Parti travailliste (Pays-Bas)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Parti du Travail (Pays-Bas))
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parti travailliste.
Parti travailliste
(nl) Partij van de Arbeid
Image illustrative de l'article Parti travailliste (Pays-Bas)
Logotype officiel.
Présentation
Chef politique Lodewijk Asscher
Fondation
Siège Amsterdam
Président Hans Spekman
Positionnement politique Centre gauche
Idéologie Social-démocratie
Progressisme
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs Rouge
Site web http://www.pvda.nl
Présidents de groupe
Seconde Chambre Diederik Samsom
Première Chambre Marleen Barth
Parlement européen Gianni Pittella (S&D)
Représentation
Représentants
9 / 150
Sénateurs
14 / 75
Eurodéputés
3 / 26

Le Parti travailliste ou Parti du travail (en néerlandais Partij van de Arbeid, abrégé en PvdA), est un parti politique néerlandais, d’orientation sociale-démocrate. C’est l’un des premiers partis politiques des Pays-Bas : il est représenté dans les deux chambres du Parlement et a participé à de nombreux gouvernements depuis 1945. Les élections de mars 2017 sont une catastrophe pour le PvDA qui tombe à 5,7 %

Histoire[modifier | modifier le code]

Trois anciens chefs du parti : Wouter Bos, Wim Kok et Job Cohen.

1946-1965[modifier | modifier le code]

Le PvdA est créé le à la suite de la fusion du Parti social-démocrate des ouvriers (SDAP) (socialiste), de la Ligue démocratique pour la liberté de pensée (VDB) (libéral de gauche) et de l'Union démocrate-chrétienne (CDU) (protestant progressiste). Ils ont été rejoints par des membres individuels du groupe de résistance catholique Christofoor, de l'Union chrétienne historique (CHU) et du Parti antirévolutionnaire (ARP).

Les fondateurs du PvdA veulent créer un grand parti, rompant avec la tradition historique de la pilarisation de la vie politique néerlandaise. Ce désir de parvenir à un nouveau système politique est appelé le Doorbraak. Le parti regroupe donc des socialistes, des libéraux-démocrates et des chrétiens progressistes, mais ne parvient pas à briser la pilarisation. Le parti renoue au contraire les liens étroits du SDAP avec d'autres organisations socialistes. En 1948, quelques membres conservateurs, emmenés par Pieter Oud, ancien chef de la VDB, quittent le parti en raison de son orientation socialiste. Ils fondent, avec le Parti de la liberté, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD), un parti libéral-conservateur.

Entre 1946 et 1958, le PvdA forme des coaliations gouvernementales avec le Parti populaire catholique (KVP) et, selon les périodes, le VVD, l'ARP et le CHU. Le KVP et le PvdA disposent ensemble d'une large majorité au parlement. Depuis 1948, ces gouvernements sont dirigés par le Premier ministre travailliste Willem Drees. C'est sous son mandat que les Pays-Bas ont récupéré après la Seconde Guerre mondiale, qu'ils ont commencé à bâtir leur État providence et que l'Indonésie est devenue indépendante.

Après la crise gouvernementale de 1958, le PvdA est remplacé par le VVD dans la coalition avec le KVP. Les travaillistes sont alors dans l'opposition jusqu'en 1965 et les scores du parti commencent à décliner.

1965-1989[modifier | modifier le code]

En 1965, un conflit au sein du gouvernement réunissant les trois partis confessionnels (KVP, ARP, CHU) et le VVD rend la continuation du gouvernement impossible. Les trois partis confessionnels se tournent vers le PvdA et ils forment ensemble le cabinet Cals. Ce gouvernement est miné par des conflits et ne dure pas. Il chute en raison de divergences de vue sur la politique économique.

Pendant ce temps, une nouvelle génération de politiciens tente de prendre le contrôle du PvdA. Un groupe de jeunes membres du PvdA, qui se désignent eux-mêmes sous le nom de Nouvelle gauche, change le parti. La Nouvelle gauche souhaite réformer le PvdA. Elle pense que le parti doit s'orienter davantage sur les nouveaux mouvements sociaux, adopter leurs stratégies antiparlementaires et leurs thèmes, tels que la libération des femmes, la protection de l'environnement et le développement du Tiers monde. Les personnalités les plus importantes de ce courant sont Jan Nagel, André van der Louw et Bram Peper. La chute du cabinet Cals constitue l'une de leurs premières victoires. Le congrès du PvdA adopte une motion qui rend impossible une coalition avec le KVP, l'ARP et le CHU. En réaction au pouvoir grandissant de la Nouvelle gauche, des membres plus centristes, emmenés par Willem Drees Junior, fils de l'ancien Premier ministre, fondent la Nouvelle droite. Ils quittent finalement le parti en 1970 pour fonder les Socialistes démocratiques 70 (DS70), un parti social-démocrate modéré, après qu'il a été clair qu'ils ont perdu le conflit contre la Nouvelle gauche.

