Paléolithique du Japon

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Herminettes au tranchant poli, site de Hinatabayashi B , Shinanomachi, Nagano, 35-32 000 ans BP, début du paléolithique supérieur[1]. Musée National de Tōkyō (TNM)
Lames d'obsidienne (microlithes). Site: Shirohebiyama-Iwakage à Imari, Saga. 13 000- 12 000 BP, début de la période Jōmon

Le Paléolithique du Japon, aussi nommé parfois « pré-céramique » (旧石器時代 kyūsekki-jidai), est la période qui débute entre - 40 000 ans et - 30 000 ans BP, correspondant à la datation par le carbone 14 des premiers objets lithiques retrouvés, et s'achève entre - 17 000 ans et - 14 000 ans BP à la fin de la dernière période glaciaire, laissant la place à la période Jōmon avec les premières céramiques au Japon. Période considérée comme relevant du Mésolithique.

Une partie de cette période du paléolithique final, parfois nommée Épipaléolithique, peut être assimilée dans la période Jōmon initial et alors nommée Proto-Jōmon.

Histoire de la recherche sur le Paléolithique japonais[modifier | modifier le code]

Le « Pré-céramique » japonais, depuis 1962. Il y avait deux cultures paléolithiques sur le site d'Iwajuku[2], le premier site Paléolithique découvert au Japon, en 1949. Parmi les outils du niveau le plus ancien, les fouilleurs ont trouvé deux outils de type « hache » qui semblaient aussi avoir un tranchant affuté par frottement ou usé. Bien que le fouilleur, Chosuke Sezawa, ait hésité à porter un jugement sur le caractère du tranchant, Sugao Yamanouchi[N 1] jugea qu'il était le résultat d'un affutage intentionnel. Et, en prenant en compte des outils semblables en provenance d'autres sites, il conçu la théorie selon laquelle la période « Pré-céramique » du Japon n'était pas équivalente au Paléolithique en Europe et ailleurs, avec l'argumentation suivante : qu'il s'agissait d'un Néolithique (en suivant la définition ancienne des types d'outils) sans céramique[3]. Cette idée et le fait qu'il était difficile de dater le début de la période Jomon et de ses poteries, tout cela a généré une violente controverse sur la position du Japon dans le contexte de la préhistoire mondiale.

Dans les années 70, avec des fouilles à grande échelle, on a découvert de nombreux outils de type « hache » à tranchant affuté, aux niveaux les plus bas, 30 000 - 25 000 BP, et ils étaient souvent accompagnés par la pierre à affuter. Leur nombre baissait dans les phases post-AT (après l'éruption de la caldeira d'Aira, 21 000-22 000 BP) dans le contexte de la culture du loch de Tachikawa et ses équivalents, mais vers 13 000 BP de nombreuses et grandes haches à un seul tranchant, ou gouge[4] apparaissaient de nouveau dans le contexte de la culture de Mikoshiba-Chojakubo, qui faisait figure de phase ultime du « Pré-céramique » ou du Paléolithique japonais[5].

On a remarqué ultérieurement que la période ancienne de ces outils affutés par frottement, soit 30 000-22 000 BP, correspond à une période relativement moins froide[6] et que la teinte noirâtre de la couche dans laquelle ils ont été déposés correspondrait à un apport d'humus conséquent, lié à la forte végétation de l'époque, dans la région de Kantō. La corrélation entre les périodes de poussée végétale et l'abondance de ces haches semble ainsi se confirmer.

Généralités[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de sites[modifier | modifier le code]

Selon la Japanese Palaeolithic Research Association (JPRA)[7] ce sont 10 150 sites paléolithiques qui ont été répertoriés en 2010 sur l'ensemble des îles. Les assemblages lithiques sont bien préservés dans des sites de plein air (couches de lœss) et les plus anciens remontent au Paléolithique supérieur, au sud de la région de Kantō. Les différents repères que nous possédons aujourd’hui sont assez nombreux pour qu’il soit possible de donner une vue d'ensemble du Paléolithique des différentes régions de l’archipel japonais.

Approximation[8] de la dernière glaciation, v. 20 000 ans avant le présent (BP). Au delà des côtes actuelles, la ligne des terres émergées alors.
Routes migratoires selon une étude de génétique sur les haplogroupes, publiée en 2014. Fig. a : vers 36 000 et 35 000 BP, au Würmien moyen.

Les sols volcaniques et leur acidité[modifier | modifier le code]

Au Japon la nature volcanique des sols de l'archipel[9] en couches bien identifiables sur tout le territoire favorise une datation précise des industries lithiques. Mais la nature acide de ces sols ne permet pas la conservation des restes fossiles, ossements humains et animaux en particulier dans les sites de plein air, qui représentent l'essentiel des sites[10]. Certains sites marécageux, comme le lac Nojiri, ont conservé de nombreux fossiles animaux et quelques outils paléolithiques. Mais ceux-ci sont trop clairsemés et ne sont pas aisément connectés avec la stratigraphie volcanique. La découverte de sites de caverne ou d'abris sous roche est rare et cela a contribué à rendre difficile la corrélation entre les assemblages d'outils, la faune et les stratégies de subsistance.

Périodisation[modifier | modifier le code]

Entre 40 000 et 30 000 BP les formes archaïques de type Homo sapiens (incluant Homo sapiens néanderthalensis) sont remplacées par des hommes anatomiquement modernes[11]. Cette période est caractérisée par l'apparition des outils ayant la forme de "couteaux". À partir de là, et entre 30 000 et 13 000/12 000 BP, la majorité des spécialistes s'accordent à parler de « Paléolithique final ».

Début du Paléolithique japonais[modifier | modifier le code]

Premières migrations[modifier | modifier le code]

Pour ce qui est des tout premiers indices d'une population paléolithique sur les îles on manque de traces indiscutables sur le plan stratigraphique et de la typologie des formes. Une hypothèse qui semble acceptable (en 2014)[12] propose que les premières populations humaines commenceraient à s'implanter dans les îles à partir de 40 000 ans BP. En effet au cours de la dernière moitié du Pléistocène supérieur ce peuplement est reconnu par des industries lithiques, datées sur le plan stratigraphique et morpho-typologique, précisément vers le milieu du MIS 3 (stade isotopique 3 : de 58 900 à 27 600 ans[13]), c'est à dire autour de 40 000 ans BP.

