Élections législatives néerlandaises de 2021

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Élections législatives néerlandaises de 2021
150 sièges de la Seconde Chambre
(Majorité absolue : 76 sièges)
Mark Rutte-2.jpg VVD – Mark Rutte
Sièges sortants 33
Geert Wilders op Prinsjesdag 2014 (cropped2).jpg PVV – Geert Wilders
Sièges sortants 20
Wopke Hoekstra 2019 (cropped).jpg CDA – Wopke Hoekstra
Sièges sortants 19
Portretfoto Sigrid Kaag 2018 01 (crop).jpg D66 – Sigrid Kaag
Sièges sortants 19
Jesse Klaver verkiezingsposterfoto.jpg GL – Jesse Klaver
Sièges sortants 14
Premier ministre
Sortant
Mark Rutte
VVD

Les élections législatives néerlandaises de 2021 (en néerlandais : Tweede Kamerverkiezingen 2021) doivent avoir lieu le au plus tard aux Pays-Bas afin d'élire les 150 représentants de la 38e législature de la Seconde Chambre des États généraux, pour un mandat de quatre ans.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections législatives de mars 2017 sont suivies de la plus longue période de recherche d'une coalition aux Pays-Bas, soit 208 jours, à la suite de laquelle un accord de coalition entre le VVD, l'Appel chrétien-démocrate (CDA), les Démocrates 66 (D66) et l'Union chrétienne (CU) voit le jour, permettant l'annonce de la formation d'un nouveau gouvernement le . Mark Rutte est reconduit au poste de Premier ministre[1]. La perte annoncée de la majorité absolue détenue par le cabinet Rutte III à la Première Chambre des États généraux lors des élections sénatoriales du , notamment en raison de la poussée du Forum pour la démocratie (FvD), fait un temps envisager un scrutin législatif anticipé.

Système électoral[modifier | modifier le code]

La Seconde Chambre (en néerlandais : Tweede Kamer), ou Chambre des représentants, est la chambre basse du parlement bicaméral néerlandais. Elle est composée de 150 sièges pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec liste ouverte dans une unique circonscription nationale[2]. Vingt circonscriptions régionales sont utilisées pour correspondre aux listes électorales dressées au niveau régional à des fins statistiques, mais n'entre pas en compte dans le système électoral[2].

Les listes étant ouvertes, les électeurs ont également la possibilité d'exprimer un vote préférentiel pour un candidat sur la liste pour laquelle ils votent. Les sièges obtenus par chaque liste sont par la suite attribués en priorité aux candidats ayant recueilli au moins 25 % des votes de la liste en leurs nom[2]. Après décompte des voix, la répartition des sièges se fait à la proportionnelle selon la méthode d'Hondt, sans seuil électoral prédéfini[2]. La méthode utilisée ainsi que le nombre total de siège conduisent néanmoins de facto à un seuil de 0,67 % des suffrages exprimés à l'échelon national[2].

Campagne et propositions politiques[modifier | modifier le code]

VVD

Après avoir remporté trois campagnes législatives de suite, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre Mark Rutte est en passe de terminer en tête une quatrième fois. Dans un contexte de pandémie de Covid-19, le parti veut qu'un gouvernement « fort » se mette à l'œuvre pour « polir activement les franges du capitalisme »[3], marquant un tournant à gauche sur le plan économique par rapport à 2017. Cependant, pour Trouw, « il y a un domaine où les libéraux ne se déplacent catégoriquement pas vers la gauche. La politique d'asile et de migration prônée par le VVD est plus à droite que jamais. Les réfugiés ne devraient plus avoir automatiquement droit au logement social [...]. Le VVD estime également que le cabinet doit être prêt à prendre des « mesures drastiques » en cas de nouvelle crise migratoire, comme la suspension du droit de demander l'asile aux Pays-Bas et la fermeture des frontières néerlandaises »[4].

PVV

Le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders fait paraitre pendant la campagne électorale un document de 51 pages, insistant en particulier sur le nationalisme. Le parti prône notamment le retrait de l'Union européenne, le retour aux frontières nationales et une restriction du droit d'asile. Il milite par ailleurs pour l'interdiction du port du foulard islamique dans les bâtiments publics et du droit de vote des binationaux, ainsi que la suppression de la NPO. La formation estime que « les Pays-Bas sont devenus un pays méconnaissable ». Pour le PVV, l'islam ne doit plus être considéré comme une religion mais comme une « idéologie totalitaire », tandis que les mosquées, les écoles coraniques et le Coran doivent être interdits. Un ministère de l'Immigration, de la Remigration et de la Désislamisation serait établi sous un cabinet Wilders. Sur les questions environnementales, le PVV s'inscrit dans la mouvance climatosceptique. Il milite pour le démantèlement des éoliennes en mer « pour faire de la place au bateau », l'arrêt des parcs solaires qui « nuisent aux paysages », le retrait de l'accord de Paris sur le climat et le rejet du « pacte vert pour l'Europe » d'Ursula von der Leyen. Il souhaite en revanche faire inscrire les droits des animaux dans la Constitution pour lutter contre leur maltraitance[5].