Le PvdA adopte alors une stratégie de polarisation et cherche à former une majorité progressiste au parlement. Afin de pouvoir disposer d'une telle majorité, le PvdA s'allie avec les sociaux-libéraux des Démocrates 66 (D66) et avec les progressistes chrétiens du Parti politique des radicaux (PPR). L'alliance est nommée Accord progressiste (PAK). Lors des élections législatives de 1971 et 1972, ces trois partis s'engagent à former un gouvernement basé sur un programme radical commun s'ils obtiennent une majorité. Ils n'y parviennent toutefois pas.

En 1971, les partis de droite forment un gouvernement avec le DS70, le parti dissident du PvdA. Lors des élections de 1972, ni le PvdA et ses alliés, ni le KVP et ses alliés ne parviennent à obtenir une majorité. Les deux camps sont obligés de travailler ensemble. Joop den Uyl, président du PvdA, dirige le gouvernement. Le gouvernement compte des membres des trois partis progressistes (PvdA, D66, PPR), du KVP et de l'ARP. Le gouvernement tente de réformer radicalement le gouvernement la société et l'économie et un nombre important de réformes sociales progressistes sont adoptées pendant cette période. Les allocations de l'État providence sont augmentées et le salaire minimum est indexé sur les coûts de la vie.

Le gouvernement doit toutefois faire face à une situation économique difficile et souffre de conflits personnels et idéologiques. Les relations entre le Premier ministre Joop den Uyl et le vice Premier ministre Dries van Agt (KVP) sont très problématiques. Le gouvernement chute peu avant les élections de 1977. Le PvdA remporte les élections de 1977, mais les conflits entre van Agt et den Uyl empêchent la formation d'un nouveau gouvernement de centre gauche. Après de très longues négociations, l'Appel chrétien-démocrate (CDA), un nouveau parti réunissant le KVP, le CHU et l'ARP, forme un gouvernement avec le VVD basé sur une majorité très faible. Le PvdA est de retour dans l'opposition.

Lors des élections de 1981, la coalition réunissant le CDA et le VVD perd sa majorité. Le CDA est le plus grand parti du pays, mais doit coopérer avec le PvdA et D66 (le PPR avait quitté l'alliance progressiste après la défaite aux élections de 1977). Le nouveau gouvernement est dirigé par Dries van Agt, tandis que Joop den Uyl devient le vice Premier ministre. Les conflits entre ces deux personnes reprennent et le gouvernement chute après quelques mois seulement. La CDA et le VVD récupèrent leur majorité lors des élections anticipées de 1982 et la conservent en 1986. Le PvdA traverse une longue période d'opposition et commence à se réformer. En 1986, Joop den Uyl quitte la politique, nommant Wim Kok, ancien dirigeant syndical, comme successeur.

1989-2010[modifier | modifier le code]

Après les élections générales de 1989, le PvdA revient au gouvernement dans une coalition avec le CDA. Wim Kok est vice Premier ministre tandis que Ruud Lubbers, le président du CDA, est chef du gouvernement. Le PvdA accepte les principales réformes économiques faites par le précédent gouvernement Lubbers, y compris la privatisation d'entreprises publiques et la réforme de l'État providence. Ces politiques sont poursuivies après 1989. Le gouvernement est confronté à d'importantes protestations de la part des syndicats et le PvdA est le théâtre de conflits politiques majeurs.

Lors des élections de 1994, le PvdA et le CDA perdent leur majorité, mais le PvdA est désormais le plus grand parti du pays. Wim Kok forme alors un gouvernement avec le VVD (libéral-conservateur) et D66 (social-libéral). Le gouvernement, nommé gouvernement violet, est une première, les partis chrétiens ayant participé jusqu'alors à tous les gouvernements depuis 1918. Le Cabinet Kok I poursuit les réformes économiques, mais les combine avec une vision progressiste sur les questions éthiques et avec une promesse de réformes politiques. Wim Kok est très populaire, mêlant politiques technocratiques réussies et charisme. Lors des élections de 1998, le cabinet est récompensé pour ses succès économiques. Le PvdA et le VVD accroissent leur représentation parlementaire aux dépens de D66. Le Cabinet Kok II est formé.