On peut noter qu'en 2002, selon des datations 14C relevées sur l'ensemble les sites des îles japonaises[14] le Paléolithique supérieur ancien, caractérisé par des industries trapézoïdes, couvrait alors la période de 34 à 26 000 ans BP. Le Paléolithique supérieur final couvrait alors la période de, environ, 25 à 15 000 ans BP, caractérisé par l'apparition de microlithes.

- Génétique des populations. En 2014, une équipe de Shanghaï[15] a publié les résultats d'une étude de génétique sur les haplogroupes leur permettant de proposer plusieurs schémas des migrations anciennes. Selon cette étude, les îles du Japon auraient reçu un apport de population venant du sud de la Chine et, au-delà, d'une région qui aurait correspondu au Sundaland de l'époque, vers 36 000 ans BP, en étant passé par l'archipel Nansei. Une seconde vague autour de 35 000 ans BP depuis une zone s'étendant de l'est de l'Inde au Yunnan aurait atteint le Japon en étant passé par la Corée (cf. carte ci-jointe).

Un Paléolithique à pierres « polies »[modifier | modifier le code]

La découverte de ces pierres, des herminettes dont le bord tranchant a été retravaillé sur une pierre à affûter, a ouvert un débat qui s'intègre à une relecture des traditionnelles catégories comme « Paléolithique » et « Néolithique ». Des industries à haches au tranchant poli sont apparues au Japon entre 38 000 et 32 000 BP[16]( en particulier sur le site de Hinatabayashi B , préfecture de Nagano - image en introduction de cet article ). Ce type d'outil n'était apparu nulle part à cette date dans les zones continentales de Chine, Corée ou Russie. Les plus grandes de ces haches semblent avoir été utilisées pour couper et travailler le bois. Si abimées, elles étaient réduites et réutilisées. Ces paléolithiques pratiquaient un habitat saisonnier en cercle. Ils utilisaient des obsidiennes pour leurs lames,dont l'origine, dans une île de la côte Est, nécessitait la maîtrise de la navigation en haute mer[17].

Fin du Paléolithique japonais[modifier | modifier le code]

La fin du Paléolithique est marqué, ici comme partout, par un net réchauffement. Le niveau de la mer s'est élevé et, vers 15 000-14 000 BP, les îles ont pris leur forme actuelle. Vers 13 000 BP les températures étaient devenues considérablement plus douces qu'à époque du Würm[18], avec des températures de 3-4° seulement au dessous des températures actuelles, et c'était un climat plus humide aussi. Faunes et flores se transformaient. Puis l'évènement du Dryas récent a frappé, avec une brutale chute des températures vers 11 000 BP, lesquelles sont remontées ensuite de 7° en un demi siècle vers 10 500 BP.

La découverte de poteries anciennes repousse sans cesse le début de l'époque Jōmon. Selon Jean-Paul Demoule, en 2004, le début de l'époque Jōmon, se situe autour de 15 000 ans avant notre ère (v. 17 000 BP)[19]. Notons, pour aller dans le sens de Jean-Paul Demoule, que le site d'Odai Yamamoto I, dans la préfecture d'Aomori, possédait en 2003 les plus anciennes poteries trouvées au Japon. Le site a été découvert en 1998 avec quarante six fragments datés 14C 14 500 avant notre ère — vers 16 500 BP[20]. Les trouvailles archéologiques qui repoussent toujours plus loin dans le temps les « premières céramiques »[21] entrainent donc avec elles un constant déplacement des repères chronologiques. Par comparaison on peut se référer aux publications concernant les premières céramiques ailleurs dans le monde. Ainsi des découvertes effectuées en Chine indiquent que des « poteries » fragiles ont été réalisées dans le sud de la Chine, sensiblement un millénaire plus tôt que celles actuellement découvertes au Japon[22].

Très tôt au cours de la période Jōmon qui suit ce Paléolithique japonais et au sein de populations de « chasseurs-cueilleurs », la présence de céramiques a mis en évidence le caractère spécifique du Japon au cours de cette période et a permis de pointer le caractère insatisfaisant du terme « Mésolithique » qui lui a été attribué[23].

Le peuplement[modifier | modifier le code]

Les îles centrales et Hokkaido[modifier | modifier le code]

— Les points de passage des premiers Paléolithiques. Les détroits de Mamiya (Détroit de Tatarie) et de Soya (Détroit de La Pérouse) qui séparent Hokkaidō du continent - en passant par l'île Sakhaline - sont, respectivement de 15 et 40 mètres de profondeur maximum[24]. Pendant la dernière glaciation, avec un niveau de la mer d'environ 140–150 m en dessous du niveau actuel, il y avait donc un « pont » entre le continent et les « îles ». Animaux et humains ont ainsi pu se déplacer entre le continent et Hokkaidō, et des ossements de mammouth y ont été découvert, mais la faune des îles n'en a pas pour autant été bouleversée. Les populations de chasseurs-cueilleurs provenant d'Asie du Nord-Est auraient donc pu utiliser certains passages, à une époque où l'archipel était quasiment relié en plusieurs points au continent, jusqu'entre 10 000 et 8 000 BP. D'autant que plusieurs autres voies doivent être envisagées, dont le passage par l'île de Tsushima, où le détroit de Corée entre Tsushima et la Corée était considérablement réduit[N 2].D'autant que ces déplacements ne se sont pas nécessairement effectués à pieds secs. Leur migration serait donc intervenue au cours de la dernière glaciation, la glaciation de Würm, soit entre 40 000 et 18 000 BP (Koji Mitzoguchi indique que la période de plus basses eaux se situerait entre 21 000 et 18 000 BP[25]). Leur présence est en effet attestée, en 2014, sur toutes les îles vers 30 000 ans BP[1]. Ces premiers habitants des îles appartiennent à la culture du début du Paléolithique supérieur[7].

