13].
Deluxe
de la fin de 1968 à 1984, en finition couleur Sunburst, goldtop ou naturelle, les Deluxe sont équipées de mini-humbuckers, issus du rachat par Gibson de la firme concurrente Epiphone, qui possédait un lot inexploité de micros de ce type. Ces micros double bobinage au format réduit, logent dans des emplacements de type P90 à l'aide d'un support en plastique (deux sur les premiers modèles, pour masquer l'ajustement approximatif du support dans la découpe du bois). Sur les premières, construites entre 1968 et fin 1976, le corps était de type « sandwich », composé de deux épaisseurs d'acajou, intercalé d'une feuille d'érable, construction plus économique que les corps en une pièce. D'après Gibson, cela procure aussi un sustain plus important. Le corps est évidé à certains endroits afin d'alléger la guitare et de renforcer le sustain. À partir de 1977, les autres item de la production ont un corps en acajou d'une seule pièce. Le manche est en acajou ou originellement en érable, parfois jusqu'à trois pièces, apportant de la brillance, c'est rare pour une Les Paul. Jusqu'à la fin des années 1970, le dos de la tête est gravé "Gibson Deluxe" au-dessus du numéro de série. Ces guitares ont longtemps été boudées par les guitaristes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, elles sont très appréciées en particulier pour ses excellents « mini humbuckers » et les modèles d'époque sont maintenant plutôt recherchés, atteignant des côtes élevées. Une réédition en gold top a vu le jour en 2006 seulement[18]. Cependant, en 2005, la Deluxe a été réintroduite avec plus de popularité en raison de son association avec Pete Townshend et Thin Lizzy .
Studio
à partir de 1983, très populaire, ce modèle est en quelque sorte une déclinaison économique de la gamme. Pas de filets (binding) bordant la touche ou le corps, les bois sont moins décoratifs, et recouverts d'une peinture, et le logo sur la tête est sérigraphié. La studio est une guitare d’excellente qualité et existe en de très nombreuses finitions. C'est une des guitares spécifiques de la marque[19].
Classic
à partir de 1990, de nombreux modèles Classic avec des spécificités particulières ont été produits, soit en reprenant des caractéristiques de guitares du passé, Classic 1960 (notamment le manche au profil plus fin), soit en misant sur la beauté des bois d'érable des tables, Classic Plus, Classic Premium Plus, Classic Birdseyes, Classic Antique et Classic Premium Birdseyes[20]. Ces guitares sont munies de micros de type humbucker sans capot, dont l'aimant en céramique procure un niveau de sortie plus élevé.
Gibson Robot Guitar
le , Gibson sort la première guitare à accordage automatique, modèle Les Paul en édition limitée à 4 000 exemplaires. Première guitare qui s'accorde toute seul grâce à un procédé robotisé novateur[21]. Ce système appelé « G Force » est monté en série sur la collection 2015[22].
« Signature »
depuis la Les Paul Jimmy Page signature, de nombreux artistes mondialement connus (ou moins) ont pu apposer leur pierre au monument Gibson en créant « leur » modèle appelé « signature », en vente à des prix quasi astronomiques. Parmi ceux-là, on compte Eric Clapton (30 000 $ pour le modèle signé par lui-même), Jimmy Page (11 200 $), Billy Morrison, Ace Frehley[23], Slash, Joe Bonamassa, Lou Pallo, Chad Kroeger, Don Felder, Marc Bolan, Alex Lifeson, Steve Jones, Billie Joe Armstrong, Mick Jones (Foreigner), Warren Haynes, Garry Moore, Billy Gibbons, Paul Landers, ou encore des icônes du heavy metal, telles que Randy Rhoads avec sa Les Paul crème avec Superbrucker '74, Buckethead avec sa Les Paul plus grande couleur Arctic White avec Killswitch ou le bien connu Zakk Wylde avec sa Les Paul au motif Bullseye (cercles blancs et noirs) et micros EMG 85 (manche) et 81 (chevalet)
Supreme
Ce modèle de haut de gamme concentre les ornements décoratifs de la marque : binding multiple sur les faces avant arrière de la caisse, autour de la tête, binding le long du manche, table et dos bombés collés en érable ondé « bookmatchés », touche en ébène (puis en Richlite depuis 2012) ; nacre et abalone pour toutes les incrustations (touche, logo, symbole « Supreme »), cache truss rod en cuivre doré gravé, accastillage plaqué or et frettes spécifiques dorées, micros humbucking alnico V dorés, ornement spécifique pour la tête, etc. Le corps en acajou est creusé (version dit "chambered") en vue d'alléger la guitare compte tenu du dos en érable supplémentaire par rapport aux autres versions).

