Denk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Denk
image illustrative de l’article Denk
Logotype officiel.
Présentation
Chef politique Tunahan Kuzu
Fondation
Scission de Parti travailliste
Siège Schiekade 10, Rotterdam
Président Selçuk Öztürk (en)
Positionnement Gauche[1]
Idéologie Antiracisme[2],[3],[4]
Défense des intérêts des Néerlandais d'origine étrangère [4],[5]
Couleurs Turquoise
Site web bewegingdenk.nl
Présidents de groupe
Seconde Chambre Tunahan Kuzu
Représentation
Sénateurs
0 / 75
Représentants
3 / 150
Députés européens
0 / 26

Denk (typographié DENK dans le logo, signifiant « penser » en néerlandais et « égalité » en turc) est un parti politique néerlandais défendant les Néerlandais d'origine étrangère.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le parti est fondé par deux représentants néerlandais d'origine turque, Tunahan Kuzu et Selçuk Öztürk (en). Membres de la Seconde Chambre, élus lors des élections de 2012 pour le Parti travailliste, ils sont exclus de ce parti le pour avoir critiqué la politique migratoire du gouvernement[6].

Le , ils baptisent leur groupe parlementaire du nom de Denk et rendent public un manifeste politique favorable à une société tolérante et solidaire qui lutte contre le racisme[7].

Lors des élections législatives néerlandaises de 2017, Denk obtient trois mandats de représentants : sont élus Tunahan Kuzu, Selçuk Öztürk et Farid Azarkan (nl), président de l'Association de travail de cohésion des Maroco-Néerlandais.

Programme et idéologie[modifier | modifier le code]

Le programme du parti repose sur un manifeste politique publié en février 2015[8],[9]. Ce dernier est structuré en cinq points :

  • une société tolérante dans laquelle nous nous acceptons les uns les autres.
  • une société attentionnée dans laquelle nous nous regardons les uns les autres.
  • une société d'apprentissage dans laquelle nous utilisons les talents de chacun.
  • une société durable où nous devons penser à notre environnement.
  • une société juste, favorisant la justice sociale.

De plus, le parti souhaite que l'apprentissage de l'histoire des migrations soit développé dans les écoles. Aussi, il propose que le terme « intégration » soit remplacé par le mot « acceptation ». Il souhaite également abolir le terme « immigrant ». Le parti déplore également le fait que, celui lui, les personnes d'origine non-occidentale sont moins susceptibles de trouver un emploi ou un stage que les autres et ont souvent des expériences négatives avec les forces de l'ordre.

Le manifeste du parti déclare que le racisme aux Pays-Bas est de nature structurelle et institutionnelle. En conséquence, il souhaite mettre en place un « registre du racisme » au sein duquel seraient enregistrées toutes les manifestations de racisme.

Denk propose, pour l'éducation, le développement de la diversité dans chaque salle de classe. Il souhaite également que dans toutes les écoles du pays, à la fois dans l'enseignement primaire et secondaire, l'étude du mandarin, de l'arabe et du turc soit introduite et proposée à titre facultatif aux élèves. Selon Denk, l'apprentissage de ces langues serait utile pour l'économie du pays et pour les relations internationales de ce dernier. Enfin, toujours selon son manifeste, Denk indique que les imams ne devraient pas uniquement être nommés dans les mosquées mais aussi dans les établissements de soins, les prisons et auprès des forces armées.

Au sujet des questions internationales, Denk indique que l'ONU et son Conseil de sécurité ont besoin d'une réforme fondamentale. Selon le parti, l'Union européenne devrait poursuivre une politique étrangère indépendante. Denk souhaite également s'attaquer à l'extrémisme en combattant ses racines que sont, selon lui, le désespoir, l'exclusion sociale et l'injustice. Sur le conflit israélo-palestinien, le parti préconise que l'Europe renforce la position internationale de la Palestine et souhaite que les Pays-Bas reconnaissent officiellement la Palestine.

André Krouwel, politologue à l'université libre d'Amsterdam, note que « Denk est connu pour être pour être sponsorisé et financé par la Turquie d'Erdogan. Ils s'alignent sur lui, partagent son idéologie, et se comportent ici comme des nationalistes turcs, ne voulant pas l'intégration mais la séparation ». Denk est également accusé de double discours, André Krouwel observant que « dans les mosquées, ils manient une rhétorique musulmane très conservatrice. Mais, en public, ils combinent cela avec une rhétorique égalitaire de gauche ». Floris Vermeulen, professeur associé à l'université d'Amsterdam, ajoute : « Ils sont très loin de vouloir la charria. Mais ils adoptent des points de vue très conservateurs sur les questions de droits des femmes ou des LGBT »[10].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Législatives[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges Rang Gouvernement
2017 216 147 2,1
3 / 150
12e Opposition

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (nl) « Links en Rechts »
  2. (en) « Dutch election day: What six voters have to say », sur Al-Jazeera,
  3. (en) « Fighting systemic racism is key to improving Netherlands says MP », sur nltimes,
  4. a et b (en) « A Pro-Immigrant Party Rises in the Netherlands », sur The New York Times,
  5. (en) « Ethnic minorities desert Labour, turn to Denk ahead of March vote », sur Dutch News,
  6. (en) « Dutch party expels two Turkish-origin lawmakers - EUROPE », sur hurriyetdailynews.com, (consulté le 27 mars 2017).
  7. Christelle Guibert, « Pays-Bas. Denk, la voix des Néerlandais issus de l’immigration », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne).
  8. (nl) « Manifest Denk » [PDF], sur Beweging Denk (consulté le 23 décembre 2017).
  9. (nl) « Verkiezingprogramma » [PDF], sur Beweging Denk (consulté le 23 décembre 2017).
  10. Paul Conge, « À Rotterdam, l'islam contre les populismes », Magazine, semaine du 16 au 22 mars 2018, pages 44-45.