Au milieu du dernier maximum glaciaire, vers 20 000 ans BP, les régions situées les plus au nord du Japon témoignent de traditions culturelles sibériennes, via l'île Sakhaline, et des industries lithiques de microlithes nordiques sont apparues, d'abord à Hokkaido[26]. Ceci dit, Koji Mizoguchi fait remarquer[27] que les mammifères locaux constituent l'essentiel des populations de mammifères, bien plus que leur partiel remplacement par des (grands) mammifères venus du continent.

L'archipel Nansei[modifier | modifier le code]

Le sud du Japon et son contexte
L'archipel Nansei

Au Sud, l’archéologie a permis de donner une vision plus précise du Paléolithique de l’archipel Nansei (comprenant les archipels Satsunan et Ryûkyû). L’archipel Nansei s’étend sur 1 200 km de Taïwan à l’île de Kyûshû.

Entre 250 Ma BP et 130 Ma BP, l’archipel était encore submergé par les eaux. Entre 15 Ma et 10 Ma, un vaste bras de terre relie directement Taïwan et toutes les îles de l’archipel Nansei au Kyûshû, lui-même relié au Honshû, et certainement à la péninsule Coréenne formant ainsi une vaste mer intérieure, correspondant à la mer de Chine orientale aujourd’hui. Durant le Pléistocène, de nombreuses espèces animales ont fait le chemin du continent asiatique aux îles Ryûkû jusqu’au Honshû. L’archipel Nansei est de nouveau complètement submergé entre 10 Ma et 2 Ma. C’est à partir de 1,5 Ma que l’archipel est de nouveau relié à la Chine continentale.

Durant le Pléistocène, les périodes de glaciations et les périodes interglaciaires entre 500 000 ans BP jusqu’à 10 000 ans BP vont faire varier le niveau de la mer et le pont continental, parfois en le faisant disparaître complètement. À la fin de la dernière glaciation (vers 13 000 AEC , fin du Pléistocène début de l'Holocène), le niveau de la mer dans la région monta d’environ 100 mètres submergeant totalement le pont de Nansei pour former la topographie actuelle. L'étude sur les haplogroupes publiée en 2014, mentionnée ci dessus, propose que ce groupe ait migré vers 36 000 BP, en passant par cet archipel, pendant une période de relatives "basses eaux", au Würmien moyen. Mais ces déplacements ne se seraient pas nécessairement effectués entièrement à pieds secs.

Le Paléolithique à Okinawa a débuté aux alentours de 35 à 32 000 ans BP. La dernière glaciation de Würm ((en) LGM) a permis de nouveau l’exondation de nombreuses terres aujourd’hui submergées, en particulier des îles. Le dernier maximum glaciaire ayant été atteint il y a 22 000 ans. De nombreuses îles ont été connectées au continent asiatique par des ponts de terre ferme avec des zones extracôtières, c’est le cas d’une grande partie des îles des Philippines, de nombreuses îles d’Indonésie, de Taïwan, et au Japon de tout l'archipel Nansei.

L'outillage[modifier | modifier le code]

Le paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

— Gisements d'obsidienne et peuplement initial. La principale caractéristique du Paléolithique supérieur japonais c'est l'exploitation de gisements d'obsidienne[1], dont la présence est liée au volcanisme de la ceinture de feu du Pacifique. Sur ce point précis, il est tout à fait remarquable que l'obsidienne provenant[N 3] d'un gisement situé sur l'îlot Onbase, au large de la péninsule d'Izu (sud de la baie de Tokyo), ait été retrouvée sur des sites du centre du Japon, alors qu'il fallait (en bénéficiant du niveau de la mer très bas du dernier maximum glaciaire) franchir au minimum 30 km. de haute mer. La navigation était donc, ici, bien maîtrisée au Paléolithique supérieur initial, vers 38,000[N 4] – 35,000 BP. L'émergence de l'exploitation de l'obsidienne au Paléolithique supérieur initial se trouve aussi être en lien étroit avec le peuplement humain dans l'Est asiatique. Car, aucun outil de ce type n'ayant été découvert à cette date à Hokkaido, il semblerait que le peuplement des îles se soit bien fait par la Corée (ou par le Sud), et non par Hokkaido.

— Pierres « polies ». À côté des pierres taillées (herminettes, trapézoïdes et lames) en obsidienne, de nombreuses herminettes au tranchant poli et des pierres à affuter[28] ont été découvertes en de nombreux points dispersés dans les grandes îles nipponnes centrales (Honshu et Kyushu, mais aucune à Hokkaido et Okinawa), et dans des couches du Paléolithique supérieur ancien (v. 30 000 ans BP). Aucun objet similaire n'ayant été trouvé dans les espaces voisins, tant en Chine, en Corée qu'en Russie ou ailleurs, cette production est donc spécifique au Japon[29].

— Modes de vie et outils multifonctionnels. Koji Mizoguchi remarque[30] que l'environnement, sur la longue durée du paléolithique japonais, est soumis à des fluctuations climatiques rapides (env. 1000 ans d'un pic à l'autre). Vers 17 000, à la fin de la période la plus froide, apparaissent plusieurs zones (aux contours très floutés) ayant un style lithique propre. La forme du couteau, en particulier, sert de marqueur d'une zone à l'autre. Mais la fonction de ces couteaux, ou leur usage, est loin d'êtres standardisé. Dans ce contexte, les éclats et les lames de formes et de tailles variées sont largement utilisés comme des outils multifonctionnels, d'usage flexible. Ce fait semble correspondre à la rareté des sites présentant des assemblages spécifiques, c'est à dire spécialisés dans certaines activités. Ce qui laisserait supposer une organisation de la vie sociale reposant sur une "mobilité circulaire" du groupe, où chaque population changerait de lieu de résidence fréquemment en fonction des ressources ou pour toute autre raison.

