Place Saint-Pierre

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Place Saint-Pierre
Image illustrative de l'article Place Saint-Pierre
La place Saint-Pierre vue depuis la basilique Saint-Pierre du Vatican
Situation
Coordonnées 41° 54′ 08″ nord, 12° 27′ 23″ est
Pays Drapeau du Vatican Vatican
Ville Le Vatican
Morphologie
Forme Elliptique
Histoire
Monuments Basilique Saint-Pierre
Obélisque du Vatican

Géolocalisation sur la carte : Vatican

(Voir situation sur carte : Vatican)
Place Saint-Pierre

La place Saint-Pierre (Piazza San Pietro en italien) est une grande esplanade, d'architecture baroque, située devant la basilique Saint-Pierre, au Vatican, dont elle constitue en quelque sorte le parvis, présentant sa façade sur son côté ouest. C'est là que se tient la foule lors des grandes fêtes religieuses célébrées par le pape, comme la bénédiction urbi et orbi.

Historique[modifier | modifier le code]

La place vers 1600.
Vue de la place Saint-Pierre par Piranese, 1748.
L'endroit où a eu lieu la tentative d'assassinat de Jean-Paul II est indiqué, sur le pavement de la place Saint-Pierre, par une petite plaque blanche[1]. Les barrières en bois sont utilisées pour compartimenter les foules.

Avant la construction de l'actuelle basilique, la partie occidentale de la place était occupée par un vaste péristyle qui donnait accès à l'antique basilique vaticane par l'empereur Constantin.

La place actuelle a été commandée en 1656 par le pape Alexandre VII au Bernin afin de mettre en valeur l'espace situé devant la basilique. Le pape imposa de multiples contraintes à l'architecte : respect des bâtiments existants (notamment, la place ne devait pas masquer les fenêtres des appartements pontificaux où le pape apparaît régulièrement), esplanade immense pour accueillir une foule importante, passage à couvert des processions. Le Bernin, dans l'esprit de l'architecture baroque, trouva une solution urbanistique et symbolique élégante pour créer un effet de surprise en concevant une colonnade qui s'écarte depuis la basilique comme deux bras qui accueilleraient la foule. Le Bernin expliqua ce choix en ces termes : « puisque l'église de Saint-Pierre est la mère de toutes les autres, elle devait avoir un portique qui montre précisément de vouloir recevoir à bras ouverts, maternellement, les catholiques[2] ». La signification allégorique, visible dans un de ses dessins, est de figurer les bras d'un corps idéal ayant pour tête la coupole[3].
L'artiste réalisa cet ensemble architectural de 1658 à 1667 et aurait souhaité fermer entièrement la place par une troisième aile ou un arc triomphal à l'est de celle-ci afin de ménager l'émerveillement du pèlerin au sortir des petites rues du quartier de Borgo, mais la mort d'Alexandre VII, interrompit définitivement les travaux[4].

De 2009 à 2014, la place Saint-Pierre (la colonnade, les statues, les fontaines jumelles Clementina et Gregoriana, l'obélisque et les 1 200 m de balcons et de corniche) fait l'objet d'une campagne de restauration initiée par le Musée du Vatican, réalisée par deux sociétés italiennes (Italiana Costruzioni et Fratelli Navarra) et financée, notamment, par des sponsors privés (ENI, TIM, Banco Popolare)[5].

Description[modifier | modifier le code]

La place est composée de deux parties : un premier espace trapézoïdal qui précède la basilique, délimité par deux ailes rectilignes convergentes (au sud le bras de Charlemagne, au nord le bras de Constantin) qui délimitent le parvis ; un second espace elliptique compris entre deux hémicycles de la quadruple colonnade[2]. Cette place a une longueur est-ouest de 340 mètres et nord-sud de 240 mètres. Son ellipse centrale a comme dimensions : 198 mètres sur son grand axe orienté nord-sud, 148 mètres sur son petit axe orienté est-ouest[6]. Ces dimensions sont telles qu'elle peut accueillir 300 000 personnes[7].

La quadruple colonnade du Bernin est divisée en trois travées, avec leurs 284 colonnes doriques (disposées sur 4 rangs, elles font 17 m de hauteur et 1,5 m de diamètre) et 88 pilastres en travertin de Tivoli, surmontés de sobres chapiteaux de style toscan[8]. Cette colonnade est unie par un entablement couronné par une balustrade ornée de 140 statues (saints et pères de l'Église représentant l’ecclesia triunphans, les Saints du paradis, en relation avec l’ecclesia militans, la foule des fidèles)[9] situées à vingt mètres de hauteur et hautes de 3,20 m, réalisées de 1670 à 1703 par des sculpteurs élèves du Bernin[10]. L’orientation des statues, des fontaines et des cathédrales font penser au signe de la croix. Les statues sont représentées en mouvement en rapport à la droiture des colonnes, et, chacune de ces statues mesure plus de deux mètres[11]. Au-dessus des grandes colonnes, on peut voir les armoiries pontificales simples et composées du pape Alexandre VII.