Quelques modèles rares[modifier | modifier le code]

Personal
de 1969 à 1973, la Personal était basée sur le modèle personnel utilisé par Les Paul lui-même. Une guitare un peu étrange, dont le corps est plus imposant que le modèle Les Paul habituel, avec deux gros micros basse impédance disposés en biais sur la table et une électronique sophistiquée. Ce modèle incluait un câblage pour brancher un micro de chant près du switch des micros, permettant de se déplacer tout en chantant. Cette guitare fut produite à très peu d'exemplaires, 144 entre 1971 et 1972, deux en 1973. On ne connaît pas la quantité produite en 1969 et 1970[24].
Professional
de 1969 à 1971, ce modèle est directement dérivé de la Personal, mais sans prise micro et d'une finition un peu plus simple.
Recording
de 1971 à 1979, la Recording avait été développée pour être utilisée essentiellement en studio. Une guitare tout aussi complexe que la Personal sinon plus et finalement impopulaire et très peu appréciée par les guitaristes de studio. Comme la Personal et la Professional, son corps est tout en acajou. Un peu plus de 5 000 exemplaires produits à l'usine de Kalamazoo et on ne connaît pas la production de l'usine de Nashville mais la quantité est très faible par rapport à la production de masse des modèles courants. Il s'agissait de l'un des modèles Les Paul les plus chers en 1972[25].
The Les Paul
de 1976 à 1979, The Les Paul, modèle qui contient l'article « The » dans sa dénomination, fut produit en très petite quantité, une soixantaine d'exemplaires luxueux, réalisés dans des bois sélectionnés, un exercice de style du luthier Dick Schneider pour le compte de Gibson[26].
The Paul
Modèle économique, ancêtre de la Studio, il y en eut deux modèles originaux et un modèle tardif. The Paul Standard de 1978 à 1982 et The Paul Firebrand Deluxe de 1980 à 1986. La première était en noyer, corps et manche et la touche en ébène noir. Les micros étaient des T-Top. La seconde avec les mêmes micros possédait un corps et un manche en acajou, ce qui lui apportait plus de durabilité. De 1996 à 1998, sortit la The Paul II qui avait un corps trois pièces en acajou et une touche en palissandre.
Epiphone Les Paul Custom à double manche 1996
Les Paul Custom Florentine
Artisan
de 1976 à 1979, la Artisan fut produite à seulement 2 220 exemplaires. Richement décorée, elle avait la particularité de posséder trois micros humbuckers. Une seconde version avec deux humbuckers fut produite entre 1979 et 1982[27].
Artist ou Les Paul Active
de 1979 à 1981, l'Artist fut produite en très petite quantité. 234 modèles en 1979. On ne connaît pas la quantité produite en 1980 et 1981. Au total, pas plus de 500 exemplaires furent fabriqués. Avec une électronique complexe issue de Moog et fournie par Norlin Inc., cette guitare offre une palette de sonorités très étendue[28].
Les Paul Signature
de 1974 à 1978. Malgré son nom, la conception de cette guitare s'apparente plus à une Gibson ES-335. Elle est proposée en finition Goldtop, et comporte deux micros à basse impédance
G-1275 Double Neck
Les Paul Custom Florentine
Produite de 1995 à 1999 par le Custom Shop Gibson, puis depuis sur commande spéciale au Custom Shop Gibson. Touche ébène, block inlays. Manche assez fin au profil proche du profil 60's. Deux micros classic '57. Sustain amélioré par le corps creusé semi hollowbody avec des ouïes et une poutre centrale. Table érable plain top. Poids allégé pour une Les Paul, c'est-à-dire un peu moins de 4 kg.
Les Paul Custom Florentine Plus
Produite de 1995 à 1999 par le Custom Shop. Mêmes caractéristiques que la Florentine, mais table en érable flamé.
Les Paul Jumbo
la Les Paul Jumbo est une guitare électro-acoustique munie d'un micro basse impédance qui fut produite en 1970 et n'a rien d'autre en commun avec les autres modèles de Les Paul que son nom.

Les guitaristes et la Les Paul[modifier | modifier le code]

David Allen joue Les Paul Deluxe, 1974
David Allen joue Les Paul Deluxe

Nombreux sont les guitaristes de renom qui ont utilisé (ou utilisent) une guitare Les Paul (Jimmy Page de Led Zeppelin, Ace Frehley de Kiss ou encore Slash de Guns N' Roses…). Il est difficile de n'en citer que quelques-uns, si illustres soient-ils. Selon les goûts de chacun, tel ou tel artiste a une importance différente, de telle sorte qu'afin de faire preuve d'impartialité, le mieux semble de n'en citer aucun.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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