—Lances et alliances. Il existait de nombreuses formes de pointes, issues de technologies diverses au Japon. Vers 16 000-15 000 BP, des pierres taillés en forme de pointes de lances[31]apparaissent. Elles dérivent de la tradition lithique du couteau. Cette invention semble être une adaptation à un couvert végétal plus aéré qui rend possible la chasse des petits mammifères. Cette nouvelle forme se répand dans les régions voisines du Kanto et du Chubu, au centre de Honshu. Comme ce type d'outillage se répand assez rapidement dans ces régions, Okamura, en 1992[32], suppose qu'il aurait pu servir de signe, à fonction symbolique forte, pour chaque alliance inter-groupes.

  • C'est donc plutôt la flexibilité (plus que la fixité)[33] qui caractérise cette période en ce qui concerne l'invention, la production et l'usage des outils. D'autre part, il faut prendre en compte la nature spécifique des réseaux de relations entre les groupes dont semblent témoigner la distribution des traces d'habitat (voir ci-dessous) pour s'expliquer la diffusion de la technique Setouchi. Une technique lithique pour obtenir des couteaux, qui s'est développée du Nord Kyushu à la région de Kanto[34] et qui s'est transmise par ces probables réseaux.

La transition du Paléolithique à l'époque Jomon[modifier | modifier le code]

À la fin du paléolithique l'outillage s'adapte aux évènements climatiques, avec une faune et une flore soumises à des « mutations » successives rapides. On voit l'apparition de deux type de microlithes[35]. Dans le Nord c'est l'assemblage à micro-nucléus en forme de ciseau à bois ou burin. Dans le Sud, c'est l'assemblage à micro-nucléus en forme de cône. le premier est originaire de Sibérie et s'est répandu jusqu'au milieu de l'île d'Honshu. Le second provient de Chine, du bassin du Fleuve Jaune, et s'est répandu du Sud au Nord jusqu'au milieu de Honshu. les microlithes mesurent 2-3 mm. de long et et autour de 5 mm. de large. Ils étaient plantés sur des supports de bois ou d'os pour divers outils composites. Ils ont remplacé les précédents assemblages où le couteau dominait. Vers 13 000, avant que le pont terrestre qui reliait Hokkaido à Sakhaline ne soit submergé, l'assemblage Mikoshiba est arrivé de Sibérie. il est caractérisé par des haches partiellement polies et des pointes en forme de feuille, probablement utilisées comme pointes de lances. Ces nouveaux outils apparaissent avec de poteries[36].

L'habitat et la gestion des ressources[modifier | modifier le code]

Les traces d'habitat se manifestent, en général, par une zone de galets plus ou moins épars et par le travail de la pierre taillée, avec des nucléus et des éclats[37]. Ces zones de galets épars, entre 3 et 4 m. de "diamètre", sont appelées ici : (en) :  « blocks ». Selon une première interprétation, ces dimensions de 3-4 m. correspondraient à celles d'une structure de la taille d'une "hutte" ou d'une "tente", pour un petit groupe, à l'échelle d'une famille. À partir d'environ 20 000 ans BP on trouve ce type de « block » avec des galets portant des traces de combustion. Ces galets auraient servi à la cuisson ou/et afin de rendre certains aliments végétaux non toxiques.

Si l'on ne prend en compte que leur type d'outils, il semblerait[38] que, pour ces groupes, qui pratiquaient une « mobilité circulaire », chaque période d'utilisation des petits sites d'habitat temporaire ait été de très courte durée, dans un environnement où les ressources auraient été abondantes (pendant peu de temps). Mais si l'on considère la distribution de ce type d'habitat, le modèle de vie qui s'en dégage est celui d'une ou plusieurs bases, d'usage assez long mais pas nécessairement permanent, et de raids avec des objectifs spécifiques, tout autour. Les déplacements se seraient alors limités à une espèce de « territoire ».

Les « grands sites » constitués de ces « blocks » peuvent avoir, au Paléolithique final, de grandes dimensions. Le site de Shimobureushibuse, préfecture de Gunma, est constitué de ces groupes de galets plus ou moins épars, certains portant des traces de combustion. Le tout étant disposé à peu près en un grand cercle, dans un espace de 40 x 50 m. Ces structures seraient révélatrices d'une certaine stabilité de l'habitat et marqueraient les emplacements des anciennes "huttes" ou "tentes". Mais il y a plusieurs schémas « possibles » pour la constitution de ce genre de grand site et son usage. 1 Lieu de regroupement régulier de petits groupes. 2 : Parfois "relais" pour la distribution de pierres, comme les d'obsidiennes, d'origine lointaine. On a pu remarquer aussi que des outils extraits d'un même nucléus se retrouvent souvent sur différents « blocks ». Ce qui pourrait suggérer deux interprétations . 1 : Le tailleur ou le groupe des tailleurs de pierre déplace son atelier. 2 : La taille se fait sur un seul atelier mais les débris sont déplacés ici et là en certaines occasions[39]. Dans l'interprétation 2, les « blocks » ne seraient pas des traces d'habitat, et ceux-ci seraient soit à l'intérieur du cercle, soit en dehors. Le fait que les outils et les débris provenant d'un nucléus particulier soient distribués sur un site de grande dimension suggérerait une occupation brève, correspondant au moment où un nucléus était travaillé. On a remarqué aussi que des outils provenant de matériaux-sources éloignés dans l'espace coexistent sur le même « grand site ». Ce qui supposerait que ces « grands sites » particuliers étaient occupés par des groupes ayant accès directement à des ressources différentes ou indirectement par l'intermédiaire de réseaux d'échange. En résumé l'usage de chaque « grand site » serait de courte durée par un assez grand nombre de groupes.

Par ailleurs, il a été démontré[40] que ces « grands sites » se sont formés pendant une courte période, vers 21 000 BP. Cette période correspond ici au Dernier Maximum Glaciaire. Les grands mammifères coutumiers des migrations annuelles n'ont guère atteint ces régions pendant cette période et n'ont pas eu, en conséquence, de réel impact sur le régime des Paléolithiques.

