Roland Agret

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Roland Agret
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Biographie
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Décès
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Roland Agret, né le à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme et mort le à Vernoux-en-Vivarais, dans l'Ardèche[1], est un Français victime d'une erreur judiciaire.

Il est le fondateur d'Action justice, une association visant à aider les personnes condamnées ayant subi des dysfonctionnements judiciaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roland Agret est le benjamin d'une fratrie de quatre garçons. Employé d'une compagnie d'assurances, il se laisse entraîner à la fréquentation de quelques mauvais garçons. Condamné une première fois à un an de prison pour avoir utilisé des chèques volés, il décide changer de vie, une fois libéré. Il devient l'homme de confiance d'un garagiste qui, plus tard, s'avérera être un membre du Service d'action civique (SAC). Accusé d'avoir été l'instigateur du meurtre de ce dernier par de faux témoins, qui seront condamnés ensuite pour subornation de témoins, il est condamné en à quinze ans de réclusion, malgré ses protestations d'innocence.

En milieu carcéral, il persiste sans relâche dans ses manifestations. Malgré tout, il passera sept ans en prison. Il est libéré par grâce présidentielle (pour des raisons médicales) en après une grève de la faim d'un an et vingt-huit jours. Maintenu en vie par perfusions, il est « aux portes de la mort » et pèse 47 Kg. Il est sauvé in extremis par l'intervention de sept experts conduits par Bernard Granjon (Médecins du monde) qui alerteront le Président Valéry Giscard d'Estaing de son état critique.

En , hébergé chez l'un de ses amis, Jean Claude Lézier, président de Radio 20/20, dans le 20e arrondissement de Paris, il fait de nouveau une grève de la faim pour être entendu à propos des indemnisations judiciaires « sélectives et à la tête du client » selon lui.

Il est rejugé à Lyon en et acquitté le 25 avril de cette même année. Pour obtenir son procès de révision, il est allé jusqu'à se couper deux doigts pour les porter au ministère de la Justice, à l'intention du Garde des Sceaux. En , il avait également avalé des manches de fourchettes.

Le , il se tire une balle dans le pied pour protester contre le refus de la commission d'indemnisation de la cour d'appel de l'indemniser des années qu'il a passées en prison alors qu'il était innocent[2]. Il a finalement eu gain de cause.

En , alors consultant international, Roland Agret a été universitaire à Descartes, section Victimologie.

Pendant toutes ces années de lutte, son épouse Marie-Jo a porté ce combat devant l'opinion publique, motivant et mobilisant intellectuels, avocats, magistrats, hommes politiques, journalistes, médecins, comédiens, écrivains, etc.

Son cas est l'une des rares erreurs judiciaires françaises reconnues. À la suite de son histoire, il décide de fonder Action justice, une association visant à aider les personnes condamnées et clamant leur innocence. Cette association s'inscrit dans la « continuité naturelle » des Comités Agret qui, à l'époque, s'étaient propagés dans toute la France sous l'impulsion de Marie-Jo.

Il a notamment travaillé à faire libérer Dany Leprince condamné à la perpétuité avec 22 ans de sûreté. Dans le cadre de cette histoire, il écrit à cette occasion, en collaboration avec Nicolas Poincaré, un livre intitulé Condamné à tort.

En , il reçoit le prix Monte Cristo avec son livre Mon corps en otage.

En , Roland Agret, se disant victime d'injures et de manipulations, décide de rompre ses relations avec Dany Leprince et déconnecte l'association Action Justice. Le Groupe Renée Leprince, invoquant les mêmes raisons, fait de même. Plus tard et toujours pour les mêmes causes, ce sont les membres fondateurs de l'Association des amis de Dany qui renonceront à leur tour.

Avec Action Justice, Roland Agret a participé entre autres, sur de lourdes peines initiales à quatre grâces présidentielles, une révision de procès aboutie, deux annulations de peines et dix-huit acquittements.

Militant également pour la liberté de la parole et de la presse, Roland Agret a été désigné par RSF membre d'honneur de l'organisation depuis le .

Il a collaboré lors de sa création en à l'hebdomadaire Siné Hebdo, où il participait à une rubrique judiciaire.

En 2011-2012, il présente Quand la justice s'égare sur Planète Justice.

Il est également chroniqueur à Boulevard Voltaire.

Le , il est auditionné à l'Assemblée nationale par Georges Fenech et Alain Tourret, députés rapporteurs de la Commission des Lois à propos de la réforme des révisions de procès.

Il meurt le 18 septembre 2016 à l’âge de 74 ans[3] des suites d'une embolie pulmonaire  à Vernoux-en-Vivarais (Ardèche)[4].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Kalamouka et Roland Agret, Justice soit fête,
  • T'y touches tu y restes, collaboration avec les classes de quatrième du collège de Meyrués.
  • Coupable d'innocence, Ramsay,
  • Le Shbeb, Fleuve noir,
  • La Justice à deux doigts près, Carrière,
  • Pendaresse, Fleuve noir,
  • Et si vous saviez, Plon,
  • La Justice à marée basse, Austral,
  • La Vouyoucratie, Philipacchi,
  • L'Amour enchristé, Blanche,
  • Mon combat est le vôtre, Grasset,
  • La Justice me fait peur, JM Laffont,
  • Mon corps en otage, Hugo doc., , prix "Monte Cristo" en 2007
  • Roland Agret et Nicolas Poincaré, Condamné à tort, Éditions Michel Lafon,
  • Roland Agret et Philippe Bilger, Et si on jugeait les juges ?, Paris, Éditions Mordicus, , 99 p. (ISBN 978-2-918414-08-7)
  • Roland Agret et Nicolas Poincaré, Affaire Dany Leprince : Révélations et indigestion judiciaire, Anne Carrière, .

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • « L'innocence à tout prix : l'affaire Roland Agret », réalisé par Frédéric Gilbert (journaliste) 28 juillet 2010, 26 août 2010 et 21 janvier 2011, Accusé à tort, M6.

Liens externes[modifier | modifier le code]