CDA

L'Appel chrétien-démocrate (CDA) de centre droit du ministre des Finances Wopke Hoekstra entend se placer au centre de l'échiquier suite aux mauvais sondages des Démocrates 66 (D66) de centre gauche, l'autre parti traditionnellement présent dans cet espace politique. Sous le mot d'ordre « Prenez soin les uns des autres » (« Zorg voor elkaar ») rappelant le mot « Prenez bien soin de notre ville et les uns des autres. Adieu. » (« Zorg goed voor onze stad en voor elkaar. Vaarwel. ») du bourgmestre d'Amsterdam Eberhard van der Laan dans une lettre ouverte à ses administrés quelques semaines avant sa mort d'un cancer du poumon[6], le parti entend faire du social, de l'éducation et de la santé des priorités, tout en rappelant les « valeurs et traditions » néerlandaises[7].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Principales forces en présence
Parti Idéologie Chef de file Résultats
en 2017
Parti populaire pour la liberté et la démocratie
Volkspartij voor Vrijheid en Democratie (VVD)
Centre droit
Libéral-conservatisme
Mark Rutte 21,3 % des voix
33 sièges
Parti pour la liberté
Partij voor de Vrijheid (PVV)
Droite à extrême droite
Nationalisme, euroscepticisme
Geert Wilders 13,1 % des voix
20 sièges
Appel chrétien-démocrate
Christen-Democratisch Appèl (CDA)
Centre droit
Démocratie chrétienne
Wopke Hoekstra 12,4 % des voix
19 sièges
Démocrates 66
Democraten 66 (D66)
Centre à centre gauche
Social-libéralisme
Sigrid Kaag 12,2 % des voix
19 sièges
Gauche verte
GroenLinks (GL)
Centre gauche
Écologie politique
Jesse Klaver 9,1 % des voix
14 sièges
Parti socialiste
Socialistische Partij (SP)
Gauche à gauche radicale
Social-démocratie, socialisme démocratique
Lilian Marijnissen 9,1 % des voix
14 sièges
Parti travailliste
Partij van de Arbeid (PvdA)
Centre gauche
Social-démocratie
À définir 5,7 % des voix
9 sièges
Union chrétienne
ChristenUnie (CU)
Centre droit
Christianisme social, conservatisme social
Gert-Jan Segers 3,4 % des voix
5 sièges
Parti pour les animaux
Partij voor de Dieren (PvdD)
Centre gauche
Défense des animaux, écologisme
Esther Ouwehand 3,2 % des voix
5 sièges
50 Plus (50+) Centre
Défense des retraités
Liane den Haan 3,1 % des voix
4 sièges
Parti politique réformé
Staatkundig Gereformeerde Partij (SGP)
Droite
Droite chrétienne, calvinisme
Kees van der Staaij 2,1 % des voix
3 sièges
Denk (DENK) Gauche
Défense des Néerlandais d'origine étrangère
Farid Azarkan 2,1 % des voix
3 sièges
Forum pour la démocratie
Forum voor Democratie (FvD)
Droite à extrême droite
National-conservatisme, euroscepticisme
Thierry Baudet 1,8 % des voix
2 sièges
Parti pirate
Piratenpartij (PPNL)
Syncrétique
Défense du droit d'auteur
Matthijs Pontier 0,34 % des voix
0 siège
Bij1 (BIJ1) Gauche radicale
Antiracisme, égalitarisme
Sylvana Simons 0,27 % des voix
0 siège
Parti libertarien
Libertaire Partij (LP)
Droite
Libertarianisme de droite
Robert Valentine 0,01 % des voix
0 siège
La Base
De Basis (DB)
Gauche
Introduction d'un revenu de base
À définir
Parti pour les intérêts des enfants
Partij voor de Kinderbelangen (PvdKB)
Syncrétique
Défense des droits de l'enfants
Henriette Nakad
JA21 Droite
Libéral-conservatisme
Joost Eerdmans Nouveau
Code orange
Code Oranje (CO)
Syncrétique
Démocratie directe
Richard de Mos Nouveau
Splinter (S) Centre gauche
Social-libéralisme
Femke Merel van Kooten Nouveau
Identité Pays-Bas
Identiteit Nederland (IDNL)
Extrême droite
Nationalisme ethnique
Géza Hegedüs Nouveau
Liste Henk Krol
Lijst Henk Krol (LHK)
Centre
Défense des retraités
Henk Krol Nouveau
Mouvement agriculteur–citoyen
BoerBurgerBeweging (BBB)
Syncrétique
Défense des agriculteurs
Caroline van der Plas Nouveau
Nida (NIDA) Centre gauche
Démocratie islamique
Nourdin El Ouali Nouveau
NLBeter (NLB) Syncrétique
Défense des travailleurs du domaine de la santé
Esther van Fenema Nouveau
Parti socialiste pacifiste '92
Pacifistisch-Socialistische Partij '92 (PSP)
Gauche
Socialisme démocratique, pacifisme
À définir Nouveau
Parti pour l'avenir
Partij voor de Toekomst (PvdT)
Centre droit
Libéralisme, gouvernement ouvert
À définir Nouveau
Volt Pays-Bas
Volt Nederland (VOLT)
Centre à centre gauche
Fédéralisme européen
Laurens Dassen Nouveau

Sondages[modifier | modifier le code]

Opinion polls NL 2017-2021.svg

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives néerlandaises de 2021
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD)
Parti pour la liberté (PVV)
Appel chrétien-démocrate (CDA)
Démocrates 66 (D66)
Gauche verte (GL)
Parti socialiste (SP)
Parti travailliste (PvdA)
Union chrétienne (CU)
Parti pour les animaux (PvdD)
50 Plus (50+)
Parti politique réformé (SGP)
Denk (DENK)
Forum pour la démocratie (FvD)
Bij1 (BIJ1)
JA21 Nv
Autres partis
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 150 Steady.svg
Abstentions
Inscrits / participation

Notes et références[modifier | modifier le code]