Conclusion[modifier | modifier le code]

L'archipel manquait alors de ces ressources régulières qui étaient la contrepartie des conditions de vie difficiles sur la terre ferme. Les déplacements, en petits groupes et l'usage flexible d'outils multifonctionnels témoignerait d'une préparation à l'« incertain prévisible ». Il y a, ainsi, un grand nombre de concentration de sites le long des cours d'eau, comme le site de Musashino dans la région de Kantō, avec seulement un ou deux groupes à chaque fois. En dépit de ce type de mobilité en petits groupes, il a fallu maintenir un réseau de solidarité en cas de disette, un réseau d'alliances pour les mariages et un réseau d'échanges de ressources, en particulier pour les ressources les plus rares[41].

Les sites du Paléolithique japonais[modifier | modifier le code]

Hokkaido, sites de Engaru Cho, Shirataki ?[42].
20 000 BP. Paléolithique supérieur final. Bifaces en obsidienne. TNM
Site: Araya, Nishikawaguchi, Niigata, Honshu. Outils, 18 000 BP. TNM
1: "éclats" ?[43], 2: nucléi de microlithe, 3: microlithes, 4:outil en forme de pointe de flèche, 5: burins, 6: grattoir.
Microlithes. 18 000 BP. Site de Niigata, Honshu. TNM
Outils en forme de pyramide, site: Oimatsuyama, Ogi city, Saga, Kyushu. 18,000-13,000 BP (Paléolithique supérieur - début Jōmon).
Saga Prefectural Museum

Hokkaido[modifier | modifier le code]

L'abondance et la qualité des obsidiennes le long de la rivière Yubetsu a favorisé le développement d'un travail de débitage de l'obsidienne par pression. La « méthode Yubetsu » a permis ainsi d'obtenir une pièce bifocale asymétrique[44].

Actuellement, le nombre total de lieux d'extraction d'obsidienne archéologique au Japon est plus de 80 et parmi eux, 21 se trouvent dans Hokkaido[45]. L'obsidienne était la matière première dominante des pierres dans Hokkaido au Paléolithique Supérieur (35-10 000 Cal BP). Sur les 21 sites d'extraction d'obsidienne dans Hokkaido, 4 sources : Shirataki, Oketo, Tokachi et Akaigawa sont les principales et les autres sont des sources secondaires. Shirataki est une des plus grandes sources d'obsidienne dans l'Asie du Nord-Est. L'obsidienne de Shirataki a été transportée hors de Hokkaido jusqu'à l'île Sakhaline , au Nord, et l'île Paléo-Honshu, au Sud, au Paléolithique Supérieur final.

Kyûshû et Honshû[modifier | modifier le code]

  • Iwajuku (岩宿?) - Site localisé à Midori dans la Préfecture de Gunma (群馬県?), Honshu (本州?), découvert par Tadahiro Aizawa (相沢 忠洋?). C'est le site du paléolithique qui fut découvert le premier, en 1949. Datation au C-14 : entre 30 000 et 20 000 ans BP. Deux couches culturelles ont été fouillées. Dans la première couche, supérieure A, la plus récente, ont été découverts des outils lithiques en obsidienne et en agate, notamment des lames et des pointes de projectiles, datés d'environ 20 000 ans BP. La couche inférieure, plus ancienne présente des meules où ont été retrouvés des morceaux de châtaigne, indiquant l’importance des ressources végétales des hommes au Paléolithique japonais, mais aussi et surtout des pierres taillées en forme de « haches » et présentant un tranchant sensiblement usé ou affuté[N 5]. Les deux niveaux sont séparés par une épaisse couche de cendre qui a permis de dater avec précision le site. Cette couche de cendre appelée AT a été formée vers 22 000 ans BP par une importante explosion volcanique formant la Caldeira d'Aira dont les cendres ont recouvert tout le territoire japonais. La longue occupation du site par des populations archaïques d'Homo sapiens est confirmée par les différentes couches retrouvées, mettant en évidence une occupation ancienne du Honshu[46].
  • Le groupe de sites de Taga, préfecture de Saga (en), Kyûshû, entre 15 000 et 10 000 BP, est placé sur une réserve de pierre et contient environ 100 000 outils, chaque site étant spécialisé dans un certaine étape du travail de la pierre, depuis l'extraction de la matière brute jusqu'à la production d'objets finis[47].

Archipel Nansei[modifier | modifier le code]