Ces colonnades confèrent à la place une dimension théâtrale qu'accentue encore le plan incliné de forme trapézoïdale[12]. L'accès à ce plan est marqué, en bas, au pied des marches, par deux statues commandées par le pape Pie IX en 1836. De 5.55 m de haut et placées sur un piédestal de 4.9 m, elles sont réalisées entre 1838 et 1840 : au sud, la statue de saint Pierre, œuvre de Giuseppe De Fabris (en), au nord, celle de saint Paul, œuvre de Adamo Tadolini[13].

En son centre se trouve, l'obélisque du Vatican qui, à l'origine, fut apporté d'Égypte et marquait le centre de la spina, situé au centre du Circus Vaticanus dont le site débordait alors sur la partie sud de la basilique Saint-Pierre. Une tradition rapporte que le crucifiement de l'apôtre Pierre, eut lieu inter duas metas (« entre les deux bornes » – c'est-à-dire au pied même de l'obélisque). En 1586, après la construction de cette nouvelle basilique, celui-ci fut transféré sur son emplacement actuel au centre de la place par l'architecte Domenico Fontana, sur les ordres du pape Sixte Quint qui eut l'ambition de reprendre le travail dont plusieurs papes avaient abandonné précédemment. De l'obélisque porté sur son piédestal par quatre lions de bronze rayonnent des lignes en travertin qui délimitent la place en huit secteurs triangulaires. Entre cet obélisque et chaque fontaine, le dallage est marqué par un cercle en marbre blanc avec un disque de granite en son centre et une inscription « centro del colonnato » (centre de la colonnade). Les deux foyers de l’ellipse sont marqués par ces disques. De ces deux points, les quatre rangées de colonnes semblent fusionner en une colonnade unique[14]. Sur la place autour du monolithe, l'astronome Filippo Gigli a conçu en 1817 une rose des vents (elle informe sur les huit vents principaux qui soufflent à Rome) et un cadran solaire, l'obélisque servant de gnomon[15]

Les deux colonnades identiques qui l'entourent au nord et au sud, laissent à l'est, une large ouverture sur la place Pie XII (Piazza Pio XII) permettant l'accès vers la ville de Rome, par la Via della Conciliazione qui fut percée en 1936 sous Mussolini sous Mussolini[16]. C'est également au nord de la place, derrière la colonnade que se trouve le palais du Vatican.

Sur le grand axe de l'ellipse, à environ 60 mètres de part et d'autre de l'obélisque, se trouvent, également sur la place, deux fontaines signées respectivement :

Le Passetto di Borgo, passage surélevé de 800 m, démarre au nord du début de la place Saint-Pierre et aboutit au Château Saint-Ange.

Image panoramique
Panorama de la place.
Voir le fichier

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simple pierre rouge placée par Jean-Paul II, le pape Benoît XVI l'a remplacé par cette plaque blanche avec les armoiries pontificales de Jean-Paul II. Cf. (en) Paolo Galeotti, Donatella Papi, Vatican City, Lulu Press, , p. 58.
  2. a et b Sonia Gallico, Roma et la Cité du Vatican, ATS Italia Editrice, , p. 210.
  3. (en) Giulio Carlo Argan, The Baroque Age, Skira, , p. 41.
  4. Christophe Dickès, Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège, Robert Laffont, , p. 203.
  5. Stéphane Ghez, documentaire « Au cœur du Vatican » sur France 3, 5 mars 2014, 6 min 30 s.
  6. (en) Eva-Maria Jung-Inglessis, St. Peter's, Scala Books, , p. 15.
  7. « La place Saint-Pierre et le Vatican sous très, très haute sécurité », sur letemps.ch, .
  8. (en) Paolo Galeotti, Donatella Papi, Roma Sacra, Elio de Rosa, , p. 28.
  9. (en) Liste des 140 statues
  10. Daniele Pinton, Le Bernin. Les parcours de l'art, ATS Italia Editrice, , p. 36.
  11. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Italie, Petit Futé, , p. 573.
  12. Philippe Gut, L'Italie de la renaissance à l'unité, Hachette Éducation, , p. 57.
  13. L'apôtre Pierre tient les clés dans sa main droite, et dans sa main gauche un rouleau portant les mots en latin « ET TIBI DABO CLAVES REGNI CAELORUM » (Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, Mt. 16, 19). Saint Paul porte dans sa main droite l'épée de 2,79 m de long par laquelle il est mort, et dans sa main gauche un livre supportant l'inscription en lettres hébraïques : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Phil 4:13). Cf. (en) Maria Beltramini, Alessandro Angeli, The Basilica of St Peter in the Vatican, F.C. Panini, , p. 447.
  14. (it) Paul Marie Letarouilly, Antonella Di Luggo Aversa, Il Vaticano e la Basilica di San Pietro, Istituto geografico De Agostini, , p. 284.
  15. (it) Gabriella Delfini, San Pietro. La Basilica, la Piazza, Flli. Palombi, , p. 34.
  16. (en) Jason Best, Discover Rome, Berlitz International, , p. 205.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]