Paul Le Flem

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Paul Le Flem
Description de l'image Paul Le Flem.JPG.
Nom de naissance Paul Marie Achille Auguste Le Flem
Naissance
Radon, Drapeau de la France France
Décès (à 103 ans)
Tréguier, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Style Musique impressionniste
Activités annexes Critique musical
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1903-1976
Formation Conservatoire de Paris,
Schola Cantorum
Maîtres Charles-Marie Widor,
Vincent d'Indy,
Albert Roussel.
Enseignement Schola Cantorum
Élèves Erik Satie,
André Jolivet

Marie Paul Achille Auguste Le Flem, dit Paul Le Flem, né à Radon (Orne)[1] le , et mort à Tréguier le à l'âge de 103 ans, est un compositeur français. Ses compositions vont du genre symphonique (quatre symphonies) à la sonate en passant par la musique de chambre et les œuvres lyriques. Attaché à la Bretagne, il s'inspire de la langue, des paysages, des légendes et du folklore.

Biographie[modifier | modifier le code]

Orphelin de père et mère à douze ans, Paul Le Flem vit dans la famille paternelle à Lézardrieux dans le Trégor, où il dit être né (bien qu'à l'état civil, il s'agisse de Radon). Issu d'un milieu bretonnant, il reste attaché sa vie durant à cette langue[2]. Destiné à une carrière d'officier, il intègre, en 1895, l'école navale de Brest, mais il est contraint à changer de voie en raison d'une vue trop faible. Il est un brillant élève du lycée de Brest. Il apprend en autodidacte les rudiments de la musique et compose dès l'âge de 15 ans. Joseph Farigoul, chef de la Musique des Équipages de la Flotte de Brest, après avoir entendu ses petites pièces, qu'il juge prometteuses, l'incite à gagner Paris dès 1899 pour s'inscrire au Conservatoire. Il obtint également une licence de philosophie à la Sorbonne, où il suivit les cours d'Henri Bergson.

En 1902, il part comme précepteur à Moscou, où il apprend le russe et découvre l'univers de l'école nationale russe. Dix-huit mois plus tard, il s'inscrivit à la Schola Cantorum, où il étudie avec Vincent d'Indy et Albert Roussel. En 1923, succédant à Roussel, il devient professeur de contrepoint jusqu'en 1939 et a pour élèves Erik Satie et André Jolivet[2].

C'est lui qui présente Jolivet à Edgar Varèse, généralement méprisé alors dans les milieux musicaux, mais répondant au souhait exprimé par son élève après avoir assisté à la première française d'Amériques. Varèse et Le Flem se connaissaient pour avoir suivi ensemble les cours de la Schola Cantorum.

De 1905 à 1913, il composa ses premières œuvres importantes et connut alors une période créatrice extrêmement féconde qui s'interrompit avec sa mobilisation durant la Grande Guerre. II anime de nombreuses émissions radiophoniques et est critique musical de 1906 à 1960. De 1921 à 1937, il assura la critique musicale au quotidien Comœdia et reconnut le talent d'Igor Stravinski et de Darius Milhaud. D'une intelligence vive et d'une grande ouverture d'esprit, il défendit toute œuvre ayant retenu son attention, fût-elle éloignée de ses goûts, évitant les querelles d'écoles, de nationalité ou de génération. Il sut cependant toujours payer sans ostentation un tribut à ses origines bretonnes, par exemple en s'inscrivant au mouvement artistique breton des années 1930, les Seiz Breur. Parallèlement, il exerça comme chef de chœur et pédagogue. Chef de chœur puis directeur des Chanteurs de Saint-Gervais jusqu'en 1939, Paul Le Flem cherche à décloisonner musique et aide les nouveaux talents[2].

Après la Première Guerre mondiale, il attendit 1936 pour se remettre à composer. Son œuvre est marquée par une évidente violence interne, souvent contenue, avec une grande émotion, mais parfois « éruptive », comme dans ses dernières symphonies. Cette qualité particulière de la musique de Paul Le Flem est liée aux tragédies familiales qui n'ont cessé de le frapper : Il a perdu ses parents à l'âge de douze ans, ses deux premiers enfants meurent en bas-âge (il compose pour eux la belle pièce Pour les morts en 1913), son épouse Jeanne meurt en 1964...

Il ne s'arrête de composer qu'en 1976, à l'âge de 95 ans, du fait de sa cécité. Il meurt en 1984 au service de gériatrie de l'hôpital de Tréguier.

Par sa fille, Jeanne, qui épousa Lennart Green, Paul Le Flem est le grand-père de l'actrice franco-suédoise Marika Green et l'arrière-grand-père de l'actrice française Eva Green[3].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Le Flem révèlent l'influence de la musique du XVIe siècle, du folklore breton savamment organisé par une rigueur d'écriture enseignée à la Schola Cantorum et aussi, pour leur beauté harmonique, des œuvres de Debussy. Co-créateur de l'Association des compositeurs bretons (ACB), il harmonise plusieurs chants populaires bretons et compose sur des poèmes de Max Jacob. Son œuvre la plus emblématique dans ce domaine demeure La Magicienne de la mer, légende lyrique en trois tableaux[4].