  • Yamashita-Cho (山下?) - Site localisé sur l’île d’Okinawa, à Naha, dans une grotte de calcaire, découvert en 1967 par Takamiya (1968)[48]. Aujourd’hui le site se trouve en plein centre ville, recouvert par des habitations. Les ossements mis au jour sont ceux d’un enfant (Yamashita-cho Dojin) d’approximativement 6 ans, composé d’un fémur et d’un tibia daté par le C14 à 32 000 ± 1 000 ans BP[49]. Suzuki dans son article de 1983, souligne que l'homme de Yamashito-cho peut-être vu comme un ancien Homo sapiens du Pléistocène supérieur[50]. Selon les études comparatives d'Erik Trinkaus et de Christopher B. Ruff[51] menée en 1996, l'homme de Yamashito-cho est à rapprocher d'un homme archaïque ayant des caractéristiques proches de l’Africain et des populations asiatiques modernes de l’est.
  • Yonebaru - Site localisé sur l’île d’Ishigaki-jima, faisant partie de l’archipel de Sakishima, appartenant aux îles Yaeyama, au sud des îles Miyako, proche de Taïwan. Des ossements ont été retrouvés près de la ville d’Ishigaki. Ces ossements comprennent des bassins, des fémurs, des clavicules, etc. Datation par le C14 d'environ 30 000 ans BP.
  • Pinza-Abu (ピンザアブ?) - Site localisé sur l’île de Miyako-jima, faisant partie de l’archipel de Sakishima, appartenant aux îles Miyako, situé au sud de l’archipel d'Okinawa, au village Ueno-son. Les ossements retrouvés comprenaient un os pariétal et un os occipital. L’homme de Pinza-Abu est daté par le C14 de 26 000 ans BP. On a retrouvé également des ossements d'éléphants de Naumann (Palaeoloxodon naumanni (en))[52],[53].
  • Iegohezu ou Katabaru - Site localisé sur l’île d’Ie, dans l’archipel d'Okinawa, au nord-ouest de l’île d'Okinawa, distante de 5 km. Le site a été trouvé près d’Ie-son dans la grotte de Katabaru. Ont été mis au jour une mâchoire et des morceaux de crânes. Datation par le C14 d'environ 20 000 ans BP[54].
  • Minatogawa (港川人?) - Site localisé sur l’île d’Okinawa, à 10 km au sud-est de la ville de Naha, sur la côte est de la pointe sud de l’île, près du village de Gushikami, découvert en 1966, et fouillé en 1968, 1970, et 1974 par Suzuki[54]. Nombreux ossements de 5 à 9 individus, dont 4 identifiés (l’Homme de Minatogawa (squelette complet) et 3 femmes adultes, le reste des ossements appartenant à un autre homme et des femmes). Les fouilles ont également mis au jour plus de 200 ossements de mammifères aujourd’hui disparus dont deux espèces de cerfs (Cervus astylodon et Muntjacinae, gen. et. sp. indet), de rats, de sangliers, etc. Des ossements d’éléphants de Naumann (Palaeoloxodon naumanni) ont été également retrouvés sur l’île[55],[52]. Ces squelettes comptent parmi les plus anciens que l’on ait retrouvé en Asie du Sud-Est. Datation par le C14 entre 18 000 et 16 000 ans BP. Les squelettes ont été retrouvés avec de nombreuses blessures, bras cassés, trous sur la partie supérieure du crâne numéro IV, qui semblent indiquer que ces hommes et ces femmes ont été tués par des ennemis qui pratiquaient le cannibalisme sur leurs victimes. La fissure au sein de la carrière calcaire de Minatogawa servait de décharge (d’où la quantité considérable d’ossements d’animaux retrouvés, plus de 200, mélangés à ceux des restes humains)[54]. Une autre particularité concerne une mandibule isolée, la mandibule A, où Hanihara et Ueda ont remarqué l’extraction, certainement artificielle, des deux incisives centrales de la mâchoire inférieure. L’extraction des incisives centrales inférieures a été remarquée en particulier sur les mâchoires du Jômon moyen (ca. 5 000 ans BP) et durant le Néolithique chinois (environ 5 000 ans BP) ce qui tend à démontrer une pratique culturelle répandue, qui peut être liée à des formes d'esthétique corporelle ou à un rite de passage. Si de nombreuses mâchoires du Jômon moyen et de la Chine Néolithique présentent ces caractéristiques, la mandibule A est le seul exemple de cette pratique dans des temps si reculés, soit environ 10 000 ans BP avant le Jômon moyen.
  • Oyama - Site localisé sur l’île d'Okinawa, dans la ville de Ginowan, au centre de l’île, au nord-est de Naha, découvert par Taira et Oyama (celui qui découvrira en premier le site Minatogawa) en 1966. Une mandibule inférieure retrouvée et datée par le C14 de 18 000 ans BP.
  • Shimo-ji - Site localisé à Gushikawa-son, sur l’île de Kume, appartenant à l’archipel d’Okinawa. L’île est située à l’est de l’Okinawa Hontô. Les archéologues ont mis au jour des fémurs d’enfant et environ cinquante morceaux de mâchoires inférieures. Datation par le C14 d'environ 15 000 ans BP.

Datations scientifiques et falsifications[modifier | modifier le code]

Les fossiles situés dans les plaines de la région de Kantō sont les plus faciles à dater, car celle-ci est composée de trois niveaux de dépôts volcaniques : le dépôt de Shimosueyashi (de - 130 000 à - 60 000), le dépôt de Musashino (environ - 50 000) et celui de Tachikawa (- 31 000 à - 11 000).

La révélation des supercheries de l'archéologue Shinichi Fujimura a remis en cause la plupart des découvertes japonaises les plus anciennes : il a reconnu avoir lui-même enfoui des objets de sa collection personnelle : ce « salage » consistant en l'enfouissement de vestiges paléolithiques de façon à créer de faux sites faisait remonter la présence humaine au Japon à 600 000 ans avant le présent[56], avec les restes construits de toutes pièces du premier habitat humains à Chichibu, au nord de Tokyo et daté de 600 000 ans BP[57]. Depuis cet événement, la date la plus communément admise pour le début du peuplement humain du Japon se situe aux environs de - 40 000 ans[12].

Les Aïnous[modifier | modifier le code]