Lors des élections législatives de 2002, Wim Kok a laissé la place à son favori, Ad Melkert. Les observateurs s'attendent à un excellent score du PvdA, mais c'est sans compter le succès de Pim Fortuyn. Le PvdA perd les élections de 2002 et le groupe parlementaire travailliste passe de 45 à 23 sièges. Cette défaite est attribuée au manque de charisme de Melkert, à l'arrongance perçue du PvdA et à l'incapacité à répondre aux thématiques soulevées par Fortuyn, notamment l'immigration et l'intégration. Melkert démissionne de son poste de président du parti et est remplacé ad interim par Jeltje van Nieuwenhoven. Le nouveau gouvernement, dont le PvdA est exclu, chute après une très courte période.

Pendant ce temps, Wouter Bos, est élu président du PvdA lors d'un référendum ouvert à tous les membres du parti. Il commence à démocratiser l'organisation du parti et entame une réorientation idéologique. Lors des élections de 2003, le PvdA parvient à récupérer la quasi-totalité des sièges perdus une année auparavant et le PvdA est une fois de plus le deuxième parti du pays. Des conflits idéologiques et personnels entre Wouter Bos et Jan Peter Balkenende, président du CDA, empêche toutefois la formation d'un gouvernement unissant ces deux partis. Le PvdA reste donc dans l'opposition tandis que le CDA forme un gouvernement avec le VVD et D66, un ancien allié des travaillistes.

Lors des élections municipales de 2006, le PvdA obtient de très bons scores tandis que les trois partis gouvernementaux subissent de fortes pertes. Quelques mois plus tard, lors des élections législatives de 2006, les médias s’attendaient à ce que le PvdA redevienne la première force politique du pays mais la bonne campagne du Premier ministre sortant, Jan Peter Balkenende, maintient le CDA en première position. Le PvdA perd par ailleurs beaucoup de sièges en faveur du Parti socialiste. Avec 32 mandats à la Seconde Chambre des États généraux, le PvdA sort de cette élection affaibli mais reste la deuxième force politique des Pays-Bas. Aux élections européennes de 2009, le PvdA obtient l'un des plus mauvais scores de son histoire, en étant dépassé par le nouveau Parti pour la liberté et en n’obtenant que 3 députés (sur 25 sièges à pourvoir), avec une perte de quatre mandats.

Depuis 2010[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2010, le parti se maintient proche des 20 %, mais perd 1,6 % et trois représentants (pour un total de 30 élus). Il reste le deuxième parti néerlandais : malgré la chute du CDA (baisse de 12,8 % du vote et de 20 députés), il est dépassé par le VVD (20,4 % pour 31 députés). Il refuse de participer à une « coalition violette élargie » avec le VVD et le CDA. Le 20 février 2012, Job Cohen, à la tête du parti et groupe travailliste à la chambre basse, démissionne de ces deux postes, ainsi que de son poste de député[1]. Le parti est par ailleurs en chute libre dans les sondages, crédité de 14 députés, principalement au profit de son rival de gauche, le Parti socialiste[1]. Diederik Samsom arrive à la direction et fait campagne jusqu'à la deuxième place du scrutin, après lequel le PvdA s'engage à l'élaboration du cabinet Rutte II avec le VVD.

Sa participation au gouvernement s'avère catastrophique pour le parti, qui malgré un changement de chef, chute de 39 à 8 sièges lors des élections législatives de 2017, perdant notamment des voix au profit des écologistes de la Gauche verte.

Représentation[modifier | modifier le code]

Président du parti[modifier | modifier le code]

Chef de groupe à la Seconde Chambre[modifier | modifier le code]

Premiers ministres[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Seconde Chambre[modifier | modifier le code]

Année Voix  % Sièges Rang Gouvernement
1982 2 503 517 30,4
42 / 150
1er Opposition
1986 3 051 678 33,3
51 / 150
2e Opposition
1989 2 835 251 31,9
49 / 150
2e Lubbers III
1994 2 153 135 24,0
37 / 150
1er Kok I
1998 2 494 555 29,0
45 / 150
1er Kok II
2002 1 436 023 15,1
23 / 150
4e Opposition
2003 2 631 363 27,2
42 / 150
2e Opposition
2006 2 085 077 21,2
33 / 150
2e Balkenende IV
2010 1 848 805 19,6
30 / 150
2e Opposition
2012 2 340 750 24,8
38 / 150
2e Rutte II
2017 599 699 5,7
9 / 150
7e Opposition

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Année  % Mandats Rang Groupe
1979 30,4
9 / 25
2e SOC
1984 33,7
9 / 25
1er SOC
1989 30,7
8 / 25
2e SOC
1994 22,9
8 / 31
2e PSE
1999 20,1
6 / 31
2e PSE
2004 23,6
7 / 27
2e PSE
2009 12,1
3 / 25
3e S&D
2014 9,4
3 / 26
6e S&D

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Aux Pays-Bas, le chef du principal parti d'opposition démissionne », lemonde.fr,‎ (lire en ligne).

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]