Partis politiques néerlandais

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Les Pays-Bas sont une monarchie constitutionnelle. La consultation de la population par référendum ne s'y fait que très rarement. Les partis politiques néerlandais jouent donc un rôle primordial dans la vie politique, car ils sont les seuls représentants des citoyens dans les prises de décisions dans à tous niveaux dans le pays. En théorie, selon le mode de scrutin proportionnel, les Néerlandais ne votent donc pas pour une personne mais pour une idéologie exprimée par un parti politique.

Au niveau national, le Premier ministre des Pays-Bas est désigné par le roi après les élections parlementaires et un long processus de formation de gouvernement. Traditionnellement, la couronne choisit l'individu dirigeant la formation qui a gagné les élections législatives, le plus grand parti au Parlement. Le nommé va ensuite former une coalition de partis ayant ensemble la majorité au Parlement. Le gouvernement est constitué de personnalités politiques appartenant à ces partis. Ce gouvernement de coalition va ensuite assurer le gouvernement du pays. Actuellement, le pays est dirigé par une coalition de deux partis : le parti libéral !VVD et le parti travailliste PvdA.

Depuis le début des années 2000, certaines personnalités politiques et leurs discours ont tendance à remplacer la fonction idéologique et organisatrice des formations politiques. En parallèle à cela, on observe un envol des partis à visée locale. Ces partis existaient depuis toujours, avec comme projet de présenter aux élections des habitants du territoire concerné, dont la politique n'est pas le métier. Ils veulent ainsi devenir les portes-parole des électeurs, jouant sur la proximité. Ils connaissent le terrain et leur but est de faire passer au mieux les envies et les projets de la population auprès du conseil communal. Cependant, les campagnes électorales nationales semblent préférer mettre en valeur une personne charismatique au lieu d'un courant idéologique ou politique. Les bourgmestres et les dirigeants de provinces étant nommés par décret royal, seule la tête de liste aux élections législatives est assurée d'obtenir le poste en cas de victoire et de formation de coalition.

Partis parlementaires[modifier | modifier le code]

Les vielles familles politiques[modifier | modifier le code]

Le suffrage universel a été adopté aux Pays-Bas en 1848, avec la constitution de Thorbecke. Les grandes formations de nos jours, celles qui sont susceptibles de gagner assez de voir pour pouvoir partager la direction du pays, ont leur racines dans cette période.

  • l'Appel chrétien-démocrate (Christen Democratisch Appèl, CDA) reprend les courants politiques les plus anciens du pays. Ce parti est né en 1980 d'une fusion de trois partis chrétiens-démocrates, dont un fut le plus ancien parti du pays, l'ARP, le Parti antirévolutionnaire. Les deux autres partis qui ont formé le CDA étaient le KVP, le Parti populaire catholique, et le CHU, l'Union chrétienne historique, un parti protestant réformé. Jan Peter Balkenende, membre du CDA fut Premier ministre de 2002 à 2010. Ruud Lubbers détient en outre la plus longue longévité au poste, de 1982 à 1994. Grâce à sa position intermédiaire entre la droite et la gauche, ce parti a fait partie de beaucoup les coalitions gouvernementales. Pour former un gouvernement, il vire tantôt à gauche, tantôt à droite, mais pour obtenir une majorité parlementaire, l'appui de ce grand parti du centre est souvent indispensable. Ainsi, sa ligne politique dépend réellement de son chef politique, bien qu'il ne soit fondamentalement pas pour une instauration du dogme de l'Église. Il reflète ainsi l'esprit de tolérance néerlandais, mais mettant en avant les racines du pays. Par une volonté de se passer des chrétiens-démocrates, la gauche (le parti travailliste) et la droite (le parti libéral) ont su surmonter leurs différences, avec l'appui des libéraux de gauche. C'est ainsi que le pays a connu sa période violette (allusion aux couleurs politiques qui se sont combinées pour former un gouvernement à deux reprises consécutives). Le CDA a cependant perdu en 2010 et 2012 beaucoup de points de vote, les anciens électeurs se tournant vers les discours sociaux du PvdA ou économiques du VVD.
  • le Parti travailliste (Partij van de Arbeid, « Parti du travail », PvdA) est fondé en 1946 pour remplacer le SDAP. Quoique de signature clairement travailliste et à défaut d'un véritable parti socialiste pendant longtemps, les membres de ce parti sont considérés comme socialistes aux Pays-Bas. Il est pourtant plus apparenté au socialisme anglo-saxon qu'au socialisme européen. Il traverse actuellement un certain nombre de crises fondamentales et perd de son influence depuis le dernier gouvernement violet, jugé comme défenseur de la classe politique.
  • le Parti populaire libéral et démocrate (Volkspartij voor vrijheid en democratie, « Parti populaire pour la liberté et la démocratie », VVD) existe depuis 1948. Actuellement un parti stable, le courant libéral a eu beaucoup de peine à s'organiser pendant un siècle, le libéralisme néerlandais étant traditionnellement très individualiste. Des trois grandes formations politiques, ce parti est le plus petit. Pourtant, il a plus souvent fait partie du gouvernement que les travaillistes, les chrétiens-démocrates préférant virer à droite. L'actuel Premier ministre Mark Rutte est membre du VVD. Il prône une baisse des charges mais ne tend pas trop à droite, pour rester en cohésion avec ses partenaires travaillistes. L'actuelle coalition VVD-PvdA arrive ainsi à maintenir un équilibre entre intérêts sociaux et économiques.
  • le Parti politique réformé (Staatkundig Gereformeerde Partij, SGP) se situe véritablement dans le fondamentalisme chrétien : c'est le seul parti à appeler à une théocratie. Ce parti existe depuis 1918. Dernièrement, il a fait l'objet d'une polémique, en interdisant aux femmes de devenir membre.