Selon certains les Aïnous auraient immigré au Japon avant la remontée des eaux vers 10 000 BP (début de l'Holocène, avec une insolation maximum vers 11 000 BP[58]. C'est à dire à l'époque Jōmon ou auparavant. Pour Vadime Elisséeff[59] « ils sont issus comme les autres habitants nippons d'un métissage entre un type hypothétique de Proto-Japonais et d'autres groupes venus d'ailleurs ». Mais aucun consensus ne s'est fait sur cette question. Ils vivaient principalement de la collecte-cueillette, de la pêche et de fruits de mer. Ils chassaient également grâce à des armes de pierre taillée. Ils utilisaient la pierre pour la confection d'outils simples. Les principaux matériaux utilisés étaient le grès, le schiste, l'obsidienne et le basalte. Leur corrélation moins avec le paléolithique qu'avec la période Jōmon n'est plus retenue (depuis au moins 1996)[60]. Ils ont occupé, au moins une partie de Honshu, puis ont été chassés vers le Nord. « Ils ont, depuis le XIe siècle, peu à peu adopté le mode de vie nippon malgré d'anciennes hostilités »[61].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sugao Yamanouchi (de)
  2. Le chenal Ouest, côté Corée, a une profondeur de 200 m. maxi en son centre ; le chenal Est, côté Kyushu, 100 m. env. : (en) collectif, « Currents Through the Korea/ Tsushima Strait », Current Dynamics Research Laboratory/ Paper, Séoul,‎ (lire en ligne). Voir la carte ci-jointe et se reporter à : Akira Ono, 2014, p. 157, où le détroit de Corée est considérablement réduit au milieu du chenal Ouest
  3. Akira Ono, 2014, p. 159 : La recherche sur l'origine des outils d'obsidienne a commencé au début des années 70. Les résultats se sont accumulés depuis.
  4. Le niveau I du site de Idemaruyama (monts Ashitaka, Préfecture de Shizuoka), v. 38 000 BP, contenait 21 outils d'obsidienne sur 24 en provenance de l'îlot d'Onbase. : Akira Ono, 2014, p. 161.
  5. Voir ci dessus Le « Pré-céramique » japonais, en 1962.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Akira Ono, 2014, p. 159
  2. Keiji Imamura, 1996, p. 23-24.
  3. Yamanouchi & Sato, (ja) The age of the Jōmon pottery, 1962, (Kagaku Yomiuri).
  4. Keiji Imamura, 1996, p. 25.
  5. Miyake et al. 1979 : (ja) Report of the excavation research at the Odai-Yamamoto I site, (ja) The Ushirono site 1976, Suzuki & Shiraishi 1980 : (ja) The Terao site.
  6. Keiji Imamura, 1996, p. 26.
  7. a et b Akira Ono, 2014, p. 157
  8. Pour une représentation exacte se reporter à : Akira Ono, 2014, p. 157, où le détroit de Corée est considérablement réduit au milieu du chenal Ouest.
  9. Référence : Géologie du Japon.
  10. Keiji Imamura, 1996, p. 28 et Akira Ono, 2014, p. 157 .
  11. Koji Mizoguchi, 2002, p. 53.
  12. a et b Akira Ono, 2014, p. 156
  13. Paléo-environnement, site du CNRS.
  14. (en) Akira Ono, Hiroyuki Sato, Takashi Tsutsumi et Yuichiro Kudo, « Radiocarbon dates and archaeology of the late Pleistocene in the japanese islands », Radiocarbon, vol. 44, no 2,‎ , p. 477-494 (lire en ligne [PDF])
  15. (en) « Y Chromosomes of 40% Chinese Descend from Three Neolithic Super-Grandfathers » [research article, open acess], sur journals.plos.org, PLOSone,‎ (consulté le 10 janvier 2017).
  16. TSUTSUMI, Takashi 2011
  17. Voir le développement dans cette page.
  18. Koji Mizoguchi, 2002, p. 66
  19. Cette proposition se réfère aux datations retenues par Jean-Paul Demoule, en 2004  : Jean-Paul Demoule 2004, p. 177 : « entre le XVe et le XIIe millénaire avant notre ère ». Le Jōmon initial ou Proto-Jōmon se situe, selon Laurent Nespoulous dans  : La Révolution néolithique dans le monde 2009, p. 21, à la fin du Tardiglaciaire, vers 12 000 ans BP.
  20. (en) Kaner, S., « Jomon pottery, Japan », World Archaeology,‎ (lire en ligne [Web archive])
  21. Daté de 2013 : (en) O. E. Craig, H. Saul, A. Lucquin, Y. Nishida,, K. Taché, L. Clarke, A. Thompson, D. T. Altoft, J. Uchiyama, M. Ajimoto, K. Gibbs, S. Isaksson, C. P. Heron et P. Jordan, « Earliest evidence for the use of pottery », Nature, no 496,‎ , p. 351–354 (DOI 10.1038/nature12109, présentation en ligne) cité dans (en) « Study Finds Earliest Evidence Yet of Pottery Used for Cooking », SCI News,‎ (lire en ligne), qui présente une poterie reconstituée (site de Kubodera-minami, Niigata Prefecture) datée 15 000 BP., de la fin de l'ère glaciaire, et considérée comme « Jōmon » (car possédant un décor cordé).
  22. Jean Guilaine, Caïn, Abel, Ötzi : L'héritage néolithique, Gallimard, 2011. Page 149. Aussi Li Liu, pour plus de précision, dans La révolution néolithique dans le monde, sous la direction de Jean-Paul Demoule, Inrap, 2009, page 67. Ainsi que : Alain Testart, Avant l'histoire : L'évolution des sociétés de Lascaux à Carnac, NRF-Gallimard 2012, p.38, note 1.
  23. Laurent Nespoulous : « Le contre-exemple Jōmon », p. 65-85. in :La Révolution néolithique dans le monde 2009
  24. Keiji Imamura, 1996, p. 34.
  25. Koji Mizoguchi, 2002, p. 50
  26. Akira Ono, 2014, p. 157 qui se réfère à Kimura, 2006 et Izuho et al., 2012.
  27. Koji Mizoguchi, 2002, p. 50 qui se réfère à Sato, Hiroyuki (1992).
  28. 896 au total en 2014 : Akira Ono, 2014, p. 159
  29. Keiji Imamura, 1996, p. 23.
  30. Koji Mizoguchi, 2002, p. 53-55
  31. Koji Mizoguchi, 2002, p. 55.
  32. (ja) Okamura Michio, « The achievements of research into the Japanese Palaeolithic », Acta Asiatica « Archaeological Studies of Japan »,‎ , p. 124-126
  33. Koji Mizoguchi, 2002, p. 55
  34. Koji Mizoguchi, 2002, p. 63, avec carte et méthodes locales.
  35. Koji Mizoguchi, 2002, p. 66
  36. Koji Mizoguchi, 2002, p. 67 qui se réfère à Okamura, 1999 et Teshigawara, 1998.
  37. Koji Mizoguchi, 2002, p. 56, et suivantes pour la suite.
  38. Koji Mizoguchi, 2002, p. 56, qui se réfère à Whittle, Europe in the Neolithic : The creation of new worlds, 1996, p. 34.
  39. Koji Mizoguchi, 2002, p. 59
  40. Koji Mizoguchi, 2002, p. 61 qui se réfère à Sato, 1992 [Structure and évolution in Japanese Paleolithic culture] (ja).
  41. Koji Mizoguchi, 2002, p. 62
  42. (en) « Hokkaido's History, Culture and Nature : Paleolithic Culture and Jomon Culture », sur akarenga-h.jp (consulté le 14 janvier 2017).
  43. (en) :spalls.
  44. Pierre M. Desrosiers (dir.), The Emergence of Pressure Blade Making : From Origin to Modern Experimentation [Format Kindle], Springer, , 536 p. (ASIN B00A9YGA3I), p. 29-30
  45. (en) Miyuki Yakushige et Hiroyuki Sato, « Shirataki obsidian exploitation and circulation in prehistoric northern Japan », Journal of Lithic Studies, vol. 1, no 1,‎ (lire en ligne).
  46. Keiji Imamura, 1996, p. 19-23.
  47. Colin Renfrew et Paul Bahn, Archaeology : theories, methods and practice, Thames & Hudson, (1re éd. 1991), 656 p. (ISBN 978-0-500-28441-4), p. 327
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  49. (en) Kobayashi, H., « TK-78: Yamashita-cho Cave 1 », Radio carbon, vol. 13,‎ 1971,, p. 100
  50. (en) Suzuki, H., « L'homme de Yamashita-cho. Un homme fossile du Pleistocene de l'île d'Okinawa (en anglais) », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, série XIII,‎ 1983,, p. 81-87
  51. (en) Trinkaus, E. & Ruff, B. C., « Early modern human remains from eastern Asia : the Yamshita-cho 1 immature postcrania », Journal of Human Evolution, no 4,‎ 1996,, p. 299-314
  52. a et b (en) Otuka,Y., « On the stratigraphic horizon of Elephas from Miyako Island, Ryukyu Islands, Japan », Proc. Imp. Acad. Tokyo, no 17,‎ 1941,, p. 43-47
  53. Suzuki, H.; Hanihara, K. & al., The Minatogawa Man: The Upper Pleistocene Man from the Island of Okinawa, bulletin 9, University of Tôkyô, 1982.
  54. a, b et c Suzuki, H.; Hanihara, K. & al., The Minatogawa Man: The Upper Pleistocene Man from the Island of Okinawa, Op. cit..
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  56. Arnaud Nanta, 2010
  57. (en) « Fraud means Japan must rewrite its history », sur New Scientist,‎ (consulté le 6 décembre 2016)
  58. CNRS.fr. : [1].
  59. Universalis.fr, article « Aïnous » : Vadime Elisséeff (1918-2002), [2].
  60. Keiji Imamura, 1996, p. 147
  61. Vadime Elisséeff : Universalis.fr : article « Aïnous ».