Œuvres symphoniques et opéras[modifier | modifier le code]

  • Fantaisie pour piano et orchestre (1911)
  • Les Voix du Large (1911)
  • Triptyque symphonique (1920-1921), Danses, Pour les morts[5], Invocation
  • Le grand jardinier de France (1942), suite symphonique pour un court-métrage de Jean Tedesco
  • La côte de granit rose (1954), suite symphonique pour un film documentaire
  • Concertstück pour violon et orchestre (1964), une œuvre atonale, d'un modernisme surprenant et déroutant
  • Sept préludes pour orchestre (1976) - Le Flem acheva seulement les trois premiers : Calme, Obsession et Emporté.
Symphonies 
  • Première Symphonie (1906-1908)
  • 2e Symphonie (1956-1958)
  • 3e Symphonie (1967-1970)
  • 4e Symphonie (1974-1975)
pour la scène 
  • Aucassin et Nicolette (1909), chantefable pour chant et cordes, accompagnant à l'origine une représentation d'ombres chinoises, transcrit pour la scène en 1924.
  • La Maudite (1966-1968), jamais représenté

Les œuvres de la maturité mirent fin à une période d'inactivité créatrice de près de vingt ans et concernent surtout l'art lyrique. En 1937, il compose son premier opéra.

  • La fête du printemps (1937)
  • Le Rossignol de Saint-Malo (1938), créé à l'Opéra-comique en 1942 d'après une gwerz du Barzaz Breiz
  • La Clairière des Fées (1944), jamais représenté
  • La Magicienne de la mer (1947), créé en 1954

Deux Interludes sont extraits de cet opéra dont la création fut un échec, rares pages instrumentales créées durant cette époque. L'opéra, sur un livret de José Bruyr, fait référence à la légende de la ville d'Ys :

  1. L'appel de Dahut
  2. Ys engloutie renaît dans le rêve

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Sonate pour violon et piano (1905), « à la mémoire de mes parents »
  • Quintette pour piano et cordes (1905)
  • Concertstück, pour violon et piano
  • Pavane de Mademoiselle, style Louis XIV, pour 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse (1899)
  • Heure pesante, quatuor à cordes (1902)
  • Morceau en la mineur pour quatuor à cordes (1903)
  • Soleils couchants pour baryton et piano (1904)
  • Sonate pour piano et violon (1905)
  • Quintette en mi mineur, pour 2 violons, alto, violoncelle et piano (1905), « à la mémoire de mes parents »
  • Danse désuète pour violon, alto, violoncelle et harpe (1909)
  • Pièce lente pour orgue (1909)
  • Danse désuète pour harpe (1909)
  • Clair de lune sous bois pour harpe (1909)
  • Clair de lune sous bois, version pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe (1952)
pour le piano 
  • Par Landes (1907)
  • Par Grèves (1910)
  • Vieux Calvaire (1910)
  • Avril (1910)
  • Sept pièces enfantines (1912), que le compositeur orchestrera
  • Pour les Morts (1912-1913) inspiré par La nuit des morts d'Anatole Le Braz, orchestré en 1920

Durant sa vieillesse, Le Flem composa des ouvrages vocaux (Morvenn le Gaélique et Hommage à Rameau).

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Symphonie n° 1 en la majeur, La Magicienne de la Mer - Deux interludes, Fantasie - Timpani (2007)
  • Symphonie n° 4, Pour les morts, Sept pièces enfantines, le Grand jardinier de France - SWF (2006)
  • Quintette pour piano et cordes (sonates pour violon et piano) - Timpani (2004)
  • L'œuvre pour piano (sonates pour piano et violon) - Universal Music (2004)
  • Aucassin et Nicolette - Timpani (2011)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La plupart des biographes de Paul Le Flem le disent à tort né à Lézardrieux (Côtes-d'Armor). L'acte de naissance no 4 de l'année 1881, commune de Radon (Orne), librement consultable en ligne, permet de rectifier cette erreur courante (cliquez sur Image 19, à gauche).
  2. a, b et c Musique classique bretonne, p. 60
  3. Généalogie de la famille Le Flem [1] Article paru dans Ouest-France le 24 janvier 2007 : " Jeanne Green-Le Flem inhumée au Vieux-Marché" Quinze jours après celle de son mari, Lennart Green, les obsèques de Jeanne Green-Le Flem, décédée vendredi à l'âge de 95 ans, ont été célébrées, mardi après-midi, en l'église du Vieux-Marché, près de Lannion. La cérémonie a eu lieu dans l'intimité familiale en présence, notamment, de sa fille, la comédienne Marika Green, de ses petites-filles Joy et Eva Green [...] et de sa belle-fille Marlène Jobert. Madame Green-Le Flem, fille du compositeur Paul Le Flem, a été inhumée dans le caveau familial du cimetière du Vieux-Marché."
  4. Musique classique bretonne, p. 62
  5. Créés à New-York en janvier 1922 sous la direction de Vincent d'Indy, aux concerts Damrosch. D'Indy assurait à son ancien élève : « Pour moi, c'est l'un des plus beaux morceaux symphoniques que je connaisse ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]