Les formations fondées depuis 1945[modifier | modifier le code]

Les formations politiques qui ont vu le jour depuis la Seconde Guerre mondiale sont en règle générale issues de mouvements protestataires. Les deux qui ont fait feu depuis plusieurs décennies, et qui se sont donc installées durablement sur la scène politique du pays, sont les D'66 et le SP.

  • les Démocrates 66 (Democraten 66, D'66). Ce parti se définit comme libéral-social. Comme l'indique son nom, ce parti a été fondé en 1966, d'un mouvement protestataire qui exigeait des réformes d'état pour plus de démocratie. Dans le discours idéologique, c'est le plus important parti protestataire du pays, le seul à avoir survécu à plus de quarante années d'existence. Il a participé à un certain nombre de gouvernements. Quoique l'existence des D'66 a été menacée sérieusement dans le passé, il semble avoir trouvé une place fixe dans la vie politique du pays.
  • le Parti socialiste (Socialistische Partij, SP). D'origine maoïste, ce parti fondé en 1972 a englobé toute l'extrême gauche qui ne trouva pas sa place dans le Parti travailliste ou dans celui des verts. Ce parti siège au Parlement national depuis 1994, et depuis l'instabilité politique du début de ce siècle, qui a fait voir le jour à beaucoup de partis contestataires, il est même devenu très important, interprétant avec succès un grand nombre des préoccupations de l'électorat contemporain.
  • l'Union chrétienne (Christen Unie, CU). Ce parti existe depuis 2001 et est issu d'une fusion de deux petits partis protestants (la Fédération politique réformée et la Ligue politique réformée). Historiquement, on considérait ces partis comme étant fondamentalistes ou presque, mais depuis leur fusion, ils se sont ouverts, et ont cherché et trouvé une entrée dans la conscience de l'électorat en général, même dans celle de ceux qui ne votent normalement pas pour la démocratie chrétienne. Ses vues des plus traditionnelles sur les mœurs (les « normes et valeurs ») ont une grande attirance aux Pays-Bas. En 2007, ce parti fait même partie d'un gouvernement pour la première fois.
  • le Parti pour la liberté (Partij voor de Vrijheid, PVV) fondé par Geert Wilders. Parti d'extrême droite eurosceptique et anti-immigration qui gagne de plus en plus de voix à chaque élection, même s'il a fait polémique il y a quelque temps, son fondateur et dirigeant ayant déclaré qu'il voulait « moins de Marocains aux Pays-Bas ». Il demande également un sondage en Flandre concernant son annexion aux Pays-Bas. Le parti centré autour de la personnalité de Wilders a soutenu le gouvernement de 2010 à 2012 sans en faire partie, mais son retrait a provoqué la chute de ce dernier. Sans réel projet économique, la feuille de route qu'il présente sur ses tracts de campagne évolue selon les sondages d'opinion.
  • 50PLUS, parti représentant les personnes âgées et retraitées (plus de 50 ans) au Parlement. Grâce à la proportionnelle, cette partie de la population peut s'exprimer directement via ses représentants dans la prise de décision.

Partis extraparlementaires[modifier | modifier le code]

Plusieurs partis non représentés au Parlement ont une influence, soit via d'autres assemblées où ils siègent, soit via des manifestes politiques qu'ils publient. Quelques exemples :

  • De Groenen, parti fondé en 1983 et initialement à vocation européenne. Il a plus de nos jours une vocation locale, ne participant pas aux législatives.
  • Le Parti national frison, militant pour une plus grande autonomie de la province Frise et une utilisation plus large de la langue frisonne. Il n'est présent que dans cette province. Il reccueille quelques suffrages aux élections municipales et provinciales, et a déjà eu un siège au Sénat.

Anciens partis[modifier | modifier le code]

Il y a également eu un certain nombre de partis contestataires qui n'ont pas survécu jusqu'à nos jours. Quelques exemples :

  • le Parti des agriculteurs (Boerenpartij), fondé pendant les années 1950, ce parti a survécu jusqu'en 1982 sous la direction inspirée du Boer koekoek, Paysan coucou (du nom de l'oiseau). Les membres ont surtout milité contre l'interférence de l'État.
  • les Socialistes démocrates '70 (DS70, Democratische Socialisten '70), socialistes démocratiques, fondé après une scission du Parti travailliste (PvdA). Ce parti a intégré une fois le gouvernement, ce qui n'a pas empêché sa disparition au début des années 1980.
  • la Liste Pim Fortuyn fondée par Pim Fortuyn, parti nationaliste d'extrême droite. Ce parti formé autour de sa tête de liste aux élections de 2002 a intégré le gouvernement à leur suite. Il a cependant provoqué la chute de l'exécutif la même année.

Notes et références[modifier | modifier le code]