Bibliographie, références Internet[modifier | modifier le code]

  • (en) Imamura, K., Prehistoric Japan : New perspectives on insular East Asia, University College London, , 2 p. (ISBN 1-85728-616-2 et 1-85728-617-0) Édition identique : University of Hawaii Press, 1996, 246 pages, (ISBN 0-8248-1853-9)
  • (en) Matsu'ura, Shuji, « Chronological Review of Pleistocene Human Remains from the Japanese Archipelago » [PDF], sur nichibun.repo.nii.ac.jp,‎ (consulté le 10 janvier 2017).
  • (en) Mizoguchi, Kōji, An Archaeological History of Japan : 30,000 B.C. to A.D. 700, University of Pennsylvania Press, coll. « Archaeology, Culture & Society », , 228 p. (ISBN 0812236513, présentation en ligne)
  • (en) KUDO, Yuichiro et KUMON, Fujiro (2011), « Paleolithic cultures of MIS 3 to MIS 1 in relation to climate changes in the central Japanese islands », Quaternary International, vol. 248,‎ , p. 22-31 (présentation en ligne)
  • Arnaud Nanta, « Comprendre l’affaire de falsification d’outils paléolithiques de 2000. Histoire de l’archéologie paléolithique et de l’homme fossile au Japon », Extrême-Orient Extrême-Occident, no 32,‎ 2010 (lire en ligne) ISSN électronique 2108-7105
  • (en) Akira Ono (Center for Obsidian and Lithic Studies – Meiji University – Japan), « Modern hominids in the Japanese Islands and the early use of obsidian : the case of Onbase Islet », Word Heritage Papers, UNESCO, no 39 « Human origin sites and the World Heritage Convention in Asia »,‎ , p. 156-161 (lire en ligne [PDF])
  • (en) Glenn R. Summerhayes and Atholl Anderson (Australian University, Canberra), « An austronesian presence in Southern Japan », Bulletin of the Indo-Pacific Prehistory Association « Human origin sites and the World Heritage Convention in Asia »,‎ (lire en ligne [PDF])
  • (en) TSUTSUMI, Takashi (2011), « MIS3 edge-ground axes and the arrival of the first Homo sapiens in the Japanese archipelago », Quaternary International, no 248,‎ , p. 70-78 ([lire_en_ligne résumé], lire en ligne).
  • (en) « 1. Along the paleolithic path », sur Heritage of Japan (consulté le 23 novembre 2016). (Blog at WordPress.com.) : Nombreux articles « apparemment sérieux » mais sans garantie scientifique.

- Sur les questions posées par la Préhistoire du Japon / Transition entre « Paléolithique » et « Néolithique » (Jōmon) :

  • Jean Guilaine (dir.), Aux marges des grands foyers du néolithique. Périphérie débitrices ou créatrices ? : Séminaire du Collège de France, Paris, Errance, , 294 p. (ISBN 2-87772-294-5). Avec la participation de Jean-Paul Demoule : Aux marges de l'Eurasie: Le Japon préhistorique et le paradoxe Jomon  : p. 177-202
  • Jean Paul Demoule (dir.), La Révolution néolithique dans le monde : Séminaire du Collège de France, Paris, CNRS éditions, (1re éd. 2010), 488 p. (ISBN 978-2-271-06914-6), avec la participation de Laurent Nespoulous, « Le contre-exemple Jōmon », p. 65-85.

Articles connexes[modifier | modifier le code]