Christian Didier

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Christian Didier
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Biographie
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Nationalité

Christian Didier, né le [1] à Saint-Dié-des-Vosges et mort dans la même ville le 14 mai 2015[2], est un Français qui s'est d'abord connaître par ses apparitions inopinées sur les plateaux de télévision, avant d'assassiner en 1993 René Bousquet, l'ancien chef de la police de Vichy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Christian Didier est le fils d'un artisan-coiffeur avec lequel il est régulièrement en conflit violent. Il quitte rapidement l'école pour être tour à tour et souvent brièvement fondeur, surveillant d'internat, serrurier, archiviste, chauffeur-livreur. Il séjourne quelque temps à l'étranger, mais connaît également l'hôpital psychiatrique.

Chauffeur de grande remise entre 1974 et 1983, il côtoie des stars, se met à rêver de célébrité. Il se découvre à cette époque une vocation littéraire. Il doit cependant abandonner son travail de chauffeur pour raisons de santé et retourne vivre auprès de sa mère, à Saint-Dié.

Aucun éditeur ne s'intéresse aux trois livres qu'il écrit. En 1985, il publie cependant à compte d'auteur l'un de ses ouvrages, intitulé La Balade d'Early Bird. Tentant d'attirer l'attention sur son livre par le biais des médias, il fait à l'époque irruption sur les plateaux de plusieurs émissions télévisées[3]. Il en retire une réputation d'original, qui lui vaut en 1989 d'être invité sur TF1 dans une émission consacrée à « ceux que la télé rend fous »[4].

Comprenant qu'on ne le prend pas au sérieux, il imagine des actions plus radicales et se découvre une vocation de « justicier ». Le 19 mai 1987 il est arrêté en possession d'un revolver dans la prison Saint-Paul, à Lyon[5]. Bien que s'accusant d'avoir voulu blesser Klaus Barbie, il n'est condamné qu'avec sursis pour le seul port d'armes, mais reçoit une injonction de soins. En septembre 1989, il parvient à s'introduire à l'Élysée : il déclare alors vouloir remettre au président Mitterrand un dossier relatif à Raoul Wallenberg. Il est cette fois placé d'office en hôpital psychiatrique. Après sa sortie, il projette d'assassiner Paul Touvier, mais ne parvient pas à trouver les coordonnés de ce dernier. C'est alors qu'il décide de s'en prendre à René Bousquet[4].

Le , il se présente au domicile parisien de René Bousquet et le tue de cinq balles. Il appelle toutes les rédactions de Paris aussitôt après le meurtre, pour une conférence de presse, se signalant ainsi aux forces de l'ordre.

Il est condamné par la cour d'assises de Paris en novembre 1995 à dix ans de réclusion criminelle, et libéré le du centre de détention de Toul. Le conseil municipal de sa ville natale adopte d'ailleurs une requête demandant l'indulgence de la cour d’assises de Paris à son égard. Didier aurait voulu venger les victimes des meurtriers nazis, tuées dans sa ville. Christian Didier était notamment défendu par Arnaud Montebourg[6], avocat commis d'office. Celui-ci parle alors de « crime civique »[7].

Après sa libération, il fait part de son regret d’avoir tué Bousquet et ainsi empêché un second procès, bloquant ou en tout cas retardant le débat judiciaire sur la responsabilité du régime de Vichy dans la mise en œuvre de la Solution finale en France par les nazis.

Dans son roman HHhH, Laurent Binet fait allusion à Christian Didier en le qualifiant de « spectaculaire abruti » qui a privé la France du « procès du siècle[8] ».

En 2013, Christian Didier porte plainte contre Alain Minc, qui l'avait qualifié de « fou », pour diffamation[9]. Minc est finalement relaxé[10].

En 2014, il se livre dans une autobiographie intitulée Fugaces traits de plume… en roue libre ![11].

Le 14 mai 2015, il décède à son domicile de Saint-Dié des suites d'un cancer des poumons à l'âge de 71 ans. Ses obsèques ont lieu le 19 mai 2015 à l'église Notre-Dame de Galilée à Saint-Dié-des-Vosges.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]